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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 20:03

Folio 704 pages - Trad. de l'anglais (Nigeria) par Anne Damour

"Cher Noir non Américain, quand tu fais le choix de venir en Amérique, tu deviens noir. Cesse de discuter. Cesse de dire je suis jamaïcain ou je suis ghanéen. L'Amérique s'en fiche". 

Imefelu réalise qu'elle est noire en mettant les pieds à Philadelphie pour y faire ses études.  Comme tous les nigérians arrivant aux USA, la jeune femme a des rêves plein la tête et beaucoup d'ambition. Mais dès son arrivée, elle réalise que tout est difficile pour un noir : trouver un job, dénicher un logement décent...  La jeune fille galère beaucoup, surtout au début. Peu à peu, elle sort la tête de l'eau, grâce à sa détermination et son caractère de battante. Le blog qu'elle a créé pour évoquer ses difficultés acquiert une certaine notoriété. Elle y dénonce la discrimination raciale. 

La première scène se déroule chez le coiffeur. Imefelu vit depuis quinze ans aux USA. Elle a pris la décision de rentrer chez elle, au Nigéria. Pendant qu'on la coiffe (les tresses nécessitent beaucoup de temps), Imefelu laisse son esprit vagabonder et se remémore  son arrivée, ses galères, ses joies. Elle évoque aussi son fiancé nigérian, qu'elle n'a jamais oublié. Il a vécu à Londres avant de revenir au pays et de s'y marier. En rentrant, elle compte bien le revoir.

La dernière partie du roman se passe au Nigeria. Imefeu a désormais le statut "d'Américanah". On lui fait bien comprendre qu'elle n'est plus la même. Effectivement, elle est décalée. La jeune femme fait des efforts pour trouver sa place, ce qui ne l'empêche pas de se montrer critique envers son pays. Elle fustige notamment  la corruption qui gangrène l'économie. Critique, elle l'était aussi avec les américains quand elle était aux USA. 

Avant de lire Américanah, je n'étais pas sensibilisée à la spécificité des problèmes rencontrés aux Etats Unis par les noirs non-américains. Ces derniers cumulent les difficultés. Ils ne possèdent ni les codes ni la culture des américains. De surcroît, tout comme les afro-américains, ils sont confrontés au racisme et à discrimination raciale..

Il n'est pas simple de trouver sa place quand on vit dans un monde de blancs, fait pour les blancs. Imefelu cite l'exemple des magazines féminins qui ne proposent que des coiffures et maquillages adaptés aux blanches. Cela peut paraître futile mais on peut comprendre la frustration des femmes noires quand elle ouvrent un magazine.

"Américanah", c'est aussi une histoire d'amour mais ce n'est pas l'aspect du roman qui m'a le plus intéressée. L'originalité du roman vient de son ton, limite provocateur. Par l'intermédiaire de la narratrice, l'auteure se moque des clichés, met le doigt sur les contradictions de tous bord, sans s'inquiéter du politiquement correct. L'autre aspect original du roman est sa construction, avec l'insertion d'articles du blog d'Imefelu, au fil du roman.

J'ai beaucoup aimé ce roman, lu pendant mes vacances et gardé au chaud pour le mois américain !

 

 

 

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commentaires

E
Je voulais le lire et puis j'ai oublié, je le retiens.
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S
@Emma : les lectures faites à l'occasion du challenge "objectif PAL" sont l'idéal pour les piqûres de rappel !
G
Dommage que tu aies lu ce livre dans le challenge Pavé de l'été, sinon, je l'aurais lu, la question raciale étant très présente en moi au retour d'Afrique du Sud. Mais le pavé, je ne peux pas !
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S
@Géraldine : je n'ai pas eu l'impression de lire un pavé. Cela se lit très bien.
S
J'en garde le souvenir d'une écriture foisonnante et de propos très intéressants.
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S
@Saxaoul : oui. C'est un roman à côté duquel il ne faut pas passer.
G
J'avais beaucoup aimé ce livre et l'idée qu'elle comprend qu'elle est noire en arrivant en Amérique
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S
@Gambadou : oui, cela m'a frappée également.
A
Une lecture marquante et un propos intéressant.
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S
@Alex : tout à fait.