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En janvier 2004, par temps correct, le Bugaled Breizh (Enfants de Bretagne) coulait à pic au Sud du Cap Lizard. Le drame a sensibilisé la population bretonne. Les marins pêcheurs sont admirés chez nous pour leur courage et leur loyauté. Quand cinq d’entre eux périssent en mer dans des circonstances troubles, nous voulons comprendre.
Yann Queffelec est breton et fier de l’être. Il aime la mer et les hommes qui l’affrontent. Rien d’étonnant qu’il s’insurge contre l’injustice faite aux marins et à leur famille. Dans ce livre document, avec sa patte de romancier en bonus, il évoque le Bugaled, convaincu que le chalutier a été victime d’une mauvaise rencontre. Ce jour-là, à proximité du Bugaled, de nombreux sous-marins participaient à une manœuvre militaire de l’OTAN. L’écrivain pointe le doigt sur les incohérences de certains témoignages, liste les nombreux éléments qui convergent vers la thèse du sous-marin et avance un coupable : le sous-marin hollandais le Dolfijn.
De toute évidence, la justice n’est pas allée au fond des
choses. Les familles ont demandé, via la cour d’appel de Rennes, le 6 octobre, la levée du « secret défense » pour que
tout soit dit sur cette affaire. La décision de la cour a été mise en délibéré au 27 novembre, dans quelques jours donc...
Pour écouter Yann Queffelec sur le sujet
Je conseille (classement par ordre de lecture) :
Mon enfant de Berlin / Anne
Wiasemsky
(Gallimard)
La peine du menuisier / Marie Le
Gall
(Phébus)
Éclats d’enfance / Marie
Sizun
(Arléa, 1er Mille)
Des hommes / Laurent Mauvignier
(Minuit)
Trois femmes puissantes / Marie NDiaye
(Gallimard)
Le sari vert / Ananda Devi (Gallimard)
Je ne conseille pas :
Nouveaux Indiens / Jocelyn
Bonnerave
(Seuil, Fiction & Cie)
Voici un extrait du règlement de ce challenge proposé et recencé par ma compatriote
bretonne Levraoueg (Nous sommes 77
inscrits) :
« entre le 13 août et le 28 octobre 2009, il va
paraître en France 659 nouveaux romans français et étrangers (romans et recueils de nouvelles). Les participants au challenge du 1% s’engagent à lire 1% des ces nouveautés, c’est-à-dire 7 romans
ou recueils de nouvelles. Comme il paraît également 75 nouveaux essais littéraires, les challengers ont la possibilité d’ajouter un essai à leur liste. Enfin les challengers les plus gourmands
peuvent faire un challenge du 2%, 3%, 4%… (5% étant le record à battre). »
Je suis en route pour le 2 %
…

"Quand je l'ai relâchée, elle avait au front et sur la joue des plaques rouges qui vireraient bientôt au bleu. Sa lèvre était fendue de ce sourire terrible qui n'en était pas un. Ses yeux étaient énormes. Elle me regardait comme si, malgré les signes visibles et la douleur qu'elle devait ressentir au visage, elle ne pouvait croire que cela s'était vraiment passé. Elle est restée ainsi, debout devant moi, minuscule, avec ce visage écarlate et cette goutte de sang au bord de la lèvre. Je l'ai regardée avec un petit sourire et j'ai attendu. Elle s'est mise à trembler. Alors je lui ai pris le bras, doucement, je l'ai attirée sur mes genoux et je l'ai laissée pleurer. Quand elle a été épuisée par ses propres larmes, je lui ai dit, lui caressant les cheveux : La prochaine fois, tu feras attention au repas. Je n'ai pas eu besoin d'ajouter, sinon je t'arracherai cette natte."
Nous sommes à l’île Maurice, pays natal de l’auteur. Un vieux médecin, surnommé « dokter-dieu » par ses patients, vit ses derniers jours, veillé par sa fille et sa petite fille. L’heure est au règlement de comptes. Le vieil homme était estimé par ses patients mais paradoxalement, passé le seuil de sa maison, il se révélait d’une violence et d’une brutalité inouïes.
Le narrateur est le bourreau, ce qui rend la lecture particulièrement dérangeante. Se mettre dans la peau d’un tel personnage est très inconfortable. Sa femme est morte à l’âge de vingt ans, dans des circonstances terribles que l’homme dévoile au fil du roman. Sa fille et sa petite fille veulent connaître les circonstances de cette mort suspecte et exercent une pression sur l’homme, pour lui arracher la vérité. La haine qu’il éprouve pour la gente féminine est viscérale. Pas un instant il ne doute de ses convictions ni ne regrette ses actes, qu’il minimise, les considérant comme insignifiants en comparaison de la violence du monde.
Le monologue du vieil homme est d’une cruauté sans limites, sa misogynie dépasse l’entendement. On ne sort pas indemne de ce huis clos mais on s’approche de très près, me semble t’il, de ce qui se passe dans la tête d’un homme qui martyrise sa femme.
Samedi soir, nous avions projeté d'aller au cinéma voir 2012... mais la foule aglutinée à la porte du cinéma nous a fait rebrousser chemin. Ce sera pour plus tard...
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