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Lundi 9 juin 2008

     Editeur : L’Olivier -  2008 -  Traduit de l'américain - 256 pages


La première phrase :

Quand il se réveillait dans les bois dans l'obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l'enfant qui dormait à son côté.   

 

Dans un paysage post-apocalyptique, un père et son fils cheminent vers le sud, poussant devant eux un caddie. Comptant parmi les survivants d'une catastrophe (mais on ne sait laquelle), ils luttent chaque jour vivre jusqu'au lendemain. Ils traversent des paysages de désolation, couverts de cendre, où plus rien ne pousse. Trouver de la nourriture relève de l'exploit et ils doivent prendre garde de ne pas croiser les méchants… 
 

L'homme ne baisse pas les bras, mettant un point d'honneur à transmettre au petit les valeurs qui sont les siennes. L'enfant au fil des épreuves acquiert une maturité hors du commun sans perdre pour autant sa fraîcheur et sa pureté d'enfant. Les échanges entre eux sont brefs mais très intenses. Un grand amour les unit et leur complicité grandit au fil des jours.  L'avenir est inimaginable. Ou plutôt si, il ne l'est que trop, mais le père se résout pas à l'admettre. Alors ils avancent vers la mer avec un espoir insensé. Il a promis au petit qu'ils resteraient toujours ensemble, mais saura t'il prendre les dispositions qui s'imposent le moment venu ?   

 

La construction et le style sont d'une grande sobriété. Pas de superflu. Les chapitres sont inexistants, les phrases sont courtes, les dialogues se passent de tirets et de guillemets. Ce qui importe c'est l'amour qui unit le père et son fils. J'ai été fascinée par ce livre au point de le lire deux fois, une fois ne me suffisait pas pour accompagner comme il se doit ces deux êtres qui luttent et se débattent afin de rester des hommes dignes de ce nom. La fin est à l'image du récit, d'une grande humanité.

  

   Un récit dépouillé, superbe. 

 

      Une adaptation de ce film existe (photo ci-dessous). 
      En savoir plus :  
ICI


    Merci à Cathe de m'avoir donné envie de lire ce livre

   
Ils ont également beaucoup aimé : 
  
 
Essel Laurent Pascal Amanda Philippe Bellesahi
    DASOLA a une autre vision du livre.
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Mardi 1 avril 2008



Robert Laffont 2007 - 133 pages


L'histoire débute par une lettre, adressée à Mattéo et dont voici les premières lignes : "Venez, écrit-il. Sabine, Léa et toi. Venez ensemble ou alors viens seul. Flora va mourir d'un cancer…"
 
Après la lecture de cette lettre, Matteo se plonge dans ses souvenirs. Jeune émigré italien, son père le rejetait. Sa mère laissait faire, sans doute  par lâcheté. Là-bas en Italie, vivait la tante Flora. Elle lui écrivait  souvent et attendait impatiemment ses rares visites. Mais cet amour, trop éloigné par la distance, ne suffisait pas à adoucir son enfance. 
-

Adulte, il tente d'oublier cette époque douloureuse de sa vie, mais une agression, subie dans le cadre de son métier de chauffeur de bus, l'affaiblit physiquement et moralement, faisant resurgir le passé. Il se met à boire et à délaisser sa femme et sa petite fille. Quand il reçoit la lettre, un sursaut d'énergie le pousse à filer en Italie retrouver Flora… 

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C'est un petit livre tout simple en apparence, qui évoque au travers de personnages "écorchés de la vie",  des existences gâchées par les non-dits. Je suis sortie de ma lecture sonnée par un dénouement que je n'ai pas vu venir et qui m'a émue au point qu'il m'a fallu deux heures pour trouver le sommeil.
 Je ne veux pas en dire davantage pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui seraient tentés par cette histoire poignante.
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A lire d'une traite pour ne pas perdre en émotion…

   L'avis de Cuné et de Biblioblog
  L'interview de l'auteur par Biblioblog
   '

 

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Mercredi 26 mars 2008

Intervista, coll. Les mues, 2007
Nous sommes à Batenda, ancienne colonie européenne. Irina a 101 ans, déjà. Au terme d'une vie remplie de drames, de frustrations et de bonheur mêlés,  elle a atteint une forme de sérénité. Auprès d'elle, sa petite fille Susan  n'est  pas là  par hasard...
 

C'est un petit livre tout en douceur, un brin nostalgique et délicieusement féminin, à l'image de ce gâteau café-café dont la recette nous est dévoilée peu à peu, tout comme l'histoire d'Irina, racontée tantôt par la vieille femme, tantôt par sa petite fille. Illustrissime, ce premier roman ? A l'échelle de la blogosphère, sans aucun doute et le succès de ce gâteau enchanteur est bien mérité. 
 

Pour un gâteau de huit convives, compter trois paquets de thé brun, 125 g de beurre fin, de Normandie de préférence, sept cuillères à bouche de sucre en poudre …

live-voyageur.gifJ'offre à Moustafette, qui m'a envoyé ce roman alors qu'il avait fini sa carrière de livre-voyageur, une belle part de gâteau café-café

gateau-au-caf-.jpg

La photo est de Mamie Caillou :
http://mariecaillou.cuisineblog.fr/3604/Gateau-The-Brun/
un texte de recette illustré de cette même photo :
http://5h12.wordpress.com/2007/12/07/la-recette-du-bonheur/
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Vendredi 21 mars 2008

Ce qui est passionnant dans ce livre, c'est qu'il mêle la petite et la grande histoire. Je ne peux pas résumer en quelques lignes cette formidable épopée familiale, je me contenterai donc de quelques faits principaux.

 Amos Oz est né en 1939 de parents qui ont fuit l'Europe avant sa naissance pour cause d'antisémitisme. Leur vie d'avant nous est contée, ainsi que celle de leurs ancêtres qui vivaient en Russie et en Pologne. Les deux parents d'Amos, issus de milieux bourgeois, étaient très cultivés,  parlaient plusieurs langues couramment…

Quand la famille d'Amos Oz arrive à Jérusalem, "vomie par l'Europe", (j'ai lu cette expression quelque part), il lui faut d'abord accepter le décalage entre le paradis tant espéré et la réalité d'une ville sale et pauvre. La littérature, qui occupe une grande place dans la famille, lui permet de tenir le coup.

Dans ce cocon protecteur (trop ?), Amos Oz vit une petite enfance plutôt heureuse. Enfant unique, il est porteur de toutes les espérances. Mais peu à peu, une fêlure se produit. Cette fêlure, c'est l'état dépressif de la maman d'Amos. Le lecteur assiste à la dégradation du moral de cette femme et accompagne Amos dans le questionnement qui suit son suicide, terrible choc pour lui. A l'adolescence, il choisit de tourner le dos au modèle familial pour aller vivre en communauté au Kibboutz, contre l'avis de son père, intellectuel de droite.

  

Ma lecture de ce livre s'est faite en quinze jours. Le soir je me plongeais dans le récit de cet homme, j'y pensais au cours de la journée et j'avais hâte de m'y remettre le soir. Il faut toutefois que je vous avoue que la lecture des cent premières pages a été laborieuse. Mais peu à peu, la lecture m'a été plus aisée. Il y a beaucoup d'anecdotes familiales, la narration n'est pas chronologique et quand on connaît mal la littérature juive, dont il est beaucoup question, il faut être attentif pour ne pas perdre le fil. Mais au final quel beau récit ! J'ai désormais une meilleure connaissance de la création de l'état d'Israël et j'ai trouvé passionnante l'histoire de cette famille.

J'ai très envie d'en savoir plus sur Amos Oz. Le récit n'englobe pas toute sa vie mais se concentre sur son enfance et son adolescence. Je sais, pour l'avoir lu dans des articles de presse, qu'il œuvre pour la paix en Israël en préconisant le compromis comme issue au conflit. Espérons qu'il soit écouté…

 

Si un pavé de 540 pages "écrit petit" ne vous effraie pas, que vous aimez les autobiographies et que l'histoire d'Israël vous intéresse, ce livre ne peut que vous passionner.

 

Bonne nouvelle, il existe en poche (peut-être plus pratique, car lire un pavé, au lit, ce n'est pas confortable)

  C'est l'enthousiasme de Cathe pour ce livre qui m'a donné envie de le lire.

  Voir aussi, aujourd'hui-même, l'avis d' Alice très positif également.

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Vendredi 15 février 2008
  • Editeur : Actes Sud (Collection : Babel)

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Dans cet ouvrage à forte résonance autobiographique, une femme écrivain nous fait vivre les quatre années qu'elle passe à combattre l'autisme de son enfant. Elle consacre ses journées à tenter de le sortir de son enfermement, à apaiser ses souffrances. Pour cela, elle n'hésite pas à entrer dans son monde étrange et effrayant. Refusant l'avis des spécialistes, elle se fie à ses intuitions, alternant les moments d'exaltation quand de petits progrès se font sentir et les moments d'abattement quand l'enfant régresse et que tout s'écroule.
 
Il y a une seconde histoire dans ce livre (une sorte de roman dans le roman) car cette maman, quand elle peut se libérer, essaye d'écrire. Le personnage principal de cette deuxième histoire s'appelle Blanche et sa vie est une tragédie. J'ai eu un peu de mal avec l'intrusion de Blanche dans "Le petit prince Cannibale", sans toutefois que cela gâche ma lecture.
 
Vous l'aurez deviné, j'ai beaucoup aimé ce livre qui parle si bien de l'amour maternel. Etre mère apporte beaucoup de bonheur mais c'est aussi une source de frustrations quand on doit s'oublier pour le bien de son enfant. C'est le choix douloureux de la narratrice quand elle met sa vie d'écrivain entre parenthèses pour se donner corps et âme à un petit prince qui souffre. 

"Il faut, Sylvestre, que j'accepte d'être moins exaspérée par tes crises de violence, ces ornières où tu tombes si souvent. Il faut que j'accepte de ne plus écrire, de remettre mon livre sans cesse à demain avec tout le malaise que cela fait naître en moi. Il faut que j'accepte enfin que tu me prennes tout et que tu ne me donnes presque rien."
 
Il convient de préciser que ce livre n'est pas uniquement un témoignage sur la difficulté d'élever un enfant autiste, c'est aussi une œuvre littéraire à part entière, d'une grande sensibilité.
 
Un livre qu'on ne peut quitter une fois commencé…
 
Merci à Florinette et Anne de m'avoir donné envie de découvrir Françoise Lefèvre Je ne vais pas m'arrêter là avec cet auteur, cela va de soit ! 

Ce livre a obtenu le Goncourt des Lycéens en 1990

 

par sylire publié dans : Livres coups de coeur
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