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Rencontres d'auteurs

Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /2009 22:02

nullAvant l’été, j’ai participé à une rencontre littéraire organisée dans le cadre du Prix Inter-CE. Problème de communication ou désintérêt des gens pour ce genre de rencontres, nous n’étions que deux lecteurs (lectrices en l’occurrence) à avoir fait le déplacement, dans la petite commune rurale qui recevait l’auteur. Pas un lecteur de la commune n’était présent ( ! ? ). Un peu dommage pour l’auteur tout de même…

 

Afficher l'image en taille réelleL’échange s’est déroulé de façon informel en raison du petit nombre de participants. Marie-Sabine Roger nous a parlé de sa carrière d’auteur (elle est publiée depuis plus de 20 ans, notamment en jeunesse), et plus précisément de La tête en friche, livre en lice pour le Prix Inter CE 2009.  J’avais apprécié cette lecture « détente » entre deux ouvrages plus lourds. Ce côté léger du livre lui a valu plusieurs refus de la part de « grosses » maisons d’édition, qui le qualifiaient de trop populaire. Sa dernière tentative avant de ranger le livre dans un tiroir a été de l’envoyer  chez Le Rouergue, dont elle avait de bons échos. Leur réponse a été favorable, bien que le livre ne soit pas forcément dans leur ligne éditoriale. L’éditrice qui a pris en main le livre, a fait un travail de fond, l’accompagnant comme il se doit. Ce n’est pas forcément le cas des "grosses" maisons d’édition qui ne prennent pas toujours le temps d’accompagner un livre comme le faudrait. Les ventes s’élèvent à 14 000 exemplaires, grâce qu bouche à oreille principalement, la presse l’ayant « boudé ».


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De quoi parle ce livre ? Un extrait de mon billet :
C'est l'histoire d'un brave homme qui ne manque pas de bon sens, mais qui a un peu "la tête en friche". Pas d'amour maternel, un père aux abonnés absents, un instituteur qui le prenait pour un idiot, tout cela ne l'a pas aidé à grandir. Mais rien n'est jamais définitif... Un jour, au jardin public, il sympathise avec une vieille dame, cultivée et pas bêcheuse pour deux sous. Ils ont une passion commune, compter les pigeons. Ca leur donne un premier sujet de discussion. D'autres suivront et peu à peu une histoire d'amitié prendra naissance. La vieille dame réussira même à lui transmettre sa passion de la lecture
;

 

A la question : « Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? », Marie-Sabine Roger a toujours beaucoup de difficultés à répondre et pour cause : quand elle commence à écrire, elle n’a pas la moindre idée de l’histoire qui va prendre forme. La première phrase entraîne la suivante… Parfois, au bout de quelques pages, elle débouche sur une impasse.

En y réfléchissant après coup, elle a tout de même quelques réponses à apporter à cette question,  pour ce qui est de La tête en friche. La notion de culture est une notion à laquelle elle a beaucoup réfléchi : en tant qu’enseignante, tout d’abord, mais aussi en raison d'un entourage constitué principalement d’autodidactes. Elle est très agacée par les gens qui se croient cultivés, parce qu’issus de milieux favorisés. Ils ont bien souvent une culture surfaite bien moins intéressante que ceux dont le savoir s’est constitué au fil du temps, grâce à leur curiosité. Germain, le personnage principal du livre est de ceux-là… Marie-Sabine Roger a pris beaucoup de plaisir à créer ce personnage. Elle s’est aussi beaucoup amusée de ses échanges avec son amie Germaine, cette vieille dame qui se prend d’affection pour lui. 

La fin de la rencontre s’est terminée par un scoop : le livre va être porté à l’écran et pas par n’importe qui puisqu’il s’agit du réalisateur Jean Becker. Et dans le rôle principal il a choisi Gérard Depardieu ! Tout en étant ravie du nouveau tournant que prend son livre, Marie Sabine est un peu inquiète, ce qui parait légitime. Un peu étonnée aussi du choix de Depardieu, bien plus âgé que Germain dans le livre. C’est Gisèle Casadessus qui jouera Germaine. A suivre donc, le tournage est prévu pour l’automne.


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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 18:46


Voilà une bonne dizaine de jours que j’ai rencontré Maylis de Kerangal  à la médiathèque de Morlaix, pour une présentation de son roman « Corniche Kennedy » dans le cadre sa participation au prix Inter-Ce. La rencontre se déroulait dans le parc de la médiathèque, nous permettant ainsi de profiter des derniers rayons de soleil de la journée . Les personnes présentes avaient lu et aimé ce livre, ce qui a favorisé un échange vivant et chaleureux.

 

Maylis De Kerangal nous a tout d’abord résumé son roman : Dans les contrebas de la « Corniche Kennedy », à Marseille, une bande de jeunes gens désoeuvrés se retrouve sur une plateforme rocheuse, occupant les journées à flirter et surtout à plonger dangereusement dans la mer. Non loin de là, un homme les observe. Il s’appelle Sylvestre Opéra. C’est un commissaire de police qui trompe l’ennui,  lui aussi, épiant les jeunes gens.  Sylvestre aurait sans doute passé l’été à les observer ainsi, plongé dans ses souvenirs s’il n’avait subi des pressions l’incitant à sévir, pour des motifs sécuritaires. S’instaure alors une sorte de jeu de « gendarmes et voleurs » entre plongeurs et forces de l’ordre…

 

Maylis le reconnaît volontiers, il n’y a pas vraiment d’action dans son roman. Il s’agirait plutôt d’une sorte de roman d’initiation brassant plusieurs genres littéraires, dont le policier. Elle a beaucoup travaillé le cadrage et la lumière, permettant au lecteur de s’imprégner de l’ambiance des lieux. Cette plateforme rocheuse constitue une sorte de théâtre à ciel ouvert donnant sur la mer.

Très volontiers, elle a accepté de nous lire un extrait du roman. J’ai été frappée par la musicalité des phrases. C’est assez fascinant de la regarder lire, sa gestuelle est particulièrement expressive.


Elle utilise assez régulièrement (dans le roman seulement !) un langage très « ado » afin de coller avec l’histoire et les personnages. Elle nous a confié avoir eu la crainte d’être dans l’imposture. Ce vocabulaire elle le connaît pourtant bien, grâce à un fils adolescent. Elle a eu l’occasion de présenter « Corniche Kennedy » dans des classes, notamment à Marseille. Les jeunes n’ont pas manqué de l'interpeller à ce sujet.

 

Nous avons parlé de ses relations avec son éditeur, Verticales qu'elle apprécie beaucoup pour ses conseils avisés. Pour Corniche Kennedy, par exemple, il lui a conseillé de revoir la construction. Les jeunes et le commissaire faisaient l’objet de parties distinctes. Elle a concassé les deux parties donnant plus de rythme au roman.

 

Elle se réjouit de voir son livre continuer sa vie, grâce aux prix littéraires. Elle espère aussi (c’est parti pour) voir son livre sortir en poche. Un nouveau roman est en cours d’écriture, mais elle peine un peu ces temps-ci. Sa pratique de l’écriture est quasi-quotidienne. Elle travaille beaucoup.

A la fin de la rencontre, autour d’un verre, nous avons parlé de littérature jeunesse (elle a été éditrice d’une collection d’albums pour la jeunesse). Nous avons parlé aussi de sa collaboration à la revue Inculte, avec Mathias Enard, François Bégaudeau…

 

Je n’ai bien entendu restitué qu’une petite partie de la rencontre, fort intéressante, qui a duré deux bonnes heures je crois. Dans ces circonstances-là, je perds la notion du temps…

Mon ressenti sur le livre :

J'ai aimé la présentation de cette facette de l’adolescence, assez juste me semble t'il. L'adolescence est une époque de la vie où l'on passe beaucoup de temps à ne rien faire (entre autres !). Je retiendrai de ce livre son ambiance et son style très travaillé. L'histoire n'offre pas d'originalité particulière à mon sens.


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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 21:31

La librairie Dialogues de Morlaix organisait ce jour une journée-dédicace avec Maud Lethielleux (auteur de « Dis oui Ninon », un de mes récents coups de cœur). J’ai eu la chance de pouvoir discuter avec Maud pendant près d’une heure 30. Il n’y avait pas grand monde et nous sommes bavardes toutes les deux .
Je ne vous livrerai qu’une petite partie de cet échange fort sympathique, assez délicat à retranscrire, car très informel. Hambre, blogueuse de Brest, s’est jointe à nous au cours de la discussion. Nous avions convenu de profiter de l’occasion pour faire connaissance.
  

 

Nous avons parlé des personnages du livre, de Ninon surtout, de son éducation peu banale qui peut susciter des interrogations, de son devenir. Sort t’on toujours indemne d’une éducation aussi peu conventionnelle ?  Nous avons discuté de l’éducation des enfants en général, de l’école traditionnelle (que Maud ne porte pas dans son cœur, après l’expérience personnelle assez pénible qu’elle en a faite). Son livre est très autobiographique (les yeux pétillants de Maud sont bien ceux qui j’imaginais chez Ninon...)  

Maud nous a raconté l’aventure de la publication du livre, la façon dont elle vit aujourd’hui sa promotion… Le livre marche bien, son éditeur est content. Si tout se passe bien, il se pourrait bien qu'il sorte en poche, ce qui enchante Maud (mais ce n'est pas pour tout de suite !). Un deuxième roman est dans les tuyaux et sortira aussi chez Stock, début 2010. Le thème sera cette fois celui des sans-abri. Petite source d’angoisse bien légitime pour un jeune auteur : comment sera perçu ce deuxième roman ?

 

J’ai quitté Maud en fin de matinée, espérant que les gens allaient se présenter en plus grand nombre l’après-midi…  J'ai hâte d'en savoir plus.

 

Pour en savoir plus sur ce livre :

Mon billet

L’interview de Lily

Le blog de Maud

 

PS : j’ai complètement oublié de sortir mon  appareil photo ! J'ai donc "emprunté" une photo sur le blog de Maud

 


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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 00:39

Dans le cadre du Prix Inter-Ce, Martine Sonnet présentait jeudi soir à la médiathèque de Landerneau « Atelier 62 » un livre atypique dans la sélection, à mi-chemin entre le récit intime et le documentaire.

Historienne, elle rend dans cet ouvrage un hommage extrêmement fort et émouvant à son père, qui a travaillé aux forges de l’usine Renault de Billancourt, dans les années 50. Elle salue également le courage de tous ces travailleurs de force qui se sont souvent ruiné la santé, travaillant dans des conditions extrêmement difficiles (chaleur, cadences…) mais fiers de leur métier. La construction du livre est simple : un chapitre sur deux est consacré aux forges, l’autre, très personnel, à l'histoire familiale des Sonnet.

 

Martine a six mois quand son père  quitte son métier d’artisan forgeron en  Normandie, pour l’usine Renault de Billancourt. La famille ne le rejoindra que 5 ans plus tard, quand un logement décent sera trouvé. Martine vit des années heureuses dans une cité de Clamart, en déplorant toutefois sa position de petite dernière, qui la met à l’écart de la fratrie.  Durant les vacances, la famille retourne en Normandie où Martine s’ennuie à mourir, préférant l’animation de la ville.

 

La partie plus « documentaire »  reprend des extraits de journaux syndicaux de l’époque. Il est beaucoup question  de l’amélioration des conditions de travail, demandes qui nous paraissent tellement légitimes et pour lesquelles la direction « botte en touche » constamment. Une des revendications les plus marquantes est celle de la diminution de l’âge de départ à la retraite. Une grande partie des ouvriers mourait jeune, avant même d’avoir pu profiter d’une quelconque retraite. Les chanceux qui ne mouraient pas étaient bien souvent déclassés vers l'âge de 50 ans car ils n’avaient plus la force physique d’assurer leur dur labeur. Ils  touchaient à 65 ans une retraite « au rabais ». Révoltant…

 

Ce livre m’a ému, tout autant que la rencontre avec Martine Sonnet. D’une grande simplicité, à l’écoute de tous, elle nous a parlé avec passion de son livre. Avant d’obtenir une réponse favorable de la maison d’édition « le temps qu’il fait », elle a obtenu 18 réponses négatives, les éditeurs lui reprochant le côté inclassable de son livre. Aujourd’hui, l’aventure continue… Un site est consacré à l’atelier 62 et Martine s’investit dans l’association des anciens travailleurs de Renault. Elle a reçu de nombreux témoignages d’ouvriers, certains ayant connu son père à Billancourt.

 

Un mot sur la couverture du livre, très émouvante elle aussi puisqu’il s’agit du père de Martine, photographié sur son lieu de travail. On est frappé par sa corpulence, caractéristique des travailleurs de force.

 

La rencontre a été très vivante. Des ouvriers syndicalistes ont livré leur vision du livre, leur peine face au manque de reconnaissance du monde ouvrier dans le monde d’aujourd’hui. Ils ont remercié Martine Sonnet pour son très beau travail de mémoire. Il a été évoqué également les cités ouvrières de l’époque, bien plus chaleureuses qu’elles ne le sont aujourd’hui. Je ne peux pas tout raconter, je vais donc en rester là. Martine Sonnet a participé à une rencontre à la médiathèque de Lorient. Il existe un enregistrement de cette rencontre, où elle évoque son livre et l'atelier 62. Si cela vous tente, c’est (ici).
 

Il est des rencontres qui marquent. Celle-ci en fait partie.

 Le site  de l'Atelier 62 : http://www.martinesonnet.fr/Site/Atelier_62.html
 Son blog "L'employée aux écritures" : http://www.martinesonnet.fr/blogwp/

L'avis sur Atelier 62 de : Yvon - Yves


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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /2009 00:07




Nella Bielski est née en Russie. Elle vit à Paris depuis le début des années 60. Au vu de son parcours personnel, je me réjouissais de faire sa connaissance, me disant qu’elle ne pouvait être que passionnante à écouter. Nella Bielski est une personne intéressante et très cultivée, mais la rencontre a été particulière, je me demande si la romancière avait vraiment envie de parler de son livre...

 

Quand on lui a suggéré de résumer son roman préalablement à l’échange, elle a décliné l’invitation. La présentation a donc été faite par l’une des deux animatrices de la rencontre. Aux questions posées par la suite, elle a parfois répondu un peu à côté, s'embarquant dans des digressions (et nous perdant avec !).  De quoi avait-elle envie de parler ? De politique par exemple. Anti-américaniste convaincue, elle nous a présenté sa vision du monde.

 

Nous avons tout de même parlé du livre qui nous réunissait « l’an 42 ». Elle nous a expliqué que le roman lui avait demandé une dizaine d’années de recherches historiques sur cette époque, mais que l’écriture s’était faite relativement vite. Elle déplore que l’on oublie trop souvent de rappeler que des russes ont énormément souffert, eux aussi, de la barbarie nazie (les juifs notamment). Elle regrette aussi que la résistance allemande ait été plus ou moins passée sous silence.  Ce livre met à la lumière deux résistants allemands et une jeune femme russe qui a subi au niveau familial, et l'horreur du goulag et celui du massacre de Babi Yar.
 

Pour ceux qui n’ont pas lu mon billet, mon ressenti sur ce roman est un peu mitigé. J’ai trouvé les personnages et le sujet intéressants, mais la construction peu harmonieuse. Nella Bielski a fait allusion à ce dernier point, nous expliquant que ce reproche lui avait été fait par les éditeurs français, mais pas du tout par ceux des pays ango-saxons, ces derniers ayant même qualifié de « géniale» cette construction. Cette différence de perception me laisse perplexe. Je me suis permise également de lui glisser, à la fin de la rencontre, qu’à titre personnel j’aurais préféré une trilogie, que les personnages méritaient un développement plus important.

 

Un mot sur l’épilogue du livre : Une personne de l’assistance lui a fait remarqué que l’épilogue était un peu étonnant, résumant en quelques pages le reste de l’existence des personnages, alors que le livre ne couvrait qu’une année de leur vie. Elle nous a répondu que cet épilogue avait été ajouté à la demande de l’éditeur, mais que pour finir, il lui convenait bien.


Nella Bielsky adore la littérature française et aime écrire dans notre langue, bien cela constitue pour elle une difficulté supplémentaire. Elle a lu et annoté de nombreux écrivains français.

A la fin de la rencontre, il lui a été suggéré de lire un extrait de l'un de ses livres. Elle a préféré nous lire le passage d’un livre de Christian Bobin, sans relation avec « l’été 42 », mais en rapport avec sa propre personne, la femme évoquée dans l’extrait n’étant autre qu’elle-même.

Une rencontre un peu étrange, mais je ne regrette pas le déplacement, les échanges avec les auteurs me passionnent et les « en-cas » étaient excellents !

Cette rencontre a eu lieu dans le cadre du Prix-Tnter-Ce (Cézam), à la médiathèque de Morlaix.

 


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Au fil des jours....

En week-end ! La semaine prochaine, un coup de collier pour partir en vacances à peu près à jour..

Samedi 12 décembre :
Essentiellement par solidarité avec mes enfants asthmatiques, je me suis fait vaccinée contre la grippe A ce matin... 

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