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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 00:58

Grasset 2018 - 176 pages 

"Sa fille est partie d'elle. Sans que Maria sache pourquoi ni depuis combien de temps, elles se tiennent à des kilomètres l'une de l'autre. A des kilomètres et à des années. De quoi les mères sont-elles donc coupables ?"

Je me plonge dans chaque nouveau livre d'Angélique Villeneuve avec joie et impatience, renouant immédiatement avec l'écriture très personnelle de l'auteure, comme si le nouveau roman était d'une certaine façon le prolongement du précédent. Nulle ressemblance de prime abord entre "Nuit de septembre" et "Maria", mais en réfléchissant bien, il y en a une tout de même. Dans les deux cas, une mère doit faire face au choix de son enfant et l'accepter.

Maria est une mère mais aussi une jeune grand-mère. Elle s'épanouit dans son nouveau rôle, qu'elle prend très au sérieux, désireuse d'apporter à son petit-fils Marius le meilleur de ce qu'elle peut lui donner. Ensemble ils observent les oiseaux et cultivent cette passion commune. Les chosent se gâtent quand Marius se met à s'habiller en fille. Maria est prête à accepter la situation mais son mari absolument pas. Je ne vous en dirai pas plus sur ce qui va se passer mais Maria ne sera pas au bout de ses peines puisque sa fille, de nouveau enceinte, décidera de de ne pas divulguer, à la naissance, le sexe du bébé. Maria va donc se trouver dans la situation d'être la grand-mère d'un enfant dont on lui cache le sexe

Je me suis très facilement identifiée à Maria. J'ai à peu près le même âge et tout comme elle je suis la grand-mère d'un petit garçon. Je ne sais pas quelle serait ma réaction face à une telle situation mais je suppose que comme Maria, je ferais le dos rond pour ne pas perdre le contact avec mes enfants et petits enfants. Je pense toutefois que je serais perturbée par l'audace des parents. Faire preuve d'ouverture d'esprit est une très bonne chose mais il faut penser à l'intégration de l'enfant dans la société et mesurer les risques quand on s'éloigne des sentiers battus.

Vous l'avez compris, Maria est un roman qui bouscule. Angélique Villeneuve aborde le thème de la théorie du genre mais aussi la place des grands-parents dans vie de l'enfant. Ces questions sont traitées avec une grande délicatesse et sans parti pris. Je n'ai qu'un reproche à faire au roman, son dénouement un peu rapide. Je n'avais pas envie de quitter Maria et sa petite famille sans savoir comment allaient évoluer Pomme et Noun au fil du temps.

Angélique Villeneuve nous offre un roman qui questionne et mérite débat. Je vais m'empresser de le prêter pour avoir d'autres avis. Je sens qu'il va faire l'objet de discussions passionnées dans le comité de lecture auquel je participe.

Un roman original et déstabilisant (mais c'est pour la bonne cause !). 

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 07:14
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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 00:31

VDB (Robert Laffont 2013) - 17 h 34 - Lu par José Heuzé

Nous sommes aux Etats Unis, dans l'état du Kansas. Un pasteur nommé Keith Schroeder reçoit la confession d'un homme qui a violé et tué une jeune femme, voilà 9 ans dans l'état du Texas. Cet homme, nommé Travis Boyette, sait qu'à 600 kilomètres, un homme va bientôt être exécuté à tort pour le meurtre qu'il a commis. Le pasteur, perturbé par la confession, fait des recherches sur internet et trouve le nom de l'avocat de l'accusé, un certain Roby Flack. Il tente de rentrer contact avec ce dernier, qui finit par le prendre au sérieux. Mais il faut faire vite car l'accusé, un jeune homme noir nommé Donté Drumm, est dans le couloir de la mort, attendant son exécution. En dépit des risques qu'il encourt, le pasteur embarque Travis Boyette et file avec lui vers le Texas. Parviendront-ils à sauver Donté ? 

C'est un véritable compte à rebours qui se met en place. Nous prenons connaissance des pratiques douteuses d'une police raciste et sans scrupules. Le système judiciaire ne vaut pas mieux, bafouant la présomption d’innocence sans aucun état d'âme. Pour couronner le tout, des journalistes à sensation mettent de l'huile sur le feu en médiatisant l'affaire sans aucune éthique. 

Comme chacun sait, la majorité des états pratiquent la peine de mort aux Etats Unis. "La confession" est un véritable plaidoyer contre cet usage d'un autre âge. L'auteur n'hésite pas à relater précisément le déroulé de la mise à mort afin de créer un électrochoc chez le lecteur. J'étais convaincue par la barbarie de cette pratique, je ne suis encore plus après avoir lu ce roman. Sans parler du risque d'exécuter un innocent, sans retour arrière-possible en cas d'erreur judiciaire (on sait que cela existe). Dans le cas présent, l'affaire est d'autant plus révoltante que la couleur de peau du jeune homme joue en sa défaveur.

"La confession" est un polar efficace, qui ne fait pas dans la dentelle. J'en ai appris davantage sur les rouages de la justice dans le Texas, l'un des états le plus "zélé" en matière l'exécution judiciaire. En dépit de quelques longueurs, j'ai apprécié cette lecture instructive et poignante.

Un petit bémol sur la version audio : de nombreux bruitages s'invitent dans le récit, d'une façon que je n'ai pas toujours trouvé très heureuse. Le lecteur, en revanche, est parfait.

Un roman audio poignant et instructif qui rentre dans le cadre du challenge d' Enna (avec laquelle je partage cette lecture commune et que je remercie pour le prêt)

 

Ce roman rentre dans le cadre de mon défi "50 états 50 romans" qui avance tranquillement

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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 10:57

J'ai failli faire l'impasse sur ce petit rendez-vous mensuel dans lequel j'évoque d'autres sujets culturels que la lecture. Le travail et la famille m'occupant davantage depuis quelques mois, la part consacrée aux loisirs a diminué comme peau de chagrin. Je continue toutefois à lire (respiration indispensable) et à faire des balades à pied le week-end (incontournables également). En revanche, j'ai du mal à dégager du temps pour aller au cinéma, voir des spectacles... 

Parmi les lectures présentées sur mon blog en janvier, mes deux titres préférés ne sont pas des nouveautés . Il s'agit de "Courir" de Jean Echenoz et de "Buvard" de Julia Kerninon.

Voici mes deux lectures du moment. Ces deux titres (plus un ou deux autres) seront ma contribution au challenge organisé par Enna sur février : "African-American History Month" :

Les suprêmes (E. Kelsey Moore) - Underground railroad (Colson Whitehead)

Un petit mot, pour finir, sur un podcast que j'écoute chaque mois :

Il s'agit des "Bibliomaniacs", animé par quatre blogueuses : Eva, Coralie, Léo et Amandine. Le principe de l'émission se rapproche du celui du Masque et La Plume, que j'écoute également. Les quatre copines débattent sur trois titres qu'elles ont lus dans le mois et livrent en fin d'émission leurs coups de coeur et lectures en cours.

 

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 21:59

Buvard - Babel (Rouergue 2014) - 214 pages

Comment vous parler de ce roman étonnant qui m'a happée dès les premières pages pour ne plus me lâcher ?

Je me lance... 

Nous assistons au huis-clos surprenant entre une romancière qui s'est retirée du monde et un jeune journaliste qu'elle a accepté de recevoir chez elle, on ne sait trop pour quelle raison. Peut-être a t'elle a ressenti chez lui une faille similaire à la sienne ? La romancière, plus vraie que nature, est née de l'imagination de l'auteure. Elle s'appelle Caroline N.Spack et nous découvrons, au fil du roman, son étonnante existance.

Carrière et vie privée sont si intimement liées, chez Caroline N.Spack, que les deux se nourrissent mutuellement pour le meilleur et pour le pire. La découverte de cette alchimie bouscule le journaliste-reporter tout autant que le lecteur. Caroline brouille les pistes et ne se livre que partiellement mais le jeune journaliste, perspicace, finira par reconstituer le surprenant puzzle. Je n'en dirai pas plus pour ménager le suspens mais sachez que ce qui fait l'intérêt du roman, c'est plus encore sa construction que l'histoire en elle-même.

J'ai pensé, pendant ma lecture, au roman de Delphine De Vigan "D'après une histoire vraie". Les deux histoires sont très différentes mais les thèmes abordés sont au final assez proches. Il est question du mystère de la création littéraire, de l'autofiction, du rapport entre l'écrivain et son lecteur. Des sujets absolument passionnants pour la lectrice que je suis. 

Buvard est le premier roman de l'auteure. Je découvrirai avec grand intérêt les deux suivants, dont j'ai lu le plus grand bien : "Le dernier amour d'Attila Kiss" et "Une activité respectable".

Une auteure à découvrir si ce n'est déjà fait.

Ce livre est une heureuse pioche de ma PAL... ce qui me permet de contribuer au challenge d'Antigone, qui nous incite à diminuer cette pile exponentielle.

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 21:10

Belfond octobre 2017 - 362 pages

Quand Babelio a proposé de m'envoyer ce titre (premier tome d'une trilogie), je n'ai pas réfléchi longtemps, satisfaite de renouer avec le célèbre auteur américain que je n'avais pas lu depuis un bon moment. Je dois avouer également que la perspective d'une lecture que j'imaginais facile et addictive n'avait rien pour me déplaire (de temps en temps, cela ne fait pas de mal).

La lecture n'a pas été addictive mais j'ai toutefois trouvé mon compte dans ce portrait de jeune femme des années 70 aux Etats Unis. J'ai pris plaisir à cheminer aux côtés d'Alice Burns que nous accompagnons durant sa dernière année au Lycée puis, l'année suivante, à l'université de Bodwoin, dans le Maine. Douglas Kennedy parvient à décrire de façon très crédible les désirs et frustrations de la jeune femme. Il restitue l'ambiance et les mentalités des années 70, avec notamment le rejet de l'homosexualité qui n'est pas encore passé dans les mœurs (pas même chez les jeunes gens).

Alice découvre la vie universitaire, une première expérience de vie commune avec un étudiant et une première déception sentimentale. Elle se rendra compte que derrière les professeurs se cachent des hommes et des femmes, avec leurs forces et leurs faiblesses. Une petite remarque en passant, j'ai été surprise par la proximité entre les professeurs et les élèves. C'est quelque chose que je n'ai pas connu en France (une dizaine d'années après la narratrice). 

Avant que l'histoire ne commence réellement, le prologue nous transporte des années plus tard. La jeune femme rend visite à son frère Adams qui se trouve en prison. Qu'a t'il fait ? Nous ne saurons pas dans ce premier tome, ce qui nous poussera bien entendu à lire le deuxième. Le dernier chapitre est marqué par la fin de l'année scolaire. Alice s'apprête à donner une nouvelle orientation à ses études en quittant Bodwoin pour de nouvelles aventures...que je ne manquerai pas découvrir en continuant la lecture de la trilogie.

Une lecture plaisante.

Lu ans le cadre de D'une opération spéciale de Masse critique - Babelio

Cette lecture contribue à mon challenge " 50 romans - 50 états" qui avance tranquillement. 

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 20:36

 

Je vous annonce avec beaucoup d'enthousiasme que je serai de nouveau membre du jury du Prix Audiolib en 2018.

Cette année, nous seront vingt blogueurs à écouter dix livres, en vue de pré-sélectionner cinq titres qui seront soumis au vote du public (du 13 juin au 2 août).

Voici la sélection :

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques sur le choix des titres.

Pour en savoir plus du le Prix ou la sélection, rendez-vous sur le mini-site dédié au Prix.

A très bientôt pour le premier titre chroniqué !

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 07:17

Audiolib (éditions de minuit 2008) - 3 heures d'écoute - Lu par l'auteur

Jean-Echenoz nous propose un portrait du champion de course Emil Zatopek. Pour me faire une idée du personnage, que je ne connaissais vaguement que de nom, j'ai visionné quelques vidéos (ce qui a intrigué mon mari car la course à pied, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé). J'ai découvert un grand gaillard blond, souriant au repos et qui grimace à l'effort. Puis, j'ai écouté la biographie d'Echenoz et j'ai appris qui il était...

Emile Zatopk sort de l'adolescence quand la seconde guerre mondiale démarre. Il travaille dans une usine de chaussures (bata) comme ouvrier. Il participe un jour à contre coeur à un cross organisé par son usine et découvre qu'il aime courir. C'est le début d'une carrière incroyable, que nous raconte Echenoz avec le talent qu'on lui connait.

Cette biographie s'inscrit dans le contexte géo-politique de l'époque, ce qui la rend captivante. On peut faire le rapprochement avec "la petite communiste qui ne souriait jamais" de Lola Lafon, mis à part le style, très différent. L'écriture d'Echenoz est plus épurée. Il va droit au but, choisissant les adjectifs qui font mouche. Il parvient à relever, avec une certaine ironie, l'absurdité du système soviétique qui a largement compliqué l'évolution de Zatopek dans sa carrière mondiale. Pour finir, parce qu'il conteste la répression des russes suite au printemps de Prague, le coureur est lourdement sanctionné et condamné à n'occuper désormais que des postes manuels (éboueur par exemple). 

J'ai vraiment beaucoup aimé ce portrait, lu par l'auteur lui-même. J'ai d'ailleurs préféré l'interprétation de "courir" à celle de "14", qui m'avait un peu déçue. Son interprétation m'a semblé cette fois tout à fait en accord avec le texte.

Une très belle surprise (ce n'était pas gagné vu le thème).

Voici un extrait de "courir" qui donne une idée du style d'Echenoz:

 

"Émil, on dirait qu'il creuse ou qu'il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d'élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l'air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là, sauf qu'il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinqueballe et ballotte de droite à gauche."

Lu dans le cadre de "Écoutons un livre"

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 07:06
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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 00:02

Héloïse D'Ormesson - août 2017 - 543 pages

Gaelle Nohant nous offre une biographie romancée mais très documentée du poète Robert Desnos. Comme beaucoup d'entre vous je suppose, j'associais jusqu'ici Robert Desnos à la poésie enfantine. Je me souviens notamment du poème qui commence par «Une fourmi de dix-huit mètres, avec un chapeau sur la tête/ Ça n’existe pas/ Ça n’existe pas.» appris à l'école par mes enfants (ou par moi-même, ou peut-être les deux ?). Ce que je ne savais pas, en revanche, c'est que la poésie enfantine de Desnos avais un sens caché que nous découvrons dans cette biographie, parmi tant d'autres informations sur l'auteur (qui n'a pas écrit que pour les enfants, loin s'en faut).

La première partie, la plus ardue, replace Desnos dans la vie intellectuelle d'avant-guerre. Le poète faisait partie du clan des surréalistes dirigé (de façon autoritaire) par André Breton. Desnos prendra vite ses distances avec ce groupe en raison de sa proximité avec le parti communiste, que Desnos n'appréciait guère. Ma lecture de cette partie a été un peu fastidieuse en raison des nombreuses personnalités citées, que je ne connaissais pas toutes. J'ai nettement mieux apprécié la suite du roman, qui évoque l'époque de la guerre, période où le poète, très engagé, mène de front son travail de journaliste et homme de radio avec des missions pour la résistance. Courageux, déterminé, Desnos n'a pas peur d'exprimer haut et fort ses réticences vis à vis de l'occupant. Ce courage lui coûtera cher.

Nous découvrons également, au fil du roman, sa vie sentimentale et notamment sa liaison avec Youki, la dernière femme de sa vie. Cette dernière, très libre pour ne pas dire volage, lui donne du fil à retordre mais le comble de bonheur malgré tout. C'est la voix de Youki que nous entendons dans la dernière partie du roman. Robert a été dénoncé et arrêté puis déporté à Auschwitz. Cette partie du roman est éprouvante.

Il est impossible de résumer ce pavé sans faire de larges impasses. Je vous encourage à découvrir par vous même cette passionnante biographie, un peu ardue au démarrage mais vraiment passionnante. Robert Desnos est un homme attachant et talentueux que j'ai pris grand plaisir à découvrir. Gaëlle Nohant a fait un travail de recherche très fouillé et si parfois je me suis un peu égarée, je reconnais que c'est un ouvrage de grande qualité. Le contexte historique est passionnant, la montée du fascisme, l'occupation... tout cela dans un Paris aux multiples facettes.

Une belle biographie.

Les avis de Hélène - Valérie - Mimi (moins enthousiaste)

Desnos

 

Youki et Desnos

 

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