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Pour connaître un peu mieux la lectrice que je suis : Ici, là ou là
Editions Gallmeister - traduit de l'américain - 192 pages
Un fils et son père débarquent sur une île sauvage du Sud de L’Alaska pour y
passer une année à jouer les Robinson. Une telle expédition demande une solide préparation et un mental d’acier. Roy, le jeune adolescent, se rend
vite compte que son père ne tient pas la route pour une telle aventure et qu’il va devoir être fort pour deux…
"Personne à des kilomètres à la ronde, dit son père. D’après ce que je sais, nos voisins les plus proches sont à trente kilomètres d’ici, un petit lot de trois cabanes dans une
baie comme celle-ci.
Mais ils sont sur une autre île, j’ai oublié laquelle.
Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. Il ne savait pas comment les choses tourneraient."
Je savais que ce livre était très fort et risquait de me secouer, je n’imaginais pas à quel point. Jusqu’à la page 113, un peu plus de la moitié du roman, j’étais inquiète
pour cet adolescent en construction, trop de problèmes s'accumulaient dans ce séjour. Mais j’ai eu, comme tous les lecteurs je crois, un réel choc quand tout à basculé soudainement. Il
m’a fallu refermer le livre quelques minutes pour calmer les battements de mon cœur et reprendre la lecture. Je ne m’attendais pas à cela. La deuxième
partie est bouleversante et plusieurs sentiments m’ont assaillie successivement : tristesse, colère, pitié, dégoût...
Que penser de ce père, incapable de se gérer lui-même et qui embarque son fils dans une telle aventure ? Qu’il manque à tous ces devoirs et qu’il est d’une inconscience impardonnable, c’est évident, mais comment juger un homme à ce point dépressif ? Je suis sortie de cette lecture chamboulée et incapable de dire si j’avais aimé ou pas. J’ai classé ce livre dans mes coups de cœur car plusieurs jours après avoir refermé le livre, je suis toujours aussi bouleversée. Il fait partie de ces livres qui explorent l’âme humaine de façon exceptionnelle et se lisent d'une traite car on ne peut lâcher les personnages. C’est un premier roman qui laisse présager une belle carrière pour son jeune auteur.
Un thriller psychologique absolument formidable mais à
déconseiller aux âmes sensibles.
A ne pas manquer (mais plutôt après la lecture)
le compte-rendu très complet d’ Incoldblog sur sa
rencontre avec David Vann. On y apprend notamment que ce livre est inspiré d'un épisode de la vie de l’auteur, ce qui rend la lecture encore plus
troublante.
Je ne mets pas les liens vers les autres blogs qui ont présenté ce titre, ils sont trop nombreux !
Mais vous pouvez aller faire une recherche : ici
Livre reçu le cadre de l'opération "Masse critique" de
:
C’est avec plaisir que je relaye une information qui, je l’espère, intéressera le maximum de lecteurs de ce
blog :
Le Serpent à plumes publie le 18 février 2010, une revue dont les bénéfices iront à
l'Hôpital de la Communauté Haïtienne. Elle sera vendue en librairie, 15 euros pour 176 pages.
Voici un extrait de la lettre de l’éditrice qui figure en préface de la revue :
Pourquoi publier un numéro hors-série du Serpent à Plumes ? Depuis sa création, Le Serpent à Plumes a su construire un
superbe catalogue d’auteurs francophones. Il s’est étoffé au fil des ans d’auteurs étrangers et de tous bords, mais la littérature haïtienne y occupe une place à part. Dany Laferrière, Yanick
Lahens, Émile Ollivier, Louis-Philippe Dalembert, tous ont publié dans cette maison d’édition. Une phrase de Dany Laferrière dans Le Monde, quelques jours à peine après le terrible séisme qui a
ravagé Haïti, résonne encore à nos oreilles :
« Quand tout tombe, il reste la culture. Et la culture, c’est la seule chose qu’Haïti a produite. Ça va rester. Ce n’est pas une catastrophe qui va empêcher Haïti
d’avancer sur le chemin de la culture. Et ce qui sauve cette ville, c’est le peuple. C’est lui qui fait la vie dans la rue, qui crée cette vie. Il ne
faut pas se laisser submerger par l’événement. »
La table des
matières :
Dany Laferrière :Le Cri des oiseaux fous, extrait de roman
David Damoison : Nuits noires et nuits blanches, photographies
Louis-Philippe Dalembert : Les dieux voyagent la nuit, extrait de roman ; Liens de sang, nouvelle
Yanick Lahens : Dans la maison du père, extrait de roman
Gary Victor : Banal Oubli, extrait de roman
Frankétienne :D’un pur silence inextinguible, extrait de roman
Fred Koenig : photographies
René Depestre : Frantz Leconte,
Depestre par lui-même : entretien
Thomas C. Spear : Lettre à Sergine
James Noël : Quelques mots lâchés en catastrophe, témoignage
Rodney Saint-Éloi : La tendresse et l’élégance nous sauveront du séisme
Hervé Télémaque : Voyage d’Hector Hyppolite en Afrique n°1, tableau
Évelyne Trouillot : L’Héritière et la mère, extrait de roman
Syto Cavé : Fatras-Bâton, nouvelle
Émile Ollivier : Mère-Solitude, extrait de roman ; Des nouvelles de son excellence,
nouvelle ; La TripleMort de Salomon Lacroix, nouvelle
J’ai reçu la revue sous format PDF et je peux
vous assurer qu’elle est de grande qualité...
Liana Levi - 200 pages - traduit de l'italien
Nous sommes dans un campement tzigane où vivent, dans une grande précarité, des gens d’origines diverses. Un homme vient de mourir, tué à l’arme blanche. Dans une sorte de flottement précédent son départ vers d’autres cieux, il se remémore son arrivée au campement, un soir, avec son camion et dix cartons auxquels il tient particulièrement. Il n’a pas été accueilli les bras ouverts. On l’a regardé avec méfiance, surtout quand il a dévoilé le contenu de ses cartons : ce qu’il reste d’un cirque… Bien vite il a sympathisé avec les enfants du camp, s’est mis à leur raconter l’histoire de sa famille, indissociable de celle des précieux cartons.
On ne peut pas parler de ce livre sans évoquer son écriture, très particulière puisque s’insèrent dans le texte des phrases et des mots d’autres langues (hongroises, roumaines, albanaises). Des mots que nous ne connaissons pas mais qui ne gênent en rien la compréhension du texte et lui donnent une musicalité particulière.
Comme les enfants, le lecteur est suspendu aux lèvres du conteur qui relate peu à peu la l’histoire de la famille, déportée dans un camp de concentration durant la seconde guerre mondiale. Il y a beaucoup d’allers et retours entre le passé et le présent et ce n’est que peu à peu que nous reconstituons l’histoire de Branko et ce qui l’a amené à fuir son pays d’origine. Entre temps, nous découvrons la vie du camp, ou plutôt la survie car la misère et la pauvreté sont criantes. C’est une histoire triste mais pas désespérée. Branko n'a pas trahi les siens, il a fait ce qu'il considérait de son devoir et quitte ce monde apaisé. La fin nous montre que le cirque n'est pas mort avec lui...
Un beau conte des temps modernes sur la mémoire et la transmission.
Folio (Gallimard 1993) - 203 pagesNous sommes sur une route de Finlande, de nuit. Deux hommes rentrent de mission, l’un est journaliste l’autre photographe. Aucun des deux n’est emballé par la vie routinière qui l’attend, l’ambiance est donc assez morne quand tout à coup, la voiture heurte un lapin. Le journaliste, Vatanen, sort de la voiture pour porter secours à l’animal mais tarde à rejoindre le véhicule. Excédé, le photographe démarre en trombe et laisse son camarade derrière lui… Vatanen pense dans un premier temps faire du stop pour rejoindre son domicile mais frappé d’une sorte d’électrochoc il prend la poudre d’escampette avec le lièvre blessé et décide de mettre un terme à sa vie d’avant… Après quelques difficultés à se débarrasser de son entourage, il décide de ne plus se donner de contraintes, de travailler quand bon lui semblera, et d’utiliser ses bras plutôt que sa tête. Nous le suivons dans sa nouvelle vie, riche de péripéties extravagantes et plutôt cocasses.
Un extrait :
"Quand Kurko voulu prouver son adresse de flotteur de bois et courut sur la chaîne de rondins de la rive, il tomba dans le fleuve et manqua de se noyer, car il ne savait pas nager. Vatanen tira le vieillard ivre du fleuve glacé et le porta dans la tente. Au matin, l'homme rudement éprouvé s'éveilla le crâne emperlé de douleur, ouvrit la bouche pour laisser échapper une plainte. On constata alors que son dentier était tombé le soir précédent dans le fleuve. La vie est parfois bien déprimante."
Quel plaisir de sillonner la Finlande avec Vatanen et son nouvel ami le lièvre ! Très vite j’ai fait le rapprochement avec les racontars de Jorn Riel. Les deux auteurs ont la même verve humoristique et sont amoureux des grands espaces blancs. Une carte de la Finlande nous permet de suivre le périple extraordinaire des deux compères. Bravant le froid, se débarrassant au passage d’un ours un peu collant ou d’un corbeau affreusement voleur, Vatanen et son lapin avancent tranquillement vers le cercle polaire en faisant des haltes de plusieurs mois dans des forets, où Vatanen où loue ses bras. Il rencontre toutes sortes de personnages savoureux et profite de la nature de façon la plus simple du monde. Le lièvre suit le mouvement, compagnon agréable et peu encombrant.
« Le lièvre de Vatanen » est devenu un livre culte dans les pays nordique et s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires en
France. C’est un roman très facile d’accès, avec une philosophie de vie peut-être un peu simpliste mais qui met de si bonne humeur qu’on sort de la lecture requinqué. Génial,
non ?
Une lecture commune avec Bladelor
Actes Sud 1998 - 65 pages
Quelques mots sur un petit recueil composé de deux nouvelles d’une trentaine de pages chacune. L’auteur est une grande dame de la littérature hollandaise contemporaine. Je n’avais jamais eu l’occasion de la lire jusqu’ici.
Les personnages de chacune des nouvelles sont des femmes qui ne sont pas tout à fait épanouies dans leur intimité (pour des raisons différentes) et qui vont trouver, grâce à la magie d’un lieu, une sorte de délivrance à leur mal-être. J’ai une petite préférence pour la première nouvelle, très originale. Une femme entre deux âges arrive pour la première fois dans sa nouvelle maison de vacances, construite près d' une forêt. Il manque à cette femme l’ épanouissement sexuel qu’elle n’a jamais pu trouver avec son mari, bien qu'il y ait beaucoup d’amour entre eux. Un déclic va se produire à la fin de l’été (mais pas tel qu’on l’imagine), après des recherches sur une étrange présence qu’elle ressent chaque fois qu’elle se promène dans la forêt avoisinante… Une histoire assez étrange et envoûtante, écrite dans une langue fluide que j’ai savourée (après l’argent, l’urgence j’avais besoin d’une écriture reposante).
Les premières lignes de la nouvelle :
« Lorsqu’ils achetèrent le terrain, elle n’était pas très sûre que l’endroit lui plût. Quelque chose dans l’air la troublait. Bien que charmée, elle avait l’impression de transgresser un interdit. Sacer est le terme qui lui vint inconsciemment à l’esprit : sacré et maudit à la fois. »
Une très belle découverte, que je dois à katell (qui m’a offert ce recueil ainsi qu’un autre ouvrage de S Hella. Hasse « la source cachée » que je me fais un plaisir d’avoir dans ma PAL*)
* pile à lire
3/34 (sachant qu'aujourd'hui ma PAL contient 48 livresAprès une belle balade en bord de mer ce dimanche, je suis d'attaque pour démarrer la semaine...
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