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Livres beaucoup aimés

Jeudi 30 mai 2013 4 30 /05 /Mai /2013 00:04

Philippe Rey 2013 - 232 pages - traduit de l'anglais (Etats Unis) par Simone Arous

Ce livre de Joyce Maynard, publié en 2013 par Philippe Rey, a été écrit en 1972 par la romancière alors qu'elle n'avait que 19 ans. Il s'agit d'un recueil de chroniques ayant pour thème ses années d'adolescence : de 1962 à 1972. Avant ces chroniques, une très intéressante préface, écrite par Joyce Maynard en 2012, restitue l'ouvrage dans son contexte de l'époque. On apprend notamment qu'au moment de l'écriture de ces chroniques, la jeune fille avait abandonné ses études pour vivre avec le célèbre écrivain Sallinger (il avait trente ans de plus qu'elle).

J'ai pris mon temps pour lire ces chroniques, à la fois sérieuses et très fraiches. Certains thèmes m'ont davantage parlé que d'autres, ne connaissant pas tous les détails du contexte politique et culturel de l'époque aux Etats-Unis. J'ai pu faire toutefois le rapprochement avec l'évolution des moeurs en France à la même époque : mai 68 notamment. 

Joyce Maynard a vécu ses années jeunesse en observant ce qui se passait autour d'elle, en étant un peu décalée par rapport aux autres (elle ne buvait pas, ne se droguait pas, n'était pas une fille "populaire"). Son regard distancié est intéressant. Sur certains points, elle est toutefois parfaitement en phase avec les autres filles : le culte de la minceur (déjà), l'obsession de l'apparence (ça s'est aggravé depuis, hélas...). 

D'un milieu plutôt aisé, Joyce Maynard n'aborde pas ici l'adolescence des jeunes gens de milieux défavorisés. Le roman qu'elle a écrit juste après, "Baby Love", complète assez bien, de ce fait,"Une adolescence américaine". J'ai trouvé que les deux livres formaient, d'une certaine façon, un dyptique.

Une auteure dont je sens que je vais tout lire !

PS : je ne me lasse pas de regarder la photo de cette couverture, qui représente Joyce Maynard adolescente... Comment ne pas avoir envie d'en savoir plus sur l'adulte qu'elle est devenue ?

L'avis de Valérie et d'Yvon 


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Dimanche 26 mai 2013 7 26 /05 /Mai /2013 00:09

    Publié en mars 2013 chez Audiolib (Bourgeois 2012) 4 heures d'écoute - Lu par Anna Mougladis 

 

Comme il ne s'agit pas d'une première lecture et que j'ai déjà écrit un billet sur cet ouvrage, je ne vous résumerai pas l'histoire. Vous pouvez consulter mon billet : ici 

 

Autant le dire tout de suite, Je n'ai pas été totalement séduite par la prestation de la lectrice, Anna Mougladis. Sa voix grave fait certes penser à celle de Toni Morisson mais j'ai trouvé sa lecture un peu trop monocorde. La profondeur du texte imposait une certaine gravité mais il m'a semblé que la lectrice restait trop en retrait par rapport au texte. Peut-être aurais-je préféré une voix d'homme, pour l'assimiler à Frank, le personnage principal ?

En dépit de ce bémol sur le choix de la voix (qui n'a pas gâché ma lecture), j'ai apprécié cette relecture. J'avais eu un peu de mal à entrer l'histoire la première fois, en raison de la densité du texte. Comme l'ouvrage n'est pas très épais, j'en étais ressortie un peu frustrée. Cette fois, j'ai profité pleinement de ma lecture, renouant avec l'histoire douloureuse mais non désespérée de ce frère et cette soeur.

Je ne sais pas comment j'aurais perçu cette lecture audio si je n'avais pas lu le livre une première fois. Ce n'est pas un texte facile d'accès. Quoi qu'il en soit, il vaut vraiment la peine d'être lu quelque soit le support choisi. 

 

Sur la version audio, les avis de : Bladelor et  Leiloona

 


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Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 00:04

 

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Audiolib 2013 (paru aux éditions de minuit en 2012) - 2 h 30 d'écoute 

 

"Anthime est passé ranger son vélo chez lui avant de rallier le mouvement général confluant à présent de toutes les artères vers la place où s’agitait une foule souriante, brandissant drapeaux et bouteilles, gesticulant et se pressant, laissant à peine d’espace aux voitures à chevaux qui déjà transportaient des groupes. Tout le monde avait l’air très content de la mobilisation : débats fiévreux, rires sans mesure, hymnes et fanfares, exclamations patriotiques striées de hennissements".

 

"Posté non loin de celui-ci, Anthime a pu distinguer un instant, de la cervelle au bassin, tous les organes du chasseur-éclaireur coupé en deux comme sur une planche anatomique, avant de s'accroupir spontanément en perte d'équilibre pour essayer de se protéger, assourdi par l'énorme fracas, aveuglé par les torrents de pierres, de terre, les nuées de poussière et de fumée, tout en vomissant de peur et de répulsion sur ses mollets et autour d'eux, ses chaussures enfoncées jusqu'aux chevilles dans la boue".

 

Dans un style concis et percutant, Jean Echenoz nous propose un texte très fort sur l'horreur de la guerre 14-18. Au début du roman, nous assistons au départ sur le front de cinq jeunes gens qui se connaissent. Le départ est presque joyeux, personne ne croit que cette guerre va durer. Le voyage ressemble à un départ en colonie de vacances. Le choc de la réalité de la guerre n'en sera que plus violent.

Jean Echenoz décrit l'horreur de cette guerre par une économie de mots, allant droit au but. C'est efficace. Très efficace. La guerre est fort justement décrite, tout comme le décalage entre ce que vivent les soldats et le ressenti des familles. Comment pourraient-elles comprendre ce que vivent ces jeunes gens alors que la guerre industrielle n'en est qu'à ses débuts ? Le retour des estropiés, en pleine guerre est également un moment fort.

Malheureusement, si je suis très enthousiaste sur le texte lui même, je ne le suis pas sur la lecture elle-même. Le choix de Jean Echenoz pour lire son texte ne m'a pas convaincue. J'ai eu l'impression qu'il le récitait. Quel dommage ! J'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur la première partie du livre, contrainte de revenir en arrière car je décrochais, ce qui m'arrive rarement. Je relirai certainement 14 en version papier pour mieux appréhender le texte. 

 

Un très bon roman mais une lecture audio en demi-teinte

 

L'avis d'Emma (en phase avec le mien)

En revanche Stephie a beaucoup aimé la lecture par l'auteur lui-même. logo du site

 

      6ème lecture / 10 


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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 06:51

 

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"Je n'étais plus, me rendis-je compte, un être humain, et cela faisait probablement longtemps que je n'en étais plus un. J’étais devenu, au lieu de ça, un nouvel isotope d'humanité qui n'avait pas été isolé ou identifié. J’étais un électron libre, dont la masse, la charge et la direction pouvaient être modifiées à tout moment par des champs aléatoires sur lesquels je n'avais aucun contrôle. J’étais l'une de balles perdues de notre époque."

 

Nous sommes dans la fin des années 80 aux Etats-Unis. Saul Karoo, la cinquantaine bedonnante, est un scénariste spécialisé dans la réécriture de films pour les rendre plus "commerciaux".   

Au début du roman, nous découvrons un homme souffrant d'un mal mystérieux : il n'arrive plus à atteindre l'ivresse bien qu'il soit un alcoolique notoire. Incapable d'affronter la réalité des choses, il feint d'être l'ivre, ne dérogeant pas à son habitude de manipuler autrui. Plus cynique et menteur que jamais, il semble toucher le fond. Bien que prétendant l'aimer, il se montre incapable de donner un peu de son temps à son fils adoptif, un adolescent. Peu fier de son métier, qui lui rapporte beaucoup d'argent mais ne lui donne aucune satisfaction par ailleurs, Saul s'est réfugié dans l'alcool, sabordant sa vie familiale.

Un évènement va faire basculer le cours de sa vie. En visionnant le énième film qu'il doit mettre à la sauce hollywood, Saul Karoo reconnaît, par son rire particulier, la mère biologique de son fils. Il l'a eue au téléphone il y a vingt ans. L'idée lui vient, complètement folle, d'utiliser le film à des fins personnelles, n'hésitant pas, au passage, à massacrer le chef-d'oeuvre qu'il a sous les yeux et pour lequel il a pourtant une grande admiration. Sur l'histoire, je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher l'effet de surprise. Personnellement, je n'ai rien vu venir, refusant sans doute, inconsciemment, tout comme Karoo d'imaginer l'inacceptable... 

Ce roman est vraiment surprenant. Sorte de farce tragi-comique dans la première partie, l'histoire vire à la tragédie. Saul Karoo est un personnage atypique que je n'ai pas réussi à détester en dépit de ses horribles défauts. Pratiquant l'auto-dérision, parfaitement conscient de son cas, il semble incapable de maîtriser le cours de sa vie. La seule fois où il prend (enfin !) les choses en main, il fait n'importe quoi. 

J'ai vraiment été captivée par le destin de Saul Karoo, déplorant toutefois quelques longueurs, (notamment quand Saul picole sans atteindre l'ivresse...). Autre bémol, le dernier chapitre, dont le n'ai pas aimé le lyrisme. En dépit de ces deux bémols, c'est un livre que je conseille, pour son originalité. 

A noter que la voix du lecteur et ses intonations collent parfaitement au personnage.     

 

Un roman étonnant, à tenter ! 

D'autres avis chez Val 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib( 4ème /10)logo du siteEt de "Ecoutons un Livre" organisé par Valérie

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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 07:01

 

Philippe Rey - Avril 2013 - 301 pages - traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Mimi Perrin 

    (première publication : en 1981)

 

Dans un petit village paumé du fin fond des États-unis, dans la fin des années 70, quatre jeunes filles font l'expérience de la maternité. Trois d'entre elles ont déjà leur bébé, la quatrième tente de réunir de l'argent pour se faire avorter. Autour de ces jeunes femmes gravitent d'autres habitants du village ou des étrangers de passage.

Au départ, la construction peut déconcerter. On passe d'un personnage à un autre très rapidement. Il faut faire un petit effort de mémorisation des prénoms et du lien entre les personnes. Personnellement, j'aime beaucoup ce travail de puzzle.  

L'existence de ces mères avec leur bébé n'a rien d'enviable. L'une d'entre elle, Sandy, est mariée. Elle est irréprochable dans son rôle de maman. Hélas pour elle, son mari n'assume pas cette vie maritale qu'il n'a pas choisie mais qu'il subit à cause du bébé. Les deux autres jeunes femmes, moins matures que Sandy "rament" dans leur nouvelle vie de maman. L'une d'entre elle maltraite son bébé.

Tout cela est triste et parfois glauque mais hélas réaliste. Hier comme aujourd'hui, le sort des mères-adolescentes n'est guère enviable. Aujourd'hui, le "qu'en dira t'on" est peut-être moins pesant, toutefois. Joyce Maynard décrit fort bien les contradictions auxquelles doivent faire face ces jeunes femmes. A la fois fières d'être mères, elles regrettent de ne pas pouvoir sortir le soir comme les jeunes filles de leur âge. Bien qu'ayant conçu un bébé, elles sont ignorantes en matière de sexualité et leurs expériences avec les garçons sont peu épanouissantes. Des contradictions, des frustrations et l'envie bien souvent de quitter un village aux mentalités si étriquées.   

J'ai beaucoup aimé les histoires parallèles, comme celle de cette jeune femme qui s'est réfugiée dans une maison du village pour vivre pleinement son chagrin d'amour. Tout ce petit monde se croise tout au long du roman. Les histoires  se mêlent les unes aux autres, c'est passionnant. 

Dans la foulée, je vais lire "une adolescence américaine", le récit autobiographique que l'écrivain a écrit à l'âge de 18 ans et qui est publié en France pour la première fois en 2013 par les Editions Philippe Rey. Baby Love a été écrit juste après. C'est son premier roman. 

 

Une première rencontre très réussie avec la plume de Joyce Maynard

 

Les avis d'Antigone - de Clara

 


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