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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 17:46

 

Stock 2009 - 208 pages 

Laura a dix-sept ans. Nous faisons sa connaissance à la sortie du train qui la mène à Bergen, où elle est attendue comme jeune fille au pair dans une famille allemande. Très vite nous comprenons que la jeune fille est mal dans sa peau depuis un drame qui a déchiré sa famille et que ce séjour en Allemagne a pour but principal de fuir son domicile. Mais l’éloignement ne l’empêche pas de revivre, dans sa tête, les derniers mois passés en France. L’ambiance chez les Bergen ne contribue pas à faire revenir la joie dans son esprit. Il se passe quelque chose d’étrange dans cette famille, les choses ne tournent pas rond. Laura mettra quelque temps à comprendre quoi… Elle se raccroche aux tâches ménagères, qui l’occupent plus ou moins, entreprend de lire Thomas Mann et plus surprenant,  « Mein Kampf » découvert chez le grand-père Bergen. Peu à peu elle crée des liens avec les membres de la famille, assez laborieusement en raison de la barrière de la langue. Les mystères de la famille se dévoilent et l’on se dit qu’elle n’est pas tombée dans la famille idéale pour reprendre goût à la vie.  

J’aime beaucoup Brigitte Giraud et j’ai presque tout aimé ce que j’ai lu d’elle (seul « l’amour est très surestimé » m’avait un peu déçue).  Ici, point de déception, je suis entrée très facilement dans ce roman et l’ambiance plombante ne m’a pas découragée. Je n’ai pas été fille au pair en Allemagne, mais j’ai fait quelques séjours chez des correspondants allemands, à la même époque. Je me suis remémorée quelques sensations décrites par la narratrice. Fort heureusement pour moi, les familles d’accueil étaient moins perturbées. Ce roman, c’est donc l’évocation d’une époque et un lieu (les années 80 en Allemagne, avant la chute du mur) mais aussi une sorte de roman initiatique qui décrit le passage de l’adolescence à l’âge adulte. La fin est un peu dérangeante pour nous lecteurs (en tout cas pour moi), mais curieusement semble aider Laura à sortir de sa léthargie...

 

Laure et Clarabel soulignent à juste titre qu’il ne faut pas lire la quatrième de couverture…

  L'avis de Landibiblog et d'Antigone

  Challenge du 1% littéraire 2009

challenge 2 % : 8/14
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 18:57

nullLe livre de poche 1992 - 87 pages  (Stock)

Voici une de mes lectures de cet été, dont le billet était resté en souffrance.

Une introduction intitulée « le fusil de chasse » est suivie de trois lettres de femmes, adressées à un homme que le narrateur a pu observer dans la montagne, seul, un fusil sur l’épaule. La lecture des lettres met en lumière, sous trois angles différents, la tragédie qui a frappé l'homme. A l’origine du drame, un amour malheureux pour cause de mensonge, de trahison et de non-dits. Au fil des lettres nous découvrons le vrai visage des protagonistes, ignoré par leurs proches et révélé par les lettres sous forme de confession. Connaît t’on vraiment les gens avec qui l’on vit ?
C'est la question soulevée par Yasushi Inoué.

 

Ce petit livre (87 pages) est assez surprenant tant par sa construction que par le contenu des lettres qu’il contient. On sent que chaque mot a été pesé pour donner à la tragédie l’intensité recherchée. Je l’ai lu d’une traite. Cette oeuvre incontournable de la littérature japonaise a obtenu en 1950 la plus prestigieuse récompense littéraire du Japon, le prix Akutagawa.

 De nombreux billets. Je vous renvoie à Blog'O'Book

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 21:52

 

Les Belles Choses que porte le ciel   Le livre de poche - Albin Michel - 282 pages


« Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. » 

Il s’appelle Sepha. Voilà dix-sept ans, il a quitté l’Ethiopie pour se réfugier aux Etats-Unis. Depuis, il vit dans un quartier modeste de Washington, une existence simple et plutôt solitaire. Ses liens sociaux se résument aux clients de sa petite épicerie et à deux bons amis africains qu’il voit régulièrement. Il est partagé entre les souvenirs de là-bas et la vie entre parenthèses qu’il mène ici. La lecture occupe une grande place dans sa vie. Grâce à elle, il parvient à tromper un peu la monotonie de son quotidien. Un jour une jeune femme blanche et sa petite fille métisse viennent s’installer dans la maison en face de chez lui. Cette rencontre met un peu de piment dans son quotidien, notamment grâce à la relation privilégié qu’il établit avec la petite fille. Avec la maman c'est plus compliqué, ils ne sont pas du même monde. Cette installation marque la fin d’une époque pour le quartier… 


Sépha est un personnage intéressant, sensible et attachant. Au fil du roman nous découvrons les terribles raisons de son exil. Ses blessures ne sont pas refermées et ne le seront jamais sans doute. Dinan Mengestu, jeune écrivain d’origine éthiopienne,  nous offre ici un beau portait d’homme auquel s’ajoute une peinture intéressante d’une population d’exilés qui vivote, en marge de la société américaine. Tout n'est pas rose dans ce roman, il s'y dégage pourtant une douce mélancolie que j'ai beaucoup aimée.

"Chaque fois que je levais les yeux sur elle, je prenais conscience de la perfection de l'instant. Je me disais que des années plus tard je me souviendrais de cette période avec une nostalgie écrasante et dévastatrice, parce que, naturellement, je savais déjà à l'époque que je finirais par me retrouver tout seul. Et, chaque fois que cette prise de conscience menaçait de détruire la scène, Naomi faisait un petit quelque chose, comme tourner une page un peu trop tôt, ou bouger sur sa chaise, et, à nouveau, j'étais heureux
."



  
Une interview très intéressante de l'auteur

 

Ce livre a obtenu en 2007 le Prix du Roman Etranger.

L'avis de
Cuné - Saxaoul - Cathulu - Catherine

  Merci à  et au Livre de poche
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 18:33

     Gallimard  2009 - 214 pages

 

"Quand je l'ai relâchée, elle avait au front et sur la joue des plaques rouges qui vireraient bientôt au bleu. Sa lèvre était fendue de ce sourire terrible qui n'en était pas un. Ses yeux étaient énormes. Elle me regardait comme si, malgré les signes visibles et la douleur qu'elle devait ressentir au visage, elle ne pouvait croire que cela s'était vraiment passé. Elle est restée ainsi, debout devant moi, minuscule, avec ce visage écarlate et cette goutte de sang au bord de la lèvre. Je l'ai regardée avec un petit sourire et j'ai attendu. Elle s'est mise à trembler. Alors je lui ai pris le bras, doucement, je l'ai attirée sur mes genoux et je l'ai laissée pleurer. Quand elle a été épuisée par ses propres larmes, je lui ai dit, lui caressant les cheveux : La prochaine fois, tu feras attention au repas. Je n'ai pas eu besoin d'ajouter, sinon je t'arracherai cette natte."

 

Nous sommes à l’île Maurice, pays natal de l’auteur. Un vieux médecin, surnommé « dokter-dieu » par ses patients, vit ses derniers jours, veillé par sa fille et sa petite fille. L’heure est au règlement de comptes. Le vieil homme était estimé par ses patients mais paradoxalement, passé le seuil de sa maison, il se révélait d’une violence et d’une brutalité inouïes.

 

Le narrateur est le bourreau, ce qui rend la lecture particulièrement dérangeante. Se mettre dans la peau d’un tel personnage est très inconfortable.  Sa femme est morte à l’âge de vingt ans, dans des circonstances terribles que l’homme dévoile au fil du roman. Sa fille et sa petite fille veulent connaître les circonstances de cette mort suspecte et exercent une pression sur l’homme, pour lui arracher la vérité.  La haine qu’il éprouve pour la gente féminine est viscérale. Pas un instant il ne doute de ses convictions ni ne regrette ses actes, qu’il minimise, les considérant comme insignifiants en comparaison de la violence du monde. La révélation finale est terrible.

 

Le monologue du vieil homme est d’une cruauté sans limites, sa misogynie dépasse l’entendement.  On ne sort pas indemne de ce huis clos mais on s’approche de très près, me semble t’il, de ce qui se passe dans la tête d’un homme qui martyrise sa femme, tant physiquement que psychologiquement.

 

Un texte admirablement percutant.
Challenge du 1% littéraire 2009

7/7 : challenge atteint !

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 19:57

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    Gallimard 2009 - 148 pages

Ce récit très intime d’Eric Fottorino est centré sur la perte de son père adoptif qui un jour a décidé d’en finir avec la vie, laissant ses fils dans une immense peine. J’étais presque certaine avant même d’en lire les premières pages, d'aimer ce livre tout autant que « Korsakov » et « Caresse de rouge », lus précédemment. J’aime la plume de cet auteur et l’émotion qu’il fait passer dans ses textes.

 

L’hommage poignant qu’Eric Fottorino rend à son père est à la hauteur de l’admiration et de la reconnaissance qu’il éprouve pour l’homme qui l’a aidé à grandir. «...Mon père m’a appris le vélo, à lutter, à ne jamais abandonner, à serrer les dents, à ne pas se plaindre de la malchance, des côtes, du vent, à ne pas me décourager ... à vélo il m’appris la vie...». Il dresse le portrait d’un homme passionné par son métier de kinésithérapeute et dévoué à ses patients. Son père, c’est aussi la Tunisie et sa culture, il était originaire de là-bas.

 

Eric Fottorino ne passe pas sous silence les faiblesses de l’homme : des blessures datant de l’enfance, puis de la guerre d’Algérie mais aussi une phobie maladive de la paperasse… des failles qui l’affaiblissaient et qui peut-être expliquent son geste ultime. Son père parti, Eric Fottorino doit vivre avec le chagrin et cette question, qui tourmente les personnes dont un proche s’est suicidé : « Aurais-je pu l’empêcher ? Cette question me taraudera toujours ».  Il ne pourra pas y répondre. Il ne lui reste comme consolation que des pages blanches à remplir pour continuer à faire vivre cet homme qu'il aimait profondément et qui l'aimait aussi "sans effusion, comme on murmure pour ne pas troubler l'ordre des choses ».

 

22eme édition du Prix Goncourt des lycéensCe n’est pas un livre impudique bien qu’il soit très personnel. Tout n’est pas dit et c'est bien ainsi. Nous ne saurons pas, par exemple ce que contenait la lettre adressée à l’auteur par son père avant de se donner la mort.
J’ai lu ce livre dans le cadre du Prix Goncourt des Lycéens. C’est un livre abordable qui je pense saura les toucher.

Elles ont beaucoup aimé ce livre aussi : Jules - Cathulu

J'avais classé ce livre dans mon challenge "rentrée littéraire 2009", persuadée qu'il venait de sortir ! Mais grâce à Valérie, mon erreur est corrigée (je ne suis pas une tricheuse ! Non non non !)

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 23:01




















POL 2009 - 310 PAGES



De son précédent livre, "Un roman russe", j'avais écrit ceci :

« Je dois vous dire que ce livre m'a bousculée. J'ai aimé cette lecture tout autant qu'elle m'a  dérangée…. Je crois que ce qui m'a gênée le plus, c'est la façon d'être et de penser de l'écrivain, égocentrique et déconnecté de la vraie vie… ».   

Dans « D’autres vies que la mienne », l’égocentrisme ne prend pas le dessus et nous sommes dans la vraie vie, aucun doute là-dessus.   

 

Le livre commence ainsi : En 2004, passant ses vacances au Sri Lanka avec sa compagne Hélène et leurs enfants respectifs, Emmanuel Carrère a vécu en direct le drame du Tsunami. Avec Hélène, ils ont épaulé un couple de français qui venaient de perdre une petite fille dans la catastrophe. Il faut parfois être confronté au malheur des autres pour accéder au bonheur. C'est terrible, mais c'est ainsi. Le couple parlait de séparation et sort renforcé de l’épreuve.  
 
 

Rentrant en France, une autre épreuve les attend : le couple apprend que la sœur d’Hélène, Juliette, est atteinte d’un cancer. Quelques temps après, la jeune femme décède de sa maladie et laisse derrière elle un mari, trois petites filles et un travail qu’elle aimait. Elle était juge au tribunal d’instance de Vienne. Durant sa carrière, elle s’était liée d’amitié avec un collègue juge, Etienne. Emmanuel Carrère rencontre ce juge, qui lui suggère d’écrire un livre sur Juliette. Une série d’entretiens entre les deux hommes s'instaure. Le livre qui en découle parle de Juliette, de sa vie, de son travail. Il est question de gens pauvres et surendettés qui se font arnaquer par des organismes de crédit mais aussi de la vie de famille d’une jeune juge, simple et sans artifice. La dignité de Juliette face à sa maladie force l’admiration. Emmanuel Carrère évoque avec tact et subtilité ces sujets délicats.

J’appréhendais cette lecture tout autant qu’elle me tentait. J’étais curieuse de voir Emmanuel Carrère aborder d’autres vies que la sienne mais je craignais de me trouver « voyeur » de ces vies. Cela n’a pas été le cas, le récit est pudique et ne laisse pas de place au pathos.  Nous ne réfléchissons pas tous les jours au rapport que nous entretenons avec le malheur des autres. Ce récit atypique et profond nous y incite. Il peut paraître étonnant d'évoquer des sujets aussi divers dans un même récit (le tsunami, le surendettement, le cancer...). Grâce au talent de l'écrivain tout cela se tient, le fil conducteur étant le regard d'Emmanuel Carrère sur tout cela.

Me suis-je réconciliée avec Emmanuel Carrère ? Oui, je le crois. 

 

Les billets élogieux de : Cuné - Stephie - Jules - Mango - Esméralde - Clochette - Anne

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 15:18

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     Edtions de Minuit - 2009 - 282 pages

 

J’ai choisi ce livre attirée par les critiques dithyrambiques des médias mais aussi parce que j’avais beaucoup aimé le précédent roman de Mauvignier (Dans la foule).

 

Nous sommes dans la salle des fêtes d’un village de province. Solange a invité des proches à fêter ses 60 ans. Son frère Bernard (surnommé Feu-de-bois), clochard et alcoolique depuis de nombreuses années, est invité lui aussi mais jette un froid dans l’assistance, offrant à sa sœur un bijou de grande valeur alors qu’il est fauché. Il finit par gâcher la fête, insultant gratuitement un homme d’origine algérienne puis se rendant à son domicile, agressant sa femme. Pour comprendre ce comportement, il faut remonter au passé de Bernard qui a fait partie des jeunes gens appelés en Algérie dans les années 60, lors des « évènements ». Son cousin Rabut, était en Algérie en même temps que lui. L’incident de la salle des fêtes le replonge dans un passé dont il garde lui aussi le traumatisme à jamais. Il raconte…

 

Les premières pages m’ont déconcertée en raison du style, très particulier : voici un exemple un peu extrême (tout le livre n’est pas écrit ainsi, heureusement) : "Attendez, si je confirme. Si je. Que je. Vous voulez que je. Moi, que je dise. Et que je confirme oui, ici, ce qui s’est passé ici. On ne va pas parler de ça, pas ici, c’est pas possible, on va pas…" Je butte toujours sur ce genre d’écriture, qui me fatigue. Je dois dire en outre que la première moitié du livre est un peu décourageante, trop longue à mon goût.

 

Mais je ne regrette pas d’avoir persévéré car la seconde moitié est captivante. Il est vrai que je me sens concernée par le sujet, mon père fait partie de ces jeunes qui ont gâché une partie de leur jeunesse, acteurs d’une guerre dont la cause les dépassait totalement. Ils ne défendaient pas leur pays, contrairement à leur aînés et se trouvaient confrontés à une violence dont ils n’avaient même pas idée auparavant (On connaît aujourd’hui les pratiques utilisées dans chacun des deux camps). Il faut ajouter à cela l’ennui de longues heures passées à tuer le temps. Quand ils rentraient en France, ces jeunes se sentaient incompris et préféraient se taire et tenter d’oublier. Ce texte de Mauvignier nous éclaire sur ce silence et les blessures qu’il cache. Il se met dans la peau de ces hommes de façon admirable.

 

Un livre vraiment intéressant mais un gros bémol pour le style.

   Stéphanie, de Landibiblog, nous explique ici son agacement (elle-aussi !) pour ce style particulier. 
  
   
Aurore a eu un gros coup de coeur.
     Challenge du 1% littéraire 2009                               





   5/7

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 17:43

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    Editions Arléa 2009 - 201 pages

Ceux qui fréquentent mon blog régulièrement savent que Marie Sizun est une romancière pour laquelle j’ai un attachement particulier, en tant qu’écrivain mais également en temps que personne. Je l’ai rencontrée trois fois avec le même bonheur. J’ai lu les quatre livres qu’elle a publiés et je lirai certainement les suivants.

 

Lors de notre dernière rencontre, Marie avait commencé l’écriture d’Eclats d’enfance, elle en avait brièvement parlé. Je savais en commençant ma lecture, que j’allais y trouver des souvenirs d’enfance déjà évoqués partiellement dans ses deux premiers romans, notamment dans « Le père de la petite », la petite, c’était un peu elle. Dans Eclats d’enfance, nous retrouvons l’enfant que fut Marie Sizun, mais cette fois dans un récit. La romancière nous propose une promenade dans son quartier d’autrefois situé dans le 20ème arrondissement de Paris. Elle évoque, au fil des lieux visitées, des « éclats d’enfance » . Nous comprenons que sa jeunesse a été douloureuse, suite à la séparation de ses parents, peu de temps après le retour de captivité de son papa, prisonnier en Allemagne pendant la guerre. Elle s’est construite malgré tout, aidée par ce qu’elle puisait à l’extérieur de l’appartement familial. De ce qui se passait à l’intérieur, elle fait le choix de ne pas en parler.

 

« Qu'est ce qu'une enfance ? Ce temps étrange, marginal, secret, infiniment personnel, inconnu des parents, ce temps où l'on devient soi, où l'on se met à voir, à entendre, à penser. Envie de raconter cela. De retrouver cela.

C'était le tracé des rues qui me la racontait, cette histoire. Qui m'aidait à me la raconter, qui en était le support. Le fil d'Ariane »

 

« Alors, les tendres et cruels fantômes de l'immeuble de briques rouges, j'ai simplement eu envie de les prendre dans mes bras, de les rassurer, de les réchauffer, de leur redonner vie. Une autre vie.
Leurs secrets, leurs mystères, ils les garderaient, je les respecterais. Mais j'écrirais leur histoire, une histoire plus vraie que la vraie vie, que leur vraie vie, que la mienne. Une histoire qui dirait ce que nous n'avions pas su dire ».

 

Marie raconte avec amour le quartier populaire dans lequel elle aimait déambuler. Les souvenirs qui remontent à la surface sont parfois anodins, pas toujours.  La vie n’était pas simple pour cette petite fille dont la maman n’était pas comme celle des autres. Elle évoque aussi un petit frère un peu fragile. Je ne connais pas les lieux qu’elle décrit mais j’ai beaucoup aimé les imaginer, tout comme l’ambiance si particulière des années d’après-guerre. C’est  une promenade pleine d’émotions, mais apaisée toutefois. 

Bravo Marie, cette fois encore vous nous offrez un beau livre…

 Le billet de Cathe
 Mes rencontres avec Marie Sizun : Ici et


Challenge du 1% littéraire 2009



4/7

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 21:59

Si loin de vous

Phébus - traduit de l'anglais (Etats-Unis) - 375 pages


Nous sommes en 1964. Jun Nakayama est une ancienne star du muet qui se produisait autrefois à Hollywood. Sa carrière s’est arrêtée brutalement en 1922 en raison notamment de la montée du racisme anti-jaune et de fin du cinéma muet. Alors qu’un jeune scénariste contacte le vieil acteur pour lui proposer de tourner à nouveau, ce dernier éprouve le besoin de revisiter un passé qu’il avait choisi d’oublier et notamment le crime jamais élucidé d’un grand réalisateur de l’époque. Nous découvrons à cette occasion que d’autres raisons ont motivé la fin de la carrière de l’acteur.

 

Je craignais en commençant ce roman d’être un peu perdue dans un milieu que je ne connaissais pas, celui du cinéma muet. Cela n’a pas été le cas, j’ai apprécié la découverte. Je dois dire toutefois que la première partie m’a semblée un peu longue en raison de nombreuses digressions (qui ont leur importance, mais je ne l’ai compris qu’après). Je me félicite d’avoir persévéré car j’ai adoré la seconde partie du roman, concentrée sur les raisons  qui ont provoqué la chute professionnelle de l’acteur.

 

Plusieurs lecteurs de ce roman (dont Papillon) ont ressenti une certaine antipathie envers Jun, lui reprochant son égoïsme et la haute opinion qu’il a de lui-même. Je ne l’ai pas vu ainsi. Il est certes un peu égocentrique, mais ne faut-il pas l’être pour devenir acteur ? Des erreurs de jeunesse, il en a commis quelques unes, c’est indéniable, mais on ne peut pas lui attribuer la série de catastrophes qui en découlent. Il est loin d’être le seul responsable. On comprend d’ailleurs à la fin du livre qu’il a été berné, voire manipulé. Ses erreurs il les a chèrement payées. On peut lui toutefois lui reprocher son manque de réaction face au racisme ambiant, je suis d’accord.

Une belle découverte  que je dois à :



Les avis divergeants de ClarabelLeiloona - Papillon - Lael - Cathulu

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 16:45

José Corti - 2008 - 325 pages (collection Merveilleux N° 37)

Ils sont trois à faire vivre cette histoire. Le plus âgé s’appelle Giacomo. C’est un vieux clown blanc qui ne s’est jamais remis de la mort précoce et accidentelle de sa mère. Son cirque, c’est toute sa vie. Mais sans descendance, sa vieillesse lui pèse chaque jour un peu plus. Le môme, c’est un enfant sauvage. Il s’est élevé tout seul dans un terrain vague, sans vraiment souffrir de la situation jusqu’à ce qu’on le découvre. La femme grise est morne et triste, elle n’a jamais été aimée et n’a connu le bonheur que durant quelques heures de sa vie…

 

Ces personnages ont pour point commun d’être plongés dans une solitude qu’ils n’ont pas choisie. Il a manqué à chacun d’eux l'affection ou la présence d’une mère pour s'épanouir. Mais ils possèdent, quelque part en eux, la capacité à aimer et à être heureux. Le hasard leur donnera un premier coup de pouce vers le bonheur, la magie du cirque fera le reste…

 

Le personnage auquel je me suis le plus attachée est le môme. Sa passion pour la peinture est extraordinaire. J’ai pensé à l’enfant bleu d’Henri Bauchau. Comme lui, le môme exprime ses joies et ses peines par le biais du dessin et grâce aux couleurs qu’il utilise en fonction de ses états d’âme.  L’histoire du môme n’est pas vraiment crédible mais peu importe, nous sommes dans le registre du conte.

 

Je trouve à ce roman de grandes qualités, mais je ne peux passer sous silence ses longueurs, notamment dans la dernière partie : trop de redondances et de retours arrière qui donnent au lecteur (à moi du moins) l’impression de tourner un peu en rond. Il n’en reste pas moins que c’est très jolie histoire dont on ressort charmé. Un mot sur l’écriture, poétique et très imagée. On quitte le roman la tête pleine de couleurs et le nez rempli de parfums sucrés...

 

Un premier roman très prometteur.

 

Sur le site de l’éditeur José Corti, Tatiana nous présente son parcours (ici) : elle a fait des études de psychologie, divers stages en psychiatrie et écrit depuis toujours des contes, des nouvelles, des poèmes.

  L'attente du soir a obtenu le Prix Roblès 2009 

  Les avis de Cathulu , Dominique, Anne, Michel, Papillon, Caroline

  Lu pour le 
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