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"Quand je l'ai relâchée, elle avait au front et sur la joue des plaques rouges qui vireraient bientôt au bleu. Sa lèvre était fendue de ce sourire terrible qui n'en était pas un. Ses yeux étaient énormes. Elle me regardait comme si, malgré les signes visibles et la douleur qu'elle devait ressentir au visage, elle ne pouvait croire que cela s'était vraiment passé. Elle est restée ainsi, debout devant moi, minuscule, avec ce visage écarlate et cette goutte de sang au bord de la lèvre. Je l'ai regardée avec un petit sourire et j'ai attendu. Elle s'est mise à trembler. Alors je lui ai pris le bras, doucement, je l'ai attirée sur mes genoux et je l'ai laissée pleurer. Quand elle a été épuisée par ses propres larmes, je lui ai dit, lui caressant les cheveux : La prochaine fois, tu feras attention au repas. Je n'ai pas eu besoin d'ajouter, sinon je t'arracherai cette natte."
Nous sommes à l’île Maurice, pays natal de l’auteur. Un vieux médecin, surnommé « dokter-dieu » par ses patients, vit ses derniers jours, veillé par sa fille et sa petite fille. L’heure est au règlement de comptes. Le vieil homme était estimé par ses patients mais paradoxalement, passé le seuil de sa maison, il se révélait d’une violence et d’une brutalité inouïes.
Le narrateur est le bourreau, ce qui rend la lecture particulièrement dérangeante. Se mettre dans la peau d’un tel personnage est très inconfortable. Sa femme est morte à l’âge de vingt ans, dans des circonstances terribles que l’homme dévoile au fil du roman. Sa fille et sa petite fille veulent connaître les circonstances de cette mort suspecte et exercent une pression sur l’homme, pour lui arracher la vérité. La haine qu’il éprouve pour la gente féminine est viscérale. Pas un instant il ne doute de ses convictions ni ne regrette ses actes, qu’il minimise, les considérant comme insignifiants en comparaison de la violence du monde.
Le monologue du vieil homme est d’une cruauté sans limites, sa misogynie dépasse l’entendement. On ne sort pas indemne de ce huis clos mais on s’approche de très près, me semble t’il, de ce qui se passe dans la tête d’un homme qui martyrise sa femme.
Les quatre premières photos ont été prises chez moi (par ma plus jeune fille), les deux dernières dans ma région (à l'île de Batz pour être précise).
Le livre de poche (Albin Michel) - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) - 568 pages
Nous sommes en 1918. Fidelis, jeune soldat allemand revenu du front, part tenter sa chance en Amérique. Bien vite, il
fait venir sa jeune épouse et son fils dans le petit village du Dakota Du Nord où il a posé sa valise remplie de couteaux (il est maître boucher). D’autres enfants naissent dans le foyer uni
qu’il forme avec Eva, sa jeune épouse dynamique et dévouée. Dans le même temps, un autre couple un peu atypique sillonne les routes du pays : Delphine et Cyprien. Ils présentent un
numéro d’équilibriste. Mais Delphine est soucieuse pour son père, ils décident donc de rentrer au village natal de la jeune femme où ils font la connaissance d’Eva et Fidélis. Eva et Delphine
deviennent inséparables. Le destin les liera pour toujours...
Pour imaginer cette histoire, Louise Erdrich s’est inspirée de l’histoire de sa famille paternelle (immigrants allemands sur le sol américain) mais également des origines indiennes de sa mère. L’histoire se déroule des années 20 aux années 50. La grande histoire est évoquée, mais il est surtout question de la vie quotidienne des villageois de la région. Delphine, personnage central de l’histoire, est particulièrement attachante. Issue d’un milieu défavorisé, elle traverse la vie avec grâce et courage. Elle a le don de sublimer le quotidien, on voudrait tous l’avoir pour amie, mère ou soeur ! Des liens familiaux sont dévoilés à la fin du livre, les dernières pages réservent quelques surprises..
Une fresque familiale assez passionnante
Merci à :
et au livre de poche
Les avis de : Papillon ; Kathel ; Solenn ; Joelle ; Aifelle

Le 22e prix Goncourt des lycéens a été décerné aujourd’hui à Jean-Michel Guenassia pour Le Club des incorrigibles optimistes (Albin Michel). Il s’agit d’un premier roman que les avis lus ici ou là m’ont donné envie de découvrir. L’attribution de ce prix ne fait que conforter cette intention !
Comme plusieurs blogueurs, j’ai été sollicitée pour lire et présenter deux ouvrages pour ce prix (sans voter bien entendu, j’ai passé l’âge du lycée !)
Trois femmes puissantes – Marie Ndiaye (qui a obtenu le Prix Goncourt)
L’homme qui m’aimait tout bas – Eric Fottorino
Pour en savoir plus : http://www.fnaclive.com/blogs/goncourt-lyceens-2009
Je suis allée dimanche à une foire aux livres organisée par Amnesty International. Bilan : PAL + 9
mais porte-monnaie satisfait : 9 brochés en très bon état pour 9 euros seulement
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