
Editions Gigal
- 2007
Ce livre fait partie de la sélection du
Prix des lecteurs Inter-Ce
Trois hommes, victimes de la Shoah il y a plus de 50 ans, n'ont jamais oublié le train noir qui menait vers l'inimaginable. Aujourd'hui, c'est dans un train bleu qu'ils voyagent, un train joyeux
qui mène à Munich des supporteurs de la cité phocéenne. Mais nos trois pépés ne font pas le déplacement pour la coupe d'Europe de Football…
Ce livre aborde un épisode douloureux de l'histoire de Marseille que probablement peu de lecteurs connaissent. En 1943, sous prétexte de
nettoyage des bas fonds, le vieux quartier du Panier est évacué puis détruit. Mille six cent personnes sont déportées (principalement des juifs), les autres devront se reloger comme ils peuvent.
On apprend au fil des lignes qu'une juteuse opération immobilière se cachait probablement derrière tout cela.
Ce livre est fait d'allers et retours du présent vers le passé. On découvre la douloureuse histoire de ces hommes et le poids de ce passé qui
pèse à jamais sur leur vie. L'horreur des camps hante leur mémoire. Quand l'occasion d'une vengeance se présente, certains sont prêts à foncer, d'autres moins…
Le ton est souvent grave, parfois léger. Le parler marseillais met du soleil dans le
récit. Un crime sera perpétré, polar oblige, mais un petit coup de théâtre attend le lecteur au dernier chapitre. Les passages concernant le match de foot m'ont peu captivée, j'ai donc "sauté"
quelques lignes. Pas d'inquiétude à avoir pour ceux qui n'aiment pas ce sport, il n'est qu'un prétexte et occupe très peu de place dans le livre.
J'ai bien aimé ce polar original qui donne à refléchir sur la mémoire et le poids de l'histoire.
L'avis de Flora, Anne-Sophie, Yvon, Joelle,
"En partenariat avec le Conseil général du
Finistère, l’Association pour le Développement des Arts de l’Oralité (A.D.A.O) organise «Sur Paroles», le 8è festival du conte, du 15 au 23 mai 2008. Plus de 60 bibliothèques municipales ouvrent
leurs portes…"
C'est dans le cadre de ce festival que j'ai pu voir,
vendredi soir, le spectacle du conteur breton Loïg Pujol. Si vous avez l'occasion de le voir sur scène, n'hésitez pas une
seconde il est formidable ! Voilà près de dix ans qu'il sillonne les pays francophones pour raconter ses histoires. Amis québécois, vous pouvez donc le voir un jour, vous aussi
!
Quelques mots sur la légende de la ville d'Ys :
Il était une fois un roi qui s'appelait Gradlon. Il avait une fille,
Dahut, qu'il adorait. La jeune fille aimait beaucoup la mer et demanda un jour à son père de lui construire une ville au bord de la mer. La ville fut construite dans la
Baie de Douarnenez (Finistère). On l'appela Ys.
La jeune fille avait des moeurs assez surprenants. Elle
tuait au petit matin ses amants d'un soir... jusqu'à ce jour où un beau jeune homme arriva. Il serait trop long de raconter la suite, mais pour résumer, la ville fut engloutie sous les
flots par la faute de Dahut.
Pour mettre au point ce spectacle, Loïg Pujol a fait un impressionnant travail de recherche, faisant même appel à des historiens. La
légende est replacée dans son contexte historique : le 5ème siècle. Les finistériens peuvent visualiser aisément les lieux de l'histoire, les villages étant nommés : Huegoat, Berrien ...
Après le spectacle, nous avons pu discuter avec le conteur. Il est intarissable sur la légende de la ville d'Ys, et sur bien d'autres sujets encore... Vous constaterez sur la photo ci-dessous,
qu'en plus, il est très beau !
Pour en savoir plus :
Une
visite virtuelle de la ville
Un article très intéressant qui pose la question de l'existence de cette ville "pour de vrai".
Pour en savoir plus sur Loïg Pujol
(et notamment sur l'ouvrage qu'il vient de publier)
Si un jour vous allez au Musée des beaux arts
de Quimper,
vous pourrez admirer ce tableau :
"La Fuite de Gradlon"
par Évariste Vital Luminais
Grasset - 2008
Le narrateur, Antoine, est parisien et luthier de métier. Dans sa jeunesse, il est tombé littéralement amoureux de l'Irlande du Nord et de ses
habitants au point d'adhérer totalement à leurs idées. Au moindre temps libre, durant trente ans, il s'est rendu en Irlande pour soutenir le combat des indépendantistes.
Le titre est étonnant. La juxtaposition de Mon et de traître n'est pas habituelle et a de quoi intriguer… Mais dès le début
de la lecture on comprend ce qu'il en est : Antoine, a été trompé par son ami le plus cher pendant des années. Celui à qui il vouait une admiration sans borne a trahi son entourage en collaborant
avec les ennemis du mouvement auquel il paraissait donner sa vie.
Il est un peu difficile de comprendre que l'on puisse vouer tant de temps et
d'énergie à une cause qui n'est pas directement la sienne (presque une vie !). On imagine donc la déception du narrateur, et le mot est faible, quand il apprend la vérité au sujet de son
ami. Cette histoire est d'autant plus troublante qu'elle est issue de l'expérience personnelle de Sorj Chalandon. Pour ceux qui connaissent un peu l'histoire de l'Irlande du Nord, le traître est
Denis Donaldson.
Mon traître retrace une période sanglante de l'histoire de l'Irlande Du Nord : La lutte armée de d'IRA dans les années 80. Voilà un
bon moment que je n'avais pas entendu parler de ces événements qui ont défrayé la chronique pendant des années.
J'ai apprécié le style du livre, proche de la confidence. Mais ce que j'ai aimé le plus c'est la réflexion qu'il inspire sur
l'amitié. Comment peut-on pendant vingt-cinq ans tromper ainsi un ami ? Et du côté de l'ami trahi, comment vit-on une telle blessure ? L'amitié survit-elle à une telle épreuve ?
Un lecture intéressante.
L'avis de Yvon
Ce film est une adaptation du roman éponyme de François
d'Epenoux. Les critiques professionnelles ne sont pas fameuses. Il est vrai que le film peut interpeller sur la crédibilité de son scénario (d'une partie tout du moins).
Pourtant, je suis sortie de la salle bouleversée...
Un homme se met, du jour au lendemain, à adopter un comportement odieux avec son entourage, à tout envoyer balader. Il semblait pourtant
heureux : un bon job, une femme et des enfants qu'il adorait, une belle maison… Que se passe t'il donc dans sa tête pour "péter ainsi les plombs" ? Je n'en dirai pas plus, sinon que si cette
histoire nous touche tant, c'est parce que nous pouvons tous être confrontés à une situation similaire. La façon de l'affronter est surprenante dans le cas d'Antoine, mais
assez humaine en fin ce compte. Comment réagirions-nous dans une situation similaire, difficile de le savoir.
Il convient de souligner la prestation formidable d'Albert Dupontel dans le rôle principal.
Le film se termine par la chanson magnifique interprétée par Serge Reggiani "Le temps qui reste". Voici un
extrait des paroles de Jean-loup Dabadie. La musique est d' Alain Goraguer..
Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait:
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes en pour demain...
J'ai encore du pain,
J'ai encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...
Pour écouter la chanson (je vous le conseille) c'est ICI. Quand au film, je vous le conseille aussi, bien-entendu.
D'une grande convivialité !
Voici le récit de la journée :
Après avoir fait connaissance sur le parking de l'office de tourisme, nous avons décidé "d'attaquer" la journée par une balade apéritive le long des remparts de Port-Louis, histoire de
se mettre en appétit. Vous comprendrez en lisant la suite, qu'un peu d'exercice avait son utilité !
De retour aux voitures, nous avons sorti les paniers. Là, nous avons pu constater qu'il y avait les amateurs (mon mari et moi) et les pro (Anne et son mari). Ma camarade blogueuse avait tout prévu pour que ce pique-nique soit parfait et il
l'a été, nous ne sommes pas sur le point de l'oublier... Le menu était composé de mets que nous avions apportés l'une et l'autre. Il y en avait tellement que nous sommes sortis de
table à 18 heures ! Bien-entendu, durant ces quatre heures, nous n'avons pas fait que manger. Nous avons parlé à bâtons rompus du travail, des enfants, des projets et des rêves de chacun...
C'était vraiment très sympa.
Mais la journée n'était pas finie puisque nous avions prévu un restau le soir. Afin d'éliminer un peu avant de ré-attaquer, nous avons fait une promenade apéro-digestive. Puis nous
avons choisi la terrasse d'une crêperie pour y déguster crêpes et far frit (un régal). Nous avions très faim comme vous pouvez l'imaginer !
Nous avons bien entendu parlé de blogs et de livres durant cette journée, mais assez "raisonnablement", me semble-t'il. Nous nous sommes quittés vers 22 heures 30 en convenant de nous retrouver pour un week-end
dans le Nord Finistère.
Merci à F. pour le reportage animalier (il comprendra) et à Anne pour ses cadeaux. Encore merci à eux deux pour cette journée si sympathique !
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