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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 00:40

Gallimard 2016 - 227 pages - août 2016

L'histoire commence par le meurtre de deux enfants par leur nounou. Une scène assez horrible, que j'appréhendais. Elle ne dure heureusement pas trop longtemps. Puis, nous remontons le temps pour comprendre ce qui a bien pu se passer pour que la nounou en arrive là. Nous assistons tout d'abord aux recherches de la perle rare. Elle se présente sous les traits d'une jeune femme blonde qui a de bonnes références et paraît bien sous tous rapports. Très vite, les parents se félicitent de leur choix. Leur nounou, véritable Mary Poppins, est parfaite et suscite l'envie de leurs amis. Il faudra attendre quelques mois avant qu'un malaise ne s'installe et aille crescendo.

Si le rapport employeur-employé est intéressant à analyser dans ce contexte particulier de la garde d'enfant à domicile, j'ai trouvé que l'auteur allait trop loin dans le sensationnel pour que l'histoire soit crédible. Pour tuer deux enfants et se donner la mort ensuite, il faut avoir avoir basculé dans une forme de folie. S'il est très important de ne pas se tromper en choisissant une nounou, je pense pas que le risque le plus important soit d'embaucher une déséquilibrée mentale (surtout quand elle a des références, comme c'est le cas ici). En revanche, il existe un risque de tomber sur une personne qui néglige ou maltraite les enfants parce qu'elle n'est pas faite pour cela. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure dans ce roman.

J'ai vu dans cette histoire une démonstration visant à prouver que les parents ont une responsabilité dans ce qui arrive, parce qu'ils n'ont pas voulu voir que la nounou n'allait pas bien. Il est vrai que la relation n'était pas saine et qu'ils auraient dû se méfier davantage mais quand on a le nez dans le guidon, fatigué et stressé, il est parfois difficile de prendre du recul pour analyser une situation. Les enfants étaient attachés à leur nounou et recruter quelqu'un d'autre, c'était peut-être prendre le risque de tomber sur pire (on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on gagne). Ils ne pouvaient pas, bien entendu, imaginer une telle tragédie. J'ai du mal à leur jeter la pierre et notamment à cette mère qui essaye de mener de front sa carrière professionnelle et la maternité. 

Il y a un autre aspect du roman qui m'a dérangée. L'auteur sous-entend que les parents auraient dû s'intéresser aux conditions de vie de leur employée de maison. Mais quid du respect de la vie privée ? On ne peut pas à la fois leur reprocher d'avoir été trop proche de la nounou et pas assez. Par ailleurs, lorsque l'on a les moyens d'embaucher une nounou à domicile, cette personne a bien souvent un statut social moins élevé que le sien. Une jalousie peut naître de cette situation mais les parents n'y peuvent pas grand chose sauf s'ils ne paient pas leur employée au tarif en vigueur. Je n'ai pas eu l'impression que c'était le cas ici. L'employée faisait largement plus que ce qui lui était demandé mais de sa propre initiative.

C'est un livre prenant, bien construit, très fluide dans la narration. Je lui reconnais beaucoup de qualités littéraires (il n'a pas eu le Goncourt pour rien) mais vous l'avez compris, il m'a dérangée et interpellée. Si je me suis mise dans la peau de ces parents, c'est peut-être parce que je sais à quel point il est difficile de concilier vie familiale et professionnelle quand on a un travail prenant. Je ne considère pas que ces parents soient fautifs mais plutôt qu'ils ont été manipulés et victimes d'une grande malchance. 

Plutôt que de culpabiliser les parents, j'aurais préféré que l'auteure mette en cause notre société qui n'est pas capable d'organiser des modes de gardes adaptés aux cadres et sûrs (de type crèches). Je pense également que les entreprises françaises ne tiennent pas suffisamment compte de la vie de famille de leurs salariés, notamment des cadres. Les scandinaves sont beaucoup mieux organisés que nous, par exemple.

Mon billet est très long, mais le sujet me tient à coeur.

Un roman dérangeant, sans nul doute, mais pas pour les raisons que j'imaginais avant de l'ouvrir. 

Ce roman vient d'obtenir le Prix Goncourt 2016. Bravo à Leila Slimani.

Les avis de mimi - Keisha - Clara - Valerie

Challenge rentrée 2016 11/18

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 23:16
Fayard - Août 2016 - 315 pages - traduit de l'anglais (américain) par Olivier Todd
Fayard - Août 2016 - 315 pages - traduit de l'anglais (américain) par Olivier Todd

L'histoire commence en 1991, à Zagreb. Ana, dix ans, vit paisiblement avec ses parents et sa petite sœur Rahela quand éclate la guerre avec les croates. Les raids aériens s'intensifient de même que l'afflux de réfugiés. Le danger est omniprésent mais les parents d'Ana sont contraints de partir quelques jours en Bosnie avec leurs enfants. La famille doit se résoudre à confier la petite Rahela à une association. Gravement malade, elle doit se faire soigner aux Etats-Unis. Le voyage aller se passe sans encombres mais au retour Ana et ses parents sont pris en embuscade. Ana demeure la seule survivante. Commence alors une lutte pour la survie qui obligera la fillette à prendre les armes.

Le temps a passé. Jeune adulte désormais et vivant aux Etats-Unis dans une famille adoptive, Anna éprouve le besoin, quand survient le 11 septembre, de revenir sur son passé.

Sara Novic a construit son roman en traitant le présent et le passé dans des parties distinctes. Elle ne livre qu'une partie de l'histoire dans la première partie, ce qui maintient un certain suspens sur le devenir de la fillette et de sa petite soeur. Certains épisodes de l'histoire d'Ana, terribles, expliquent le besoin de reconstruction de la fillette. L'auteur montre bien le décalage entre les survivants d'un traumatisme et ceux qui assistent, impuissants, au travail de résilience. C'est un difficile parcours qui nécessite souvent un retour douloureux dans le passé.

Je n'ai pas lu beaucoup de romans sur les guerres qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. J'ai trouvé le sujet bien traité et l'histoire captivante. Je mettrai juste un petit bémol sur le style. Il m'a semblé déceler quelques maladresses dans l'écriture (ou dans la traduction).

Un premier roman intéressant et prometteur.

Merci aux éditions Fayard pour l'envoi.

challenge de la rentrée (7/18)
challenge de la rentrée (7/18)

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 23:47
Stock - août 2015 - 198 pages
Stock - août 2015 - 198 pages

J'aime garder une trace de mes lectures mais je ne parviens pas toujours à rédiger un billet immédiatement après ma lecture. Celle-ci date d'avant l'été et je me suis tout de même décidée à rédiger ce petit article avant de ranger le livre dans ma bibliothèque.

Nous sommes dans les années 70. Le jeune Olivio et sa mère ont fui la dictature de Salazar après l'assassinat du père du jeune garçon, qui s'opposait au régime en place. Le cœur lourd, la jeune femme fait de gros efforts pour s'intégrer en France, où des amis l'hébergent avec son fils. La solitude lui pesant, elle se lie avec Max, un rapatrié d'Algérie.

Olivio ne trouve pas son compte avec ce beau-père qui ne fait aucun effort pour le mettre à l'aise et qui de surcroît se montre raciste et obtus. Par réaction, Olivio se lie avec Ahmed, un immigré algérien de son âge qui porte en lui une violence qui fascine Olivio tout en lui faisant peur.

Roman d'apprentissage avant tout, ce roman traite également de la difficulté de s'intégrer quand on porte en soi les stigmates de l'exil. Je n'avais jamais lu de romans évoquant la dictature de Salazar, j'ai donc particulièrement apprécié la partie se déroulant au Portugal.

Ce n'est pas mon roman préféré de l'auteure mais "Nous serons des héros" ne m'a pas déçue.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 23:30
Audible 2015 - Lu par Pierre Tissot - 2 h 06
Audible 2015 - Lu par Pierre Tissot - 2 h 06

Prends un joint, trésor, et surtout ne te fatigue pas à le faire passer. J'ai horreur de ces baveux chipotages en commun ! Quitte à être dégénérée, autant le faire comme une lady, tu ne crois pas ?

Cet été, j'ai écouté en format audio le premier tome des fameuses "Chroniques de San Francisco" dont j'entends parler depuis si longtemps. Mon écoute a été fragmentée mais je n'ai pas trop perdu le fil car le roman se présente sous la forme de courtes chroniques.

De nombreux personnages plus ou moins déjantés et attachants évoluent dans l'entourage de Madame Madrigal, qui tient une sorte de pension de famille à San Francisco. Le roman commence par l'arrivée chez cette Madame Madrigal de Mary Ann, une jeune fille assez réservée qui a quelques difficultés à se fondre dans l'ambiance de la ville. Nous sommes dans les années 70, en pleine révolution culturelle.

Après une période d'adaptation, Mary Ann finit par se lâcher. Nous suivons ses aventures ainsi que celles des autres personnages de la pension, on ne s'ennuie pas une seconde.

C'est un roman assez jubilatoire, qui brosse le tableau d'une époque joyeuse et décomplexée "les seventies". A découvrir si ce n'est déjà fait.

Je remercie l'amie qui m'a prêté ce livre.

C'est le mois américain (organisé par Titine)
C'est le mois américain (organisé par Titine)

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 23:09
Phlippe Rey - sept 2016 - 472 pages - traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle D. Phlilippe
Phlippe Rey - sept 2016 - 472 pages - traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle D. Phlilippe

Joyce Maynard est l'un des auteurs étrangers dont je guette avec gourmandise les parutions. J'ai lu quasiment tous ses romans publiés en France avec une préférence pour son autobiographie "Et devant moi le monde", que j'ai dévorée. Son thème de prédilection est l'adolescence, qu'elle ne se lasse pas d'explorer sous différents angles.

Dans "Les règles d'usage", la romancière a choisi comme personnage principal une adolescente qui vit à New York dans une famille recomposée. La jeune Wendy mène une existence plutôt heureuse, si ce n'est qu'elle aimerait voir plus souvent son père, qui vit en Californie. Le 11 septembre 2001, la mère de l'adolescente se trouve dans une des tours du Word Trade Center. La romancière raconte la terrible attente de la famille, qui durera plusieurs semaines car le corps de la mère de Wendy ne sera jamais retrouvé.

La seconde partie du livre raconte la reconstruction de la jeune fille, qui vit désormais en Califormie. Grâce à la grande liberté de mouvements que lui laisse son père, la jeune fille fait toutes sortes de rencontres qui vont la sortir peu à peu de son chagrin. Cette seconde partie s'apparente à un roman initiatique. Joyce Maynard nous présente une galerie de personnages secondaires aux destinées tortueuses. Le choix sera laissé à Wendy de retourner à New York avec son beau-père et son petit frère ou de rester en Californie avec son père. C'est le petit suspense du roman.

L'objectif de Joyce Maynard n'était pas d'offrir à ses lecteurs un roman palpitant mais de se mettre dans la peau d'une adolescente qui perdu un être cher dans des conditions traumatisantes. Le résultat est concluant, j'ai aimé cette immersion dans une famille recomposée mais je dois avouer que j'ai déploré quelques longueurs, notamment quand la jeune fille se remémore les moments passés en compagnie de sa mère .Ces digressions ont leur importance mais traînent un peu en longueur et ralentissent le rythme du récit.

Quoi qu'il en soit, c'est une lecture que les inconditionnels de Joyce Maynard apprécieront. On y retrouve tous les ingrédients des romans précédents. A quand le prochain ?

L'avis de Laure

Je remercie l'Agence Anne et Arnaud.

Lu dans le cadre du mois américain (Lecture commune autour de Joyce Maynard)
Lu dans le cadre du mois américain (Lecture commune autour de Joyce Maynard)

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challenge de la rentrée (4/18)
challenge de la rentrée (4/18)

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 23:16
XO éditions - 307 pages - mai 2016
XO éditions - 307 pages - mai 2016

J'ai beaucoup écouté Renaud pendant mon adolescence, mon frère était un fan absolu du chanteur (il l'est toujours autant !). Même si je ne suis pas aussi "mordue" que mon frère, j'aime bien ses chansons, notamment les plus nostalgiques comme "Mistral gagnant". C'est pourquoi j'ai accepté l'offre qui m'était faite de lire cette autobiographie.

L'auteur nous raconte son enfance auprès de parents aimants qui lui donnent une éducation "comme il faut". Leurs relations se dégradent à l'adolescence, ils ne comprennent pas les choix de leur fils. Son père avait l'étoffe d'un écrivain, il sera "le père de Renaud", son cancre de fils lui volant la vedette. Renaud en restera très affecté.

Sa vie, en dents de scie, alterne les moments heureux et les périodes de désespoir. Il n'assume pas de gagner de l'argent et le succès lui fait peur. Il trouve refuge dans l'alcool et finira par se retrouver seul, poussant à bout ses compagnes successives. Il raconte sa descente aux enfer et nous comprenons mieux comment et pourquoi il a sombré, jusqu'à renaître de ses cendres (en espérant que cette fois-ci soit la bonne).

J'ai particulièrement aimé l'évocation de ses débuts, dans les années 60 : Mai 68, le café de la gare, les premiers succès, Dominique (l'amour de sa vie). C'est toute une époque que nous traversons à travers son récit.

J'ai trouvé intéressant de découvrir la genèse de ses chansons, qui retracent les périodes de sa vie (son enfance, son expérience de père, sa révolte face à l'injustice sociale...). J'ai bien aimé le récit de son expérience d'acteur, auprès de Gérard Depardieu, dans "Germinal". Un rôle qui lui va comme un gant au point qu'il finit par faire son "Etienne Lantier", œuvrant pour défendre les intérêts du personnel employé sur le tournage.

Ce n'est pas un ouvrage de littérature mais un récit touchant, simplement écrit.

Les avis de Saxaoul - Canel

Je remercie les éditions XO

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 23:00
(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire - Stéphanie Pélerin

Fayard (collection Mazarine) - 197 pages - juin 2016

On croise beaucoup cette couverture ces temps-ci sur les blogs et pour cause : le roman a été écrit par l'une de nos copines blogueuses, Stephie. Ce n'est pas mon genre de lecture habituel mais c'est avec grand plaisir que j'ai fait une exception pour ce titre que j'ai reçu par la poste, gentiment dédicacé par l'auteure.

Voici un petit résumé de l'histoire : Ivana se fait larguer par l'homme avec lequel elle vit depuis plusieurs années. La trentaine, sans enfants, la jeune femme doit reprendre son destin en main. Pour se sentir mieux dans sa peau et perdre ses kilos superflus, elle décide de se donner les moyens. Ni une ni deux, elle s'inscrit aux Weight Watchers et dans une salle de sport puis tente de trouver l'âme sœur sur les sites de rencontres, sans grand succès. Elle se console de ses déconvenues grâce au sextoy offert par une amie compatissante et rêve au bel inconnu qu'elle a heurté en sortant des toilettes d'un café.

Très vite, on s'attache à Ivana qui peut se montrer très coquine tout en étant au fond une grande romantique. Professeur de français, elle est frivole ou intello, selon les circonstances et son humeur du jour. Rien ne la détend davantage qu'une soirée entre copines (vive l'amitié féminine !).

J'ai lu le roman d'une traite, amusée de découvrir les points communs entre Ivana et la pétillante Stéphie. J'ai pensé également à une collègue de travail qui a cumulé quelques expériences décevantes sur les sites de rencontres et m'a fait découvrir un univers assez glauque.

Le ton du roman est léger, humoristique, l'écriture est soignée. On peut faire le rapprochement avec "Le journal de Bridget Jones", que j'ai dévoré il y a vingt ans.

Bravo pour ta nouvelle carrière d'auteure, Stéphie ! (Et qui sait, peut-être aurons nous l'occasion de croiser de nouveau Ivana dans un autre roman ?)

La page Facebook de son livre

Une lecture commune avec Enna (allons voir son avis...)

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 23:54
Quidam Editeur - 260 pages - Avril 2016
Quidam Editeur - 260 pages - Avril 2016

Marguerite n'est pas bien dans sa peau, n'a pas de libido et vit avec un obsédé sexuel qu'elle nourrit et héberge. Elle écrit des piges pour un magazine littéraire et croise un jour, dans les locaux du magazine, un ancien président de la république qui lui demande d'écrire sa biographie. Marguerite, qui ne sait pas dire non, accepte la mission. L'ancien président (savant mélange d'anciens vrais présidents de république) est également obsédé par le sexe. Marguerite, très prude au début du livre va finir par se dévergonder (pas vraiment par plaisir mais de nouveau parce qu'elle ne sait pas dire non). Les deux autres personnages influents du livre sont la mère (elle aussi très portée sur le sexe ) et l'un des amants de cette dernière (un flic qui ne déplaît pas à Marguerite).

Je vous ai présenté rapidement les personnages, il me faut maintenant vous en dire un peu plus sur l'histoire, qui n'est pas simple à résumer. On va dire que le flic (l'amant de la mère) mène une enquête sur une série de magouilles politiques qui se sont soldées par des assassinats. Marguerite, qui recueille les confidences du vieux président libidineux, va trahir quelques secrets qui ne tomberont pas dans l'oreille d'un sourd...

Les personnages sont essentiellement guidés par leurs pulsions, sauf Marguerite, victime plus ou moins consentante de gens qui l'utilisent. Certaines situations sont cocasses et j'ai ri plusieurs fois même si, sans être prude, j'ai trouvé que les personnages étaient un peu trop focalisés sur le sexe. Si je suis prête à accepter l'idée que les hommes de pouvoir se laissent parfois guider par leurs pulsions, j'ose espérer qu'ils ne sont pas tous des DSK en puissance. Concernant les magouilles politiques qui finissent mal, les affaires de type "Boulin" ou "Juge Renaud" sont là pour témoigner qu'Erwan Larher ne fabule pas.

Le ton ironique du portrait suivant m'a un peu surprise pour un auteur qui aime faire du charme aux blogueuses dans les salons du livre : "Elle est aussi seule en littérature qu’en amitié. Elle referme le roman – qui va dérouiller sévère sur son blog si elle trouve l’énergie d’écrire – et se connecte sur Facebook. On dirait qu’il leur arrive à tous des trucs formidables : ils ont plein d’amis, des commentaires sous leurs photos, on partage leurs statuts. Elle a le sentiment fugace de vivre pour de faux". Pour les non-blogueurs, soyez rassurés, les blogueuses (du moins celles que je connais) ont de vrais amis et ne se vengent pas de leurs malheurs en écrivant des billets assassins.

On peut faire le rapprochement entre ce roman d'Erwan Larher et ceux de Virginie Despentes, notamment au niveau du style. La lecture est fluide et l'enquête policière tient en haleine et prend de l'ampleur à la fin du roman. J'ai trouvé l'histoire un peu "too much" mais l'audace de l'auteur m'a vraiment amusée.

Un roman pour le moins décoiffant.

Une lecture commune avec Enna. Nous avons échangé nos impressions durant la lecture et je pense que son billet sera plus sévère que le mien....

Les avis de Keisha - Sabine - Gwenaelle

Marguerite n'aime pas ses fesses - Erwan Larher

Lu dans le cadre d'une opération "Masse Critique" de Babelio

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 23:45
Editions l'Archipel - Mars 2016 - 350 pages
Editions l'Archipel - Mars 2016 - 350 pages

Cette biographie raconte, de façon romancée, l'épisode Bruxellois de Charlotte et Emily Brontë, alors qu'elles étaient âgées respectivement de 25 et 23 ans. Charlotte avait réussi à convaincre le Pasteur Brontë de la nécessité, pour elle et sa sœur, d'améliorer leur français dans l'idée d'ouvrir une école à Haworth, leur village natal (ce qu'elles ne feront pas, finalement).

Les voici donc toutes deux pensionnaires à l'école Héger, à Bruxelles. Ce sont des élèves au statut particulier car elles sont plus âgées que les autres élèves. L’adaptation est très difficile pour Emily, assez sauvage et amoureuse de la nature. Elle a le mal du pays. Charlotte, en revanche, se fait bien à sa nouvelle vie. Elle aime se promener dans les rues de la capitale belge, seule ou accompagnée. Hélas, avant la fin de leur séjour, elles seront contraintes de rentrer en Angleterre car leur tante vient de décéder. Charlotte repartira seule à Bruxelles quelque temps après, comme enseignante et élève. La seconde partie de son séjour ne se passera pas aussi bien que la première...

En effet, ce que je ne vous ai pas encore dit, c'est que Charlotte était tombée amoureuse du mari de la directrice, Constantin Héger. On ne sait pas si cet amour était réciproque mais on peut supposer qu'il n'était pas insensible au charme de Charlotte. C'est en tout cas le parti pris de Jolien Janzing. Ce dont on est certain, c'est que la directrice avait fini par s’apercevoir de l'attirance de Charlotte pour son mari et l'avait contrainte à démissionner. De retour en Angleterre, Charlotte, brisée, avait mis des mois à se reconstruire, envoyant à son "Maître", des lettres désespérées.

Le pensionnat Héger
Le pensionnat Héger

Parallèlement à l'histoire de Charlotte et de Constantin Héger, nous suivons l'idylle du roi Belge de l'époque avec une jeune fille de 16 ans issue de la bourgeoisie. Le parallèle est intéressant. Ce que j'ai aimé également dans ce roman, ce sont les descriptions de la vie des différentes classes sociales et de leur cohabitation, au 19ème siècle, à Bruxelles.

Avec une biographie romancée, il faut accepter, bien-entendu, la subjectivité de l'auteur. Je l'ai fait volontiers mais j'ai ressenti le besoin, une fois le roman terminé, de me documenter pour démêler le vrai du vraisemblable.

C'est une lecture agréable et intéressante pour qui s'intéresse aux soeurs Brontë.

Cette année, les anglais célèbrent le bicentenaire de la naissance de Charlotte Bronte. Je suis ravie de lui rendre avec ce billet, un petit hommage à l'occasion du mois anglais.

Charlotte
Charlotte

Je remercie Les éditions Archipel et l'agence LP conseils

L'amour caché de Charlotte Brontë - Jolien Janzing

Le mois anglais, c'est chez Cryssilda et Lou

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 00:21
Thélème - Lu par Louis ARÈNE - 6 heures
Thélème - Lu par Louis ARÈNE - 6 heures

Ce roman polyphonique donne la parole à quatre personnages : Van (qui s'exprime d'outre tombe), sa femme Lou (qui est responsable de sa mort), leur fille Laure (l'ado dans toute sa splendeur) et une certaine Ulma (l'intruse qui va semer la zizanie dans la famille). Avant de découvrir la lame de fond qui brisera la cellule familiale, nous nous approprions peu à peu le passé de chacun des protagonistes ainsi que les liens qu'ils entretenaient entre eux avant le drame.

La nature de la "lame de fond" a été une vraie surprise pour moi, au point que je suis revenue en arrière pour vérifier que je n'avais pas raté un indice. En dehors de cette découverte, il ne faut pas s'attendre à un suspense insoutenable. Nous ne sommes pas dans le registre du thriller. Ce qui fait l'intérêt du roman, c'est la façon dont sont décris les personnages et leur histoire personnelle. Celle de Van est au coeur de l'intrigue (si l'on peut parler d'intrigue). Né d'un père français aux abonnés absents, il a été élevé par sa mère vietnamienne qui l'a poussé à faire ses études en France. Il est question dans ce livre des rapports familiaux, des non-dits et du manque de communication au sein de la cellule familiale.

L'histoire familiale se reconstitue à la manière d'un puzzle. Les non-dits et le manque de communication sont, comme souvent dans les familles, plus destructeurs que les conflits. Ce n'est pas un coup de coeur mais une écoute plaisante.

Une écoute commune avec Enna

Lame de fond - Lynda Lê (audio)

Lu dans le cadre de "Écoutons un livre", rendez-vous mensuels des audio-lecteurs

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