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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 23:48

Audiolib (Albin Michel 2019) - lu par Audrey Sourdive - 6 h 15

Le hasard fait que j'ai lu récemment plusieurs ouvrages centrés sur la condition des femmes. Une nouvelle fois, j'ai été sidérée de constater à quel point la liberté des femmes est bafouée dès que le contexte le permet. Dans "le bal des folles", l'auteur nous fait découvrir un épisode de l'histoire du célèbre hôpital "La Salpêtrière", dans le treizième arrondissement de Paris. Nous sommes transportés au 19ème siècle, dans une société patriarcale qui ne peut accepter qu'une femme ne soit pas dans la norme. A la Salpêtrière on enferme les homosexuelles, les femmes qui ont subi des violences ou qui souffrent de dépression mais aussi celles qui "sortent du lot" par leur originalité.

L’hôpital de la Salpétrière

Le personnage principal du roman est une jeune femme qui voit des esprits. Elle ne fait de mal à personne mais sa bizarrerie fait peur à sa famille qui fait le choix de l'interner dans le service du professeur Charcot, à la Salpêtrière. Eugénie ne se sent pas à sa place dans l'établissement et va tout faire pour en sortir. Par un stratagème, elle parvient à obtenir l'aide d'une infirmière rigide et en apparence sans cœur. Eugénie décèle une faille chez Geneviève et l'amène à plaider sa cause. La cuirasse de l'infirmière est ébranlée. Elle commence à évaluer d'un œil nouveau l'hôpital dans lequel elle travaille depuis des années.

Le titre du roman est un peu trompeur. S'il est question d'un bal qui est donné chaque année à l'hôpital, l’événement n'occupe qu'une partie du roman. Ce bal est toutefois révélateur de l'hypocrisie du système. On enferme des femmes contre leur gré mais on fait croire au public, en les exhibant une fois dans l'année, qu'elles s'amusent dans ce lieu sinistre.  Le reste du temps, elles subissent toutes sortes d'essais expérimentaux.

Le bal des femmes
Une séance d'hypnose

Cet ouvrage fera probablement partie de mon top 5 pour le Prix audiolib 2020.  Victoria Mas a choisi un thème original et l'a bien traité. L'aspect historique m'a beaucoup intéressée. J'ai été emportée par le rythme du texte, qui s'écoute sans difficulté. L'interprète est Audrey Sourdive dont j'ai découvert la voix très récemment dans "Retour à Birkenhau".

Je conseille !

 

Challenge "Écoutons un livre".

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 16:20

Albin Michel - 2020 - 14 h 01

Je vous présente aujourd’hui le dernier opus de la trilogie "les enfants du désastre" de Pierre Lemaitre. J'étais impatiente de découvrir ce titre et ravie de le découvrir dans la sélection des romans en lice pour le Prix Audiolib 2020.

Pierre Lemaitre a l'art et la manière de décrire des scènes inoubliables. Une de celles que je retiendrai cette fois se situe au début de l'histoire. Une jeune femme prénommée Louise court dans la rue, nue. Louise est un personnage secondaire de "Au revoir là-haut". Nous l'avions laissée enfant, nous la retrouvons adulte. Elle est institutrice durant la semaine et sert dans un restaurant le week-end.

Un jour, un habitué du restaurant fait une étrange proposition à Louise, qu'elle accepte après réflexion. Cet homme veut tout simplement la voir nue, contre une coquette somme d'argent. Le rendez-vous, qui se tient dans un hotel, tourne mal (mais pas dans le sens où vous pouvez l'imaginer). Louise se retrouve dehors, nue. Qui est cet homme ? Nous l'apprendrons dans la seconde partie du roman. Mais avant cela, nous ferons un petit séjour sur la ligne maginot, dans les tranchées. Nous ferons la connaissance de plusieurs personnages dont Raoul et Gabriel, deux soldats que nous croiserons plus tard sur les routes d'une France en pleine débâcle.

Dans cette drôle de guerre, rien n'est impossible et Pierre Lemaitre nous offre quelques scènes jubilatoires. Certaines m'ont fait penser au film "La septième compagnie", tant il force le trait. Sur les routes de l'exode, en plus de nos deux soldats, nous retrouverons Louise et Jules (le patron du restaurant dans lequel elle travaille) ainsi que d'autres personnages, qui tous verront leur destin basculer.

J'ai vraiment passé un excellent moment avec cette galerie de personnages. Si la première partie est un peu lente (j'ai eu peur d'être déçue), le rythme s’accélère progressivement. La dernière partie du roman ne laisse aucun répit et nous permet de rassembler toutes les pièces du puzzle. 

Audiolib nous offre, en bonus, un entretien réalisé avec Pierre Lemaitre, qui nous donne quelques informations sur sa démarche d'écriture. Il s'est beaucoup documenté, ressortant de l'oubli quelques faits historiques.

"Miroir de nos peines" n'est pas, selon moi, le meilleur opus de la trilogie mais il est tout à fait dans la lignée des précédents. Pour rien au monde je ne l'aurais lu en version papier car Pierre Lemaitre lisant son texte, c'est vraiment la cerise sur le gâteau. On sent qu'il "s'éclate" en lisant ses romans. Il y met tout son coeur et apporte une réelle plus-value au texte papier.

Un très bon divertissement !

 

 

 

 

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 10:26

Actes Sud Audio - lu par Guillaume Gallienne - 3 h 21

"Moi, Malaka, fils élevé dans le désert par une mère qui parlait aux pierres, je vais raconter Salina, la femme aux trois exils. Je vais dire ma mère qui gît là, au fond de la barque, et le monde qui apparaîtra sera fait de poussière et de cris"

Avant de dévorer "Salina", ma dernière lecture de Laurent Gaude, à savoir "Danser les ombres", datait de 2015. Le côté surnaturel de l'histoire m'avait perdue en chemin et j'avais terminé ma lecture sans conviction. C'est l'avis d'Enna qui m'a donné envie redonner une chance à l'auteur. 

Plongés dans une Afrique ancestrale, nous découvrons la vie de Salina au travers du témoignage de son fils, Malaka. Le jeune homme conduit sa mère jusqu'aux portes de sa dernière demeure. Pour convaincre les passeurs que la défunte a sa place dans une île-cimetière perdue au milieu des eaux, le jeune homme doit raconter l'histoire de sa mère. Sous la forme d'une tragédie en trois actes, Malaka organise son récit et se lance.

Dans un décor grandiose de pierres et de sable, Salina naît et grandit. Elle connait l'amour, la haine et le rejet. Fière et digne en toutes circonstances, cette femme, ivre de liberté et de justice, ne trouvera l'apaisement que dans ses vieux jours. Elle aura trois fils, chacun symbolisant une période de sa vie.

Ce roman, aux allures de conte, contient une dimension intemporelle. La lutte de Salina pour son intégrité ressemble à celle de multiples femmes à travers le monde. C'est en cela qu'elle nous touche particulièrement. La plume de Laurent Gaude, poétique et théâtrale, m'a emportée immédiatement, tout comme la voix de Guillaume Galienne. Je suis sortie de mon écoute charmée par ce beau texte, émue par l'histoire de Salina que je n'oublierai pas de si tôt.

Le livre audio se termine par une interview de Laurent Gaude qui nous explique que "Salina" est à la base une pièce de théâtre, qu'il a retravaillée pour en faire un roman. Quelle bonne idée !

Du très bon laurent Gaudé !

 

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 00:05

Lu par : Cachou Kirsch, Simon Duprez - 9 h et 9 min - sept 2019 (La manufacture de livres)

Vendue par son père à un maître des forges, Rose se retrouve, à quatorze ans, prisonnière d'un château entouré d'une forêt. La jeune fille va vivre, dans ce lieu maléfique, un véritable calvaire, avant d'être enfermée dans une institution pour femmes, à quelques encablures du château. Rose aurait pu perdre la raison mais son amour des mots la sauve de la folie.  Au château, elle s'évade en lisant le journal qu'elle subtilise chaque soir. Plus tard, dans son cachot, elle écrira sa vie, utilisant les mots qu'elle a engrangés précieusement. Un jour, ses cahiers arriveront aux mains de Gabriel, le prêtre du village. Bouleversé, il se lancera dans une sorte d'enquête pour en savoir plus sur Rose...

Le livre aurait pu commencer par "Il était une fois, dans une contrée lointaine, une jeune fille enfermée dans un château au milieu des bois".  On trouve dans ce château un "ogre" et "une vilaine sorcière". Dans une chambre à l'écart, repose une "belle au bois dormant" qu'il ne faut déranger sous aucun prétexte. En commençant à rédiger de ce billet, j'ai réalisé à quel point ce roman s'apparentait au conte, ce qui peut expliquer les petites invraisemblances qu'on peut y déceler.  J'avoue que je n'y avais pas pensé pendant la lecture, emportée par l'intrigue qui m'a happée dès la première page, pour ne plus me lâcher. Je me suis laissé surprendre par les faux-semblants avec lesquels joue l'auteur (ceux qui ont lu l'ouvrage me comprendront).

"Né d'aucune femme" est un roman polyphonique qui donne la parole successivement à plusieurs personnages. Pour cette raison, je suis ravie de l'avoir découvert en version audio. Deux voix portent le texte : Cachou Kirsch, qui lit régulièrement pour Audiolib, nous livre le récit poignant de Rose. Simon Duprez, que je ne connaissais pas, nous offre une très juste lecture, adaptant son interprétation à la psychologie et l'âge des personnages masculins.

J'avais très envie de lire cet ouvrage, qui connait un grand succès. Je n'irai pas jusqu'au coup de cœur mais je ne n'en suis pas loin.

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2020 (pour en savoir plus, vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessous)

challenge "Écoutons un livre"

 

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 18:59

Les deux livres audio que je présente dans ce billet évoquent la même époque, vécue sous deux angles bien différents. Ces écoutes datent de l'été dernier. Je n'avais pas trouvé le temps, sur le moment, d'écrire des billets. Voilà qui est fait (en condensé).

HHhH - Laurent Binet (audiolib)- 11 h 06

"Je ne peux pas raconter cette histoire telle qu'elle devrait l'être. Tout ce fatras de personnages, d'événements, de dates, et l'arborescence infinie des liens de cause à effet, et ces gens, ces vrais gens qui ont vraiment existé, avec leur vie, leurs actes et leurs pensées dont je frôle un pan infime... "

En commençant cet ouvrage, je ne connaissais rien de l'opération « Anthropoïde » qui s'est déroulée à Prague lors de la seconde guerre mondiale.

En 1942, deux parachutistes tchèques sont mandatés par Londres pour assassiner un membre de la Gestapo dont je connaissais vaguement le nom, mais pas l'histoire : Reinhard Heydrich. Bras droit d'Himmler, celui qu'on nommait "le bourreau de Prague" est le planificateur de la Solution Finale. 

Au fil des pages, Laurent Binet, nous livre ses réflexions sur l'écriture de son roman : Il raconte l'enquête historique minutieuse qu'il a menée et nous fait part de ses états d'âme quand il prend le parti d'imaginer les scènes dont l'histoire n'a pas gardé de traces.

Tout m'a passionnée dans ce roman : le fait historique, la façon de le raconter et les réflexions de l'auteur sur sa démarche. J'ajoute que le lecteur, Emmanuel Dekoninck, est excellent.

 

Le journal d'Hélène Berr (Audiolib)  

"Cela m'est un bonheur de penser que si je suis prise, Andrée aura gardé ces pages, quelque chose de moi, ce qui m'est le plus précieux, car maintenant, je ne tiens plus à rien d'autre qui soit matériel ; ce qu'il faut sauvegarder, c'est son âme et sa mémoire."

J'ai enchaîné la lecture de "HHhH" avec celle du "Journal d'Hélène Berr" et je dois dire que le parallèle entre les ouvrages est à la fois saisissant et glaçant. Pendant qu'Heydrich planifie la solution finale, Hélène Berr et sa famille, dans un Paris occupé, vivent aux aguets, craignant chaque minute une arrestation et la déportation. 

Jeune et brillante étudiante en lettres à la Sorbonne, Hélène se trouve progressivement exclue des cours, puis des transports en commun, avant de devoir vivre dans la clandestinité, tentant d'aider les plus malheureux qu'elle. Hélène Berr est d'une lucidité incroyable et d'une maturité qui s'affirme au fil des pages. Ce témoignage extrêmement fort est lu de façon juste et émouvante par l'actrice Elsa Zylberstein.

Le livre audio comporte une préface écrite et lue par Patrick Modiano. A la fin du livre, il nous est proposé le témoignage de Mariette Job, la nièce d'Hélène Berr.

Deux très bons livres, que je vous conseille sans hésitation.

challenge "Écoutons un livre"

 

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25 décembre 2019 3 25 /12 /décembre /2019 18:20

Audiolib (Grasset) - novembre 2019 - lu par l'autrice

Nous suivons par alternance deux femmes, sur deux époques. Nous faisons tout d'abord la connaissance de Solène, avocate sans enfants, qui a consacré sa vie à sa carrière. A l'âge de 40 ans, un événement traumatisant dans sa vie professionnelle la plonge dans un burn-out aussi soudain que violent. Le psychiatre qui la suit l'oriente vers le bénévolat. C'est ainsi que Solène, sans conviction, frappe à la porte de l'Armée du Salut, qui cherche un écrivain public pour quelques heures de permanence au "Palais de la femme", dans le 11ème arrondissement de Paris. Solène découvre un lieu dont elle n'imaginait pas l'existence. Après une période de doute et de découragement, elle apprivoise les femmes qui y vivent (et l'inverse est tout aussi vrai).

La deuxième femme que nous côtoyons s'appelle Blanche Peyron. Née en 1867, elle décide, très jeune, de consacrer sa vie à aider les autres au sein de l'Armée du Salut. Mariée à un homme qui, lui aussi, se dévoue aux démunis, Blanche concentre son action sur les femmes, qui, dans la rue, sont livrées à tous les dangers. Quand elle découvre que des bâtiments sont en vente Rue Charonne, à Paris, elle imagine ce qu'elle pourrait en faire et convainc son mari de l'aider à trouver des fonds pour en faire l'acquisition. Le projet est fou. L'ancien hôtel vaut une fortune. Blanche, tenace, se démène en dépit d'une santé fragile et parvient à ses fins grâce à sa détermination. Le "Palais de la femme" est inauguré en 1926.

 

Le Palais de la Femme - Photo : Vincent Gerbet

Je ne connaissais absolument pas l'existence de ce lieu (inscrit aux bâtiments historiques). J'ai trouvé passionnant de découvrir son histoire, étroitement liée à la pugnacité d'une femme hors du commun, sortie de l'oubli grâce au roman de Laetitia Colombani. J'ai aimé la façon dont l'autrice donne vie au Palais de la Femme dans sa version actuelle. Elle explique dans l'entretien qui clôture le livre audio qu'elle a eu la chance de visiter les lieux, d'échanger avec sa directrice et de mener des entretiens avec quelques résidentes. Ces femmes lui ont inspiré les personnages secondaires du roman. 

Je n'avais pas été totalement séduite par "La tresse", le premier roman de Laetitia Colombani, le trouvant un peu "facile". Je lui préfère "Les victorieuses", pour l'originalité de son thème et la façon de le traiter. La version audio est tout à fait réussie (on sent que Laetitia Colombani, qui lit son texte, est comédienne). Si vous n'avez pas pas l'habitude de lire audio et que vous voulez vous lancer, ce livre est tout à fait adapté (ni trop long, ni trop complexe dans sa narration).

Une belle lecture de fin d'année.

Si vous voulez en savoir plus sur le Palais de la Femme, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, je vous conseille de lire le témoignage d'un photojournaliste qui a fréquenté le Palais pendant un an (ici). Il s'agit de Vincent Gerbet. 

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 10:41

Editions La table ronde (quai Voltaire) - 329 pages - août 2019 

traduit de l'anglais (irlande) par Cécile Arnaud

"C'était l'époque, se justifient les gens, mais moi je dis que l'époque est faite par ceux qui la vivent. Parce que je ne suis pas prête à pardonner, pas même après tout ce temps".

Dans ce roman polyphonique, Paula Mc Grath nous transporte en Irlande en 1982 et en 2012. A la fin du roman, nous reviendrons dans les années 60, quand commence l'histoire qui relie les femmes de ce roman. Avant d'arriver à ce moment crucial du roman, nous faisons la connaissance, en 2012, d'une gynécologue qui rend visite à sa mère dans une maison de retraite. Le chapitre suivant, toujours en 2012, c'est une jeune fille que nous suivons. Elle vient de perdre sa mère et se voit confiée à des grands parents qu'elle ne connait pas. Le personnage d'après, celui que nous suivrons le plus longtemps, est une autre jeune fille. Elle se prénomme Jasmine et vient de quitter le domicile de sa mère alcoolique, qu'elle ne supporte plus. Après un passage à Londres, qui ne lui réussit pas, elle rejoint Dublin où le hasard des rencontres la mène dans un club de boxe. Ce sport deviendra vite sa passion et lui permettra de trouver une motivation pour avancer dans la vie.

Sans évoquer précisément ce qui relie ces personnages féminins très attachants, je peux vous dire qu'elles seront toutes, à un moment de leur vie, voire plusieurs, confrontées à la violence ou à la discrimination en raison de leur sexe. Le fait que l'histoire se passe en Irlande n'est pas sans importance quand on connait la forte pression de la religion sur l'évolution des mœurs et le retard pris par ce pays dans l'émancipation des femmes. "La fuite en héritage" est aussi un roman sur la transmission entre mère et fille. Que transmet-on à nos filles, consciemment ou inconsciemment ? Quel est l'impact des non-dits de nos mères dans nos vies ?

Cet ouvrage de l'irlandaise Paula Mc Grath est très agréable à lire. J'avais hâte, chaque soir de retrouver les personnages, notamment Jasmine, en 1982, à Dublin. La dernière partie, très addictive, se lit d'une traite. La construction est intéressante. L'alternance entre les personnages et époques n'est pas linéaire, ce qui donne un rythme original au roman.

A découvrir !

Lu dans le cadre d'une opération MASSE CRITIQUE organisée par BABELIO

 

7/12

 

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6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 23:16

Actes Sud 2014 - 402 pages - traduit de l'anglais (américain) par Christine Le Boeuf


"Toutes les entreprises intellectuelles et artistiques, plaisanteries, ironies et parodies comprises, reçoivent un meilleur accueil dans l'esprit de la foule lorsque la foule sait qu'elle peut, derrière l'œuvre ou le canular grandioses, distinguer quelque part une queue et une paire de couilles".

En 2003, j'ai découvert cette phrase provocatrice dans une lettre à la rédaction parue dans le premier numéro de The Open Eye, une revue interdisciplinaire que je lisais fidèlement depuis plusieurs années. L'auteur de la lettre, Richard Brickman, n'était pas celui de la phrase. Il citait une artiste dont je n'avais encore jamais vu le nom dans la presse : Harriet Burden.

L'ouvrage commence par un avant propos (extrait ci-dessus) signé I.V. Hess, une universitaire intriguée par les propos d'une plasticienne nommée Harriet Burden. Curieuse d'en savoir plus sur cette artiste, elle fait des recherches et découvre qu'Harriet est décédée depuis deux ans. Grâce à ses enfants, l'universitaire accède aux carnets tenus par l'artiste et découvre une femme d'une culture et d'une vie intérieure très riche. Avec l'accord de la fratrie, elle regroupe, dans un ouvrage, les écrits d'Harriet, en y ajoutant des interviews et témoignages de proches de l'artiste. L'ensemble constitue "un monde flamboyant".

Siri Hustvedt

Le thème central de l'ouvrage de Siri Hustvedt tourne autour de la place des femmes dans le monde artistique. Regarde-t-on de la même façon une oeuvre quand on connait le sexe de l'auteur ? Plus généralement, n'est-on pas influencé par les différents critères que constituent l'âge, le sexe et la race de l'artiste ? Harriet Burden, qui n'a pas le succès qu'elle pense mériter, en est persuadée. Elle décide de mener une expérience pour en avoir le cœur net. Elle compose une série d’œuvres qu'elle nomme "masquages" en s'associant secrètement avec des hommes qui lui serviront de "masques". Harriet sera en contact avec eux durant la création pour s'imprégner de leur personnalité et se mettre d'une certaine façon "dans leur peau". Les œuvres seront signées du nom de ces "masques". Ils en feront la promotion. 

Au fil des différents témoignages et carnets, nous assistons à la création des œuvres, à leur promotion ainsi qu'aux réflexions d'Harriet sur son processus de création. Avec un peu d'imagination, nous pouvons visualiser ces œuvres fictives, tant elles sont bien décrites. De façon plus générale, l'artiste évoque l'art et le milieu artistique dans lequel elle a baigné au travers de son mari galeriste. La plasticienne évoque aussi sa vie privée (son mari puis son compagnon, ses enfants, les artistes qu'elle héberge...). Elle confie ses complexes (concernant notamment sa grande taille), ses difficultés à s'accepter en tant que femme vieillissante... Nous partageons ses joies, ses doutes mais aussi, à la fin du roman, sa maladie et sa fin de vie.

Ce n'est pas une lecture facile dans le sens où de nombreuses références philosophiques et psychanalytiques viennent étayer le roman (avec notamment des notes de bas de page). J'avoue qu'à la fin du roman, je faisais l'impasse sur ces notes. Si l'ouvrage est parfois ardu, il est d'une grande richesse de par la réflexion qu'il suscite. Sa construction, sous forme d'enquête, en fait un véritable "thriller littéraire", comme souligne Babelio dans sa présentation du livre. 

Je recommande cette lecture aux personnes que le sujet intéresse. Je pense notamment aux artistes femmes comme mon amie Gwenaëlle. Cette dernière, sans que l'on ait échangé sur l'ouvrage et sans l'avoir lu, vient tout juste de partager sa réflexion sur le sujet dans un article de blog intitulé "femme et artiste". 

Si vous entreprenez la lecture de ce roman, j'ai deux conseils à vous donner : arrangez-vous pour avoir du temps devant vous et prenez quelques notes de "qui est qui", afin faire le lien, plus aisément, entre les différents protagonistes. 

Une lecture exigeante mais, avec du recul, passionnante.

Allons voir si Laure, du blog Micmélo, est d'accord avec moi. Nous devions, depuis longtemps, entreprendre cette lecture commune, voilà qui est fait. Nous continuerons l'aventure un de ces jours avec un autre titre de l'auteure : "Eligie pour un américain".

J'ai lu cet ouvrage (sorti de ma PAL) dans le cadre du mois américain (qui est terminé, je suis en retard).

Le challenge "objectif PAL", c'est chez Antigone !

 

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 23:39

Ecoutez lire (Gallimard 2015) - 8 h 30 - lu par Benjamin Jugers et Sarah Stern

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Anouk Neuhoff

J'ai découvert la plume de Tracy Chevalier avec deux très beaux portraits de femme : "La jeune fille à la perle", son roman le plus connu puis "Prodigieuses créatures", qui m'a enchantée. Avec "la dernière fugitive", c'est de nouveau un portrait de femme que nous propose Tracy Chevalier. Cette fois, nous voyageons au fin fond de l'Ohio, en 1850, aux côtés d'Honor, une jeune quaker d'origine anglaise, fraîchement débarquée en Amérique après un long voyage particulièrement éprouvant, puisqu'elle perdra sa sœur quelques jours avant d'arriver à destination. Cette dernière devait épouser un membre de leur communauté. 

Honor est accueillie très froidement par l'homme qui devait épouser sa sœur. Pour sortir de cette maison où elle n'est pas la bienvenue, la jeune fille ne voit pas d'autre solution que de se marier et choisit l'homme qui semble correspondre le mieux à ses valeurs. Son mari ne la déçoit pas mais elle ne s'entend pas avec sa belle-famille. Honor ne comprend pas que cette dernière refuse d'aider les esclaves fugitifs alors même que leur communauté rejette l'esclavage. La jeune femme porte bien son prénom. Elle est droite, honnête et en accord avec ses valeurs. Elle se met donc à agir comme elle le sent, désobéissant à sa belle-famille. 

C'est le troisième ouvrage que je lis de Tracy Chevalier et chaque fois je me passionne pour l'univers qu'elle me propose.  J'ai découvert avec beaucoup d'intérêt les us et coutumes de la communauté quaker et notamment l'art du quilt (sorte de patchwork) que pratiquent les femmes. Honor est très douée pour la couture et s'évade en créant de superbes ouvrages.

un exemple de quilt

On ne peut pas qualifier "la dernière fugitive" de roman historique mais l'ouvrage permet de se faire une idée des dernières années de l’esclavagisme en Ohio. On découvre une population divisée en trois catégories : ceux qui osaient aider les fugitifs, ceux qui, bien qu'étant contre l’esclavagisme, avaient peur de s'opposer à la loi et enfin ceux qui, parce qu'ils cautionnaient le système ou y trouvaient un intérêt personnel, dénonçaient les fugitifs.

Un roman à découvrir, si ce n'est déjà fait.

Précision : la version audio est une version abrégée mais cela n'a pas perturbé ma lecture. Je ne m'en suis aperçue qu'après avoir rédigé mon billet. Je préfère toutefois écouter une version intégrale car je l'aime pas l'idée de coupes dans un texte, même si c'est avec l'accord de l'auteur. 

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

 

Le mois américain, c'est chez Titine
challenge 50 états - 50 romans : l'Ohio

 

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 23:37

Delcourt - 258 pages - août 2019 - Traduit de l'anglais ( USA ) par Lisa Rosenbaum

William Melvin Kelley

"Aucun d'eux n'avait le moindre repère auquel il aurait pu rattacher la notion d'un monde dépourvu de Noirs".

Nous sommes plongés à la fin des années 50 dans un état imaginaire du sud des Etats Unis où les blancs et les noirs cohabitent dans un climat de ségrégation raciale. Dans la ville Sutton, un événement inimaginable survient : la population noire quitte la ville en masse, sans la moindre explication. Le premier à quitter les lieux s’appelle Tucker Caliban. Il n'est pas n'importe qui, comme nous le découvrirons plus tard. Il descend en effet de la première lignée d'esclaves à avoir mis les pieds dans la ville. Turcker quitte sa ferme de façon subite et spectaculaire. Il brûle sa maison, abat sa vache et son cheval et étend du sel sur ses terres. Les autres noirs, ni une ni deux, font leur valise et abandonnent leur maison sans un mot.

 

Ce livre, publié en 1962 aux USA, m'a fait immédiatement penser à "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", bien que les deux histoires soient très différentes. On y trouve le même climat de défiance entre les noirs et les blancs, une ségrégation pas toujours assumée mais bien réelle et parfois terriblement violente.  Ce roman comporte une part de surnaturel et se lit comme un conte. Mais il ne faut pas que cet aspect vous effraie si vous n'aimez pas ce genre littéraire. L'histoire est ancrée dans une réalité historique et aborde le thème de la discrimination raciale de façon originale mais réaliste. L'ouvrage peut se lire d'une traite tant nous sommes pris par l’enchaînement des faits et des témoignages. Ce sont les blancs qui relatent les faits, des blancs qui ne s'imaginent pas vivre sans les noirs, tant ils font partie de leur quotidien. Les témoignages se succèdent, nous offrant plusieurs facettes d'une même histoire. La fin peut déconcerter. J'avoue qu'il m'a fallu "rembobiner" l'histoire et relire l'ouvrage en diagonale pour (je l'espère) en saisir toute la portée.

On peut remercier les Editions Delcourt d'avoir publié ce roman en France, plus de 50 ans après sa parution aux Etats Unis. J'ai appris qu'un autre roman de l'auteur serait publié prochainement par la maison d'édition. Espérons qu'il soit du même niveau !

Un premier roman assez époustouflant, surtout quand on sait que son auteur n'avait que 23 ans quand il l'a écrit.

Un grand merci au Picabo River Book Club ainsi qu'aux Editions Delcourt pour ce partenariat.

 

5/6

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