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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

22 mai 2018 2 22 /05 /mai /2018 23:13

Grand Angle - 71 pages

L'histoire commence chez le médecin de Lily, qui lui confirme qu'elle est enceinte. L'expression du visage de la jeune femme ne laisse pas de doute, ce n'est pas une bonne nouvelle. En rentrant chez elle, son compagnon lui annonce qu'il part en tournée pour plusieurs mois avec son groupe de musique. Elle peut l'accompagner si elle le souhaite mais pas tout de suite. Elle doit en effet s'occuper de Balthazar, le neveu qu'il devait garder pendant une dizaine de jours. 

Là voilà donc avec un mioche dans les pattes alors qu'elle doit réfléchir à la possibilité (ou non) de garder l'enfant qu'elle porte. Sur un coup de tête, elle loue une voiture et part quelques jours à la montagne avec l'enfant, embarquant un jeune auto-stoppeur... Je ne vous livrerai pas la suite mais sachez que cette rencontre fortuite ainsi qu'une autre rencontre tout aussi inespérée vont permettre à  Lily de prendre la juste décision.

Des personnages attachants, une histoire touchante et une fin "feel good". Voilà de quoi passer un bon moment. J'aurais aimé quelques pages de plus, ce sera mon bémol. Si je suis restée un peu sur ma faim pour ce qui est du texte, j'ai vraiment beaucoup aimé l'illustration et les couleurs. Esthétiquement, c'est une très belle réussite. L'expression des visages complète à merveille le texte.

Un joli roman graphique pour une pause douceur.

Lu dans le cadre d'une opération Masse critique, de Babelio

La BD de la semaine, c'est chez Mo, ce mercredi

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 10:52

Grasset 2018 - 304 pages

En arrière plan, une toile de Gwenaëlle Péron

Certains billets s'écrivent presque tous seuls, d'autres moins. Celui-ci fait partie de la second catégorie. D'une part parce qu'il m'a beaucoup touchée mais aussi parce que je veux laisser au lecteur le plaisir de découvrir par lui-même ce parcours d' enfance pour le moins atypique. Je choisis volontairement de vous en dire le moins possible.

Isabelle Carré est née dans une famille hors du commun. Ses parents, d'origines sociales opposées, ne se seraient jamais choisis si chacun d'eux n'avait pas eu une difficulté particulière à surmonter, une blessure profonde. Nous comprenons progressivement ce qu'il en est. Grandir dans ce contexte n'est pas simple et l'enfance et adolescence d'Isabelle sont chaotiques. Ce début de vie inhabituel ne l'empêchera pas de trouver sa place dans la société et d'être une adulte rayonnante et bien dans sa peau. Il faut dire qu'elle n'a jamais manqué d'amour. C'est sans doute la clé de son bonheur d'aujourd'hui. On peut également penser qu'elle tient sa force de caractère des épreuves surmontées.

J'ai beaucoup aimé la construction et l'écriture de cet ouvrage d'inspiration autobiographique. Il n'est sans doute pas parfait, c'est un premier roman, mais l'émotion est au détour de chaque page. Les souvenirs ne sont pas racontés de façon linéaires, il faut reconstituer le puzzle, sentir l'ambiance, imaginer l'appartement bohème aux murs rouges dans lequel on ne vit pas comme ailleurs.

C'est un très joli roman, personnel et émouvant.

Je remercie Grasset pour ce partenariat

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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 23:18

Audiolib 2018 (Grasset 2017) - Lu par lauteur - 5 h 48

Tout le monde a entendu parler de Josef Mengele, le nazi que l'on surnommait "l'ange de la mort" à Auschwitz. Ce docteur en médecine était en charge du tri des juifs à l'entrée du camp. Parmi ceux qu'il n'orientait pas vers la chambre à gaz, Mengele sélectionnait des cobayes pour des expériences scientifiques d'une cruauté qui dépasse l'entendement. Il travaillait notamment sur la gémellité. L'objet du roman n'est pas de raconter les atrocités commises Mengele. Il en est fait référence uniquement pour présenter le personnage. Le roman est centré sur la personnalité du nazi, que l'on découvre au travers de la vie qu'il a menée après la guerre et jusqu'à sa mort.

C'est en 1949 que Mengele, craignant d'être arrêté et condamné pour crime contre l'humanité, quitte l'Allemagne pour rejoindre l'Argentine de Perone qui l'accueille à bras ouverts. Il va y vivre paisiblement une dizaine d'année avant de fuir au Paraguay puis au Brésil. Commence alors  une période nettement moins confortable pour le nazi puisqu'il se sent traqué. Il finira sa vie dans une favela au Brésil de façon quasi-misérable. Nous n'allons pas le plaindre...

C'est une véritable enquête journalistique qu'a menée l'auteur pour écrire cette biographie qui se lit comme un roman. Nous découvrons un homme centré sur sa personne et aucunement hanté par sa conscience. Mengele est un homme d'apparence normale et c'est bien tout le problème. Tapis derrière monsieur tout le monde peut se cacher un monstre. Les deux dernières phrases du roman résument ce que l'on peut retenir de cet ouvrage : "l'homme est une créature malléable. Il faut se méfier de l'homme".

Je finirai par quelques mots sur la version audio, qui ne m'a pas totalement convenue. Le conteur (qui n'est autre que l'auteur) utilise un ton monocorde. Fort heureusement, le texte étant clair et passionnant, la monotonie de la diction ne m'a pas gâché l'écoute.

Un roman passionnant qui a obtenu en 2017 le Prix Renaudot.

Je remercie Audiolib pour ce partenariat

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 05:55
 

Audiolib 2018 (l'iconoclaste) - 3 h 48 - lu par Guillaume Jacquemont

Lui, c'est Shell (parce qu'il porte un blouson sur lequel est inscrit le nom de cette marque). Elle, se prénomme Viviane (et bientôt elle sera sa reine). Mais avant cela, Shell quittera ses parents qui tiennent une station essence dans un coin paumé du Sud de la France. Le garçon n'est pas vraiment malheureux, bien que différent des autres, mais il a surpris une conversation entre ses parents et redoute d'être placé dans une institution. La seule solution qu'il entrevoit pour éviter ce qu'il craint le plus au monde, c'est de fuir. Il met son plan à exécution...

Shell rejoint les plateaux au dessus de chez lui et fait rapidement la connaissance de Viviane, qui l'accepte tel qu'il est. La fillette lui propose son aide, comprenant que le garçon ne s'en sortira pas tout seul. Elle lui montre une cabane dans lequel il pourra dormir et lui apporte de la nourriture. Chaque jour, elle vient le voir et l'embarque dans les histoires qu'elle invente. Shell est crédule, il n'est pas difficile de le faire rêver. Ravi qu'on s'intéresse à lui, il n'a pas eu beaucoup d'amis dans sa courte vie, le jeune garçon s'attache à sa reine. Mais un jour, elle ne vient plus... comment Shell va t'il se débrouiller sans elle ?

L'histoire met un peu de temps à s'installer mais passé les premières pages, on s'y sent bien. L'écriture est visuelle, il n'est pas difficile d'imaginer les pâturages herbeux dans lesquels se promènent deux pré-adolescents.  Il est très agréable de les accompagner dans leur histoire d'amitié ou d'amour (quelque part entre les deux). Un autre personnage, attachant lui aussi, fait son apparition quand Viviane disparaît. Cette belle rencontre renforcera l'assurance de Shell.

Un roman d'apprentissage à la dimension de conte, tendre et poétique, qui se laisse écouter avec plaisir. Le lecteur a le ton qui convient à l'histoire et ses personnages.

 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2018

 

 

 

 

Mais également de Écoutons un livre, au titre du mois d'avril.

 

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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 23:19

Lu sur ma liseuse (posée ici un un bac à linge - ce n'est pas un hasard !)

L'auteure de ces chroniques est une blogueuse littéraire, activité que Véronique occupe en dehors de la saison touristique. Ce métier, véritable sacerdoce, l'occupe à temps plein pendant la saison. Levée aux aurores, elle ne peut se coucher que quand tout le monde est rentré au bercail et que sa pile de linge est impeccablement repassée.

Si les clients sympas lui apportent une grande satisfaction, il n'est pas simple tous les jours de supporter les grincheux. les sans gêne,  les mauvais coucheurs. Ce livre est l'indispensable bible de ceux qui ont le projet d'ouvrir des chambres d'hôtes. Il peut aussi permettre aux clients (les moins corrects) de réfléchir à leur comportement.

 

 

Les anecdotes relatées par Véronique sont souvent cocasses et l'ouvrage se lit d'une traite, le sourire aux lèvres. On peut comprendre toutefois que Véronique rie parfois jaune. Très honnêtement, après avoir lu ces chroniques, je n'ai plus vraiment envie de me lancer dans ce métier (bon, ce n'était pas un de mes projets soyons honnête). La perspective de merveilleuses rencontres (hélas elles ne le sont pas toutes) est séduisante mais le ménage et la gestion du linge le sont nettement moins (et pourtant, c'est ce qui prend le plus de temps). 

Sois certaine, Véronique, que si un jour je me décide à visiter ton pays (je l'espère, même si les Pyrénées, c'est loin de la Bretagne), je ne séjournerai pour rien au monde ailleurs que chez toi. Un choix d'autant plus incontournable que j'aurai l'assurance d'avoir du beurre salé au petit déjeuner - petit détail qui, bien-entendu, ne pouvait pas m'échapper. 

Pour vous mettre l'eau à la bouche... 

Le site de la maison d'hôtes

Le blog littéraire de Véronique

 

 

Lu par l'intermédiaire de NetGalley

 

 

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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 23:11

Vilo - 195 pages, 2017

Cela fait quelques mois que je feuillette régulièrement ce livre de photographies. Je me remémore ainsi mon voyage à New York, en 2014 et je rêve de d'y retourner (cinq jours n'ont pas suffi à me rassasier). Quand j'étais enfant, les gens autour de moi ne voyageaient pas. Avoir l'occasion d'aller aux Etats Unis plus tard, je n'y songeais même pas...

Un collègue de travail revenant de New York il y a quelques mois m'a dit qu'il avait été déçu, qu'il voyait cela plus grand, que c'était une ville qui n'avait pas d'histoire... Bref qu'il ne comprenait pas que l'on trouve cette citée exceptionnelle. Ses propos m'ont sidérée ! En 2014, contrairement à lui, j'ai découvert NY avec émerveillement. Tous les lieux me parlaient grâce aux films, aux livres et même à la musique. Quand à l'histoire de la ville, même si elle n'est pas très ancienne, elle est d'une richesse incroyable.

Si un petit voyage virtuel à New York vous tente ou que vous voulez faire plaisir à quelqu'un qui aime New York ou projette d'y aller, je vous conseille ce bel album essentiellement constitué de photos classées par quartiers. Au début de chaque chapitre l'auteur nous donne quelques renseignements sur le quartier, son histoire et son évolution. L'album est centré sur Manhattan, le dernier chapitre étant consacré aux autres quartiers. Chaque photo est accompagnée d'une légende.

Ce livre étant dans ma PAL depuis plus de 6 mois, il me permet de participer à l'objectif PAL

d'avril organisé par Antigone

 

 

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 00:54

Rue de Sèvres - Pierre Alary - 142 pages (D'après le roman de Sorj Chalandon)

Le roman graphique que je vous présente aujourd'hui est adapté du roman de Sorj Chalandon "Mon traître" dans lequel l'écrivain raconte un épisode particulièrement troublant et douloureux de sa vie. En 1977, alors qu'il se trouvait en Irlande comme journaliste-reporter pour couvrir le conflit en Irlande, Sorj Chalandon fait la connaissance d'un militant de l'IRA, Denis Donaldson. Entre les deux hommes se noue une solide amitié qui durera dans le temps. Trente ans après, Chalandon apprendra avec stupéfaction que Donaldson est un agent double qui a collaboré avec les britanniques. Le traumatisme est immense pour le journaliste-écrivain.  "Mon traître" est inspiré de cette histoire avec quelques adaptations. Dans le roman, le trahi est un luthier passionné par L'irlande. Quant à Denis Donaldson, il s'appelle Tyrone Meehan.

La préface de la BD, signée Sorj Chalandon, résume "Mon traître" et nous explique comment l'écrivain s'est familiarisé avec l'idée de son adaptation en bande dessinée. Inquiet au départ, il s'est senti rassuré après avoir rencontré Pierre Alary. Il a choisi de le laisser libre dans son interprétation et de lui faire pleinement confiance. Nous ne pouvons que constater qu'il a eu raison de ne pas avoir eu peur du résultat. L'adaptation est fidèle au texte. Les mots que l'on trouve dans les bulles sont ceux de Chalandon. Sur la page de droite, se trouvent des extraits de l'interrogatoire de Tyrone Meehan par l'IRA . Le travail d'Alaryl a donc consisté à choisir les scènes marquantes du roman et bien entendu à les dessiner.  Dans l'expression des visages, le dessinateur parvient à faire passer la palette d'émotions que l'on trouve dans le roman de Chalandon. Les couleurs monochromatiques, rendent parfaitement bien les ambiances. Les planches alternent entre le vert et l'ocre.

"Mon traître" et moi, on commence à bien se connaître. J'ai lu les deux romans de Chalandon "Mon traître" puis "Retour à Killibegs", qui racontent tous deux la même histoire mais du point de vue du traître pour l'un et du trahi pour l'autre. J'ai vu la  superbe adaptation théâtrale inspirée par les deux ouvrages en avril dernier (mise en scène d'Emmanuel Meirieu). Non lassée par l'histoire, je me suis donc plongée avec enthousiasme et curiosité dans l'adaptation BD de Pierre Alary et je n'ai pas été déçue. 

Une très bonne adaptation !

Je suis ravie de participer à la BD de la semaine (hébergée ce jour par Noukette)

Je remercie l'agence Anne et Arnaud

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 00:59

Audiolib 2017 - Albin Michel - Lu par Aissa Maiga - 10 h 45

J'ai repéré "Underground Railroad" parmi les sorties de la rentrée de septembre dernier. Le thème m'intéresse et le Prix Pulitzer est pour moi un gage de qualité. Quand j'ai vu que l'ouvrage figurait parmi les titres retenus par Audiolib son prix 2018, je me suis donc réjouie d'avoir l'occasion de le découvrir.

L'histoire commence en Géorgie, avant la guerre de sécession, dans une plantation de coton qui traite de façon particulièrement inhumaine et sadique les esclaves qu'elle exploite Les premiers chapitres sont très éprouvants pour le lecteur. Mais ce n'est rien bien entendu en comparaison de ce que ces pauvres esclaves ont vécu. Je suis toujours effarée par la capacité de l'homme à réduire à néant son prochain .

La jeune Cora a été abandonnée par sa mère, qui a réussi à fuir la plantation, au péril de sa vie. Le plus grand risque n'était pas de mourir mais d'endurer les tortures réservées au fuyards qui se faisaient prendre, ce qui ne sera pas le cas de la mère de Cora. Quand l'occasion se présentera à la jeune fille de faire comme sa mère, elle n'hésitera pas longtemps, nous entraînant dans une suite d'aventures plus périlleuses les unes que les autres. A ses trousses, pour toucher la récompense promise par le planteur, le terrible chasseur d'esclaves, Rigeway. 

Quelques mots sur le titre, qui mérite une explication. L'underground railroad était un réseau clandestin d’abolitionnistes. L'auteur a imaginé qu'un tel réseau avait existé physiquement, dans le plus grand secret, et sous la forme d'un chemin de fer souterrain. C'est ce moyen de transport qu'utilise Cora pour fuir.

Roman d'aventures mais surtout historico-politique, Underground Railroad est une oeuvre éclairante sur ce qu'a été l'esclavagisme en Amérique. Le roman aborde la lutte des noirs pour gagner leur liberté, aidés dans leur cheminement par quelques blancs progressistes (ouf, il y en avait tout de même quelques uns). Nous voyageons dans plusieurs états : la Géorgie, La Caroline du Sud et du Nord, Le Tennessee. Partout, même quand l’esclavagisme est moins répandu, "la couleur du désespoir est aussi le noir" (comme le dit Pierre Perret dans sa chanson "Lily").

Je suis sortie de cette lecture accablée par la cruauté des hommes mais soulagée que l'humanité ait tout de même progressé. Il n'en reste pas moins qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en matière de racisme et d'exploitation de l'homme par l'homme. Un livre comme "Underground railroad" nous le remet en mémoire.

Rien à redire sur la version audio. La lectrice est tout à fait à la hauteur du texte. J'ai trouvé que le roman s’essoufflait un peu vers la fin mais peut-être est-ce parce que je manquais de temps et que je morcelais trop mon écoute.

Une oeuvre puissante.

Sandrine et Hélène ne sont pas aussi enthousiastes que moi.

L'avis de Jérôme et Kathel qui ont beaucoup aimé ce roman

 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2018
Ce livre a vraiment toute sa place dans le challenge d'Enna
L'histoire commence en Géorgie..

 

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 00:58

Grasset 2018 - 176 pages 

"Sa fille est partie d'elle. Sans que Maria sache pourquoi ni depuis combien de temps, elles se tiennent à des kilomètres l'une de l'autre. A des kilomètres et à des années. De quoi les mères sont-elles donc coupables ?"

Je me plonge dans chaque nouveau livre d'Angélique Villeneuve avec joie et impatience, renouant immédiatement avec l'écriture très personnelle de l'auteure, comme si le nouveau roman était d'une certaine façon le prolongement du précédent. Nulle ressemblance de prime abord entre "Nuit de septembre" et "Maria", mais en réfléchissant bien, il y en a une tout de même. Dans les deux cas, une mère doit faire face au choix de son enfant et l'accepter.

Maria est une mère mais aussi une jeune grand-mère. Elle s'épanouit dans son nouveau rôle, qu'elle prend très au sérieux, désireuse d'apporter à son petit-fils Marius le meilleur de ce qu'elle peut lui donner. Ensemble ils observent les oiseaux et cultivent cette passion commune. Les chosent se gâtent quand Marius se met à s'habiller en fille. Maria est prête à accepter la situation mais son mari absolument pas. Je ne vous en dirai pas plus sur ce qui va se passer mais Maria ne sera pas au bout de ses peines puisque sa fille, de nouveau enceinte, décidera de de ne pas divulguer, à la naissance, le sexe du bébé. Maria va donc se trouver dans la situation d'être la grand-mère d'un enfant dont on lui cache le sexe

Je me suis très facilement identifiée à Maria. J'ai à peu près le même âge et tout comme elle je suis la grand-mère d'un petit garçon. Je ne sais pas quelle serait ma réaction face à une telle situation mais je suppose que comme Maria, je ferais le dos rond pour ne pas perdre le contact avec mes enfants et petits enfants. Je pense toutefois que je serais perturbée par l'audace des parents. Faire preuve d'ouverture d'esprit est une très bonne chose mais il faut penser à l'intégration de l'enfant dans la société et mesurer les risques quand on s'éloigne des sentiers battus.

Vous l'avez compris, Maria est un roman qui bouscule. Angélique Villeneuve aborde le thème de la théorie du genre mais aussi la place des grands-parents dans vie de l'enfant. Ces questions sont traitées avec une grande délicatesse et sans parti pris. Je n'ai qu'un reproche à faire au roman, son dénouement un peu rapide. Je n'avais pas envie de quitter Maria et sa petite famille sans savoir comment allaient évoluer Pomme et Noun au fil du temps.

Angélique Villeneuve nous offre un roman qui questionne et mérite débat. Je vais m'empresser de le prêter pour avoir d'autres avis. Je sens qu'il va faire l'objet de discussions passionnées dans le comité de lecture auquel je participe.

Un roman original et déstabilisant (mais c'est pour la bonne cause !). 

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 21:59

Buvard - Babel (Rouergue 2014) - 214 pages

Comment vous parler de ce roman étonnant qui m'a happée dès les premières pages pour ne plus me lâcher ?

Je me lance... 

Nous assistons au huis-clos surprenant entre une romancière qui s'est retirée du monde et un jeune journaliste qu'elle a accepté de recevoir chez elle, on ne sait trop pour quelle raison. Peut-être a t'elle a ressenti chez lui une faille similaire à la sienne ? La romancière, plus vraie que nature, est née de l'imagination de l'auteure. Elle s'appelle Caroline N.Spack et nous découvrons, au fil du roman, son étonnante existance.

Carrière et vie privée sont si intimement liées, chez Caroline N.Spack, que les deux se nourrissent mutuellement pour le meilleur et pour le pire. La découverte de cette alchimie bouscule le journaliste-reporter tout autant que le lecteur. Caroline brouille les pistes et ne se livre que partiellement mais le jeune journaliste, perspicace, finira par reconstituer le surprenant puzzle. Je n'en dirai pas plus pour ménager le suspens mais sachez que ce qui fait l'intérêt du roman, c'est plus encore sa construction que l'histoire en elle-même.

J'ai pensé, pendant ma lecture, au roman de Delphine De Vigan "D'après une histoire vraie". Les deux histoires sont très différentes mais les thèmes abordés sont au final assez proches. Il est question du mystère de la création littéraire, de l'autofiction, du rapport entre l'écrivain et son lecteur. Des sujets absolument passionnants pour la lectrice que je suis. 

Buvard est le premier roman de l'auteure. Je découvrirai avec grand intérêt les deux suivants, dont j'ai lu le plus grand bien : "Le dernier amour d'Attila Kiss" et "Une activité respectable".

Une auteure à découvrir si ce n'est déjà fait.

Ce livre est une heureuse pioche de ma PAL... ce qui me permet de contribuer au challenge d'Antigone, qui nous incite à diminuer cette pile exponentielle.

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