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Mercredi 9 juillet 2008

Editions De fallois 2007 - Traduit de l'anglais
Livre de Poche - juin 2008

Comment supporteriez-vous à votre domicile un beau-père obsédé sexuel et invivable au point qu'il s'est fait renvoyé de toutes les maisons de retraite de la région ? Probablement aussi mal que le Docteur Ravi Kapoor. Aussi, quand un cousin d'origine indienne (tout comme lui) lui propose un plan d'enfer pour se débarrasser élégamment de l'indésirable, Ravi n'hésite pas une seconde. L'idée un peu folle du cousin consiste à créer une maison de retraite en Inde pour y délocaliser quelques vieillards britanniques qui le souhaitent.

 

L'idée est assez farfelue mais peut-être pas tant que cela finalement. N'oublions pas que les Britanniques ont entretenu dans le passé des relations privilégiées avec l'Inde et qu'il en reste des traces. Par ailleurs, certains retraités européens manquent de moyens pour garder le niveau de vie qu'ils avaient lorsqu'ils étaient actifs. Ici en France, nombreux sont les retraités qui s'expatrient au Maroc alors pourquoi pas en Inde pour les Britanniques ?  Reste le problème de l'éloignement avec la famille, faux problème pour certains plus ou moins délaissés par leurs enfants.

 

Voilà donc le fameux beau-père se retrouvant dans un avion pour rejoindre l'Inde, en compagnie d'autres candidats à l'aventure, chacun ayant une bonne raison pour commencer une autre vie. Certains personnages nous sont présentés avant le départ, d'autres une fois là-bas. Tous possèdent une part de mystère qui nous est révélée dans le dernier quart du roman. 

L'Inde ne manque pas de charme pour l'étranger, bien que le choc des cultures soit saisissant pour tout européen qui débarque là-bas. J'ai pensé plusieurs fois pendant ma lecture à l'atmosphère envoûtante du film de Tabucchi "Nocturne Indien". C'est une Inde assez crue qui nous est présentée dans "Ces petites choses", mais sans doute assez proche de la réalité, le meilleur côtoyant le pire.

 

Voilà une lecture qui tombait à pic pour ce qui me concerne. J'avais besoin de détente pour finir une année de travail assez pénible et amorcer des vacances bien méritées. Ce livre a parfaitement répondu à mes aspirations. J'ai tourné les pages sans effort et souri des aventures de ces retraités, tout en réfléchissant mine de rien à la problématique des parents vieillissants à laquelle tout un chacun est confronté un jour ou l'autre. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, emportée dans le tourbillon de la vie tumultueuse de cette maison de retraite peu banale où il se passe toujours quelque chose. Les enfants des vieillards ne sont pas oubliés, on les découvre en pleine crise de milieu de vie, doutant de leur choix de vie, souffrant des désagréments de la ménopause pour les femmes…

 

La morale de l'histoire pourrait être qu'il n'y pas d'âge pour repartir à zéro… 

    
   Merci au Livre de Poche pour ce cadeau sympathique
   Ainsi qu'à Joelle qui m'a parrainée pour cette opération.

   Les avis de Lily, Clarabel, Tamara, Anne, Praline, Yueyin, Joelle

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Samedi 5 juillet 2008


  Les allusifs - 2008 130 pages
  Traduit de l'espagnol (Colombie)

Antonio Ungar est un jeune auteur Colombien. "Les oreilles du loup" est le premier de ses ouvrages traduit en français. 

 

Que reste t'il de notre petite enfance ? De vagues souvenirs, quelques sensations, des impressions… En partant sans doute de ses propres souvenirs, Antonio Ungar se met dans la peau d'un garçon de trois ans à cinq ans et imagine ce qu'il peut vivre et penser.

 

Le narrateur est un garçonnet un peu sauvage qui adore courir dans la savane et grimper aux arbres. Quand la vie réelle ne lui convient pas, il s'en invente une autre comme aiment le faire les enfants. Il se prend pour un tigre ou voit dans sa sœur un petit chat.  L'école, ce n'est pas ce qu'il préfère, surtout quand pour se défendre il doit taper sur les autres et que résultat des courses, il se fait renvoyer.

 

Au début du livre, il est très triste :
"Je pleure et quand je n'ai plus de larmes, je me retourne et je vois que papa est beaucoup plus fatigué que le véritable, qu'il est plus vieux. Je voudrais que papa soit là, mon papa, le véritable, pas ce vieux type défait".
Mais peu à peu il se console quand sa maman reprend goût à la vie. Aux jours sombres de la séparation de ses parents succèdent des jours plus clairs. La gaieté revient dans le trio constitué désormais de la mère, du petit garçon et sa jeune sœur et le périple qu'ils ont entrepris à travers le pays devient de plus en plus joyeux.

 

C'est un joli livre, très poétique. Chaque chapitre est construit comme une nouvelle qui  plonge le lecteur dans l'univers du petit garçon. J'ai bien apprécié cette virée insolite dans la Colombie d'un jeune enfant même si parfois, j'ai été un peu déroutée par la frontière très mince entre le rêve et la réalité.

 

Merci à Babelio et aux Editions "Les Allusifs" pour cette jolie découverte.

 

  Les avis de Lily   Antigone Nanne Lo  Alice

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Samedi 14 juin 2008
Editions Le fond du tiroir - 2008 - 107 pages

Je connais Fabrice Vigne depuis une dizaine de mois. Nous avons eu quelques échanges par mails, à la suite de billets sur mon blog concernant ses livres. Puis j'ai eu la chance de faire sa connaissance "pour de vrai" lors la présentation de son livre "Les Giètes" dans la bibliothèque de ma ville.

 

Quand j'ai reçu de sa part un mail annonçant qu'il créait une maison d'édition pour publier un livre à 260 exemplaires je n'ai pas hésité une seconde, IL ME LE FALLAIT. J'ai donc passé commande de L'échoppe enténébrée récits incontestables, très intriguée par le titre.  

Voici quelques extraits du mail que j'ai reçu :
Voilà l'histoire : l'Arald (bien connue Agence Rhône-Alpes pour le Livre et la Documentation) a eu la gentillesse et l'intrépidité de décerner un prix « Jeunesse » à mes Giètes, vous savez, ce livre paru l’an dernier et dont, depuis lors, je chante sur tous les toits que ce n’est pas du tout un livre jeunesse, mais bien plutôt un livre « vieillesse ». Bon, ce prix « jeunesse » étant assorti d’une forte somme, finalement pour cesser de pinailler je veux bien me montrer aimable et admettre que tout compte fait, en y réfléchissant, c’était un livre un petit peu « jeunesse ». On est bien peu de choses.

….
Mais à présent que faire de cet argent providentiel et inespéré ?
Ben un livre, tiens.
Oh, oui, quelle bonne idée, un livre.
Un, livre ! Un, livre ! Un, livre !
Bon, d'accord.
Mais alors, un livre que je ferai tout seul, pour moi, et pour quelques autres, pas plus. Un livre autoproduit. (Vive la culture vivrière ! vive le livre de proximité ! vive l’autogestion ! vive le do it yourself ! vive les punks ! No future, comme je dis toujours.) Un livre sans but lucratif, sans libraires, sans distributeur, sans service de presse, sans prix littéraires, sans débats ni contre-débats pour fixer par décret l’âge du public cible (hi hi hi), sans rien, un livre fin-en-soi.

 

Mon livre est arrivé par la poste fin mai, numéroté (n° 40) et dédicacé. Première impression : c'est un bel objet. Jolie couverture, illustrations à l'intérieur… Je jette un œil  à la quatrième de couverture et je lis ceci : 

"Pas un journal initime

intime d'accord mais pas un journal.

Exactement le contraire : un noctural, disons."

 

Mais de quoi parle-t'il donc ce livre  ?

Il s'agit du journal des rêves de l'auteur de 2000 à 2007. Il regroupe 26 rêves accompagnés pour la plupart d'une explication sur l'origine du rêve.

Quelques titres de chapitre : Rêve de la gifle donnée au ministre de la culture, rêve des volets de ma grand-mère…

 

Ce que j'en pense :
J'ai trouvé ce livre original et distrayant. Connaissant un peu Fabrice Vigne, j'ai trouvé amusant de le retrouver dans des situations improbables et souvent cocasses. J'ai le sentiment de le connaître un peu mieux maintenant. Nos rêves nous révèlent sans doute un peu...

Les illustrations donnent de la fantaisie, tout comme les sortes de bulles aux contours tarabiscotés  que l'on trouve en fin de chapitre et qui contiennent les quelques phrases qui tentent d'expliquer le pourquoi du rêve.

 

Si vous voulez vous procurer ce livre introuvable (ou presque) c'est ICI.  

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Lundi 26 mai 2008
Babel poche - Actes Sud 1999


L'histoire commence par un dramatique accident de bus scolaire raconté par sa conductrice, Dolorès Driscoll. Nous sommes dans le nord de l'état de New-York, les hivers sont rudes et les routes dangereuses. Dolorès est une conductrice expérimentée, mais le risque zéro n'existe pas...

 

Quatre acteurs se succèdent pour raconter l'événement et ce qui s'est passé par la suite. Après le récit de Dolorès, c'est un père de famille qui prend la parole, il a perdu ses deux enfants dans l'accident. Puis, nous lisons le témoignage d'un avocat qui a débarqué dans la ville pour proposer ses services aux familles. Le dernier récit est celui de Nicole Burnell. La jeune fille se trouvait dans le bus au moment de l'accident, elle a perdu l'usage de ses jambes. Pour des raisons indépendantes au drame, son témoignage fera prendre à l'histoire une tournure inattendue.

 

Des faits divers comme celui-ci, on en lit dans les journaux régulièrement. Mais une fois le drame passé, les villages retournent à leur anonymat. Les familles doivent continuer leur chemin, avec leurs états d'âmes : Colère ou résignation, recherche de responsabilités… C'est de cet "après" dont nous parle Russel Banks.

 

J'ai aimé ce livre sans que ce soit toutefois un coup de cœur. Je n'ai pas vraiment ressenti d'empathie pour les personnages. Peut-être est-ce volontaire de la part de Russel Banks. Il veut nous garder à distance des protagonistes pour ne pas que l'on s'apitoie sur leur sort ? J'aimerais beaucoup voir le film qui en a été tiré et qui paraît-il donne plus de place au personnage de Nicole.

 

Du même auteur, j'avais lu et adoré Américan Darling. Je n'ai eu le même enthousiasme pour "De beaux lendemains", mais c'est toutefois une lecture que j'ai trouvée prenante. C'est par ailleurs un portrait intéressant de la société américaine et de ses travers. Aux Etats-Unis, plus qu'en France, tout est prétexte à faire un procès.
Un lecture assez prenante.


Les avis de Clochette - dda 
- Anne

 

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Jeudi 22 mai 2008


              Editions Gigal - 2007

Ce livre fait partie de la sélection du 

     
Prix des lecteurs Inter-Ce









Trois hommes, victimes de la Shoah il y a plus de 50 ans, n'ont jamais oublié le train noir qui menait vers l'inimaginable. Aujourd'hui, c'est dans un train bleu qu'ils voyagent, un train joyeux qui mène à Munich des supporteurs de la cité phocéenne. Mais nos trois pépés ne font pas le déplacement pour la coupe d'Europe de Football…
  

 

Ce livre aborde un épisode douloureux de l'histoire de Marseille que probablement peu de lecteurs connaissent. En 1943, sous prétexte de nettoyage des bas fonds, le vieux quartier du Panier est évacué puis détruit. Mille six cent personnes sont déportées (principalement des juifs), les autres devront se reloger comme ils peuvent. On apprend au fil des lignes qu'une juteuse opération immobilière se cachait probablement derrière tout cela.

 

Ce livre est fait d'allers et retours du présent vers le passé. On découvre la douloureuse histoire de ces hommes et le poids de ce passé qui pèse à jamais sur leur vie. L'horreur des camps hante leur mémoire. Quand l'occasion d'une vengeance se présente, certains sont prêts à foncer, d'autres moins… 
 

Le ton est souvent grave, parfois léger. Le parler marseillais met du soleil dans le récit. Un crime sera perpétré, polar oblige, mais un petit coup de théâtre attend le lecteur au dernier chapitre. Les passages concernant le match de foot m'ont peu captivée, j'ai donc "sauté" quelques lignes. Pas d'inquiétude à avoir pour ceux qui n'aiment pas ce sport, il n'est qu'un prétexte et occupe très peu de place dans le livre.

J'ai bien aimé ce polar original qui donne à refléchir sur la mémoire et le poids de l'histoire.

L'avis de Flora, Anne-Sophie, Yvon, Joelle,


 

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