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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 00:20
Le vin de solitude - Irène Némirovsky

Irène Némirovsky est morte en déportation à Auschwitz en 1942 à l'âge de 39 ans, laissant derrière elle une oeuvre littéraire remarquable. J'ai découvert son univers avec le passionnant "Suite française", écrit au début des années 40 et publié à titre posthume en 2004. Puis, l'été dernier, j'ai lu en version audio sa formidable et grinçante nouvelle "Le bal" (je n'ai pas fait de billet). Ces deux livres ont été de véritables coups de cœur, je suis donc ravie que le blogoclub lui rende hommage aujourd'hui.

Le vin de solitude - Irène Némirovsky

La fillette dont il est question dans "Le vin de solitude" vit en Russie dans un milieu très aisé. Matériellement, elle est très gâtée et bénéficie d'une éducation "comme il faut". Mais cela ne suffit pas à combler un enfant. Il lui manque l'essentiel, l'amour de sa mère. Son père, qu'elle aime beaucoup, ne lui accorde que très peu de temps. Son seul réconfort est la gouvernante française, Mademoiselle Rose.

Dans ce roman, Irène Némirosvky nous dessine un terrible portrait de mère. Bella est une femme superficielle qui passe ses journées à se pomponner pour plaire à son très jeune amant, délaissant sa fille qu'elle considère comme un boulet. Le père de l'enfant, très occupé par ses affaires et par sa passion du jeu ne se soucie guère de ce que peut faire son épouse, du moment qu'elle lui fiche la paix. L'enfant est la grande victime de cette situation.

Le contexte historique du roman est fort intéressant. Nous traversons la révolution russe et assistons à l'exode de la famille en Finlande puis en France. L'enfant grandit, peinant à trouver sa place dans cette curieuse famille. A l'adolescence, elle ne songe qu'à une chose : se venger de sa mère. Elle ne va pas s'en priver...

"Le vin de solitude" permet de mieux comprendre l'univers d'Irène Nemirovsky car l'enfant dont il est question n'est autre que la romancière. On retrouve dans d'autres ouvrages des allusions à sa famille. Dans "Le bal", par exemple, elle nous décrit une femme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à sa mère. La vie et l'oeuvre d'Irène Nemirovsky sont étroitement liées et passionnantes à découvrir. Je continuerai sans nul doute à les explorer.

Un roman autobiographique fort intéressant.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l'auteure :

L'émission Cosmopolitaine du 27/02 était consacrée à Irène Nemirovsky

Le vin de solitude - Irène Némirovsky

Les avis de :

Gambadou / Karine : Le Bal

Claudialucia : Des chiens et des loups

Hélène : Suite française

Florence : Le malentendu

ClaireJeanne : Le vin de solitude

Titine : Jezabel

Elletres : Chaleur de sang

Pour le premier juin (date du prochain blogoclub), nous lirons une histoire qui se passe (au moins en partie) à Londres (le titre n'est pas encore connu).

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 00:30
Février, des livres et quoi d'autre ?

Côté spectacle :

Mon mois de février a été marqué par le spectacle "Piaf, l'être intime", que j'ai eu la chance de voir à Landivisiau.

Placée au deuxième rang, j'ai pu admirer de près le travail d'interprétation de Clotilde Courau qui incarne le personnage d'Edith Piaf de façon impressionnante, en reprenant l'intonation de sa voix et la façon très particulière qu'avait la chanteuse d'être entière et passionnée. Pour accompagner l'actrice sur scène, un accordéoniste, Lionel Suarez.

Le clou de la soirée a été "l'après spectacle". Clotilde Courau s'est jointe aux spectateurs dans le hall de la salle, en jean et baskets. Nous n'étions plus très nombreux et avons pu lui poser toutes les questions que nous souhaitions. Elle nous a répondu avec gentillesse, simplicité et humilité. C'est vraiment une belle personne, loin des paillettes et de du show-biz. Elle nous a dit à quel point elle aimait aller à la rencontre des gens, dans les petites salles, en province.

Pour revenir au spectacle, je me suis laissé porter par ces lettres, que Piaf avait écrites à Tony, l'amoureux "d'après" Marcel Cerdan, quelques mois après la mort de ce dernier. Bien entendu, on ne peut s'empêcher d'être surpris qu'elle soit tombée aussi vite amoureuse d'un autre homme mais comme nous l'a dit ensuite Clotilde Courau, c'était le tempérament de Piaf de vivre pour aimer et d'aimer chaque fois passionnément.

Si vous voulez avoir une idée du spectacle, que je vous conseille chaudement, voici un extrait :

Côté livres :

Mon coup de cœur du mois est le dernier livre de Gaëlle Josse "L'ombre de nos nuits". Vraiment très beau... Billet à suivre.

Février, des livres et quoi d'autre ?

Côté balade :

Je marche par tous les temps, chaque week-end...

Février, des livres et quoi d'autre ?

Vivement le printemps, même si les couleurs d'hiver sont belles, aussi...

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 14:02
11 h 09 - lu par Jacques Frantz
11 h 09 - lu par Jacques Frantz

Quatrième de couverture :

"QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.
LE RETOUR DE VIRGINIE DESPENTES"

Que dire de plus de cette quatrième de couverture concernant Vernon, sinon qu'il est le principal personnage de ce roman (mais pas le seul, loin de là), que l'on assiste à sa dégringolade sociale et qu'il est plutôt attachant. Que s'est-il passé pour qu'il en arrive-là ? Il était disquaire, un métier disparu. Quand il a dû fermer boutique, il n'a pas eu l'énergie de se reclasser et s'est fait payer son loyer par un de ses amis, Alex Bleach, une star du rock. Par manque de chance, Bleach est mort d'une overdose et Vernon s'est retrouvé assez vite à la rue.

J'aurais pu aimer ce livre si l'histoire était restée concentrée sur Vernon mais les nombreuses digressions sur son entourage ont fini par me lasser, d'autant que ces personnages évoluent tous dans un milieu plus ou moins glauque. Pour résumé, ils constituent le bas de gamme du show-biz. J'ai réussi à aller jusqu'au bout du roman grâce à Vernon et quelques passages qui m'ont fait sourire mais je me suis beaucoup ennuyée. Vernon continuera donc sa route sans moi, je ne lirai pas le tome 2. J'irai toutefois demander de ses nouvelles aux copines qui liront les tomes suivants.

Je ne sais pas si je relirai Virginie Despentes, j'avais plutôt aimé "Apocalypse bébé" (avec quelques réserves) mais j'avoue avoir été refroidie par celui-ci. Il y a tant à lire que je préfère me tourner vers les auteurs avec lesquels j'ai plus d'affinités, même si de temps en temps, j'aime sortir de ma zone de confort.

Allez, bye bye Vernon et bon vent à toi, je sens que tu vas t'en sortir.

Les avis de Enna - Sandrine - A propos de livres

Vernon Subutex - Virginie Despentes (audio)

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2016

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 13:19
Poésie - Atelier "Âme graphique"

Le mot "Poésie" est assez facile à illustrer, la poésie se trouve partout où l’œil veut bien la voir...

Pour changer de mes paysages marins habituels, je suis partie sur une tout autre idée, celle du "Tricot urbain"(ou Yard Bombing)

Sur la photo ci-dessous, il s'agit du lavoir de Thivisiau, à Landivisiau, relooké l'espace de quelques jours, l'an passé, par le collectif "La fourmi-e". J'aime bien le concept, même si le tricot et moi, nous sommes un peu fâchés (je ne suis pas douée pour cela).

Poésie - Atelier "Âme graphique"

C'était ma participation à l'atelier "Âme Graphique" du Petit Carré Jaune

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 00:47
Collection La brune (Le Rouerge) - 2015 - 279 pages
Collection La brune (Le Rouerge) - 2015 - 279 pages

Elle avait dit "non", mâchoire serrée, entre ses dents. Elle avait dit "non" adossée à sa chaise avec la barre cintrée qui lui sciait les omoplates, imprimait un sillon dans ses chairs.
Surtout, Maria Salaün avait dit "non" avec la robe blanche de fiançailles de sa mère.
Parce qu'on pouvait dire "non" de toutes ses forces, sans cr
ier.

Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale. Maria Salaün vit seule avec son père, sa mère est morte en couches. Victor Salaün s'est toujours beaucoup occupé de sa fille. Il aimait particulièrement peigner sa belle chevelure rousse. Le jour où un commando de maquisards débarque dans la cour de son restaurant pour s'en prendre à Maria, Victor ne peut rien faire pour la défendre. La jeune fille n'oppose aucune résistance aux hommes qui veulent la tondre. Fière, dans la belle robe blanche qui a appartenu à sa mère, elle ne baisse pas la tête et ne verse pas une larme. Elle sait qu'elle n'a rien à se reprocher, sinon le fait d'avoir sincèrement aimé un homme. Sa vengeance, elle va la préparer, à sa façon. La chaise sur laquelle on l'avait assise (la chaise numéro 14), l'accompagnera dans ses démarches..

Quand je vois à la télévision les rétrospectives de tontes publiques, à la libération, je suis horrifiée par la passivité de la foule (quand elle n'applaudit pas). Le simple fait de regarder ces scènes me met extrêmement mal à l'aise. J'ai l'impression de me trouver, comme la foule de l'époque, en situation de voyeurisme. En commençant "La chaise numéro 14", je me doutais que Fabienne Juhel traiterait le sujet avec tact et intelligence. Je ne me trompais pas.

D'une certaine façon, ce livre se lit comme un thriller car on est impatient de voir ce que va faire Maria, quelle sera sa vengeance et jusqu'où elle ira. Bien entendu, toutes les femmes tondues n'avaient pas la force de caractère de Marie Salaun. Je suppose que la plupart sont restées cloitrées chez elles, meurtries à jamais. J'ai aimé que l'une d'entre elles, même à titre fictif, garde la tête haute et fasse passer la honte dans l'autre camp. J'ai aimé qu'elle fustige au passage religieux et notables qui n'ont rien tenté pour contrer ces pratiques barbares.

Comme toujours, j'ai été séduite par le style et la fantaisie de Fabienne Juhel. J'ajouterai qu'elle décrit fort joliment la région du Trégor, en Bretagne.

Les billets de Gwenaelle - Clara - Alex - Sandrine

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 00:24
Finitude - janvier 2016 - 157 pages
Finitude - janvier 2016 - 157 pages

"A l’école, ma mère avait toujours le même prénom, Mademoiselle Superfétatoire n’existait plus, l’Ordure n’était pas sénateur, Mister Bojangles n’était qu’un bête disque qui tournait comme tous les disques, et comme tout le monde je mangeais à l’heure de tout le monde, c’était mieux ainsi. Je mentais à l’endroit chez moi et à l’envers à l’école, c’était compliqué pour moi, mais plus simple pour les autres".

"Monsieur Bojangles" est un titre de Nina Simone qui tournait en boucle dans le salon du narrateur quand était enfant. Sa mère, qui aimait danser, ne s'en lassait pas. Cette mère, c'est le personnage central du livre. C'est autour d'elle que s'est construit la vie de la famille. On comprend assez vite pourquoi. Fantasque et originale, elle croque la vie à pleine dents, sans cadre ni tabou. La vie est joyeuse dans cette famille qui ne s’embarrasse d'aucune contrainte. Au diable l'école et les convenances !

On rit beaucoup au début du livre, quand l'enfant raconte sa vie quotidienne. Quand le père prend la plume, le ton devient plus grave et l'envers du décor nous apparaît. Assez rapidement, j'ai fait le rapprochement avec "La vie est belle" de Robert Benigni, bien que les deux histoires soient très différentes. Dans les deux cas, par amour, un père offre à son fils une belle histoire comme antidote au désespoir.

L'histoire est centrée sur le couple et son enfant mais deux personnages truculents viennent se greffer au cercle familial : Mademoiselle superfétatoire et "L'ordure". Tous deux participent aux nombreuses fêtes organisées par la mère. Ils sont aussi du voyage quand la famille prend la route pour passer ses vacances dans son château en Espagne. C'est dans ce lieu que l'histoire se termine, je ne vous dirai pas comment, naturellement.

Voilà un petit livre qui fait son petit bonhomme de chemin sur les blogs et qui rencontre un beau succès en libraire. Je ne suis pas surprise. Dans son genre, c'est une petite pépite.

Les avis de Noukette - Aifelle - Gwenaelle - Jérôme - Keisha

Je remercie l'agence Anne et Arnaud pour la découverte.

Je vous laisse en compagnie de Monsieur Bojangles...

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 00:34
Edition Delcourt (collection shampoing)  187 pages
Edition Delcourt (collection shampoing) 187 pages

Le grand méchant renard dont il est question dans ce roman graphique n'est pas bien méchant. Pour tout dire, c'est un même un poltron. C'est bien ennuyeux pour lui car il ne parvient à attraper la moindre poule. Il faut dire que les habitantes du poulailler sont de véritables maîtresses-poules, pas du tout décidées à se laisser bouffer le croupion par quiconque.

Faute d'une bonne volaille à se mettre sous la dent, le brave renard se rabat sur les navets qu'on lui offre gracieusement. Le loup, avec lequel il s'entend bien, lui suggère de voler des œufs. Un oeuf, si on sait se montrer patient, ça se transforme en poussin et le poussin, en poule. Le renard trouve que c'est un challenge à sa hauteur. Il file donc à la ferme chiper trois œufs.

De retour dans la forêt, il montre son trésor au loup, qui lui explique qu'il doit les couver. Assez honteux (ça la fout mal, tout de même, de jouer à la poule), le renard s'exécute et quelques jours plus tard, trois poussins viennent au monde... et prenne le renard pour leur mère. Vous devinez la suite, le renard va s'attacher aux poussins... Mais le loup de l'entend pas ainsi et veut sa part de poussin ! Comment le renard va t'il s'en sortir ? Je vous engage à le découvrir par vous-même.

Je dois dire que je me suis bien amusée à suivre les aventures du renard et de ses faux-rejetons. C'est une BD malicieuse, à lire au premier ou au second degré. En tant qu'Adulte, on ne s'ennuie pas une seconde car plusieurs thèmes sont abordés mine de rien : l'instinct maternel, l'amour filial, l'éducation, la difficulté d'être "différent", les parents d'élèves (un peu trop) "investis"...

Une BD anti-morosité à lire en famille (tout seul, ça marche aussi).

une lecture commune avec Stephie et Sandrine (qui ne sont pas du même avis, me semble t'il).

Merci à Leilonna, grâce à qui j'ai gagné cette BD qui a obtenu le Prix de la Fnac et à Noukette, qui m'avait donné envie de la découvrir.

D'autres avis : Jérôme - Mo

Le grand méchant renard - Benjamin Renner (BD)

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n'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir
n'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir

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Le grand méchant renard - Benjamin Renner (BD)

La BD de la semaine, aujourd'hui, c'est chez Stephie

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 00:21
Thélème - Lu par Louis ARÈNE - 6 heures
Thélème - Lu par Louis ARÈNE - 6 heures

Ce roman polyphonique donne la parole à quatre personnages : Van (qui s'exprime d'outre tombe), sa femme Lou (qui est responsable de sa mort), leur fille Laure (l'ado dans toute sa splendeur) et une certaine Ulma (l'intruse qui va semer la zizanie dans la famille). Avant de découvrir la lame de fond qui brisera la cellule familiale, nous nous approprions peu à peu le passé de chacun des protagonistes ainsi que les liens qu'ils entretenaient entre eux avant le drame.

La nature de la "lame de fond" a été une vraie surprise pour moi, au point que je suis revenue en arrière pour vérifier que je n'avais pas raté un indice. En dehors de cette découverte, il ne faut pas s'attendre à un suspense insoutenable. Nous ne sommes pas dans le registre du thriller. Ce qui fait l'intérêt du roman, c'est la façon dont sont décris les personnages et leur histoire personnelle. Celle de Van est au coeur de l'intrigue (si l'on peut parler d'intrigue). Né d'un père français aux abonnés absents, il a été élevé par sa mère vietnamienne qui l'a poussé à faire ses études en France. Il est question dans ce livre des rapports familiaux, des non-dits et du manque de communication au sein de la cellule familiale.

L'histoire familiale se reconstitue à la manière d'un puzzle. Les non-dits et le manque de communication sont, comme souvent dans les familles, plus destructeurs que les conflits. Ce n'est pas un coup de coeur mais une écoute plaisante.

Une écoute commune avec Enna

Lame de fond - Lynda Lê (audio)

Lu dans le cadre de "Écoutons un livre", rendez-vous mensuels des audio-lecteurs

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 20:41
Écoutons un livre en février

Pour le mois de février, le thème choisi est "La famille".

Voici ce que nous avons écouté :

Géraldine : certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

Malika : un don - Toni Morrison

Sandrine : la fille du train - Paula Haukins

Sylvie : lame de fond - Linda Lê

Enna : lame de fond -Linda Lê

Enna : rien ne s'oppose à la nuit - Delphine De Vigan

Enna : l'homme qui ment - Marc Lavoine

Saxaoul : Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine De Vigan

Pour le 16 mars, le thème proposé (mais non imposé) est le suivant : "un livre écrit au 20ème siècle ou/et qui se passe au 20ème siècle" (Géraldine, tu seras dans le thème).

Si d'autres que les habitués veulent se joindre à nous, qu'ils n'hésitent pas.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 00:05
Grasset 2015 - 90 pages
Grasset 2015 - 90 pages

« On m’a élevée ainsi : les garçons et les filles sont à égalité. Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. C’est faux. Je suis une fille, pas un garçon. J’ai 17 ans, mon corps me trahit, je vais avorter".

Dans ce petit livre qui se lit en moins d'une heure, Colombe Schneck nous raconte l'avortement qu'elle a subi il y a trente ans. C'est un épisode de sa vie qu'elle n'avait raconté à personne jusqu'ici, bien que le sujet vienne la hanter régulièrement. Un article d'Annie Ernaux dans l'humanité l'a fait sortir du silence. Dans cet article, Annie Ernaux écrivait que "rien n'était gagné pour les femmes" et que pourtant "les femmes ne se mobilisaient pas assez". Ce constat a décidé Colombe Schneck à raconter son expérience. Il lui a semblé important de venir au secours de ce droit si difficilement acquis par nos aînées mais que certains voudraient voir remis en cause.

On découvre une jeune Colombe libre, croquant la vie à pleine dents, pleine de projets et d'idées de voyages à l'étranger. Éduquée, bien entourée par des parents "dans le coup", elle était loin d'être une pauvre fille ignorant tout "de ces choses-là". Son insouciance de l'époque, elle l'avoue volontiers. Sa pilule, elle l'avait oubliée, tout simplement.

Ce petit livre est à mettre entre les mains des jeunes filles de dix-sept ans, pour leur faire prendre conscience de l'importance de la contraception mais aussi pour les déculpabiliser quand "l'accident" se produit (c'est arrivé à d'autres). L'avortement n'est pas un événement banal, on le porte toute sa vie mais parfois, pourtant, c'est la meilleure solution. En évoquant cet enfant qu'elle n'a pas eu, Colombe Schneck dit ceci : "Je peux l'écrire désormais, ton absence m'accompagne depuis trente ans. Ton absence m'a permis d'être la femme libre que je suis aujourd'hui".

Un témoignage pudique et émouvant qui apporte sa pierre à l'édifice du droit à l'avortement.

l'avis de Noukette

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