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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 00:20

Editions de l'Olivier - janvier 2019

Connue en tant que romancière, Valérie Zenatti a écrit notamment "Jacob, jacob" et "Une bouteille dans la mer de Gaza". L'écrivaine est également la traductrice d'un grand auteur disparu depuis un peu plus d'un an. Il s'agit d'Aharon Appelfeld", ce romancier israélien dont j'ai lu "Histoire d'une vie" il y a plus de 10 ans. C'est un livre qui m'avait beaucoup marquée à l'époque. Par la suite, j'ai suivi l'actualité de l'auteur, écouté des interviews... Quand j'ai repéré "Dans le faisceau des vivants" dans la sélection du "Masse Critique" de Babelio, je l'ai sélectionné, intéressée d'en savoir plus ce lien qui unissait le romancier et sa traductrice. J'ai, de façon générale, une certaine fascination pour le travail des traducteurs.

Dans le premier tiers du livre, Valérie Zenatti relate le choc de l'annonce du décès d'Aharon Appelfeld puis la sidération qui a suivi. Entre la traductrice et l'auteur, s'était nouée au fil des années une complicité extrêmement forte  : "je désire et je redoute le prochain livre que je traduirai sans lui, sans pouvoir parler avec lui de son rapport secret avec ses personnages, sans le tenir au courant de ma progression, des sentiments qui me traversent au fil des chapitres jusqu'au point final...". La traductrice évoque les personnages des romans de l'auteur israélien. Chacun d'entre eux l'a habitée. L'auteure relate également les différentes émissions qu'elle a visionnées après la mort de son ami, avec l'espoir d'apprendre quelque chose qui lui aurait échappé et pour le faire vivre encore un peu.

La deuxième partie nous raconte le voyage de Valérie Zenatti en Ukraine, dans le village natal d'Aharon Appelfeld. La traductrice a éprouvé le besoin d'entreprendre le voyage seule, après la mort de son ami. C'est avec une grande émotion qu'elle a mis les pieds dans la petite ville de Czernowitz, autrefois rattachée à la Roumanie. La ville a vu naître le jeune Aharon en 1932.

C'est la partie du roman que j'ai préférée parce que j'aime les récits de voyages et que celui-ci est particulièrement émouvant. En voici un aperçu : « je peux quitter Czernowitz puisque je suis allée à Czernowitz, j’ai marché dans sa ville, des visages et des bâtisses se sont nichées en moi, je pourrai m’y replier quand je voudrai, où je voudrai, ce sera si bon de vivre en sachant que je porte Czernowitz en moi, j’y ai trouvé ce que je ne cherchais pas, ce qui était là, entre lui et moi, sous une autre forme, et j’ai un peu moins peur de ce que signifie vivre sans lui. »

Pour apprécier ce roman à sa juste valeur, il est préférable de connaitre, au moins dans les grandes lignes, l'histoire de ce survivant de l'opération de destruction des juifs.

Un roman touchant.

 

Lu dans le cadre d'une opération proposée par BABELIO

 

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 00:39

Au diable Vauvert - janvier 2019 - traduit de l'anglais (australien) par Gaëlle Rey

"Parfois, la famille n'est pas un cadeau, mais une épreuve d'endurance. Et parfois, pour tenir le coup, il vous faut prendre vos distances. Voilà pourquoi j'ai passé tant d'années de ma vie d'adulte loin de ma famille. La plupart du temps, je n'arrivais pas à supporter ma mère. Pourtant, je suis rentrée à la maison cinq ans avant sa mort. Pour suture les plaies. Faire en sorte que ça fonctionne. Prouver que c'était possible. Je deviendrais folle aujourd'hui, si je ne l'avais pas fait".

Dans cet récit autobiographique, Nikki Gemell évoque essentiellement deux sujets : les relations mère-fille et l'euthanasie".  Le mort brutale de sa mère a en effet amené l'auteure à  pencher sur ces thèmes simultanément. Elle nous livre ici le fuit de ses recherches et de sa réflexion.

Le livre s'ouvre sur une scène qui annonce la couleur. On vient d'annoncer à Nikki Gemell que sa mère est décédée. Elle comprend vite qu'il s'agit d'un suicide et devine, sans l'accepter d'emblée, que sa mère a choisi de mettre fin à des douleurs chroniques qui lui empoisonnaient la vie.

Pour l'auteure, c'est d'abord un énorme choc et la culpabilité de ne rien avoir vu venir. Puis c'est un sentiment de colère face à un geste qui lui parait terriblement égoïste. Ce n'est qu'au terme d'un cheminement intérieur, aidé par l'écriture de ce récit, qu'elle parviendra à voir les choses autrement. Elle verra alors dans ce geste une forme courage, de détermination à ne pas subir sa vie.

Le sujet est difficile et Nikki Gemell va au fond des choses. Elle s'est beaucoup documentée sur l'euthanasie, sur la gestion des douleurs chroniques. Elle a constaté l'impuissance de la médecine à soulager durablement une douleur qui s'installe dans le temps. Il parait difficile d'admettre que l'on n'ait pas, en 2019, les moyens de venir à bout des souffrances physiques chroniques mais cela semble pourtant être le cas.

Le récit nous offre également le portrait de la mère disparue, une femme très belle mais peu douée pour les relations mère-fille ce qui crée chez la narratrice une souffrance, un manque terrible. Pour ne pas reproduire ce qu'elle a vécu, Nikki Gemell donne beaucoup à sa propre cellule familiale, jusqu'à ce que l'épuisement la gagne, parfois.

Voilà un récit qui ne peut laisser indifférent, qui bouscule et questionne. La narratrice parvient à avoir, au terme du roman, une position clairement favorable à l'euthanasie.  J'avoue qu'elle m'a un peu forcée à réfléchir à un sujet que j'ai tendance à fuir. Je lui en suis reconnaissante même si cela n'a pas été une lecture facile.

Un intime récit touchant et intéressant.

C'est un coup de coeur pour Antigone.

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 00:49

Cà et là - traduit du suédois par Florence Sisask - 221 pages

L'histoire se passe en Norvège. Jens, 17 ans, ressent pour son meilleur ami des sentiments qui vont au delà de l'amitié. Ce n'est hélas pas réciproque. Pour tenter de mettre de la distance avec cet amour à sens unique, Jens décide de d'aller passer l'été à Finnsnes, où vivent son oncle et son compagnon. Tous deux  accueillent à bras ouverts ce neveu qu'ils comprennent mieux que quiconque.

A Finnsnes, Jens fait la connaissance de jeunes gens de son âge et notamment d'Edor, qui ne lui est pas indifférent. Cette fois, c'est réciproque. Pour autant, leur relation n'est pas aisée car Edor a du mal à assumer son attirance pour un autre sexe. Il n'est pas aidé par sa famille qui ne voit pas d'un bon œil son penchant homosexuel. Pendant qu'Eldor se débat avec des sentiments contradictoires (et ne parvient pas à couper le cordon avec sa petite amie), Jens travaille la confiance en soi qui lui manque pour être un adolescent épanoui.

Cette BD traite avec beaucoup de finesse le sentiment amoureux chez les adolescents et en particulier chez ceux du même sexe. L'histoire n'est pas d'une grande originalité mais le sujet est bien traité, avec beaucoup de pudeur, notamment dans les scènes d'amour.

Le dessin est assez simple et dégage beaucoup de douceur avec ses couleurs pastel. Le choix de la  simplicité dans les croquis est tout à fait en phase avec l'histoire. Le personnage de Gens avec ses cheveux roux et ses rondeurs m'a bien plu. Il porte sur son visage la gentillesse qui le caractérise. En revanche, j'ai été un peu déçue par la représentation de la nature. On ne peut pas vraiment se faire une idée des beaux paysages norvégiens car les décors sont assez minimalistes. Ce sera mon petit bémol.

Une BD que je recommande sans hésiter !

Pour connaitre les autres de titres de "la BD de la semaine", rendez-vous chez Stéphanie.

Lu dans le cadre du Masse critique special BD organisé par BABELIO

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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 23:21

Audiolib 2018 (Le nouvel Attila) - 4 h 46 - lu par l'auteure

"Elle ressent à nouveau la tristesse de cette première année en France. Mais elle sent aussi une joie timide qui pointe doucement le bout de son nez : la joie de la réconciliation. Enfin, elle déterre ses racines dans ce terreau qui ne sent plus le passé mais l’avenir" 

Le hasard m'a fait lire, au dernier trimestre 2018, deux ouvrages assez proches et tous deux d'inspiration autobiographique. Le premier ouvrage, "les exilés meurent aussi d'amour" d'Abnousse Shalmani", raconte, au travers des yeux d'une enfant née en France, l'histoire de sa famille exilée à Paris, juste avant sa naissance, dans le milieu des années 80.

Dans Marx et la poupée, il s'agit également de l'histoire d'une famille arrivée en France après la révolution islamique mais l'enfant que nous suivons avait 6 ans quand elle a quitté l'Iran. Elle a donc connu directement le déchirement d'être arrachée à une culture, la difficulté de s'approprier une nouvelle langue mais aussi la chute sociale de ses parents, que l'on voit quitter une belle maison dans un quartier chic pour s'entasser à trois dans une chambre de bonne.  

La narration est originale, le style très oriental. Plusieurs genres se mélangent habilement : la poésie, le théâtre, le conte, le roman autobiographique, voire documentaire. Le récit n'est pas linéaire dans le temps. Nous sommes parfois de retour en Iran, en pleine révolution islamique ou quand le père de famille a pu y retourner, seul. Nous retrouvons également l'Iran bien plus tard, quand l'enfant, devenue adulte, retrouve sa famille dans la capitale iranienne.

Maryam Madjidi raconte fort bien la difficulté de faire cohabiter la culture d'origine et celle que l'on doit s'approprier pour s'intégrer. La petite fille de "Marx et la poupée" ne parvient à apprendre la langue du pays d'accueil qu'en tournant le dos à sa langue maternelle.  Ce n'est que bien plus tard qu'elle parviendra à  réconcilier les deux langues en réapprenant la langue persane. Aujourd'hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés. 

La version audio est idéale pour ce texte car elle nous permet d'avoir un petit aperçu de la langue persane au travers de quelques phrases et mots disséminés tout au long du roman.

Une belle découverte.

 

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 21:59

Sixtid - Lu par : Marc-Henri Boisse -  9 h et 32 mn

"Les bottes suédoises" est la suite  d'un précédent roman d'Henning Mankell intitulé "les chaussures italiennes". On y retrouve  Fredrik Welin dans la petite île de la Baltique sur laquelle il vit, dans une quasi-solitude.  Ancien chirurgien, il a dû quitter la profession après avoir commis une erreur médicale. A 70 ans, il a aborde sa dernière tranche de vie avec une certaine nostalgie. L'incendie de la maison qu'il a hérité de ses grands parents va venir chambouler sa petite vie tranquille et le déstabiliser quelque peu mais également lui ouvrir de nouvelles opportunités.

Après avoir lu plusieurs avis assez mitigés sur ce livre, j'ai failli renoncer à le lire. La perspective du mois nordique m'a toutefois incitée à lui donner sa chance (d'autant qu'il se trouvait dans ma pile à écouter depuis quelques temps). J'ai bien fait car j'ai vraiment bien apprécié cette lecture. Contrairement à Enna, je ne me suis pas ennuyée. J'adore l'atmosphère des îles et même si l'intrigue n'est qu'un prétexte pour tenir le lecteur en haleine, je ne me suis pas sentie dupée par l'auteur. J'ai aimé retrouver les personnages du roman précédent et les quelques petites surprises qui nous sont offertes donnent du piment à l'histoire.

J'ai lu que c'était le dernier roman sur lequel avait travaillé l'auteur, ce qui ne m'a pas surprise. Il y a beaucoup de références à la vieillesse comme cette phrase, que je trouve très juste ""Vieillir c'est s'aventurer sur une glace de moins en moins solide". 

Rien à dire de particulier sur la version audio. La voix du narrateur est en phase avec celle d'un homme de 70 ans.

A lire ! (mais après "les chaussures italiennes").

Les avis de Géraldine - Aifelle

Décembre nordique - chez Crissylda
Écoutons un livre - Récapitulatif le 23 du mois
Le challenge objectif PAL, c'est chez Antigone

 

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 11:31

Cheyne Editeur - 2017 - 44 pages

Je me suis donné comme objectif de sortir au moins un livre par mois de ma Pile à lire. Voyant le mois avancer à grand pas, j'ai choisi le livre le moins épais, je l'ai ouvert et je me suis dit que c'était effectivement le mois idéal pour le sortir de la pile. Voyez par vous-même : J'ai acheté ce livre (et reçu cette jolie dédicace) il y a un an jour pour jour.

Ces quelques mots donnent le ton. Il s'agit en effet d'une histoire sans verbe... 

Hadrien, tout chamboulé, a perdu ses verbes. Les retrouvera t'il ? Vous le découvrirez en faisant la connaissance de Delphine et d'Adèle. Deux femmes, deux histoires. L'une qui finit, l'autre qui commence. Les deux en même temps et un accident qui va brouiller les pistes.  Je ne vous en dirai pas plus sur l'histoire mais voici le tout début du livre :

Ce livre est une petite pépite de poésie et de sensualité. Si un jour vous l'avez entre les mains, je vous conseille de le lire à voix haute pour apprécier la musicalité du texte.

C'est en écoutant un poème de Ghérasim Lucca, mis en musique et interprété par Arthur H, que l'idée d'écrire "Je, d'un accident ou d'amour" est venue à l'auteur.

Je vous laisse avec Arthur H et ce texte très sensuel qui, il est vrai, a beaucoup de points communs avec celui de Loïc Demey, inspiration oblige. 

Le challenge objectif PAL, c'est chez Antigone

 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 00:36

La Martinière - octobre 2018 - 158 pages

Je devais mettre en ligne ce billet le 13 novembre dernier, jour du 3ème anniversaire de l'attentat du bataclan, mais je n'ai pas réussi à rédiger mon billet dans les délais. C'est donc aujourd'hui que je vous donne mon avis sur cette BD, écrite et dessinée par Catherine Bertrand, rescapée du terrible attentat de 2015.

Catherine Bertrand était au balcon quand les tirs ont commencé. Elle a pu sortir du théâtre miraculeusement et s'est cru indemne de toute blessure. Après la phase de déni des premiers jours et l'euphorie d'être vivante,  les symptômes du stress post-traumatique ont fait leur apparition dans sa vie et ne l'ont plus lâché d'une semelle. Elle symbolise cet état par un énorme boulet (par comparaison avec les petits boulets avec lesquels nous jonglons dans la vie quand tout va plutôt bien).

A compter du 13 novembre 2015, sa vie ressemble à cela :

La métaphore du boulet, très explicite, est le fil rouge de la BD.  Elle illustre bien la place que le traumatisme occupe  dans la vie d'un rescapé et l'impossibilité de s'en défaire.

La dessinatrice évoque, avec humour et une bonne dose d'autodérision :  les difficultés de communications, les tracasseries administratives, la difficulté de se concentrer au travail... 

Je recommande chaudement cette BD. Le sujet est bien traité, de façon originale. Ceux qui ont subi un traumatisme dans leur vie (même s'il n'est pas de cet ampleur) s'y retrouveront. Cette Bd peut également aider les proches, leur apportant des clés de compréhension de ce qu'est le stress post-traumatique.

Tirage au sort :

Comme je me retrouve en possession de deux exemplaires, j'offre avec plaisir l'un d'entre-eux. Pour participer, il suffit de me laisser un commentaire en me précisant que vous êtes intéressé par mon petit concours. Vous avez jusqu'au 28 novembre pour vous inscrire. Résultats le 29 novembre.

La gagnante est Kathel !

Kathel, j'attends tes coordonnées.

(j'avais mis l'information hier soir mais j'ai du oublier de cliquer sur "mettre à jour" ce qui explique que l'information n'apparaîsse que maintenant. Merci à Clara de m'avoir informée).

 

 

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 00:37

1968 - Pierre Tisseyre - 2 h 38 lu par Renaud Paradis 

Hervé, au chômage et en recherche d'un emploi, avant tout alimentaire, accepte un travail de commis de librairie dans le petit village puritain de Saint-Joachim.  Hervé n'est pas un passionné de littérature. Il vend des livres comme il vendrait des poireaux, s'arrangeant pour y consacrer le moins de temps possible. Il prend toutefois garde à ce que le patron ne s'en aperçoive pas.  Durant ses loisirs, il boit plus que de raison au bar du village et entretient une relation (tout sauf passionnée) avec sa logeuse. Le dimanche, il écrit ses aventures de la semaine, sous forme de journal), histoire de s'occuper.

Au bout de quelques semaines, pensant pouvoir lui faire confiance,  son employeur lui révèle l'existence du "capharnaüm", un réduit contenant des livres censurés. La consigne est de ne vendre ces ouvrages qu'à un public trié sur le volet (autrement dit adulte et ouvert d'esprit).  Hervé n'écoute pas la recommandation et refourgue un de ces livres à un collégien. Mais voilà, monsieur le curé vient à l'apprendre... 

Hervé est un homme blasé et un brin cynique mais au final assez attachant. J'ai beaucoup aimé la façon assez jubilatoire dont il va se tirer du pétrin dans lequel il s'est fourré. J'ai souri (et même ri) plusieurs fois au court de ma lecture. J'ai choisi d'écouter cet ouvrage, paru en 1968, dans la cadre du mois québécois. C'est une lecture très accessible et distrayante qui offre une critique de la société de l'époque, sous influence du clergé. D'après ce que j'ai lu, "le libraire" est un classique souvent étudié à l'école.

A découvrir en version audio, de préférence, pour profiter de l'accent québécois.

Voilà un court roman avec lequel j'ai passé un très bon moment !

Vous pouvez télécharger ce livre audio gratuitement sur le site de radio canada (ici).

Lu dans le cadre de Québec en novembre, chez Karine et Yueyin
Écoutons un livre... Récapitulatif sur mon blog tous les mois (le 28)

 

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 00:16

Grasset - Aout 2018 - 398 pages

Shirin a neuf ans quand elle quitte Téhéran avec ses parents pour rejoindre à Paris le clan familial. Tous ont fui la révolution iranienne, laissant derrière eux une vie fastueuse pour se tasser dans de petits appartements situés dans le même immeuble. Nous ne tarderons pas à constater que les tantes de Shirin (les sœurs de sa mère) leur pourrissent pas mal la vie, notamment l’aînée d'entre elles. 

Entre un père effacé et une mère débrouillarde (mais sous l'emprise de ses sœurs), Shirin grandit et s'approprie la culture française. A l'adolescence, elle tombe amoureuse, prend ses distances avec sa famille, se teint en blonde patine et met en valeur son corps, qui ressemble si peu à celui de ses tantes.

"Les exilés meurent aussi d'amour" est un roman à la fois riche et déstabilisant. Nous découvrons une famille dysfonctionnelle composée (entre autres) d'une tante toxique, d'un grand-père incestueux et d'un petit frère aux talents surnaturels. Shirin tente de tirer son épingle du jeu, de prendre de la distance, de fuir la violence psychologique qui règne dans sa drôle de famille. La jeune iranienne tente de faire cohabiter les deux cultures qui l'entourent : « Et puis je n'avais pas la gueule de l'emploi : ni celle de ma famille, ni celle de la France. Trop occidentale pour l'Iran, pas assez typée pour la France. Et pourtant. Il y avait quelque chose de métèque en moi qui persistait et que je ne voulais pas effacer. Quelque chose me disait que la boue où j'avais grandi était la bonne matière à travailler pour trouver mon vrai visage. »

Il y a dans ce livre, très bien écrit, de beaux passages sur l'exil, sur l'apprentissage d'une nouvelle culture, d'une nouvelle langue. Entre le conte et le roman, cet ouvrage a une ambiance très orientale. Après un petit moment d'adaptation, je me suis laissé porter par l'écriture et j'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de cette jeune exilée et de sa famille rocambolesque.

Je vous laisse avec ce très beau passage sur l'apprentissage de la langue :

"Comme tous les exilés, j'apprenais le français avec acharnement. Je cherchais les mots dans le dictionnaire, je fouillais les phrases à la recherche d'une familiarité et rien ne me faisait davantage plaisir que de reconnaître au moins un mot dans une obscure définition. C'est la raison pour laquelle la majorité des exilés parlent un français anachronique. Ils tentent si fort de comprendre ce qui se dit dans le nouveau pays, ils sont tellement à l'affût de précision et d'outils pour se faire entendre, qu'ils prennent les mots pour argent comptant, ils les accumulent, ceux qui servent et ceux que tout le monde a oubliés, les mots qui disent les métiers d'antan comme ceux qui décrivent un point de couture. Ils se rendent compte beaucoup plus tard que leur français impeccable, leurs mots justes, leur grammaire précise, ne sont qu'un signe supplémentaire de leur exil. Les exilés vivent à contretemps : la langue qu'ils parlent est une langue apprise, une langue domptée, une langue morte. Ils ne parlent pas le français d'aujourd'hui mais celui d'avant-hier."

Une belle découverte. Je conseille !

12/12

Les avis de Eimelle - Leiloona

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20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 23:16

Calmann Levy - 216 pages - août 2018

"Apprendre le français, ce n'est pas seulement apprendre des mots inconnus et une façon mystérieuse de les ordonner. Apprendre le français, c'est faire table rase. C'est l'ultime effort de renaissance après avoir dépensé toutes ses forces pour survivre à la guerre, à une décennie d'exode, au malheur sans fond d'avoir perdu toute trace de sa famille".

Un hiver, Emilie de Turckheim propose à ses enfants et à son conjoint d'héberger un migrant dans leur appartement. Tous acceptent sans hésiter. C'est ainsi que Reza (qui choisira de se faire appeler Daniel) débarque chez eux. Il occupe la chambre gentiment laissé par les enfants, qui partagent désormais le même espace. Reza est un jeune réfugié Afghan qui a dû fuir son pays en catastrophe. Il a perdu toute trace de sa famille. 

Le jeune homme est l'hôte idéal : discret, serviable, respectueux de la famille qui l'héberge. Si parfois la cohabitation crée de petits "couacs" ou malentendus, c'est toujours dans la bonne humeur que l'incident se termine. Pour les enfants, c'est une formidable ouverture sur le monde et sur sa diversité. Pour tous, l'aventure humaine est d'une grande richesse.

Le récit prend la forme d'un journal, que la romancière alimente, au fil des jours. Durant ma lecture, j'avais hâte, le soir, de retrouver la petite famille et leur hôte si attachant. J'ai souri plusieurs fois, certains quiproquos sont vraiment irrésistibles. Mais j'ai eu aussi, plus d'une fois, le cœur serré. Avec toute la bonne volonté du monde, il n'est pas simple pour un migrant de trouver sa place en France.

C'est d'abord le titre assez mystérieux qui m'a donné envie de lire cet ouvrage, puis quelques billets assez élogieux. Je n'ai pas regretté mon choix. Bien-entendu, l'expérience vécue par cette famille est assez idyllique. Recevoir quelqu'un chez soi se révèle compliqué mais plus encore quand cette personne ne partage pas la même culture et possède, pour tout bagage, un passé douloureux. Il faut une grande tolérance et ouverture d'esprit pour tenter l'aventure. Peu de personnes en sont capables. Bravo à celles et ceux qui ouvrent leur porte.

Une parenthèse enchantée qui réchauffe le cœur, l'espace de quelques heures.

 

10/12

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