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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 12 2009 18:57

nullLe livre de poche 1992 - 87 pages  (Stock)

Voici une de mes lectures de cet été, dont le billet était resté en souffrance.

Une introduction intitulée « le fusil de chasse » est suivie de trois lettres de femmes, adressées à un homme que le narrateur a pu observer dans la montagne, seul, un fusil sur l’épaule. La lecture des lettres met en lumière, sous trois angles différents, la tragédie qui a frappé l'homme. A l’origine du drame, un amour malheureux pour cause de mensonge, de trahison et de non-dits. Au fil des lettres nous découvrons le vrai visage des protagonistes, ignoré par leurs proches et révélé par les lettres sous forme de confession. Connaît t’on vraiment les gens avec qui l’on vit ?
C'est la question soulevée par Yasushi Inoué.

 

Ce petit livre (87 pages) est assez surprenant tant par sa construction que par le contenu des lettres qu’il contient. On sent que chaque mot a été pesé pour donner à la tragédie l’intensité recherchée. Je l’ai lu d’une traite. Cette oeuvre incontournable de la littérature japonaise a obtenu en 1950 la plus prestigieuse récompense littéraire du Japon, le prix Akutagawa.

 De nombreux billets. Je vous renvoie à Blog'O'Book


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Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 21:52

 

Les Belles Choses que porte le ciel   Le livre de poche - Albin Michel - 282 pages


« Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. » 

Il s’appelle Sepha. Voilà dix-sept ans, il a quitté l’Ethiopie pour se réfugier aux Etats-Unis. Depuis, il vit dans un quartier modeste de Washington, une existence simple et plutôt solitaire. Ses liens sociaux se résument aux clients de sa petite épicerie et à deux bons amis africains qu’il voit régulièrement. Il est partagé entre les souvenirs de là-bas et la vie entre parenthèses qu’il mène ici. La lecture occupe une grande place dans sa vie. Grâce à elle, il parvient à tromper un peu la monotonie de son quotidien. Un jour une jeune femme blanche et sa petite fille métisse viennent s’installer dans la maison en face de chez lui. Cette rencontre met un peu de piment dans son quotidien, notamment grâce à la relation privilégié qu’il établit avec la petite fille. Avec la maman c'est plus compliqué, ils ne sont pas du même monde. Cette installation marque la fin d’une époque pour le quartier… 


Sépha est un personnage intéressant, sensible et attachant. Au fil du roman nous découvrons les terribles raisons de son exil. Ses blessures ne sont pas refermées et ne le seront jamais sans doute. Dinan Mengestu, jeune écrivain d’origine éthiopienne,  nous offre ici un beau portait d’homme auquel s’ajoute une peinture intéressante d’une population d’exilés qui vivote, en marge de la société américaine. Tout n'est pas rose dans ce roman, il s'y dégage pourtant une douce mélancolie que j'ai beaucoup aimée.

"Chaque fois que je levais les yeux sur elle, je prenais conscience de la perfection de l'instant. Je me disais que des années plus tard je me souviendrais de cette période avec une nostalgie écrasante et dévastatrice, parce que, naturellement, je savais déjà à l'époque que je finirais par me retrouver tout seul. Et, chaque fois que cette prise de conscience menaçait de détruire la scène, Naomi faisait un petit quelque chose, comme tourner une page un peu trop tôt, ou bouger sur sa chaise, et, à nouveau, j'étais heureux
."



  
Une interview très intéressante de l'auteur

 

Ce livre a obtenu en 2007 le Prix du Roman Etranger.

L'avis de
Cuné - Saxaoul - Cathulu - Catherine

  Merci à  et au Livre de poche

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Mardi 24 novembre 2009 2 24 11 2009 00:02
Adieu Bugaled Breizh
             Editions du rocher - juillet 2009 - 167 pages

En janvier 2004, par temps correct, le Bugaled Breizh (Enfants de Bretagne) coulait à pic au Sud du Cap Lizard. Le drame a sensibilisé la population bretonne. Les marins pêcheurs sont admirés chez nous pour leur courage et leur loyauté. Quand cinq d’entre eux périssent en mer dans des circonstances troubles, nous voulons comprendre.

 

Yann Queffelec est breton et fier de l’être. Il aime la mer et les hommes qui l’affrontent. Rien d’étonnant qu’il s’insurge contre l’injustice faite aux marins et à leur famille. Dans ce livre document, avec sa patte de romancier en bonus,  il évoque le Bugaled, convaincu que le chalutier a été victime d’une mauvaise rencontre. Ce jour-là, à proximité du Bugaled, de nombreux sous-marins participaient à une manœuvre militaire de l’OTAN. L’écrivain pointe le doigt sur les incohérences de certains témoignages, liste les nombreux éléments qui convergent vers la thèse du sous-marin et avance un coupable : le sous-marin hollandais le Dolfijn.

 

De toute évidence, la justice n’est pas allée au fond des choses. Les familles ont demandé, via la cour d’appel de Rennes, le 6 octobre,  la levée du « secret défense » pour que tout soit dit sur cette affaire. La décision de la cour a été mise en délibéré au 27 novembre, dans quelques jours donc...


 

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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 11 2009 18:33

     Gallimard  2009 - 214 pages

 

"Quand je l'ai relâchée, elle avait au front et sur la joue des plaques rouges qui vireraient bientôt au bleu. Sa lèvre était fendue de ce sourire terrible qui n'en était pas un. Ses yeux étaient énormes. Elle me regardait comme si, malgré les signes visibles et la douleur qu'elle devait ressentir au visage, elle ne pouvait croire que cela s'était vraiment passé. Elle est restée ainsi, debout devant moi, minuscule, avec ce visage écarlate et cette goutte de sang au bord de la lèvre. Je l'ai regardée avec un petit sourire et j'ai attendu. Elle s'est mise à trembler. Alors je lui ai pris le bras, doucement, je l'ai attirée sur mes genoux et je l'ai laissée pleurer. Quand elle a été épuisée par ses propres larmes, je lui ai dit, lui caressant les cheveux : La prochaine fois, tu feras attention au repas. Je n'ai pas eu besoin d'ajouter, sinon je t'arracherai cette natte."

 

Nous sommes à l’île Maurice, pays natal de l’auteur. Un vieux médecin, surnommé « dokter-dieu » par ses patients, vit ses derniers jours, veillé par sa fille et sa petite fille. L’heure est au règlement de comptes. Le vieil homme était estimé par ses patients mais paradoxalement, passé le seuil de sa maison, il se révélait d’une violence et d’une brutalité inouïes.

 

Le narrateur est le bourreau, ce qui rend la lecture particulièrement dérangeante. Se mettre dans la peau d’un tel personnage est très inconfortable.  Sa femme est morte à l’âge de vingt ans, dans des circonstances terribles que l’homme dévoile au fil du roman. Sa fille et sa petite fille veulent connaître les circonstances de cette mort suspecte et exercent une pression sur l’homme, pour lui arracher la vérité.  La haine qu’il éprouve pour la gente féminine est viscérale. Pas un instant il ne doute de ses convictions ni ne regrette ses actes, qu’il minimise, les considérant comme insignifiants en comparaison de la violence du monde. La révélation finale est terrible.

 

Le monologue du vieil homme est d’une cruauté sans limites, sa misogynie dépasse l’entendement.  On ne sort pas indemne de ce huis clos mais on s’approche de très près, me semble t’il, de ce qui se passe dans la tête d’un homme qui martyrise sa femme, tant physiquement que psychologiquement.

 

Un texte admirablement percutant.
Challenge du 1% littéraire 2009

7/7 : challenge atteint !


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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 00:25

La Chorale des maîtres bouchers 
Le livre de poche (Albin Michel) - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) - 568  pages

Nous sommes en 1918. Fidelis, jeune soldat allemand revenu du front, part tenter sa chance en Amérique. Bien vite, il fait venir sa jeune épouse et son fils dans le petit village du Dakota Du Nord où il a posé sa valise remplie de couteaux (il est maître boucher). D’autres enfants naissent dans le foyer uni qu’il forme avec Eva, sa jeune épouse  dynamique et dévouée. Dans le même temps, un autre couple un peu atypique sillonne les routes du pays : Delphine et Cyprien. Ils présentent un numéro d’équilibriste. Mais Delphine est soucieuse pour son père, ils décident donc de rentrer au village natal de la jeune femme où ils font la connaissance d’Eva et Fidélis. Eva et Delphine deviennent inséparables. Le destin les liera pour toujours...
 

Pour imaginer cette histoire, Louise Erdrich s’est inspirée de l’histoire de sa famille paternelle (immigrants allemands sur le sol américain) mais également des origines indiennes de sa mère. L’histoire se déroule des années 20 aux années 50. La grande histoire est évoquée,  mais il est surtout question de la vie quotidienne des villageois de la région. Delphine, personnage central de l’histoire, est particulièrement attachante. Issue d’un milieu défavorisé, elle traverse la vie avec grâce et courage. Elle a le don de sublimer le quotidien, on voudrait tous l’avoir pour amie, mère ou soeur ! Des liens familiaux sont dévoilés à la fin du livre, les dernières pages réservent quelques surprises..

 

  Une fresque familiale assez passionnante

  Merci à :  et au livre de poche

  Les avis de :  Papillon ; Kathel Solenn ; Joelle ; Aifelle 

 


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Au fil des jours....

Lundi je vais à Paris en formation. Une grosse journée en perspective : départ de chez moi à 5 h 15, retour à 22 heures.

Mercredi 21 heures 45 : Bon je commence à me remettre de ma virée à Paris. Voiture, avion, RER, métro, marche à pied,  et la même chose en sens inverse : épuisant pour la provinciale que je suis !

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