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Livres coups de coeur

Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 16:10

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                                         Arléa - 2009 - 89 pages

"Ma vie doit changer, c'est en entendant la voix du neurologue que j'ai compris que cela ne pouvait plus durer, ma fuite est un début de changement. La première étape a été de prendre la décision. Prendre une décision, ça n'a l'air de rien, les pensées se déplacent, se décalent jusqu'au bord de soi, et surgissent dans un ordre inattendu. La décision est là, debout, dans tout son déploiement et sa force. Un sauvetage. Une fois que j'avais accepté la décision, je devais la rendre possible, lui ouvrir l'espace dont elle avait besoin."

Une femme quitte mari et enfants après avoir appris après qu’elle était atteinte d’une grave maladie. Elle ne prend que le chien et encore, elle finit par l'abandonner, lui-aussi. Quelles sont les raisons de cette fuite brutale ? Nous l’apprenons dans la seconde partie du roman par le biais d’une lettre accusatrice dans laquelle elle fait voler sa vie en éclats… Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, mieux vaut aborder ce livre en en sachant le moins possible.

Des lectrices ont été dérangées par la construction du roman, notamment par cette lettre qui intervient au milieu du récit. Pas moi. J’étais accrochée au récit, admirative de la justesse des mots qui décrivent le vide intérieur de cette femme avant l’électrochoc que constitue l’annonce de la maladie. Je dois dire que j’ai été surprise par la révélation qui sort de sa plume, je ne m’attendais pas à cela. J’ai lu la dernière partie en osant à peine reprendre mon souffle. Je n'avais pas imaginé cette fin-là.

null Quatre-vingt neuf pages qui m'ont scotchée...
 

 Anne RévahMerci à Anne Revah de m'avoir proposé de découvrir son premier roman. Je n'ai pas pas hésité un instant à accepter son offre, je fais toujours de belles découvertes dans cette collection "1er mille" de chez Arléa.

D'autres avis :
Antigone - Laure - Leiloona
Un coup de coeur de Jérome Garcin

 

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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 18:29

Phébus 2009 - traduit de l'afrikaans - 272 pages

Nous sommes en Afrique du Sud au début du XIXème siècle, dans la société Boer (pionniers blancs d’origine néerlandaise). Une femme attend la mort dans la ferme où est née, au fin fond du veld, dans le Karoo.

Roggeveld - Karoo par bart coessens 

Sa vie défile dans sa mémoire…

Qui était-elle ? Une enfant un peu sauvage, qui a grandi en marge d’une famille dirigée par une mère autoritaire et peu aimante. Son père tenait le second rôle, brave homme honnête et travailleur, sous la coupe d’une femme illettrée et complexée par des origines nomades. La ferme a prospéré sous l’impulsion de la maîtresse de maison mais le destin de ses enfants a échappé à la mère abusive…

 

Nous découvrons au fil des lignes, la vie de paysans blancs qui s’enrichissent au détriment des populations locales, dans une nature merveilleusement décrite par l’écrivain. La vieille femme analyse les comportements des uns et des autres avec un œil critique mais bienveillant. Les secrets de famille n’ont pas été levés du vivant de ceux qui les détenaient, elle doit mourir avec des suppositions et des quasi-certitudes. Son existence a été celle d’une vieille fille qui a vécu dans l’ombre des autres, par procuration. Au soir de sa vie, aucune aigreur ne vient altérer ses souvenirs. Sa vie contemplative l’a nourrie et enrichie.

"Pays pauvre, pays rude, pays chéri. Comment ai-je pu vivre ici toute ma vie sans jamais te regarder, ou si peu, me contentant de temps à autre de coups d’œil furtifs qui m’ont laissée inassouvie… Pays pauvre, terre aride, pays rude peuplé d’arbustes rabougris, de pierres, de cours asséchés et de sources stagnantes… Pays ou le pardon n’existe pas…"

 "J'ai trop de souvenirs, dit-elle. Toute ma vie, j'ai eu trop d'occasions de regarder, d'écouter, de voir, d'entendre et de me souvenir. Je n'ai pas fait exprès d'emmagasiner toutes ces connaissances et je n'ai pas demandé à les retenir mais aujourd'hui que me voici arrivée au soir de ma vie, je considère toute cette sagesse et je me rends soudain compte qu'elle est loin d'être vaine"    
   null C'est un livre dépaysant d'où se dégage une grande sérénité.
 
Un très beau moment de lecture en compagnie d'une femme dont l'auteur nous offre un portrait particulièrement réussi.

Karel Schoeman a obtenu pour ce livre le plus grand prix littéraire d’Afrique du Sud : le Prix Herzog
 

 Un coup de coeur aussi pour Colette (Landibiblog)


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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 20:57

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    Gallimard 2009 - 148 pages

Ce récit très intime d’Eric Fottorino est centré sur la perte de son père adoptif qui un jour a décidé d’en finir avec la vie, laissant ses fils dans une immense peine. J’étais presque certaine avant même d’en lire les premières pages, d'aimer ce livre tout autant que « Korsakov » et « Caresse de rouge », lus précédemment. J’aime la plume de cet auteur et l’émotion qu’il fait passer dans ses textes.

 

L’hommage poignant qu’Eric Fottorino rend à son père est à la hauteur de l’admiration et de la reconnaissance qu’il éprouve pour l’homme qui l’a aidé à grandir. «...Mon père m’a appris le vélo, à lutter, à ne jamais abandonner, à serrer les dents, à ne pas se plaindre de la malchance, des côtes, du vent, à ne pas me décourager ... à vélo il m’appris la vie...». Il dresse le portrait d’un homme passionné par son métier de kinésithérapeute et dévoué à ses patients. Son père, c’est aussi la Tunisie et sa culture, il était originaire de là-bas.

 

Eric Fottorino ne passe pas sous silence les faiblesses de l’homme : des blessures datant de l’enfance, puis de la guerre d’Algérie mais aussi une phobie maladive de la paperasse… des failles qui l’affaiblissaient et qui peut-être expliquent son geste ultime. Son père parti, Eric Fottorino doit vivre avec le chagrin et cette question, qui tourmente les personnes dont un proche s’est suicidé : « Aurais-je pu l’empêcher ? Cette question me taraudera toujours ».  Il ne pourra pas y répondre. Il ne lui reste comme consolation que des pages blanches à remplir pour continuer à faire vivre cet homme qu'il aimait profondément et qui l'aimait aussi "sans effusion, comme on murmure pour ne pas troubler l'ordre des choses ».

 

22eme édition du Prix Goncourt des lycéensCe n’est pas un livre impudique bien qu’il soit très personnel. Tout n’est pas dit et c'est bien ainsi. Nous ne saurons pas, par exemple ce que contenait la lettre adressée à l’auteur par son père avant de se donner la mort.
J’ai lu ce livre dans le cadre du Prix Goncourt des Lycéens. C’est un livre abordable qui je pense saura les toucher.

Elles ont beaucoup aimé ce livre aussi : Jules - Cathulu

J'avais classé ce livre dans mon challenge "rentrée littéraire 2009", persuadée qu'il venait de sortir ! Mais grâce à Valérie, mon erreur est corrigée (je ne suis pas une tricheuse ! Non non non !)


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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 00:01




















POL 2009 - 310 PAGES



De son précédent livre, "Un roman russe", j'avais écrit ceci :

« Je dois vous dire que ce livre m'a bousculée. J'ai aimé cette lecture tout autant qu'elle m'a  dérangée…. Je crois que ce qui m'a gênée le plus, c'est la façon d'être et de penser de l'écrivain, égocentrique et déconnecté de la vraie vie… ».   

Dans « D’autres vies que la mienne », l’égocentrisme ne prend pas le dessus et nous sommes dans la vraie vie, aucun doute là-dessus.   

 

Le livre commence ainsi : En 2004, passant ses vacances au Sri Lanka avec sa compagne Hélène et leurs enfants respectifs, Emmanuel Carrère a vécu en direct le drame du Tsunami. Avec Hélène, ils ont épaulé un couple de français qui venaient de perdre une petite fille dans la catastrophe. Il faut parfois être confronté au malheur des autres pour accéder au bonheur. C'est terrible, mais c'est ainsi. Le couple parlait de séparation et sort renforcé de l’épreuve.  
 
 

Rentrant en France, une autre épreuve les attend : le couple apprend que la sœur d’Hélène, Juliette, est atteinte d’un cancer. Quelques temps après, la jeune femme décède de sa maladie et laisse derrière elle un mari, trois petites filles et un travail qu’elle aimait. Elle était juge au tribunal d’instance de Vienne. Durant sa carrière, elle s’était liée d’amitié avec un collègue juge, Etienne. Emmanuel Carrère rencontre ce juge, qui lui suggère d’écrire un livre sur Juliette. Une série d’entretiens entre les deux hommes s'instaure. Le livre qui en découle parle de Juliette, de sa vie, de son travail. Il est question de gens pauvres et surendettés qui se font arnaquer par des organismes de crédit mais aussi de la vie de famille d’une jeune juge, simple et sans artifice. La dignité de Juliette face à sa maladie force l’admiration. Emmanuel Carrère évoque avec tact et subtilité ces sujets délicats.

J’appréhendais cette lecture tout autant qu’elle me tentait. J’étais curieuse de voir Emmanuel Carrère aborder d’autres vies que la sienne mais je craignais de me trouver « voyeur » de ces vies. Cela n’a pas été le cas, le récit est pudique et ne laisse pas de place au pathos.  Nous ne réfléchissons pas tous les jours au rapport que nous entretenons avec le malheur des autres. Ce récit atypique et profond nous y incite. Il peut paraître étonnant d'évoquer des sujets aussi divers dans un même récit (le tsunami, le surendettement, le cancer...). Grâce au talent de l'écrivain tout cela se tient, le fil conducteur étant le regard d'Emmanuel Carrère sur tout cela.

Me suis-je réconciliée avec Emmanuel Carrère ? Oui, je le crois. 

 

Les billets élogieux de : Cuné - Stephie - Jules - Mango - Esméralde - Clochette - Anne


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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 18:43

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    Editions Arléa 2009 - 201 pages

Ceux qui fréquentent mon blog régulièrement savent que Marie Sizun est une romancière pour laquelle j’ai un attachement particulier, en tant qu’écrivain mais également en temps que personne. Je l’ai rencontrée trois fois avec le même bonheur. J’ai lu les quatre livres qu’elle a publiés et je lirai certainement les suivants.

 

Lors de notre dernière rencontre, Marie avait commencé l’écriture d’Eclats d’enfance, elle en avait brièvement parlé. Je savais en commençant ma lecture, que j’allais y trouver des souvenirs d’enfance déjà évoqués partiellement dans ses deux premiers romans, notamment dans « Le père de la petite », la petite, c’était un peu elle. Dans Eclats d’enfance, nous retrouvons l’enfant que fut Marie Sizun, mais cette fois dans un récit. La romancière nous propose une promenade dans son quartier d’autrefois situé dans le 20ème arrondissement de Paris. Elle évoque, au fil des lieux visitées, des « éclats d’enfance » . Nous comprenons que sa jeunesse a été douloureuse, suite à la séparation de ses parents, peu de temps après le retour de captivité de son papa, prisonnier en Allemagne pendant la guerre. Elle s’est construite malgré tout, aidée par ce qu’elle puisait à l’extérieur de l’appartement familial. De ce qui se passait à l’intérieur, elle fait le choix de ne pas en parler.

 

« Qu'est ce qu'une enfance ? Ce temps étrange, marginal, secret, infiniment personnel, inconnu des parents, ce temps où l'on devient soi, où l'on se met à voir, à entendre, à penser. Envie de raconter cela. De retrouver cela.

C'était le tracé des rues qui me la racontait, cette histoire. Qui m'aidait à me la raconter, qui en était le support. Le fil d'Ariane »

 

« Alors, les tendres et cruels fantômes de l'immeuble de briques rouges, j'ai simplement eu envie de les prendre dans mes bras, de les rassurer, de les réchauffer, de leur redonner vie. Une autre vie.
Leurs secrets, leurs mystères, ils les garderaient, je les respecterais. Mais j'écrirais leur histoire, une histoire plus vraie que la vraie vie, que leur vraie vie, que la mienne. Une histoire qui dirait ce que nous n'avions pas su dire ».

 

Marie raconte avec amour le quartier populaire dans lequel elle aimait déambuler. Les souvenirs qui remontent à la surface sont parfois anodins, pas toujours.  La vie n’était pas simple pour cette petite fille dont la maman n’était pas comme celle des autres. Elle évoque aussi un petit frère un peu fragile. Je ne connais pas les lieux qu’elle décrit mais j’ai beaucoup aimé les imaginer, tout comme l’ambiance si particulière des années d’après-guerre. C’est  une promenade pleine d’émotions, mais apaisée toutefois. 

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Bravo Marie, cette fois encore vous nous offrez un beau livre…

 Le billet de Cathe
 Mes rencontres avec Marie Sizun : Ici et


Challenge du 1% littéraire 2009



4/7


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Au fil des jours....

En week-end ! La semaine prochaine, un coup de collier pour partir en vacances à peu près à jour..

Samedi 12 décembre :
Essentiellement par solidarité avec mes enfants asthmatiques, je me suis fait vaccinée contre la grippe A ce matin... 

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