Samedi 28 janvier 2012
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Edition
Poche : "J'ai lu" 2010 480 pages
(Le
Rouergue : 2008)
Après la déferlante de louanges, de billets et de prix sur ce livre sorti en 2008, j’ai
préféré attendre quelque temps pour le savourer tranquillement. J’ai choisi un soir de tempête car je savais que l’histoire commençait par une scène de gros temps. Je n’ai pas eu de mal à me mettre dans l’ambiance, ayant vécu mon enfance sur la cote bretonne. J’imagine aisément la mer déchainée, le vent, les
embruns…
Passé cette épisode tumultueux, c’est le calme qui s’installe. Nous sommes à la Hague en
hiver. Une femme s’est réfugiée dans ce lieu pour tenter de surmonter dans le calme la mort de son compagnon. Elle est ornithologue et passe ses journées à arpenter les côtes pour observer les
oiseaux migrateurs. Curieuse et ouverte aux autres malgré son chagrin, elle va vers la population et s’intègre au village, écoutant les confidences, devinant les secrets des uns et des
autres…
Le jour de la tempête, elle a croisé un homme qui l’a intriguée, un certain Lambert. Il
est venu mettre en vente la maison famiale, qui n'est plus occupée. Attirée par le coté sombre de l’homme, elle s’intéresse à lui et apprend que sa
famille a vécu un drame autrefois. La narratrice interroge discrètement les habitants du village et tente de dénouer les fils de l’histoire…
Lambert quitte régulièrement le village et revient. La narratrice se reconstruit peu à
peu, profitant de ses moments de solitude pour songer à son ancien compagnon et apprivoiser son absence définitive. Vivre à ce rythme tranquille, l’espace de plusieurs soirées, m’a fait beaucoup
de bien. L’intrigue autour de la famille de Lambert avance lentement mais qu’importe, ce n’est pas un thriller.
Un très beau roman…
Mercredi 25 janvier 2012
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Groupe découvert à l'occasion du Festival des mots, à Landivisiau.
Un premier album prometteur dans lequel le jeune groupe a choisi de mettre en musique les mots de Pablo Néruda.
Si l'occasion se présente pour vous d'aller les écouter, n'hésitez pas, c'est vraiment bien !
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Publié dans : J'aime écouter
Lundi 23 janvier 2012
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Stock - 266 pages - aout 2011
Nous suivons dans "Pas d'inquiétude" le parcours d’un père qui accompagne son
enfant sur le chemin de la maladie, une grave maladie dont l’issue peut etre fatale. On ne sait pas d’emblée à qui s’adresse le récit. Etrangement, le
narrateur ne parle de son épouse qu’en la nommant « ma femme ». On comprend par la suite qu’il s’adresse au médecin de l’hôpital qui a
suivi le jeune Medhi. Un médecin qui, durant cette période, va faire la pluie et le beau-temps dans la famille, par les nouvelles qu’il annonce.
Dès le début de la maladie, la famille comprend qu’il y a eu un avant qui ne ressemblera
jamais à l’après. Tous les petits soucis quotidiens de l’avant paraissent désormais futiles. Comme toujours dans ce cas, tous se reprochent de ne pas avoir su profiter du bonheur quand il était
là. La maman de Medhi n’apparait que sous le regard du père. Elle vient de changer de travail, de
métier même et toute son énergie lui est nécessaire pour y faire face. C’est donc le papa qui prend en change le quotidien de Medhi. On le suit dans ses moments de découragement, d’agacement,
d’abattement. Et puis arrive la solidarité des collègues de boulot qui offrent leurs journées de RTT et
les sentiments partagés du père du Medhi devant cet élan de solidarité.
Il est question de l'enfant malade dans le roman, bien entendu, mais au travers des autres
uniquement. Le personnage central n’est autre que la maladie. De la façon dont l’enfant vit les choses, nous ne saurons rien.
Après quelques pages de «Pas d’inquiétude», j’ai eu l’envie l’espace de quelques
instants d’abandonner cette lecture. L’immersion dans le quotidien d’une famille dont l’enfant était malade me coûtait, je l’avoue. J’ai continué parce que j’aime beaucoup l’écriture de Brigitte
Giraud et que je me trouvais lâche de ne pas affronter cette histoire. Je n’ai pas regretté d’avoir persévéré car texte m’a semblé d’une grande
justesse et plein d’humanité. L’écriture de Brigitte Giraud est remarquable, d’une grande précision dans le choix des mots. Elle va très loin dans l’analyse du ressenti de ce père et de ce que
devient, dans cette sorte de chaos, le couple et la famille.
Fort, très fort…
10/14
Clara - Antigone et Fransoaz ont beaucoup aimé.
Yv est moins enthousiaste
Vendredi 20 janvier 2012
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Arléa - Janvier 2012 - 280 pages
Comme dans le précédent Roman de Marie Sizun « Plage » quelques jours de
solitude vont permettre à une femme de réfléchir à sa vie et d’y voir plus clair. La narratrice est d’origine française. Elle a quitté la France pour se marier à un américain. Elle vit à New-York
une vie tranquille et plutôt heureuse. Un héritage lui donne l’occasion de revenir en France pour quelques jours. Dans l’avion, une sensation étrange
l’envahit soudain, une sorte d’absence, « un léger déplacement ». Ce léger malaise s’estompe mais elle se sent différente...
Le retour sur les lieux de son enfance lui
fait prendre conscience du chemin parcouru mais aussi du temps qui lui reste à vivre. A soixante ans, elle n’a pas de temps à perdre! L’envie
d’éclaircir les zones d’ombres de son passé s’impose à elle peu à peu. Elle prendra le temps qu’il faut pour cela. Elle se laisse envahir par l’atmosphère des lieux et se promène dans le quartier
qu’elle fréquentait autrefois. En tête à tête avec Hélène pendant ces quelques jours, nous la suivons dans ses questionnements. Nous découvrons son passé au rythme des souvenirs qui remontent à la surface et que, parfois, elle choisit de chasser momentanément parce qu’ils sont trop
douloureux.
C’est un roman le thème de la maturité, sur le temps qu’il reste à vivre. Le pèlerinage d’Hélène sur les lieux de son passé va lui permettre de comprendre
ce qu’elle a longtemps occulté et de prendre des décisions qui la mettront en paix avec elle-même. Ceux qui ont déjà lu Marie Sizun retrouveront sa
plume avec grand plaisir! Les autres ont l’embarras du choix. Les six romans sont à découvrir, avec un incontournable : «La femme de l’allemand ».
Un voyage dans l’univers de Marie Sizun que j’ai beaucoup apprécié, cette fois
encore !
Le billet de Clara
Mardi 17 janvier 2012
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Traduit de l'anglais (Irlande) par Jacqueline Odin (avril 2011)
Extrait : « Pour ma mère,
le travail est sans fin : nous, la fabrication du beurre, les repas, la vaisselle, nous lever et nous préparer pour la messe et l'école, sevrer les veaux, engager les ouvriers pour labourer et
herser les champs, faire durer l'argent et régler le réveil. Mais cette maison est différente. Ici, il y a la possibilité, et le temps de réfléchir. Il y a peut-être même de l'argent à
dépenser »
L’histoire se passe aux fins fonds de la campagne irlandaise. Une
fillette d’origine modeste et issue d’une famille nombreuse se trouve confiée pour quelques mois à son oncle et sa tante, un couple sans enfant qui
se fait une joie de la recevoir. Le contraste entre les deux foyers nous est dévoilé aux travers des yeux de la petite. Dans un premier temps, on la sent peu désorientée par les attentions des
deux adultes mais aussi par le calme qui règne dans la maison. Mais bien vite, l’enfant y trouve son compte… et l’été file trop
vite.
Les difficultés des deux foyers sont abordées avec
beaucoup de délicatesse : la misère financière pour l’un, le manque d’enfant pour l’autre. Des non-dits sont perçus par l’enfant. Nous les devinons au travers des petits détails que l’enfant
remarque, sans forcément les interpréter tous. J’ai beaucoup aimé la subtilité et la délicatesse de cette narration. J’aurais juste un reproche à
formuler. Le texte ne fait que cent pages…
Un joli petit roman à découvrir, si ce n’est
déjà fait !
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