Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Chers visiteurs, bonjour !

Vous êtes sur le blog d'une lectrice passionnée qui aime partager ses lectures. N'hésitez pas à laisser un commentaire, que vous soyez vous-même blogueur ou pas. Vous pouvez aussi me contacter : sylir@orange.fr  ou aller faire un tour sur ma page Facebook : ici

 

Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 14:16

Arléa - janvier 2020 - 223 pages

"Ne quittez pas" est un recueil de quarante nouvelles.  L'autrice s'est amusée à recenser des tranches de la vie quotidienne en lien avec le téléphone.  Certaines sont actuelles, d'autres en rapport avec un passé révolu. L'usage du téléphone a évolué dans le temps. Aujourd'hui, les mails, SMS, messageries instantanées... remplacent partiellement le téléphone. Il n'en est pas question ici et, si dans quelques scénettes nous croisons un téléphone portable, c'est le téléphone "traditionnel" qui est mis en avant.

A plusieurs occasions, j'ai replongé dans mes souvenirs. Un chapitre est par exemple consacré aux cabines téléphoniques. Je me suis souvenue que je les utilisais surtout  pour appeler mes parents quand j'étais au lycée puis étudiante à 200 kilomètres de chez moi. J'appelais aussi mon amoureux du moment.... Marie Sizun nous fait remarquer le côté confidentiel qu'avaient ces lieux, les conversations restaient secrètes.  Aujourd'hui, les gens marchent dans la rue (enfin quand je dis aujourd'hui ... hier, avant le coronavirus !), suspendus à leur téléphones portables, sans prêter attention aux oreilles indiscrètes.

Le téléphone est un moyen d'annoncer un événement marquant. Nous nous  souvenons précisément du lieu où nous nous trouvions quand l'annonce de la mort d'un proche nous a été faite par téléphone. C'est le thème du chapitre "Mort par téléphone". 

Marie Sizun a recensé tous les petits agacements qui font le charme du téléphone : l'erreur de numéro, les quiproquos, la ligne brouillée, le "pas de réseau" mais aussi quand il n'y a personne au bout du fil...

L'ouvrage n'est pas à lire d'une traite. Il est préférable de picorer une histoire par ci, par là. C'est ce que j'ai fait et des souvenirs me sont revenus, en écho aux anecdotes et histoires relatées par Marie Sizun.

Billet écrit avant le coronavirus  (non publié) et complété ce jour.... 

Le téléphone joue un rôle primordial en cette période de confinement. Je pense notamment  aux personnes âgées qui se trouvent isolées physiquement de leur famille. 

Alors, prenez soin de vous et appelez ceux que vous aimez !

Partager cet article
Repost0
18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 00:44

Editions 10-18 - 215 pages

Publié en 1970 en USA et en 1994 en France (C. Bourgeois) - Traduit par Jean Guiloineau

 

Toni Morrison est née dans l'Ohio le 18 février 1931 et morte à New York en 2019. Romancière, elle a été également essayiste, critique littéraire, dramaturge, librettiste, professeure de littérature et éditrice. Elle a obtenu de nombreux prix (comme le prix Pulitzer en 1988 et le prix Nobel de littérature en 1993).

Aujourd'hui, elle aurait fêté ses 89 ans. Un hommage lui est rendu dans le cadre du challenge "African-Americain History Month" organisé par Enna.

"L'oeil le plus bleu" est un roman que j'ai pioché dans ma Pile à Lire. Il s'agit du premier roman écrit par Toni Morrison. Cet ouvrage marque le début d'une oeuvre engagée dans laquelle l'autrice n'a cessé de porter la voix des noirs américains. Le roman a été écrit à la fin des années 60 mais l'histoire se passe dans les années 40. Nous suivons, sur une année, une fillette noire issue d'une famille où règne la misère. Nous savons, dès le début, que la jeune Pecola, âgée de douze ans, va mettre au monde un enfant né d'un inceste. Nous découvrons l'histoire de sa famille et leur vie quotidienne, marquée par la violence et la pauvreté. La narratrice est une autre petite fille noire, issue d'une famille plus structurée et moins pauvre mais victime néanmoins de la ségrégation.

Il serait indécent de juger la famille de Pecola. On ne peut même pas jeter la pierre au père, qui pourtant va commettre l'irréparable, tant sa propre histoire est terrible. Toni Morrison nous montre comment la pauvreté et le racisme ne peuvent conduire qu'à la violence. Pecola est sale, pas très jolie, mal habillée. Elle rêve d'avoir les yeux bleus comme les jolies petites filles blanches qui n'ont pour elle que du mépris. Ce qui va lui arriver est injuste et inhumain, à l'image de la condition des femmes noires à cette époque. 

"Les femmes blanches leur disaient : "Fais ça." Les enfants blancs leur disaient : "viens ici." Les hommes noirs leur disaient : "Allonge-toi." Les seuls dont elles n'avaient pas besoin de recevoir des insultes étaient les enfants noirs et les autres femmes noires."

Je mettrai un bémol pour la narration, un peu déconcertante. Le déroulement des faits ne suit pas l'ordre chronologique et les transitions entre les différents personnages ne sont pas faciles à identifier. C'est une lecture qui demande donc un petit effort d'attention et une certaine concentration.

En dépit de ce bémol, c'est un roman que je conseille. 

 

L'objectif PAL, c'est chez Antigone

 

Challenge 50 romans, 50 états

 

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 00:56

Futuropolis - nov 201) - 157 pages

J'ai choisi cette BD car je l'avais repérée sur un blog. Le contexte du roman, à savoir la réunification des deux Allemagne, est un sujet qui m'intéresse beaucoup. J'ai étudié l'Allemand au lycée (avant 90) et j'aimais beaucoup étudier des textes qui évoquaient la civilisation et l'histoire contemporaine de l'Allemagne. 

Nous suivons, dans son quotidien, une jeune rameuse de l'Ouest prénommée Wiebke. Le sport occupe une grande partie de son temps mais ce n'est pas vraiment une passion. Elle suit sa sœur aînée, douée pour l'aviron. Au bout d'un certain temps, les deux sœurs ne rament plus ensemble. La nouvelle partenaire de Wiebke est une jeune fille "anciennement de l'Est". Nous sommes dans les années 90. La réunification vient tout juste d'avoir lieu et ne se fait pas sans peine. Après une si longue séparation, il n'est pas aisé de ne faire qu'un, du jour au lendemain. Les divergences entre l'Est et l'Ouest se retrouvent aussi dans le sport. L’Allemagne de l'Est (comme tous les pays de l'Est) avait une culture sportive très développée. Il n'en est pas de même pour l'Allemagne de l'Ouest, plus "cool" dans les entraînements.

Si le sport intéresse la jeune femme, le sujet des garçons occupe également son esprit. Nous suivons les aventures amoureuses et sexuelles de Wiebke que j'ai trouvé assez libérée pour l'époque, notamment dans la façon d'évoquer le sujet avec ses parents.

Quelques planches sont strictement documentaires afin de nous donner quelques éléments de compréhension des thèmes évoques. Les planches qui traitent de la technique de l'aviron ne m'ont pas particulièrement passionnée, je l'avoue, contrairement à celles qui traitent de la réunification allemande.

J'ai beaucoup aimé l'esthétique de la BD, très soignée. Le noir et blanc prime sur la couleur mais sans austérité. Le trait est précis, les visages expressifs. Dans les bulles, la taille des caractères aurait peut-être pu être un peu plus grande.

Bien que je ne sois pas une grande sportive, j'ai bien aimé suivre les entraînements et le championnat du monde, dernier épisode de ce roman graphique. Je dois dire toutefois que ce sont les aspects culturels et historiques qui m'ont intéressée le plus.

Une BD assez originale. Je conseille !

L'avis d'Antigone

Lu dans le cadre d'une opération Masse Critique de Babelio

La BD du mercredi c'est chez Noukette

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 20:50

Audiolib (Grasset 2001) - octobre 2019 - lu par l'auteure - 3 h 47 H

"Elle se sentait de mieux en mieux, plus légère, plus pure aussi. Elle devenait plus forte que la faim, plus forte que le besoin. Plus elle maigrissait, plus elle recherchait cette sensation pour mieux la dominer. A ce prix seulement elle parvenait à une forme de soulagement, d'apaisement."

"Jours sans faim" est un texte très intime que Delphine de Vigan a fait paraître en 2001 sous un pseudo. Il ne s'agit pas d'un roman mais d'un récit assez sobre dans lequel elle raconte un épisode pénible et douloureux de sa vie. L'autrice a été hospitalisée alors qu'elle était adolescente pour une anorexie à un stade qui la mettait en danger de mort. Elle ne s'étend pas sur les causes de cette anorexie mais sur les conséquences physiques de la maladie. 

Pour avoir flirté avec l'anorexie dans ma jeunesse, je sais ce qu'est l'addiction au jeune et l'euphorie qu'elle procure. J'étais au début de l'engrenage quand une amie m'a ouvert les yeux. J'ai pu faire marche arrière sans trop de difficultés. Delphine de Vigan n'a eu cette possibilité. Elle était à un state de la maladie tellement avancé, qu'il lui était impossible de s'en sortir sans l'aide du corps médical. 

"En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l'insomnie qui accompagne la faim qu'on ne sait plus reconnaître. Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre ou mourir".

L'autrice décrit son corps décharné et sans force. Elle raconte les longues semaines à l’hôpital, les efforts surhumains qu'elle a dû déployer pour reprendre quelques grammes puis quelques kilos.  Elle évoque le regard des autres, leurs remarques déplacées parce qu'ils ne connaissent pas l'anorexie. Elle raconte la relation avec le médecin qui lui a sauvé la vie, sa patience, sa gentillesse.

"Jours sans faim", à la limite du documentaire, est lu par l'autrice elle-même. Ce n'est pas l'ouvrage de Delphine de Vigan que je préfère mais c'est une pièce importante de son oeuvre. Il est intéressant de lire ce récit, que l'on peut qualifier d'initiatique, en complément de "Rien ne s'oppose à la nuit", dans lequel l'autrice évoque les relations avec sa mère.

Un témoignage a mettre entre les mains des adolescentes et de leur parents.

 

Challenge "Ecoutons un livre"

 

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 08:49

Boréal compact - 248 pages

C'est l'histoire d'une famille qui habite l'île de la petite poule d'eau, située dans une région sauvage et reculée du Manitoba, au nord de Winnipeg.

Les enfants Tousignant ne connaissent pas l'école jusqu'à ce que Luzina, leur mère, ait l'idée de demander au gouvernement  une institutrice pour sa famille nombreuse (7 enfants en âge d'être scolarisés). La réponse est positive et trois étés de suite, les enfants de la petite poule d'eau auront un enseignant à leur disposition. Nous assistons à la fabrication de l'école, à l'accueil des trois enseignants qui se succéderont et à leur cohabitation avec la famille. Très sociable et désireuse d'éduquer ses enfants, Luzina est aux anges. Par la suite, pour continuer à apprendre, les enfants devront quitter l'île. Pour Luzina ce sera à la fois un déchirement et une grande fierté.

J'ai lu ce livre dans sa version papier, il y a une douzaine d'années. Quand j'ai vu que le titre était proposé en version audio sur le site de Radio-Canada, j'ai eu envie de le découvrir de nouveau et je dois dire que j'ai apprécié ma lecture tout autant que la première fois. Il faut dire que l'accent québécois apporte un plus à la version papier, nous mettant dans l'ambiance. L'interprétation est très réussie.

Comme la première fois, j'ai adoré imaginer la petite île verdoyante en pleine nature avec ses poules d'eau et ses moutons. Je me suis prise d'affection pour Luzina, si bienveillante et si gaie. Peut-être parce que je suis maintenant dans la tranche d'âge où les enfants ne sont plus à la maison, j'ai été plus sensible au le syndrome du nid vide qui gagne Luzina, même si je le gère plutôt bien.

Certains éléments de l'histoire sont autobiographiques. En effet, toute jeune institutrice, Gabrielle Roy a été nommée pour un été dans cette région reculée du Manitoba. Elle n'a pas eu la chance d'y côtoyer Luzina. A l'inverse, elle garde le souvenir de s'y être ennuyée à mourir. Son seul réconfort était la présence des enfants et l'observation des paysages magnifiques de la région.

Gabrielle Roy

Dans une dernière partie, quasi déconnectée de la première, Gabrielle Roy évoque un autre personnage, l’ecclésiastique qui rend visite à la famille de Luzina une fois par an. J'aurais préféré que cette partie soit intégrée différemment au récit. Ce sera mon bémol.

On pourrait trouver l'histoire mièvre mais ce n'est pas ainsi que je l'ai perçue. J'ai apprécié de lire un roman fort bien écrit qui prône la bienveillance dans les rapports humains. 

J'ai téléchargé ce livre audio (gratuitement) sur le site de Ici.Radio-Canada

Une bien jolie lecture, que je partage avec Enna (allons voir son avis).

En novembre, c'est le mois québécois sur les blogs, animé par Yueyin et Karine.

challenge "Écoutons un livre"

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 23:30

Lizzie (Presse de la cité) - 8 h 58 - Lu par Taric Mehani

Dans un quartier plutôt chic, un jeune couple sans histoires (du moins en apparence) va se trouve plongé dans un terrible cauchemar. Leur bébé va disparaître de son lit alors qu'ils passent la soirée chez leurs voisins mitoyens. Les soupçons se portent assez vite sur les parents, déjà accablés par le fait d'avoir été quelque peu "légers" la veille au soir. Certes, il y avait un baby-phone et ils passaient voir le bébé toutes les demi-heures mais le couple a tout de même laissé le bébé seul, Anne a trop bu et Marco s'est intéressé d'un peu trop près aux courbes de la voisine. 

Abattus et rongés par la culpabilité, Anne et Marco restent tout de même solidaires. L'un et l'autre sont des coupables potentiels aux yeux des enquêteurs mais ils ne se s'accusent pas mutuellement. Il nous faudra attendre la toute fin pour connaitre la vérité sur l'affaire. Avant cela, plusieurs pistes seront explorées, certaines menant vers des impasses, comme il se doit dans ce genre de romans.

Cet ouvrage ne me laissera pas un souvenir impérissable. L'intrigue, alambiquée, n'est pas très crédible et les multiples rebondissements ont fini par me lasser. Du côté de l'interprétation, je n'ai aucun reproche à formuler.

Un livre audio qui s'écoute sans effort et s'oublie très vite...

Une lecture commune avec Enna. Allons voir son avis !

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

challenge "Écoutons un livre"

 

Partager cet article
Repost0
21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 11:29

Sous titre : les carnets de May Dodd

Pocket - 502 pages - traduit de l'anglais (américain) par Jean-Luc Piningre

Plusieurs fois, j'ai entendu : "comment ? Tu n'as pas lu "Mille femmes blanches" ? Mais c'est un roman absolument incontournable ! ". J'avais donc ce titre dans ma liste d'ouvrages à lire prioritairement.  Il a un an, je l'ai trouvé dans une boite à livres mais il a attendu la perspective du mois américain pour que je me décide à l'ouvrir.

Jim Fergus nous plonge en 1874, à Washington. Un chef indien dénommé Little Worf propose au président des Etats Unis de lui fournir mille femmes blanches contre des chevaux et des bisons. Le président, aussi hallucinante que paraisse la proposition, accepte ! Un appel à candidatures est lancé auprès de femmes qui peuvent avoir un intérêt à accepter la proposition (femmes incarcérées ou enfermées dans des asiles, prostituées...). L'objectif annoncé de la mission est de favoriser les relations entre Blancs et Indiens.

Attention (petit) spoiler :  

A partir de ce fait historique, Jim Fergus imagine les carnets d'une de ces femmes, May Dodd. On ne sait pas, en débutant ce roman que les carnets sont imaginaires mais à l'heure d'internet, quand on lit un roman qui se base sur les faits historiques, on est amené rapidement à vérifier ce qui relève de la fiction et ce qui relève de la réalité, ce que je me suis empressée de faire.

May Dodd est l'une des jeunes femmes qui a fait le choix de rejoindre les indiens. May voit dans ce projet, l'opportunité de quitter l'hôpital psychiatrique dans lequel ses parents l'ont placée de force pour "déviance sexuelle". En réalité, la jeune femme est tombée amoureuse d'un employé de son père et s'est installée avec lui contre l'avis de sa famille. Le couple a eu deux enfants, qu'on lui a retirés.

May Dodd est une femme de caractère, aventurière et particulièrement jolie. Il n'est donc pas étonnant qu'elle ait "tapé à l'oeil" du chef "Little Worf" dont elle va devenir l'épouse. May s'adapte plutôt bien à la vie avec les cheyennes, acceptant de laisser derrière elle le confort matériel et d'adopter les us et coutumes de cette population. Pour autant, elle ne veut pas "perdre son âme". Elle parvient donc à négocier avec son époux, ouvert et tolérant, quelques entorses aux pratiques de la communauté.

L'existence de ces femmes blanches parmi les cheyennes n'est pas idyllique. Tous les maris ne sont pas aussi parfaits que celui de May et toutes les femmes n'ont pas la capacité d'adaptation de cette dernière. La vie est rude pour (même pour May) et toutes sont confrontées à des actes de barbarie, à l'alcoolisme et à l'insécurité provenant des rivalités entre tribus. Elles vont prendre conscience de l'injustice que vivent ces peuples, arrachés de leur terre par des hommes blancs, cupides et condescendants.

C'est un roman original, intéressant d'un point de vue historique et ethnologique. Jim Fergus a fait des recherches pour retranscrire au plus près la vie de la population cheyenne. Cela dit, il n'est pas facile de distinguer le réel et la fiction (les recherches sur le net ne m'ont pas satisfaites complètement). Ce sera mon petit bémol.

Une belle et intéressante lecture.

Comment cela, vous ne l'avez pas encore lu ?

Lu dans le cadre du mois américain - Chez Titine
Un livre de moins dans ma PAL (challenge organisé par Antigone).

 

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 05:15

Editions Stéphane Marsan - 214 pages - traduit du russe par Raphaëlle Pache

J'ai découvert les Editions Stéphane Marsan l'an passé avec L'oiseau captif", un très beau roman qui n'a pas fait beaucoup de bruit mais a enchanté ceux qui l'ont lu. Quand l'occasion s'est présentée de lire un autre roman de cette maison d'édition, je n'ai pas hésité et je m'en félicite (bien que, cette fois, je ne sois pas allée jusqu'au coup de cœur).  

Avec "F20", nous sommes plongés dans la vie quotidienne d'une famille moscovite. La narratrice a été reconnue schizophrène par le corps médical après que sa sœur aînée ait reçu le même diagnostic quelques temps auparavant. Rapidement, nous constatons que cette famille est atypique et dysfonctionnelle. La mère de famille est immature et névrosée. Le père, aux abonnés absents, à laissé la place à un beau-père marginal et alcoolique. Les deux sœurs schizophrènes ne bénéficient pas d'un contexte idéal pour la prise en charge de leur maladie. Elles multiplient les expériences scabreuses, s'auto-médicamentent et tentent de grandir dans un univers alcoolisé et malsain.

La lecture aurait pu être pesante, vu le contexte, mais il n'en est rien.  F 20 se lit aisément et le ton est assez léger. Youlia, la narratrice, est une jeune fille intelligente et lucide (sauf durant les crises délirantes). C'est la seule personne vraiment censée de la famille. En dépit de sa maladie, elle a les pieds sur terre. Attachante et drôle, elle pratique à merveille l'autodérision. Elle parvient à dédramatiser sa maladie bien que ce soit une vraie galère d'être diagnostiqué "F20" en Russie.

« Je n’ai pas d’avenir. Tout ce que la schizophrénie a à me proposer, je le connais déjà.
Je ne rencontrerai jamais d’homme, je n’aimerai personne, je n’aurai pas d’enfants.
Dans le meilleur des cas, j’adopterai un doberman. Puis mon doberman crèvera.
Voilà ce qui m’attend.
»

Un roman intéressant, qui permet d'aller à la rencontre de la littérature russe contemporaine et de porter un regard différent sur la maladie mentale.

A noter que ce roman a obtenu le National Bestseller Prize 2017 en Russie.

4/6

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 23:47

 

Lizzie (Editions R-Jeune adultes) - 2018 - 4 heures - Lu par Alice de Lencquesaing - 4 h

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu Olivier Adam et, cet été, j'ai eu envie de découvrir, en version audio, ce roman publié à l'origine dans une collection pour "jeunes adultes". 

Comme souvent chez Olivier Adam, nous entrons dans l'intimité d'un foyer. Celui-ci vit un cauchemar depuis la disparition de Léa, qui s'est volatilisée alors qu'elle assistait à un festival. Nous remontons le temps et revivons l'arrivée en Bretagne d'une famille parisienne qui a tout plaqué pour s'installer dans une maison de type "vacances". Les parents, lassés d'une vie citadine éreintante, ont entraîné leurs enfants adolescents dans ce changement de vie auquel ils n'adhérent pas. La famille, déjà fragilisée, éclate quand Léa disparaît.

C'est par les yeux du frère de Léa, Antoine, que nous découvrons cette histoire. Olivier Adam parvient à restituer l'état d'esprit de l'adolescent, confronté à un véritable cauchemar. Quand Léa refait surface, miraculeusement, le soulagement est immense mais les difficultés ne sont pas terminées, bien loin de là. Il faut faire face aux médias, qui se montrent irrespectueux envers la famille. Il faut aussi aider Léa à retrouver sa place dans la famille après une longue absence et une expérience traumatisante dont elle ne veut pas parler. 

L'analyse psychologique des personnages, notamment des adolescents, est intéressante. L'histoire est prenante et bien menée mais je mettrai un gros bémol sur la fin, peu crédible Du roman psychologique, nous basculons vers le roman noir et c'est vraiment "too much". J'aurais préféré une fin plus sobre, plus en adéquation avec le reste de l'histoire.

Une lecture agréable avec un bémol pour la fin.

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre audio. 

Lu dans le cadre du challenge mensuel "Écoutons un livre"

 

 

Partager cet article
Repost0
19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 23:06

Belfond avril 2019 - 278 pages

"Il faut s'occuper des Tutsi avant qu'ils ne s'occupent de nous"

De retour au printemps 1994, nous suivons parallèlement Rose, une jeune femme Tutsi, et Sacha, une jeune journaliste qui débarque au Rwanda au début du génocide. Le récit de Rose nous est restitué grâce à un carnet dans lequel la jeune femme s'adresse à Daniel, son mari médecin. Daniel, très inquiet pour son épouse restée seule à la maison, va croiser la route de Sacha, la journaliste. Tous vont vivre quelques jours de folie sanglante au terme desquels ils resteront liés à jamais.

L'idée d'écrire ce roman est venu à Yoan Smadja après qu'un enfant de neuf ans lui ait demandé s'il y avait eu "d’autres Shoah que la Shoah" . Yoan Smadja a pensé immédiatement au Rwanda et s'est rendu sur place afin de mieux comprendre le génocide et de recueillir des témoignages de rwandais. 

Voici le troisième ouvrage que je lis sur le thème du génocide rwandais et chaque fois je suis horrifiée par ce qui s'est passé dans ce pays. Comment peut-on en arriver à massacrer son voisin sans état d'âme et avec un sentiment de totale impunité ? C'est difficile à comprendre et pourtant c'est arrivé de nombreuses fois dans l'histoire et nous ne sommes hélas pas à l'abri que cela recommence.

Sans avoir été totalement conquise par la façon de traiter le sujet (j'aurais peut-être préféré une histoire un peu moins romancée), je ne regrette pas d'avoir lu cet ouvrage bien documenté sur le déroulement des faits, afin de me remémorer ce génocide que l'on on ne doit jamais oublier.

Un ouvrage intéressant et essentiel pour le devoir de mémoire.

 

 

Partager cet article
Repost0