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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 21:35

   Actes Sud - 159 pages

Rentrée littéraire 2008

Léa est chorégraphe. La danse lui donne une rigueur, un équilibre sans lesquels peut-être, elle sombrerait. A trente-huit ans, une angoisse qu'elle ne peut définir l'empêche de vivre pleinement sa relation avec Bruno, l'homme qu'elle aime.

 

Romilda est la mère de Léa. Elle est veuve depuis bien longtemps, Léa avait six ans… Elle aime sa fille mais la garde à une certaine distance, depuis toujours, pour tenter de ne pas lui communiquer son mal-être. Un soir pourtant au téléphone, dans un souffle, elle lui confie qu'elle a des choses à lui dire. Léa, particulièrement malheureuse ce jour là, décide d'aller voir sa mère, dans son village natal en  bord de la mer. La tempête fait rage,  les six heures de voiture sont interminables, mais qu'importe, il faut qu'elle sache…

 

Et elle saura ce qu'elle doit savoir, au terme d'une nuit où la tempête menace de faire s'écrouler la maison maternelle. Elle saura la souffrance et la honte qui rongent sa mère, à cause de l'homme qu'elles deux ont tant aimé.

 

C'est un roman à l'ambiance intimiste. La tempête fait rage et les secrets se dévoilent peu à peu, mère et fille se racontent alternativement. Bien au chaud sous la couette, j'ai aimé cette nuit de tous les dangers. Les phrases de Jeanne Benameur sont courtes, il faut parfois lire entre les lignes, deviner ce qui est suggéré.  J'ai retrouvé avec bonheur ce style qui m'avait tant plu dans "les demeurées". 

 

Une histoire de mère et de fille, magnifiquement racontée…

(en cette fin d'année, j'enchaîne les coups de coeur !) 


Un extrait :


"
Apprendre à trébucher.

Intégrer le faux pas.

En faire sa danse.

Apprendre la marche imparfaite de tous ceux qui ont dans le corps un poids qui se déplace et les entraîne. Sans qu'ils y puissent rien.

Et danser avec ça.

Tous. Des semblables. Qui tentent de rétablir l'équilibre. A chaque pas. Entravés, empêtrés dans les vies et les histoires qui s'agrippent, déséquilibrent"

Elles ont beaucoup aimé : 
Lily - Clarabel - BelleSahi -  Julie - Saxaoul
Béatrix l'a rencontrée

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 20:37

Après ma lecture de La petite cloche au son grêle, j'ai eu envie d'en savoir un peu plus sur le livre et son auteur. Voici donc ce petit jeu de "questions-réponses" via le net.
 

Comment avez-vous eu l'idée de ce roman (j'ai lu qu'il n'était pas autobiographique).

 

En effet, il n'est pas autobiographique. Mon idée de départ était de parler de la magie de la lecture et du souvenir à travers cette histoire. Je voulais aussi immerger Proust dans un milieu populaire et montrer qu'il pouvait changer la vie. Car il peut y avoir une lecture mystique de Proust.

S'il n'est pas autobiographique, j'ai en tout cas tout fait pour le laisser penser. J'ai souhaité entretenir cette ambiguïté par l'emploi du "je", en ne donnant pas volontairement de prénom au narrateur et pour le style en adoptant le ton un peu naturaliste chronique pour que le lecteur s'immerge dans l'histoire...

 Si Proust éclaire le livre, c'est un autre Marcel qui m'a guidé dans son style : Marcel Pagnol et notamment le "Chateau de ma mère"... Je voulais retrouver un peu de cette qualité d'émotion, ce ton universel et ce réalisme enchanté des souvenirs d'enfance. 

 

Est-ce votre première expérience en matière d'écriture ?

 

C'est mon premier roman mais j'ai une expérience de l'écriture en tant que scénariste qui est très formateur sur le plan du récit. 

 

Etes-vous un grand lecteur ? Quels sont vos auteurs préférés ? (hum... j'imagine que vous allez me répondre Proust) ? 
 

J'aime lire, mais pour autant je ne me considère pas comme un grand lecteur (surtout quand je vois les lecteurs et lectrices passionnées de la blogosphère!!!) Mes goûts sont assez éclectiques. Je n'ai pas de chapelles. Il y a Proust bien sûr mais je peux tout de suite enchaîner avec un Douglas Kennedy! Les romanciers du XIXème : Flaubert Stendhal, Balzac... J'aime aussi beaucoup Borgès, Zweig. Je lis aussi depuis toujours beaucoup de polars et de thrillers que j'aime lire en anglais. J'ai un faible aussi pour Barricco... 

 

Comment avez-vous "atterri" sur les blogs littéraires ? Qu'en pensez-vous ?

 

"Atterri" c'est vraiment le mot car je ne connaissais pas les blogs littéraires. À la faveur des billets sur le livre, j'ai découvert un monde : animé par des passionnés mais dans un esprit d'échange, d'ouverture et de convivialité... Une certaine fraternité. Et puis des papiers très sensibles et très bien écrits! C'est rafraîchissant car on sent que le moteur de ces blogs c'est l'envie de partager, de faire connaître et de communiquer (ce qui hélas n'est pas toujours le cas dans la critique!!!). Donc longue vie à tous les blogs littéraire!!! 

 

Votre livre a un grand succès "bloguesque". Avez-vous également réussi à le faire connaître des libraires ? A t'il le succès commercial qu'il mérite ?

 

J'ai de la chance d'être soutenu par des libraires et des bibliothécaires qui ont eu un coup de cœur pour le livre et le "poussent" comme on dit. Grâce à eux le livre commence à trouver ses lecteurs. Oh! rien de gavaldesque ni de hérissonnien;) Mais grâce à eux,et au bouche à oreille des lecteurs passionnés - et grâce maintenant aux blogueurs comme vous! - le cercle s'élargit peu à peu... Du coup, je commence à rencontrer des lecteurs - je pars demain pour une "tournée" de quatre jours en Bourgogne pour le Prix des Lycéens - c'est un vrai bonheur... J'ai peut-être pas la quantité mais à coup sûr la qualité!!!

 

Avez-vous un autre roman en cours d'écriture ?

 

Oui, je suis en pleine immersion actuellement.


Je vous remercie beaucoup Monsieur Vacca. Nous attendons donc avec impatience votre prochain roman...

 

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 17:56

                          Editions Philippe Rey 2008 - 182 pages

 

Quand j'étais enfant, je lisais beaucoup et les personnages de mes livres faisaient partie de ma vie. Mais cette passion était solitaire, mes parents ne s'intéressaient pas à mes lectures...

 

Le jeune narrateur de ce roman a plus de chance de ce côté-là, car sa mère adore lire, elle veut même faire de lui un écrivain ! Alors quand il se met à lire Proust, vous n' imaginez pas à quel point elle est aux anges. Le papa, en revanche se sent un peu exclu de cette passion et joue le grognon de service. Du moins jusqu'au jour où la sérénité de la famille est soudainement menacée par un gros nuage noir. Le trio se soude, il faut vite profiter du moment présent ! Commence alors une joyeuse course contre le temps où Proust mène la danse entraînant le trio à Cabourg, mobilisant le village pour le célébrer...

 

Que dire de ce premier roman sinon qu'il est tout plein d'émotion, de tendresse et d'amour. La poésie est dans chaque mot, chaque scène, chaque personnage. Je l'ai lu tout doucement, pour profiter de ces doux moments avant que n'éclate en sanglots… le gros nuage noir. Merci, Monsieur Vacca, pour la tendre musique de cette petite cloche qui donne envie de cajoler, sans perdre de temps, ceux que l'on aime et qui resteront vivants dans nos mémoires, quoi qu'il advienne.

 

Amoureux des livres, ne passez pas votre chemin !

  

Elles ont beaucoup aimé : Cuné, Cathulu, Antigone, Bellesahi, Clarabel, Béatrix., Arlette..

Cathe, je suis d'accord avec Philippe, c'est un livre pour la passionnée de Proust que tu es.  

 

Vais-je me laisser tenter un jour ou l'autre par la lecture de Proust ?

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 18:13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis dix ans, l'ADAO (association des arts de de l'oralité) organise dans la région de Brest "Le Festival Grande Marée". C'est à ce titre que ma ville recevait cette semaine la conteuse et danseuse "Joujou Turenne".

Il faisait froid mardi soir… et nous étions peu nombreux à avoir quitté nos maisons pour rejoindre l'univers sans frontières de cette artiste québécoise originaire d'Haïti. Ceux qui ont affronté le froid se sont bien vite réchauffés en reprenant avec la conteuse :

Clic! Clac !

Zip ! Zap !

Clip ! Clap !

Krik ! Krak

 

Avec une énergie incroyable l'artiste nous a embarqués pour un voyage coloré et malicieux, parfois grave, aussi, quand il s'agit de raconter ses ancêtres noirs victimes de l'esclavage. Une parole engagée mais pleine d'espoir et de joie.

 

On en redemande !

 

Pour en savoir plus sur la conteuse : Ici

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 22:34

 

  Pol - 1995 - 165 pages / existe aussi en poche (Folio)

Au salon du livre ce Carhaix, sur le stand de la petite maison d'édition Diabase, j'ai acheté un peu par hasard, un livre d'entretiens réalisés avec Charles Juliet (par la co-éditrice). Une participante de mon comité de lecture et admiratrice de l'auteur, après avoir lu mon compte-rendu du salon, m'a prêté le récit autobiographique "Lambeaux". Parmi le groupe de lecture que nous sommes, elle était la seule à avoir lu cet auteur pourtant talentueux et que l'on étudie maintenant au lycée.

 

 On peut mettre une vie entière à tenter de guérir des blessures de l'enfance. C'est le cas de Charles Juliet. Séparé de sa mère à l'âge de 3 mois, il a découvert son existence le jour où elle quittait ce monde. Il avait huit ans. Sa famille d'accueil, pourtant très aimante, ne pourra éviter la culpabilité de Charles vis à vis de sa mère biologique dont le destin a basculé en tragédie, un peu par sa faute à lui. Elle n'a pas supporté psychologiquement la naissance de ce quatrième enfant non désiré.

 

Dans une première partie, il dresse le portrait de cette mère qui rêvait d'un destin différent de celui des paysans laborieux de l'époque. Elle a fini ses jours dans un hôpital psychiatrique, dans des conditions effroyables. La seconde partie est consacrée à la propre histoire de l'auteur. Il nous raconte son enfance auprès la mère adoptive qu'il a aimé plus que tout. Il évoque aussi son adolescence perturbée et sa difficulté à se construire.

 

C'est un récit épuré qui raconte la souffrance de deux êtres qui se cherchent. Les mots sont soigneusement choisis, l'écriture est belle et classique. A noter, l'utilisation du "tu" qui surprend toujours un peu, mais que personnellement j'aime beaucoup. Ce "tu" interpelle le lecteur, ce qui va être dit sera très fort. C'est une lecture qui donne envie d'en savoir plus sur un homme qui a réalisé, pendant des années, un long travail d'introspection avant d'atteindre la sérénité à laquelle il aspirait.

 

Deux extraits pour la beauté de l'écriture et la profondeur des propos :

 

"Un jour, il te vient le désir d'entreprendre un récit où tu parlerais de tes deux mères

l'esseulée et la vaillante
l'étouffée et la valeureuse
la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée.

Leurs destins ne se sont jamais croisés, mais l'une par le vide créé, l'autre par son inlassable présence, elles n'ont cessé de t'entourer, te protéger, te tenir dans l'orbe de leur douce lumière.
Dire ce que tu leur dois. Entretenir leur mémoire. Leur exprimer ton amour. Montrer tout ce qui d'elles est passé en toi."

 

"Depuis cette seconde naissance, tout ce à quoi tu aspirais mais qui te semblait à jamais interdit, s'est emparé de tes terres: la paix, la clarté. la confiance, la plénitude, une douleur humble et aimante. Parvenu désormais à proximité de la source, tu es apte à faire bon accueil au quotidien, à savourer l'instant, t'offrir à la rencontre. Et tu sais qu'en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu'elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie" 

 

Je n'ai pas encore attaqué le livre d'entretiens mais je  me réjouis à l'avance de ma lecture.

 

Merci à Marie-Cécile.

 

L'avis de Florinette

 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 02:19

L'installation de ma nouvelle bannière !

 

Si comme moi, vous voulez vous offrir une bannière toute neuve, mais que (comme moi) vous êtes doué comme un manche à balai pour réaliser ce genre d'ouvrage, je vous recommande d'utiliser les services personnalisés de  Damouredo.

 

C'est simple, pas cher du tout et très efficace !

 

Pour la contacter :

amedemaison@yahoo.fr

 

Merci à Cathe pour le tuyau.

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 20:49

 

Comme tous les ans,  je participe au Prix Inter-Ce (Cézam). Je ne devrais pas tarder à "attaquer" la sélection 2009. En voici la liste :

 

Nella BIELSKI C’était l’an 42 (Quidam Editeur)

Olav HERGEL L’otage (Gaïa)

Maylis de KERANGAL Corniche Kennedy (Verticales)

Kveta LEGATOVA La Belle de Joza (Noir sur Blanc)

Mark McNAY Un jour sans (Panama)

Antony MOORE Swap (Liana Levi)

Kate O’RIORDAN Le garçon dans la lune (Joëlle Losfeld)

Antoine PIAZZA La route de Tassiga (Editions du Rouergue)

Marie-Sabine ROGER La tête en friche (Editions du Rouergue)

Martine SONNET Atelier 62 (Le temps qu’il fait)

 

Une petite nouveauté cette année dans la sélection : des romans étrangers. L’otage » est traduit du danois. « La Belle de Joza » est traduit du tchèque. « Un jour sans », « Swap » et « Le garçon dans la lune » sont traduits de l’anglais.

 

Nous sommes plusieurs blogueurs à lire cette sélection : Joëlle, Yvon, Flora et Yves. Je me réjouis à l'avance de découvrir leurs billets. Je suis impatiente, également, de rencontrer les auteurs qui accepteront de faire le déplacement dans ma contrée reculée. C'est ainsi que j'ai rencontré pour la première fois, l'an passé, Marie Sizun et bien d'autres...

 

Pour en savoir plus sur le prix

 

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 00:00

Actes sud 2004 -374 pages 

L'histoire est celle d'une rencontre entre deux êtres : un enfant psychotique nommé Orion et sa psychothérapeute, Véronique. Au fil des pages, nous découvrons deux êtres d'une richesse hors du commun. Véronique a subi plusieurs drames dans sa vie. Après une grave dépression elle s'est reconstruite. Orion est torturé par des crises d'angoisse qui le "chambardifient", selon son expression.  Son monde intérieur est extraordinaire et ses talents artistiques exceptionnels. Véronique l'aide à valoriser ses compétences tout en soignant son anxiété grâce aux "dictées d'angoisse" qui s'imposent quand "le démon de Paris et ses chevaux blancs" s'emparent de lui.  Nous suivons l'évolution d'Orion sur les dix années que lui consacre Véronique. Nous écoutons les doutes de cette dernière, nous la suivons dans sa vie personnelle où Orion prend peu à peu une place importante.

 

L'histoire s'intensifie au fil des pages, il faut donc être un peu patient durant les premiers chapitres, le temps que la relation s'installe entre le malade et sa "psy". Je n'ai pas de fibre artistique particulière mais les œuvres réalisées par Orion m'ont énormément touchée. La description qui en est faite les rendent si vivantes que l"imaginaire les visualise. Je me suis laisser emporter dans l'univers d'Orion, où folie et création se rejoignent pour le meilleur et pour le pire. J'en suis revenue bouleversée.

 

A ceux qui ont lu "le boulevard périphérique", je dirai que l'écriture est aussi belle et l'histoire encore plus prenante. A ceux qui n'ont jamais lu Henry Bauchau, je ne saurai trop leur conseiller de le faire ! C'est l'une des plus belles plumes que j'aie lue ces dernières années (avec celle de Philippe Claudel). Je trouve d'ailleurs injuste qu'Henry Bauchau soit si peu connu, et reconnu. Vu son grand âge (93 ans), il serait temps...
 




Une plume magistrale… Un gros coup de coeur !




Pour en savoir plus sur l'auteur

Elles ont beaucoup aimé ce livre : Camille Béatrix Chimère

Merci à Cathe (qui m'avait donné envie de le lire) et à Magali, qui m'en a offert la possibilité.
 

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 11:26


Stock - 152 pages
Rentrée littéraire 2008

"Depuis qu’il est monté dans la Camaro, Thomas, dix ans, répète, comme il le fait toujours :"Où on va, papa ? "
Au début, je réponds : " On va à la maison. "
Une minute après, avec la même candeur, il repose la même question, il n’imprime pas. Au dixième " Où on va papa ? " je ne réponds plus…
Je ne sais plus très bien où on va, mon pauvre Thomas.
On va à vau-l’eau. On va droit dans le mur.
Un enfant handicapé, puis deux. Pourquoi pas trois…
Je ne m’attendais pas à ça.
Où on va papa ?
On va prendre l’autoroute, à contresens.
On va en Alaska. On va caresser les ours. On se fera dévorer.
On va aux champignons. On va cueillir des amanites phalloïdes et on fera une bonne omelette.
On va à la piscine, on va plonger depuis le grand plongeoir, dans le bassin où il n’y a pas d’eau.
On va aller à la mer. On va au Mont-Saint-Michel. On ira se promener dans les sables mouvants. On va s’enliser. On ira en enfer.
Imperturbable, Thomas continue : "Où on va papa ? " Peut-être qu’il va améliorer son record.
Au bout de la centième fois, ça devient vraiment irrésistible. Avec lui, on ne s’ennuie pas, Thomas est le roi du running gag"

 

Avec un humour décapant "à la Desproges", Jean Louis Fournier nous raconte le drame de sa vie, dans un court récit à la fois drôle et tendre, à l'image du regard qu'il pose sur ses deux enfants handicapés. J'ai pouffé de rire plusieurs fois, tout en étant bouleversée par le destin cruel de ces "petits oiseaux ébouriffés" qui ont la malchance d'être tombés du ciel tout "cabossés" (à la fois physiquement et mentalement).

 

"Thomas et Mathieu n'ont jamais cru au Père Noël, ni au petit Jésus. Ils avaient de bonnes raisons. Ils ne lui ont jamais écrit une lettre pour lui demander quelque chose. Ils étaient bien placés pour savoir que le petit Jésus ne faisait pas de cadeaux. Ou alors, quand il en faisait, valait mieux se méfier".

 

J'ai beaucoup aimé le ton de ce récit, à la fois drôle et émouvant. Je suis tout de même un peu surprise qu'il ait été en lice pour les prix littéraires (il a obtenu le prix Fémina). Il me semble qu'il se situe dans un autre registre que celui de la littérature. J'imagine bien le texte repris dans un "one man show", par exemple, les courtes saynètes s'y prêtent bien. Mais que Jean-Louis Fournier soit récompensé d'une façon ou d'une autre pour ce témoignage est mérité car c'est :

Une belle leçon d'humour... et de vie.

Beaucoup d'avis sur la blogosphère

A noter : Jean-Louis Fournier a collaboré professionnellement avec Pierre Desproges. C'était aussi son ami. Il est l'auteur du fameux faire-part de décès : «Pierre Desproges est mort d'un cancer. Étonnant non ?»

 

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 00:59

                 Stock - 376 pages - Traduit de l'allemand                
                   Rentrée littéraire 2008

Sasa Stanisic est né en 1978 à Visegrad (ex-Yougoslavie). Il est issu d'une famille mixte "serbo-bosniaque", qui a dû s'exiler en Allemagne dans les années 90 afin de fuir le terrible nettoyage ethnique qui sévissait.

Aleksandar est le narrateur de ce roman autobiographique. Dans un premier temps, il nous raconte, au travers d'anecdotes savoureuses, une enfance dorée faite de petits bonheurs. Nous découvrons les personnages pittoresques qu'il cotoyait, comme le grand-père communiste qui faisait de lui "le magicien du possible et de l'impossible". Certaines scènes sont absolument hilarantes, je pense à l'inauguration des premiers cabinets dans la maison de l'oncle. Une sacré journée !

 

Hélas, le bonheur s'arrête brutalement avec la guerre ethnique qui déchire le pays. Cette période est racontée à demi-mots (ce que j'ai plutôt apprécié, j'avais eu beaucoup de mal à supporter les descriptions très crues de Vélibor Colic dans "Archanges"). Pour fuir les persécutions dont elle est victime, la famille s'exile. Mais loin de son pays, la nostalgie ronge Aleksandar. Il repense à ceux qu'il a laissés là-bas, notamment à son amour de jeunesse, Asija, qu'il espère retrouver un jour… Il est très marqué par ce qu'il a vu pendant la période atroce qui a précédé son départ vers l'Allemagne. A la fin du roman, devenu un homme, il retrouve avec beaucoup d'émotion le Visegrad d'après-guerre.

 

C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai retrouvé les habitants de Visegrad, dont j'ai lu il y a peu de temps, dans "le "Pont sur la Drina" d'Ivo Andric, quatre siècles d'histoire. J'ai beaucoup aimé la fantaisie de ce premier roman, son ton à la fois grave et humoristique mais je dois dire que j'ai déploré quelques longueurs vers le milieu du livre. Aleksandar, en Allemagne, se remémore de nouveau son enfance (trop d'anecdotes tuent l'anecdote ?). C'est dommage. Quatre-vingt pages en moins et c'était un coup de cœur.

 

Merci à Kathel (qui m'a donné envie de découvrir ce roman) et à Cécile (qui me l'a prêté)
L'avis de Papillon

 

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