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Mercredi 25 juin 2008
 

Crédit photo : http://bauchau.fltr.ucl.ac.be/spip.php?article5

 

  Réflexion sur la vieillesse
  Propos tenus par le narrateur du roman :
 

 

"Je dois passer prendre un vêtement commandé, le vendeur qui est jeune et beau fait maintenant partie de ceux qui m'ont appris que j'avais changé, que je vieillissais. Ce sont les autres qui m'ont appris cela. Comme ils m'ont fait savoir que je n'étais plus un enfant, plus un jeune homme. Toujours que je n'étais plus, que je ne suis plus ce que j'ai été. Implacables les autres pour vous faire constater que tout change et vous apprendre à mourir. Sans les autres est-ce que l'on ne mourrait pas ? ".


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Vendredi 11 avril 2008

 

siam2-copie-1.jpgJ'aurais aimé connaitre le Brest d'avant guerre, tel qu'on le voit sur la photo de la rue de Siam, ci-dessus. Hélas, le Brest reconstruit n'a pas le charme d'antan. Quelle connerie la guerre, comme le dit si bien Prévert !

   Rappelle-toi Barbara

  Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là

  Et tu marchais souriante

  Epanouie ravie ruisselante

  Sous la pluie

  Rappelle-toi Barbara

  Il pleuvait sans cesse sur Brest

  Et je t'ai croisée rue de Siam

  Tu souriais
  Et moi je souriais de même 
  Rappelle-toi Barbara

  Toi que je ne connaissais pas

Toi qui ne me connaissais pas

Rappelle-toi

Rappelle-toi quand même ce jour-là

N'oublie pas

Un homme sous un porche s'abritait

Et il a crié ton nom

Barbara

Et tu as couru vers lui sous la pluie

Ruisselante ravie épanouie

Et tu t'es jetée dans ses bras

Rappelle-toi cela Barbara

Et ne m'en veux pas si je te tutoie

Je dis tu à tous ceux que j'aime

Même si je ne les ai vus qu'une seule fois

Je dis tu à tous ceux qui s'aiment

Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara

N'oublie pas

Cette pluie sage et heureuse

Sur ton visage heureux

Sur cette ville heureuse

Cette pluie sur la mer

Sur l'arsenal

Sur le bateau d'Ouessant

Oh Barbara

Quelle connerie la guerre

Qu'es-tu devenue maintenant

Sous cette pluie de fer

De feu d'acier de sang

Et celui qui te serrait dans ses bras

Amoureusement

Est-il mort disparu ou bien encore vivant

Oh Barbara

Il pleut sans cesse sur Brest

Comme il pleuvait avant

Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé

C'est une pluie de deuil terrible et désolée

Ce n'est même plus l'orage

De fer d'acier de sang

Tout simplement des nuages

Qui crèvent comme des chiens

Des chiens qui disparaissent

Au fil de l'eau sur Brest

Et vont pourrir au loin

Au loin très loin de Brest

Dont il ne reste rien. 

 

Brest, bombardé en 1945 ...


Pour voir d'autres photos :
http://album.aufeminin.com/album/see_291796_10/BREST-BOMBARDE-HISTOIRE-EN-IMAGES.html

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Mardi 18 mars 2008

amos.jpg


J'ai tout juste fini le livre, mon compte-rendu sera en ligne d'ici la fin de la semaine. En attendant,  voici quelques extraits.
La tante du narrateur s'adresse à son neveu (Amos Oz), né en Israël. Elle fait partie de la diaspora qui a rejoint la terre promise avant la guerre 39-45, sentant le danger venir. Ces extraits peuvent donner un aperçu de l'état d'esprit des juifs de la diaspora, à cette époque (tout du moins de certains d'entre eux)
-
"La peur qui régnait dans chaque foyer juif, la peur dont on ne parlait pratiquement jamais mais qu'on nous distillait indirectement, comme du poison, goutte à goutte et d'heure en heure, c'était la terreur panique de ne pas être assez propres, trop bruyants, arrivistes, intelligents et cupides.
Vous qui êtes né ici, vous ne pourrez jamais comprendre que ce goutte à goutte faussait lentement vos sentiments, comme de la rouille qui ronge progressivement l'amour propre. Petit à petit, ça vous rend obséquieux, menteur et malin comme un chat. Moi, je déteste les chats. Les chiens aussi. Mais, à tout prendre, je préfère les chiens. Un chien, c'est comme un goy, on voit tout de suite ce qu'il pense et ce qu'il ressent. Le juif en diaspora, c'était comme un chat, dans le mauvais sens du terme, si tu vois ce que je veux dire.

On savait bien sûr à quel point c'était dur en Israël : qu'il y faisait chaud, qu'il y avait le désert, les marais, le chômage, des arabes pauvres dans les villages...
Nous pensions que dans peu de temps, quelques années au plus, les juifs seraient la majorité dans le pays – et que nous donnerions immédiatement au monde entier l'exemple de ce qu'il fallait faire avec notre minorité, les Arabes : nous qui avions toujours été une minorité opprimée, nous traiterions naturellement la minorité arabe avec justice et intégrité, avec bienveillance, nous les associerions à notre patrie, nous partagerions tout, nous ne les changerions jamais en chat. C'était un beau rêve."
Amos-Oz

 

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Vendredi 7 mars 2008
A l'occasion du Printemps des poètes
voici le poème d' un auteur breton contemporain :

Dévoilez-moi l’espoir qui vous tourmente,
je vous révèlerai la douleur qui vous ronge,
mais l’espoir est un intime secret
qui brûle comme l’âtre de la mer,
qui lave comme le sel de l’amour
et vous aide à inscrire devant vous
l’étrave de votre vie.
L’espoir guide le bâton
du voyant et du pèlerin,
il est votre utopie et vos multiples forces,
votre étoile que vous découvrez
dans les cours d’eau et sous les écorces,
l’espoir est votre aurore de tous les instants.

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Dimanche 24 février 2008
brassens2.gif

 

     
La mise en ligne des billets sur "Je François Villon" de Jean Teulé approche à grands pas (club des blogueuses-1er mars). Plusieurs fois pendant ma lecture, la ballade de Villon reprise  par Brassens m'a trotté dans la tête.

Pour écouter un extrait de la chanson (ici)
Pour quelques explications sur le texte : (ici)
 
 

crédit photo : http://www.georges-brassens.com/brassens.htm  


La traduction en français moderne :
 
Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ni Thais,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sus étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine.
Mais où sont les neiges d'antan ?
 
Où est la très sage Hélois,
Pour qui châtré fut et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint Denis ?
Pour son amour eut cette essoyne.
Semblablement où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
 
La reine Blanche comme lys
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu'Anglais brulèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souv'raine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
 
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous ramène :
Mais où sont les neiges d'antan ?
par sylire publié dans : Textes et extraits
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