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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 20:56

Philippe Rey - 151 pages - février 2018

Nathan Weiss, 40 ans, reçoit l'appel d'une voisine de sa mère lui annonçant que cette dernière, prénommée Marthe, veut le voir rapidement. Surpris, car il n'a plus guère de relation avec sa génitrice depuis la mort de son père, Nathan quitte la Slovénie, où il vit depuis quelques années, pour se rendre à Paris. Il trouve Marthe affaiblie, désormais dépendante et atteinte de façon assez avancée par la maladie d'Alzeimer. La voisine qui veille sur elle lui annonce que la vieille femme lui a confié huit lettres qu'elle lui remettra à chaque fois qu'il fera le déplacement pour rendre visite à sa mère. Furieux, se sentant manipulé, il accepte toutefois le deal et vient voir Marthe sept autres fois, la trouvant chaque fois un peu plus affaiblie. Il prend connaissance, au fil des lettres, du passé de sa mère.

Les visites de Nathan à Paris alternent avec les lettres de Marthe. Ce n'est qu'à la fin du roman que l'on comprend la raison de la froideur apparente de cette mère envers son fils. La révélation faite par la vielle femme dans sa dernière lettre nous amène à porter un autre regard sur elle, à mieux comprendre les raisons qui l'ont amenée à garder une certaine distance vis à vis de son fils depuis sa naissance. 

J'ai entamé cette lecture peu de temps après avoir lu un avis très mitigé sur ce roman. C'est donc sans trop d'attente que j'ai abordé l'ouvrage, me réjouissant qu'il ne soit pas trop épais. Le principe des lettres qui dévoilent un secret n'est pas novateur et je ne vous dirai pas que ce roman, dans son ensemble, est très original. Néanmoins, je trouve qu'il vaut le détour. C'est une histoire touchante qui a su me cueillir à la toute fin.

Un premier roman plutôt réussi.

L'avis (mitigé) d'Antigone et celui plus enthousiaste de Gambadou

Je remercie l'Agence Anne et Arnaud

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 07:01

Audiolib 2018 (Albin Michel) - 14 h 10 - lu par l'auteur

Une fois n'est pas coutume, je vais commencer mon billet par quelques mots de la version audio. Quel bonheur de retrouver l'interprétation de Pierre Lemaitre que j'avais adorée dans "Au revoir là-haut" ! Plus que l'histoire et les personnages, c'est cette voix qui a été pour moi le lien entre les deux histoires. Le conteur réussit cette fois encore à faire ressortir l'ironie et l'humour qu'il met dans ses dialogues. J'aime beaucoup également la façon qu'il a de marquer la ponctuation, notamment les virgules. 

Si vous n'avez pas lu "Au revoir la-haut" (vous avez raté une pépite), vous pouvez sans problème commencer par "Couleurs de l'incendie", qui n'est pas à proprement parler une suite du premier. Les deux histoires peuvent tout à fait se lire indépendamment. On retrouve quelques personnages du premier volet mais pas les principaux. L'auteur a pris le parti de mettre la lumière, dans ce deuxième opus, sur Madeleine Péricourt et sur son fils Paul, qui  occupaient des seconds rôles dans "Au revoir là-haut". On les suit jusqu'aux prémices de la seconde guerre mondiale. 

Le livre s'ouvre sur une scène qui traumatisera à jamais les personnes présentes à l'enterrement de Marcel Péricourt, le grand-père de Paul. En raison de ce qui va se produire, Madeleine choisira de se consacrer désormais à temps plein à son fils, laissant sa fortune personnelle aux mains du directeur de la banque paternelle. Une grave erreur dont elle se mordra les doigts car elle se fera littéralement rouler dans la farine par des personnes dont elle avait toute confiance. Dans la seconde partie, l'heure est venue pour Madeleine de concocter une revanche dont vous n'imaginez même pas la férocité. La douce Madeleine va mettre une énergie sidérante à se venger, partant du principe que la fin justifie sans état d'âme les moyens.

Ce texte se lit avant tout comme un roman d'aventures. L'auteur nous explique, dans l'entretien accordé à Audiolib (et qui nous est proposé à la fin du livre audio), qu'il s'est beaucoup inspiré d'Alexandre Dumas. Il cite aussi d'autres auteurs parmi lesquels Maupassant, Zola, Flaubert... Pierre Lemaitre nous informe qu'il travaille en ce moment sur un troisième roman. Je caresse l'espoir qu'il n'en reste pas à trois (je pense à Zola avec "Les Rougon-Macquart"...) J'adorerais !

Parmi les personnages, l'un d'entre eux m'a fait beaucoup rire. Il s'agit de la bonne polonaise. Cette femme, d'un dévouement à toute épreuve envers Madeleine et Paul, ne parle pas un mot de français. Dans la version audio, Pierre Lemaitre a eu la bonne idée de demander à une lectrice d'interpréter sa voix. Les phrases en polonais, qui arrivent comme un cheveu sur la soupe, sont irrésistibles. 

Si certains passages sont tragiques, il se dégage de ce livre une bonne humeur communicative. Dans certaines scènes, nous ne sommes pas loin du vaudeville. Tout en étant un roman populaire, "Couleurs de l'incendie" est un roman bien écrit, original et intéressant d'un point de vue historique. Il évoque le monde de l'argent dans une période tourmentée (aux alentours de 1929) mais également l'univers de la presse à la veille de la seconde guerre mondiale.

Bref, vous l'avez compris, je suis conquise. Je peux même dire que j'ai a-do-ré !

Valérie le présente également aujourd'hui. Mon petit doigt me dit qu'elle a autant aimé que moi sa lecture.

Un grand merci à Audiolib

 

Lu dans le cadre de Écoutons un livre.

 

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 00:23
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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 00:54

Rue de Sèvres - Pierre Alary - 142 pages (D'après le roman de Sorj Chalandon)

Le roman graphique que je vous présente aujourd'hui est adapté du roman de Sorj Chalandon "Mon traître" dans lequel l'écrivain raconte un épisode particulièrement troublant et douloureux de sa vie. En 1977, alors qu'il se trouvait en Irlande comme journaliste-reporter pour couvrir le conflit en Irlande, Sorj Chalandon fait la connaissance d'un militant de l'IRA, Denis Donaldson. Entre les deux hommes se noue une solide amitié qui durera dans le temps. Trente ans après, Chalandon apprendra avec stupéfaction que Donaldson est un agent double qui a collaboré avec les britanniques. Le traumatisme est immense pour le journaliste-écrivain.  "Mon traître" est inspiré de cette histoire avec quelques adaptations. Dans le roman, le trahi est un luthier passionné par L'irlande. Quant à Denis Donaldson, il s'appelle Tyrone Meehan.

La préface de la BD, signée Sorj Chalandon, résume "Mon traître" et nous explique comment l'écrivain s'est familiarisé avec l'idée de son adaptation en bande dessinée. Inquiet au départ, il s'est senti rassuré après avoir rencontré Pierre Alary. Il a choisi de le laisser libre dans son interprétation et de lui faire pleinement confiance. Nous ne pouvons que constater qu'il a eu raison de ne pas avoir eu peur du résultat. L'adaptation est fidèle au texte. Les mots que l'on trouve dans les bulles sont ceux de Chalandon. Sur la page de droite, se trouvent des extraits de l'interrogatoire de Tyrone Meehan par l'IRA . Le travail d'Alaryl a donc consisté à choisir les scènes marquantes du roman et bien entendu à les dessiner.  Dans l'expression des visages, le dessinateur parvient à faire passer la palette d'émotions que l'on trouve dans le roman de Chalandon. Les couleurs monochromatiques, rendent parfaitement bien les ambiances. Les planches alternent entre le vert et l'ocre.

"Mon traître" et moi, on commence à bien se connaître. J'ai lu les deux romans de Chalandon "Mon traître" puis "Retour à Killibegs", qui racontent tous deux la même histoire mais du point de vue du traître pour l'un et du trahi pour l'autre. J'ai vu la  superbe adaptation théâtrale inspirée par les deux ouvrages en avril dernier (mise en scène d'Emmanuel Meirieu). Non lassée par l'histoire, je me suis donc plongée avec enthousiasme et curiosité dans l'adaptation BD de Pierre Alary et je n'ai pas été déçue. 

Une très bonne adaptation !

Je suis ravie de participer à la BD de la semaine (hébergée ce jour par Noukette)

Je remercie l'agence Anne et Arnaud

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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 00:12

Grasset - mars 2018 - 159 pages

 "on écrit pour comprendre ce que l’on ne comprend pas. Quand j’écrivais Vie de ma voisine, mon héroïne me parlait de sa mère. Elle me racontait ses mots, elle évoquait ses gestes. L’amour d’une mère. Je mesurais mon ignorance dans ce domaine. Ma mère n'en savait ni les mots ni les gestes".

Ces quelques lignes, sur la quatrième de couverture, m'ont donné envie de découvrir "le chagrin d'aimer". J'avais dans l'idée de prolonger ma lecture de "Vie de ma voisine", lu précédemment. J'ai constaté assez vite qu'il il n'y avait pas vraiment de lien entre les deux ouvrages sinon qu'il est question, dans les deux récits, de l'amour filial et de la façon dont il se manifeste. Dans la famille de Geneviève Brisac, les gestes d'amour n'existent pas. L'auteure en a souffert : "Je suis traversée par la douleur de n'être pas aimante, une douleur cruelle et sans nom. j'aimerais savoir les gestes et faire les caresses...".

Excentrique, ne ressemblant en rien aux mères de ses copines, Geneviève Brisac avait souvent honte de sa mère, qu'elle aurait voulue plus conventionnelle. Elle l'aurait aimée aussi moins égoïste et moins tournée vers ses propres besoins. Au fil des courts chapitres, des fragments de récit, se dessine une femme très originale,  aux origines étrangères, qui a elle-même souffert de son enfance. De ce passé, elle parle peu, laissant sa fille sans réponse aux questions qu'elle se pose.  A la fin de sa vie, par obligation, Mélini laisse sa fille entrer dans sa sphère intime. Bien qu'elles partagent des moments conviviaux une certaine distance subsiste, une maladresse dans la façon d'être l'une avec l'autre.

Je n'ai lu pas lu beaucoup d'ouvrages de Geneviève Brisac mais d'après ce que j'ai pu lire ici ou là, l'auteure, hantée par sa famille, revisite sans cesse ce thème. Ce court récit autobiographique donne certainement quelques clés de compréhension de son œuvre. L'auteure suggère plus qu'elle ne dit. Il faut lire entre les lignes pour deviner l'amour qu'elle porte à sa mère. J'ai apprécié cette lecture mais je garde une préférence pour "Vie de ma voisine", que j'ai trouvé plus riche au niveau du contenu. 

Un récit intimiste sur une relation mère-fille

Merci à l'éditeur pour l'envoi.

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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 03:59

Rien d'exceptionnel au niveau culturel ce moins-ci en dehors de mes lectures mais j'ai profité du beau temps pour me balader le week-end et me vider la tête en admirant le paysage. Un froid sec idéal pour les balades (sauf quand on se trouve en plein vent et que l'on n'est pas suffisamment couverte - je traîne une trachéite depuis plusieurs jours).

Voici quelques photos de mes balades :

 

Une clôture originale, non ?

 

Pour finir, mes lectures les plus marquantes du mois :

- Maria d'Angélique Villeneuve 

- Intempérie de Javy Ray (BD)

Je finis le mois avec dans les oreilles la voix de Pierre Lemaitre pour "couleurs de l'incendie". Je me régale. Cela sent le coup de coeur !

 

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 09:33

Buchet Chastel - janvier 2018 - 160 pages

Ce petit livre traite d'un sujet assez peu évoqué en littérature, me semble t'il, le déni de grossesse. Nous sommes dans un petit village reculé de montagne. Une femme vient de mettre monde un enfant, dans une salle de bain, seule. Sous le choc, découvrant sa femme hébétée dans la salle de bain, son mari appelle un ami à la rescousse. C'est lui qui comprend ce qui se passe en découvrant la chose sanguinolente qui gigote dans la baignoire. Il conduit tout le monde à l'hôpital, l'enfant emmitouflé contre lui dans sa veste. Voilà pour les faits.

L'histoire nous est racontée par les différents protagonistes de l'histoire : le mari, la femme, l'ami, la sage-femme qui les accueille à l'hôpital, l'institutrice du village, les grands-parents de l'enfant... Ces différents points de vue nous permettent d'analyser le cataclysme produit par cette naissance inattendue. Le point de vue de la mère de l'enfant est particulièrement troublant. Nous comprenons, au travers du récit des faits, le mécanisme à la fois psychologique et physiologique du déni de grossesse. 

La construction du roman offre deux possibilités : lire chaque témoignage, l'un après l'autre, ou suivre l'ordre des pages. J'ai tenté la première option, mais je trouvais la lecture fastidieuse. J'ai donc suivi l'ordre des pages. L'écriture fait appel au langage oral. Chacun s'exprime à sa façon, ce qui rend la narration très vivante. L'histoire s'arrête au retour à la maison. Nous ne saurons donc pas comment le couple surmontera l'épreuve dans le temps. Le témoignage de l'institutrice nous met sur la piste d'un possible qui n'est heureusement pas une fatalité. On ne peut que croiser les doigts pour que la petite famille trouve son équilibre après ce démarrage chaotique.

Juste pour l'anecdote, j'ai lu ce livre dans l'avion (aller et retour Brest/Paris). Il faut croire que je ne suis pas trop superstitieuse vu le titre.

Un roman intéressant, qui fait le tour d'un sujet complexe en 160 pages.

Lu dans le cadre d'une opération "Masse critique" de Babelio

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 00:59

Audiolib 2017 - Albin Michel - Lu par Aissa Maiga - 10 h 45

J'ai repéré "Underground Railroad" parmi les sorties de la rentrée de septembre dernier. Le thème m'intéresse et le Prix Pulitzer est pour moi un gage de qualité. Quand j'ai vu que l'ouvrage figurait parmi les titres retenus par Audiolib son prix 2018, je me suis donc réjouie d'avoir l'occasion de le découvrir.

L'histoire commence en Géorgie, avant la guerre de sécession, dans une plantation de coton qui traite de façon particulièrement inhumaine et sadique les esclaves qu'elle exploite Les premiers chapitres sont très éprouvants pour le lecteur. Mais ce n'est rien bien entendu en comparaison de ce que ces pauvres esclaves ont vécu. Je suis toujours effarée par la capacité de l'homme à réduire à néant son prochain .

La jeune Cora a été abandonnée par sa mère, qui a réussi à fuir la plantation, au péril de sa vie. Le plus grand risque n'était pas de mourir mais d'endurer les tortures réservées au fuyards qui se faisaient prendre, ce qui ne sera pas le cas de la mère de Cora. Quand l'occasion se présentera à la jeune fille de faire comme sa mère, elle n'hésitera pas longtemps, nous entraînant dans une suite d'aventures plus périlleuses les unes que les autres. A ses trousses, pour toucher la récompense promise par le planteur, le terrible chasseur d'esclaves, Rigeway. 

Quelques mots sur le titre, qui mérite une explication. L'underground railroad était un réseau clandestin d’abolitionnistes. L'auteur a imaginé qu'un tel réseau avait existé physiquement, dans le plus grand secret, et sous la forme d'un chemin de fer souterrain. C'est ce moyen de transport qu'utilise Cora pour fuir.

Roman d'aventures mais surtout historico-politique, Underground Railroad est une oeuvre éclairante sur ce qu'a été l'esclavagisme en Amérique. Le roman aborde la lutte des noirs pour gagner leur liberté, aidés dans leur cheminement par quelques blancs progressistes (ouf, il y en avait tout de même quelques uns). Nous voyageons dans plusieurs états : la Géorgie, La Caroline du Sud et du Nord, Le Tennessee. Partout, même quand l’esclavagisme est moins répandu, "la couleur du désespoir est aussi le noir" (comme le dit Pierre Perret dans sa chanson "Lily").

Je suis sortie de cette lecture accablée par la cruauté des hommes mais soulagée que l'humanité ait tout de même progressé. Il n'en reste pas moins qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de racisme et d'exploitation de l'homme par l'homme. Un livre comme "Underground railroad" nous le remet en mémoire.

Rien à redire sur la version audio. La lectrice est tout à fait à la hauteur du texte. J'ai trouvé que le roman s’essoufflait un peu vers la fin mais peut-être est-ce parce que je manquais de temps et que je morcelais trop mon écoute.

Une oeuvre puissante.

Sandrine et Hélène ne sont pas aussi enthousiastes que moi.

L'avis de Jérôme et Kathel qui ont beaucoup aimé ce roman

 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2018
Ce livre a vraiment toute sa place dans le challenge d'Enna
L'histoire commence en Géorgie..

 

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 00:50

Babel (Actes Sud) - 416 pages - traduit de l'anglais (américain) par C. TRALCI, P. ARONSON, E ARONSON

Voilà un bon bout de temps que je voulais livre cet ouvrage qui se trouve dans ma pile à lire depuis plus d'un an. Quand Enna a lancé son challenge "African American History Month", je me suis dit que ce serait le moment idéal de découvrir cette histoire. J'ai bien fait car j'ai adoré les personnages tout autant que l'ambiance de ce roman.

Si comme moi, le nom des Suprêmes ne vous dit rien, voici un petit extrait qui devrait vous rafraîchir la mémoire.

Les suprêmes dont il est question dans ce livre ne sont pas ces chanteuses des années 60 mais trois copines qui ont hérité de ce surnom à la même époque car elles étaient inséparables. C'est encore ainsi qu'on les surnomme dans la petite ville de l'Indiana qu'elles n'ont jamais quittée. Ces quinqua ont eu des chemins de vie différents mais n'ont jamais perdu l'habitude, chaque dimanche, de se retrouver avec leurs maris dans un petit restaurant haut en couleur de la ville.

Nous suivons tout particulièrement Odette, qui découvre au début de l'histoire qu'elle est atteinte d'un cancer. Ne fuyez pas, ce livre n'a rien de triste. Odette a un bon moral et un sens de l'humour qui la sauve de toutes les situations. Elle a par ailleurs un don particulier, celui de pouvoir converser avec des fantômes (dont sa mère). Les discussions avec ces joyeux morts sont particulièrement cocasses. L'univers d'Odette est chaleureux et plein de fantaisie. Ses copines quinquas, bien que traversant elles-aussi des moments difficiles, vont l'épauler (quand ce n'est pas l'inverse).

"Suprêmes" est un roman rafraîchissant sans être mièvre. En toile de fond, un sujet plus sérieux. Il est question de la ségrégation raciale qui a marqué la ville et laissé quelques empreintes.

Un roman anti-morosité que je vous conseille absolument. 

Lu dans le cadre du challenge de Enna

C'est également une bonne pioche de ma PAL (challenge chez Antigone)

L'histoire se passe dans l'état de l'Indiana

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 21:44

Javi Rey, d'après le roman de Jesus Carrasco - Aire Libre (Dupuis) 2017 - 140 pages

A chaque fois que je finis une BD, je me demande pourquoi je n'en lis pas davantage car il existe vraiment de petites merveilles à découvrir. Celle-ci en fait partie. L'histoire s'ouvre sur une fuite, celle du "petit" (c'est ainsi que l'appellent hypocritement les gens qui se mettent à sa recherche). Nous découvrirons que ce garçon a de bonnes raisons de fuir son village, au risque d'y laisser sa peau. Par chance, il va croiser sur sa route un berger lui va lui sauver la vie et lui donner les moyens de rebondir. 

Si le jeune garçon et son sauveur sont les personnages principaux de l'histoire, un autre élément occupe le premier plan. Il s'agit de la nature. Nous sommes dans une région de l'Espagne où le soleil de plomb a brûlé toute végétation et asséché les rivières. La nature se met en travers de la route du "petit", tout comme le shérif du village, particulièrement zélé, nous comprendrons pourquoi.

Le texte qui accompagne le dessin se limite à l'essentiel mais les croquis, très expressifs, en disent long sur les blessures du jeune homme. Le choix des couleurs est également très important. Les couleurs froides, ponctuées de rouge, sont réservées aux cauchemars du jeune garçon. La couleur dominante est l'ocre de cette terre espagnole qui donne au roman un décor si particulier. On y trouve aussi toute une palette de bleu, utilisée pour la nuit.

Cette BD est l'adaptation d'un roman de Jesus Carrasco. A la fin de l'ouvrage, il nous est proposé un entretien de l'auteur et du dessinateur tout à fait passionnants.

C'est vraiment une très belle oeuvre graphique. Une histoire à fois cruelle et réconfortante selon si l'on place au début ou à la fin du livre.

 

Lu dans le cadre d'une opération "Masse critique" de Babelio Spécial BD

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