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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 18:15

Belfond - 222 pages - août 2014

Le nom de "Frédérique Martin" ne m'était pas inconnu quand j'ai choisi cette lecture. J'avais noté, dans ma liste à lire, son précédent roman "La où meurt cette verveine", plébiscité par de nombreux blogueurs. La couverture de "Sauf quand on les aime" fait penser à une histoire de voisins ou de colocataires et c'est le cas, effectivement. Comme Enna, j'ai fait le rapprochement avec "Ensemble c'est tout", mais bien vite j'ai oublié cette référence. "Sauf quand on les aime" est une histoire moins optimiste que le conte des temps modernes d'Anna Gavalda, sans pour autant sombrer dans le désespoir, je vous rassure. 

Trois jeunes gens, Claire, Juliette et Kader, vivent en colocation par choix autant que par nécessité. Payer un loyer, quand on vit de petits boulots, n'est pas chose aisée. Par ailleurs, en situation de précarité, il est plus rassurant de ne pas mener sa barque tout seul. Un beau matin, Claire ramène à l'appartement Tisha, une jeune fille qui vient de se faire agresser dans le train. Cette agression marque le point de départ de l'histoire et sera son tragique fil conducteur.

"Sauf quand on les aime" reprend les préoccupations des jeunes de nos cités : se loger, trouver un emploi, faire face à la violence dans les lieux publics, trouver un sens à sa vie dans un contexte économique et social difficile. L'amitié est leur valeur refuge, celle qui leur permet de jamais sombrer. Je reprocherai peut-être à Frédérique Martin d'aborder trop de sujets. On peut en effet ajouter aux thèmes que j'ai déjà évoqués ceux de l'homophobie, du racisme, de l'isolement dans les grandes villes... Il est vrai que tous ces thèmes sont d'actualité mais je trouve que l'accumulation dessert le roman.

Quoi qu'il en soit, c'est un roman intéressant, fortement ancré dans notre époque et qui interpelle les citoyens que nous sommes. Frédérique Martin est une auteure que je vais désormais suivre de près.

Une lecture commune (un peu en décalé) avec Enna et Sophie.

frédérique-martinPour en savoir plus sur l'auteure, allez donc jeter un oeil chez Stephie, qui a proposé toute la semaine un coup de projecteur sur l'oeuvre de Frédérique Martin.

Livre lu dans le cadre de Masse Critique de Babelio  

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8/12

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 23:21

Albin Michel - 231 pages - août 2014

Ioan est un ancien photographe d'une soixantaine d'années, retiré au fin fond des Cévennes et bien décidé à y rester. Quand sa belle-fille l'appelle pour lui annoncer que son petit-fils de dix-sept ans, qu'il ne connait quasiment pas, s'est installé dans un squat de Barcelone et ne donne plus signe de vie, il décide de quitter les Cévennes pour partir à sa recherche. Retrouver Barcelone, c'est faire face à un passé qu'il a du mal à assumer et que l'on découvre au fil du roman. C'est aussi quitter sa solitude puisqu'il ne voit plus guère, depuis plusieurs années, que son voisin.

Je suis restée un peu extérieure à l'histoire pendant une bonne moitié du roman. J'ai eu quelques difficultés à cerner le personnage de Ioan, à m'y attacher. Mon intérêt pour le roman s'est éveillé avec la découverte d'un Barcelone que j'ai tenté d'imaginer. Il ne s'agit pas du Barcelone des cartes postales (bien qu'on y trouve des lieux fréquentés par les touristes). Le projecteur est braqué sur la population qui vit dans les squats, en marge de la société. En arrière-plan, la guerre d'Espagne, une guerre civile qui n'a pas fini de cicatriser ses plaies. Ioan fera un grand pas dans la cicatrisation des siennes. Il finira aussi par retrouver son petit-fils, quand il sera prêt à faire la paix avec son passé.

C'est un coup de coeur pour Saxaoul qui m'a donné envie de découvrir ce titre. Mon avis est plus mitigé, comme vous pouvez le constater. La deuxième partie a su capter mon attention mais pas suffisamment pour m'embarquer totalement.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Albin Michel, que je remercie pour la découverte.

 

Une lecture commune avec Valérie (allons voir son avis...)

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5/6 

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 23:40

Babel - Lemeac (1995) - 286 pages

Voilà bien longtemps que je voulais découvrir Michel Tremblay, l'un des auteurs québécois les plus connus en France. J'ai choisi ce titre parmi d'autres car il est le premier tome d'un cycle : "Les Chroniques du Plateau Mont-Royal", dont j'avais entendu parler à de nombreuses reprises, notamment par nos amies blogueuses québécoises.

"La grosse femme d'à côté" nous entraîne dans un quartier populaire de Montréal, la journée du 2 mai 1942. Nous suivons les habitants du Plateau Mont-Royal dans leur quotidien. Une famille se place au centre de cette chronique, celle de la vieille Victoire qui, bien que quasi-impotente, a toujours le dernier mot dans la maison. Autour d'elle, ses enfants et petits-enfants. Cette famille habite un quartier haut en couleur avec ses querelles de voisinages et ses petites histoires, ancrées dans la grande histoire. Nous sommes en 1942, en pleine guerre mondiale. Une guerre suivie de loin par un pays qui subit les évènements sans se sentir vraiment concerné.

Les dialogues sont relatés en langue orale, ce qui permet, en quelque sorte, de lire "avec l'accent". Une petite idée de ce que cela peut donner : « Vous parlez tu-seule, à c't'heure ? » Rose se tenait dans la porte, la bouilloire à la main. « J'ai toujours parlé tu-seule parce que j'ai jamais rencontré parsonne d'assez intéressant pour y parler vraiment. » Mais l'effort de déchiffrage freine un peu la lecture, ce sera mon bémol. Un demi bémol toutefois car le texte perdrait une partie de son charme sans ces dialogues.

L'auteur met l'accent sur le regard que l'on portait à l'époque sur la maternité.  : "Et quand une femme « un peu trop enceinte » passait dans la rue Mont-Royal, les regards se détournaient comme si elle avait été un objet obscène, honteux, et il se trouvait toujours une grenouille de bénitier ou un mangeux de balustres pour lui dire : « Le dernier mois, d’habetude, les femmes restent chez eux…" Cette année-là, à Montréal, de nombreuses femmes se trouvèrent enceinte. Certaines naissances étaient sans nul doute une stratégie mise en place par les couples pour éviter les départs à la guerre. L'héroïne "malgré elle" de cette histoire est la belle-fille de Victoire, "la grosse dame". Elle fait partie de ces femmes honteuses d'être enceintes, et ce d'autant plus qu'elle a 42 ans, un âge déplacé à l'époque pour attendre un bébé.

J'ai bien apprécié l'ambiance de ce roman, avec son humour sous-jacent, sa petite touche de fantastique, ses personnages hauts en couleur et ses dialogues pittoresques. Mais je n'ai pas trouvé la lecture très aisée : de nombreux personnages, une histoire qui n'en est pas vraiment une, une lecture ralentie par les dialogues québécois... Une découverte intéressante mais je ne suis pas certaine de lire les opus suivants.

 

Avez vous un autre livre de l'auteur à me conseiller en dehors de ce cycle ?

      Lu dans le cadre de "Québec en septembre"

Hélène a lu le même titre 


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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 23:13

Audiolib 2014 (Actes Sud 01/14) Lu par Chloé Lambert - 7 h 41 d'écoute

Pour ceux et celles qui n'auraient pas entendu parler de ce livre (on ne sait jamais), voici un bref résumé de cet "OVNI" qui n'est ni un roman, ni une biographie, ni un documentaire...

La petite communiste qui ne souriait jamais n'est autre que Nadia Comaneci, la célèbre gymnaste née au début des années 60 qui époustoufla les téléspectateurs du monde entier en réussissant un sans-faute mémorable aux olympiades de Montréal, en 1976. Souvenez-vous (ou découvrez- le si vous n'avez pas l'âge de l'avoir vu à la télévision à l'époque).

 

Lofa Lafon nous raconte comment cette jeune fille de 15 ans est parvenue à un tel exploit. Nous sommes alors en Roumanie, en plein régime communiste. Le sport est encouragé par les pouvoirs publics qui s'en servent comme vitrine aux yeux du monde. Nadia Comaneci est le produit d'un entraineur opiniâtre et prêt à tout pour conduire ses "élues" au podium. La jeune fille est consentante. Elle accepte les règles du jeu, les privations, l'abandon des plaisirs de son âge. Elle est ambitieuse et déterminée. La partie du livre concernant l'entrainement des jeunes filles et les compétitions sportives est celle qui m'a le plus intéressée. J'ai bien aimé également l'évocation du contexte de l'époque : le régime communiste, les Ceausescu, les relations de la Roumanie avec le reste du monde.

Ce qui m'a gênée, ce sont les parties où l'auteure imagine un dialogue entre elle-même et la gymnaste. Lola Lafon  précise clairement dans la préface que ces échanges sont fictifs mais le résultat est troublant. Par ailleurs, la Nadia Comanenci des conversations ne respire pas la sincérité. Elle entretient une certaine confusion dans le déroulement de sa vie. C'est voulu par l'auteure pour montrer qu'il subsiste des zones d'ombre au tableau, qu'il n'y a pas une seule et même interprétation de ce qui s'est passé en Roumanie à l'époque, mais je ne me suis pas sentie à l'aise avec ce procédé. Ces dialogues reflètent-ils l'état d'esprit de la gymnaste, ou pas du tout ? Je me suis demandé comment les dialogues étaient retranscrits dans la version papier. Peut-être apparaissent-ils en italique, marquant la frontière entre le réel et le supposé ? Avec la version audio, je n'ai pas suffisamment senti cette séparation.

En dépit de ces bémols, c'est une écoute globalement intéressante.

Une écoute commune avec Enna - Sandrine - Saxaoul - Liliba 

Je remercie la copine qui m'a prêté ce livre.

photo (15)

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 23:50

 

Edition de l'Olivier - 191 pages - mai 2014

Il m'est arrivé une chose étrange avec ce recueil de nouvelles... Les quatorze histoires qui le composent ont refusé de s'imprimer dans ma mémoire. Au fil de ma lecture, sitôt lues, Sitôt oubliées. J'ai fini hier soir les deux dernières nouvelles et ce sont les seules dont je me souvienne (et encore, en faisant un effort). La 4ème de couverture parle de nouvelles étourdissantes. D'une certaine façon, c'est le cas en ce qui me concerne !

En dehors du fait que je les ai oubliées au fur et à mesure, je n'ai rien à reprocher à ces nouvelles, lues avec plaisir (mais un poil d'agacement tout de même de les oublier si vite). Pour écrire ce billet j'ai relu certains passages en cherchant des points communs à ces histoires. Ce qui saute aux yeux, c'est qu'elles sont écrites à la première personne du singulier. Le narrateur raconte un épisode de sa vie où il a pris conscience de l'absurdité de son existence ou du "caillou dans la chaussure" qui le gênait pour avancer dans la vie. Certaines nouvelles sont à la limite du surnaturel, d'autres sont plus réalistes. Les narrateurs ont souvent un humour "pince sans rire". 

Un extrait de la dernière nouvelle, qui donne son titre au recueil et le ton des nouvelles :

"Et toi tu fais quoi dans la vie ?

- Je suis historienne.
- Ah, prof d'histoire? (Léger soupir désabusé dans la voix.)
- Non, enfin, j'enseigne, mais je fais surtout de la recherche. (L'interlocuteur bâille, il a envie de changer de conversation, peut-être va-t-il prétexter l'urgence d'aller remplir nos verres.) J'organise des colloques.
- Ah ouais, sur quoi?
- Sur la Shoah."
Et là, il se passait quelque chose. Quelque chose d'atroce. La tête que faisaient les gens quand je leur disais ça était un évènement en soi, une œuvre, un kaléidoscope. La grimace n'était pas toujours la même. Sa variété constituait une menace. Parfois je pensais à faire un catalogue. Irais-je jusqu'à l'exposition? me demandais-je. Je me promènerais alors avec un appareil photo et, au moment où je décocherais ma réponse, j'appuierais sur le déclencheur. L'exposition aurait pour titre : La tête que font les gens quand je leur dis que je travaille sur la Shoah.

Un recueil agréable à lire, une jolie plume mais pourquoi n'ai-je pas réussi à retenir ces histoires ? 

Les avis (très positifs) de Clara - Cathulu

Merci à entrée livre pour ce partenariat.

 

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 23:35

Métaillé - 416 pages - 04/09/2014

Quand j'ai reçu ce livre de la rentrée littéraire par l'intermédiaire d'une opération organisée par Libfly, je ne savais pas ce que j'allais trouver dans l'enveloppe et je dois dire que de découvrir le nom d'Olivier Truc m'a plutôt plu. Je me souvenais des nombreuses critiques positives sur "Le dernier lapon" et notamment celle d'Aifelle, qui m'avait fait noter le titre. En relisant son billet, j'ai pu constater que l'on retrouve, dans le second opus, les mêmes ingrédients que dans le premier : deux policiers (les mêmes), un roman touffu très difficile à résumer et une immersion dans les problématiques économiques et culturelles de la région. 

Cette fois sommes à Hammerfest, une petite ville de l'extrême nord de la Laponie, au bord de la mer de Barents. Nina et Klemet font partie de la police des Rennes. Ils sont chargés de veiller à ce qu'aucun incident ne vienne troubler l'ordre public. Les rennes ont en effet la fâcheuse manie de se balader où bon leur semble. Les policiers sont également amenés à gérer les conflits entre les éleveurs et la population urbaine. 

Le roman commence par la noyade d'un jeune éleveur de Rennes. Accident ou coup monté ? Puis c'est au tour du maire de la ville de trouver la mort tout près du rocher sacré. D'autre morts étranges et n'ayant à priori rien à voir les unes avec les autres se succèdent. Que se passe-t'il à Hammerfest ? C'est ce que nos deux policiers vont tenter de découvrir...

J'ai apprécié cette lecture mais je ne l'ai pas faite dans les conditions idéales, morcelant un peu trop ma lecture. Les personnages sont nombreux, plusieurs intrigues se croisent et par moment je ne savais plus "qui était qui". Heureusement, j'ai lu les cent dernières pages d'une traite, ce qui m'a permis de raccrocher le wagon. C'est un roman original et intéressant mais qui demande une certaine concentration. Je lirai très certainement "Le dernier lapon", qui me parait présenter plus en détail Klemet et Nina, les deux policiers.

Un polar original et dépaysant mais qui demande de la concentration 

Je remercie Libfly et les éditions Métailié.

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 23:34

En finir avec Eddy Bellegueule, de Edouard Louis, lu par Philippe Calvario

audiolib - 4 h 42 - 2014 lu par Philippe Calvario 

On a beaucoup parlé de ce livre, écrit par un jeune homme de 21 ans que l'on peut qualifier de "miraculé". Issu d'un milieu défavorisé, il est parvenu à sortir de l'engrenage infernal de la reproduction sociale. Il poursuit aujourd'hui de brillantes études à l'Ecole Normale Supérieure. Edouard Louis, (c'est le nom qu'il s'est attribué, abandonnant celui de sa naissance "Eddy Bellegueule"), ne cache pas que son roman est autobiographique et que le récit qu'il nous offre est celui de son enfance et adolescence.

Eddy est un enfant différent des autres, sensible et efféminé, dans un monde où un garçon se doit d'être "un dur" sous peine de passer pour "une tapette". Il se rend compte très vite, dans le regard des autres, de sa singularité. Il doit faire face à leurs moqueries, subir des persécutions (certaines scènes sont insoutenables). Eddy tente de ressembler aux autres, de nier son penchant pour les garçons, sans succès. Le fossé avec les autres ne cesse de se creuser. 

La famille d'Eddy est pauvre, financièrement et culturellement. Les seuls dérivatifs à leur vie de labeur sont la télévision et les soirées alcoolisées avec les voisins. Un logement plus que vétuste, des conditions de vie précaires, on peut parler de "sous-prolétariat". Edouard nous dresse un portrait de ses parents peu glorieux, mettant en avant leur inculture et leurs moyens intellectuels limités. C'est grâce à l'école qu'Eddy parvient à s'échapper de ce milieu, mais uniquement à l'adolescence.

Je dois dire que je sors mal à l'aise de cette écoute. Je comprends qu'Eddy ait voulu témoigner de sa souffrance. Son livre est percutant, il émeut, révolte et donne un coup de projecteur sur un milieu social dont on parle assez peu. Je ne conteste pas ses qualités littéraires. Au vu de son jeune âge, on ne peut qu'être admiratif de son travail d'écriture. Je pense par ailleurs que ce récit peut permettre à tout un chacun de mieux comprendre les difficultés rencontrées par ce type d'enfant. Je pense notamment aux enseignants. 

Mais je ne peux pas m'empêcher de me mettre à la place des parents d'Eddy dont l'histoire et la vie intime sont dévoilées, décortiquées et analysées sans complaisance par leur propre fils. Eddy aurait peut-être dû attendre quelques années avant d'écrire cette autobiographie. Avec un peu de recul, il aurait peut-être dépassé le rejet de son milieu d'origine et présenté un récit plus apaisé, moins traumatisant pour sa famille, moins violent. Comment gèrera-t'il dans le temps, le séisme familial qu'il a créé et que les médias ont relayé plus que largement ? 

Un autre point m'a dérangée. Les difficultés rencontrées par Eddy sont en grande partie liées à son orientation sexuelle. Or, l'homophobie n'est pas l'apanage des milieux défavorisés, ce que son récit pourrait laisser supposer. L'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs.

Quelques mots sur la version audio : Le lecteur a su trouver le juste ton et adapter sa voix aux deux registres de langues utilisées par l'auteur (celle de son milieu d'origine et celle qu'il utilise aujourd'hui). Une interview de l'auteur constitue un bonus très appréciable.

Un texte qui ne peut laisser indifférent, qui soulève beaucoup de questions et se lit sous plusieurs angles différents.

L'avis de Enna (sur la version audio également)

Les avis de Violette - Sous les galets - Luocine (sur la version papier)

Une interview intéressante d'Edouard Louis par Télérama

photo (15)

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 23:02

Editions Baker Street - Traduit de l'américain par Zohreh Gharemani - 371 pages

Ce roman nous plonge dans les années 1960, en Iran. Le Chah Mohammad Rez Pahlavi est au pouvoir et gare à celui qui osera contester sa politique, la police secrète du Chah ne laisse rien passer. 

La jeune narratrice, Roja, vit dans une riche famille qui ferme les yeux sur les dérives autoritaires du régime. Au lycée, Roja se lie d'amitié avec une jeune fille d'un milieu plus modeste "Shirine". Cette dernière lui ouvre les yeux sur la réalité de leur pays, où la libre expression n'existe pas.

Les années passent, Shirine se marie et prend ses distances avec son amie. Roja comprendra plus tard que c'est pour la protéger car elle fréquente les milieux contestataires. Un jour Shirine est arrêtée. Roja n'hésite pas à prendre des risques pour tenter de sauver son amie...

Cette histoire a pour principal intérêt de faire découvrir la vie quotidienne en Iran durant cette période trouble qui précéda la révolution islamique. L'histoire est racontée du point de vue de Roja. Il aurait été intéressant d'entendre également la voix de Shririne, qui reste en retrait. J'aurais bien aimé également en savoir un peu plus sur les tenants et aboutissants du mouvement contestataire qu'elle fréquente.

Une lecture agréable mais j'aurais aimé que l'auteur développe davantage les aspects politiques plutôt que l'histoire d'amitié, qui s'oublie vite.

J'ai partagé cette lecture commune avec Valérie. Allons voir ce qu'elle en pense...

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 23:22

Les Hauts de Hurlevent-livre audio

Editions Thélème - Lu par Mélodie Richard - 14 h 30

"Les hauts de hurlevent", sorti en 1847, est le seul roman publié par Emily Brontê. Il me semblait l'avoir déjà lu adolescente, mais je ne le jurerai pas car je n'en garde aucun souvenir. L'histoire est racontée principalement par la fidèle domestique de la famille, Nelly Dean. Cette dernière travaillait déjà pour la famille dont il est question dans ce roman, quand tout a commencé...

Un jour, le père Earnshaw revient de voyage accompagné d'un jeune bohémien abandonné par les siens et décide de lui donner une éducation. Les deux enfants de la famille, Catherine et Hindley réagissent différemment. Catherine se montre immédiatement fascinée par ce curieux garçon nommé Heathcliff, alors que son frère le prend en grippe. A la mort du père, Hindley prend assez rapidement sa succession et ne tarde pas à rétrograder Heathcliff au rang de domestique. Ce dernier, fou de rage, ronge son frein en se promettant se venger un jour. Catherine et Heathcliff restent très proches et leur relation évolue au fil des années vers un amour aussi fusionnel que destructeur. Ils savent tous deux qu'ils n'ont aucun avenir ensemble mais Heathcliff réagit très mal quand Catherine se marie avec un riche voisin, Edgar Linton. Les deux familles, Linton et Earnshaw, sont désormais liées pour le meilleur et surtout pour le pire...

Mon dieu ce que cette histoire est noire et désespérée ! Le seul personnage auquel on puisse s'attacher est celui de la domestique, témoin bienveillant de l'histoire. Les autres sont névrosés, maladifs ou foncièrement mauvais. Le personnage central, Heathcliff, n'a certes pas eu de chance, et on voudrait l'aimer, mais rien en lui n'éveille la compassion. Il ne cherche qu'à se venger et met dans le même sac ceux qui lui ont fait du mal et leurs descendants, qui n'y sont pour rien. Quant à Catherine, elle est bien trop névrosée pour qu'on parvienne à l'aimer. Les seuls qui inspirent un peu de sympathie, dans cette famille, sont les descendants, que l'on sent évoluer doucement vers un peu plus d'humanité.

Je suis passée par plusieurs stades en écoutant ce livre : Un intérêt certain en découvrant les personnages et la mise en place de l'histoire puis une lassitude face à tant de noirceur, de méchanceté et de malheur. Et, pour finir, le soulagement de voir les choses s'arranger (enfin, s'arranger, si on peut dire) à la fin du livre. Je garderai un meilleur souvenir de "Jane Eyre", écouté l'an passé et pour lequel j'avais eu un coup de coeur. J'ai trouvé cette écoute un peu trop longue et globalement assez oppressante, bien que la voix de Mélodie Richard soit très agréable. Je ne regrette pas, toutefois, d'avoir entrepris cette lecture car c'est un classique qui mérite d'être connu, notamment pour ses qualités d'écriture et pour l'originalité de l'histoire. 

Après celle de Charlotte et d'Emily, il me reste maintenant l'écriture d'Anne à découvrir...

Une lecture commune avec Enna, qui l'a écouté, tout comme moi...

Merci à Claire pour le prêt !


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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:01

L'Elixir d'amour

Albin Michel - mai 2014 - 156 pages

Adam et Louise se sont aimés puis ils se sont séparés. L'un vit désormais à Paris, l'autre à Montréal. Entre eux s'engage une conversation épistolaire, initiée par Adam, qui voudrait faire de son ex-compagne une amie. Réticente dans un premier temps par l'idée de cette amitié forcée, Louise se laisse convaincre. Dans leur correspondance, il est principalement question d'amour. Celui qui fut le leur et celui qu'ils vivent désormais, chacun de leur côté. Adam, très sûr de lui, pense qu'on peut provoquer l'amour. Il entreprend de mettre en pratique sa théorie, se comportant en Dom Juan avec l'une de ses patientes, tout en relatant à Louise le cheminement de sa relation.

J'ai retrouvé avec plaisir la plume d'E.E Schmitt dans ce court roman épistolaire qui propose une réflexion sur l'amour et sur les relations de couple. Il est question notamment de l'infidélité, vécue différemment par l'homme et la femme. Adam avance que l'homme, capable de dissocier le sexe de l'affect, n'a pas forcément l'impression de trahir sa femme en la trompant. La femme, plus romantique, ne comprend pas cette position. Adam et Louise se sont séparés parce que cette dernière n'entendait pas laisser à son compagnon la liberté qu'il aurait aimé s'octroyer. Libre désormais, il compte bien s'en donner à coeur joie...

L'ouvrage se lit en moins de deux heures et s'apparente plus à une nouvelle qu'à un roman, y compris dans la construction. J'ai bien aimé me laisser embarquer dans ce dialogue assez piquant, qui réserve une fin inattendue et assez jubilatoire. C'est un histoire qui suscite une réflexion mais que j'ai plutôt lue comme un divertissement. La réflexion est venue par la suite, en rédigeant le billet puis en échangeant avec Valérie, avec qui je partage une lecture commune. Hélas, je ne peux pas en dire plus sous peine de gâcher l'effet de surprise pour ceux qui voudraient le lire.

J'ai bien aimé !

L'avis de Valérie

Le billet (très littéraire et non moins intéressant) de Caroline


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