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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 23:16

 

Gallimard 2008 162 pages

 

J’ai prévu un billet récapitulatif de mes lectures de vacances mais je fais une exception pour ce  livre qui mérite à lui seul un billet :

 

Un extrait :

Fille des môles, des ports que mouillait une fine lumière, légère et vénitienne, des grèves et des chemins vertigineux des proues de l’Armorique, Hélène portait en elle cette tradition et ce legs, elle aimait les rafales, l’air qui cingle, la rudesse de l’élément, le tumulte des vagues à l’approche de la tempête.

 

« Fleurs de tempête », quel joli titre pour ce récit qui raconte une belle histoire d’amour, ou plutôt d’amitié ? je ne sais pas comment définir le lien qui unissait les deux êtres dont il est question ici. Le narrateur a entrepris ce récit peu de temps après la mort celle qui fût son amie pendant plus de vingt ans, Hélène. Pour une raison que l’on devine, leur passion n’était pas charnelle. Ensemble ils aimaient voyager, parler de livres et de musique, refaire le monde. Quand le narrateur a pris connaissance, de la bouche de son amie, du cancer qui rongeait, le ciel lui est tombé sur la tête. Elle occupait tant de place dans son cœur et dans sa vie…  

 

Avec courage et dignité, Hélène s’est battue contre la maladie. Le narrateur l’a accompagnée, en second plan car Hélène avait un mari et une petite fille. La seconde partie du récit raconte la lutte d’Hélène contre le cancer et le désespoir du narrateur de voir son amie dépérir de jour en jour.

 

C’est un très bel hommage, d'une grande délicatesse et écrit dans une langue riche et littéraire. En toile de fond, une Bretagne authentique et sauvage, formidablement bien décrite. Je n’ai pas lu ce livre par hasard, il m’a été conseillé par une amie d’Hélène. Sans doute l’ai-je lu un peu différemment, je n’ignorais pas tout du narrateur et de son amie. 

  Merci Catherine pour ce conseil de lecture, qui date un peu, il me fallait sans doute un peu de temps pour accepter de me plonger dans un récit qui je le savais, me bouleverserait...

 

Philippe Le Guillou raconte une passion platonique entre un écrivain et sa muse.

Crédit photo : http://www.lefigaro.fr/livres/2008/03/06/03005-20080306ARTFIG00490-mon-port-d-attache-c-est-toi-.php

 

   Les avis opposés de : Laure - Bladelor

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 23:40

Editions Zulma - 2010 - traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson - 326 pages

Arnljotur est un jeune homme un peu particulier, d’une candeur et une fraîcheur qui pourraient presque le faire passer un simple d’esprit. Pourtant, il est loin de l’être ! On le trouve même fort intelligent quand on a compris comment il fonctionne. Il vit sa vie comme bon lui semble, en essayant de ne pas faire de mal aux autres car c’est quelqu’un de foncièrement gentil.

 

Secoué par la mort de sa mère dont il était très proche, le jeune homme décide de quitter son père et son frère autiste pour voler de ses propres ailes. Avec dans la poche la photo de la petite fille qu’il a eue « accidentellement » avec une jeune fille, il quitte la région volcanique d’Islande dans laquelle il habite pour se rendre dans un monastère. Les moines qui y vivent cherchent un jardinier capable de mettre de l’ordre dans une roseraie en friche. Il faut préciser que la maman d’Arnljotur lui a transmis la passion des fleurs. Le jeune homme se rend donc au monastère, qui n est pas tout près de son domicile. Une fois installé dans sa nouvelle vie, la maman de la petite Flora Sol reprend contact avec lui. Elle aimerait bien lui confier l’enfant pendant quelques temps…

 

Beaucoup de billets ont déjà été écrits sur « Rosa Candida », tous élogieux (ou presque). Je ne ferai pas exception à la règle. C’est un de ces romans « doudou » que l’on quitte à regret tant les personnages sont attachants. J’ai le sentiment de l’avoir lu trop vite. J’avais tellement hâte de savoir si Arnljotur allait s’en sortir dans son rôle de papa et comment ses relations avec la maman de la petite allaient évoluer, que j’ai tourné les pages à toute vitesse. C’est un roman que je relirai plus tard, pour le plaisir de retrouver les personnages.

 

Un joli conte des temps modernes (ou d’un autre temps ?) au charme indéfinissable

 De nouveau un coup de coeur (j'en distribue beaucoup ces temps-ci )

 

Pour d'autres avis, si nombreux que je renonce à les lister, vous pouvez aller ici.

 

 Lu dans le cadre du Prix Cézam

Affiche_2011.jpg

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:37

Editions -Dialogues.fr - 2011 - 215 pages

Ce livre est une publication de « Dialogues.fr », qui a eu la bonne idée de rééditer le très beau roman de Denis Labayle, publié initialement par les Editions du Panama en 2007 (la maison d’édition a fait l’objet d’une liquidation judiciaire en 2009). C’est un livre classé dans les coups de cœur de mon comité de lecture, mais que je n’avais pas encore lu.

  

L'auteur nous présente le destin croisé de deux hommes : Nicolas De Staël, peintre renommé du XXème siècle et Jack Tiberton, personnage fictif. Nous sommes en 1955. Jack Tiberton est de retour en France, 10 ans après la libération. Il porte dans sa chair les marques de la guerre, marques qui datent de sa participation au débarquement des alliés en Normandie. C’est en tant que journaliste culturel qu’il est en mission à Paris. Le Washington Tribune attend de lui un reportage sur un peintre en vogue, Nicolas De Staël. Durant dix jours, le journaliste va suivre le peintre dans les affres de la création, partageant avec lui ses doutes et ses obsessions. Cette rencontre, qui se terminera de façon tragique pour le créateur, sera le début d’une nouvelle vie pour le journaliste.

 

Ce livre passionnant permet de découvrir l’œuvre d’un grand peintre et de l’approcher au plus près par le biais d’un journaliste imaginaire. On ne s’ennuie pas une seconde, emporté par un récit sous forme de confidence. Afin de mieux m’imprégner de l’œuvre de Nicolas De Staël, j’ai regardé plusieurs fois pendant ma lecture,  via Internet, les tableaux cités dans le roman et notamment « le concert », œuvre inachevée de l’auteur, qui s’est suicidé sans terminer son ultime chef-d’œuvre…  

     Un très beau livre qui permet de se cultiver tout en se distrayant.

                                    Le concert - Nicolas  De Staël - 1955

Les billets de Denis et Praline 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 23:21

 

                                                A contresens Editions - 2009 - 176 pages

Nous sommes dans un petit village de la Thiérache d’après-guerre. Les mentalités y sont étriquées et le « qu’en dira t’on » dicte les moeurs. A dix-sept ans, Laure a peu de liberté, étroitement surveillée par sa grand-mère, chez qui elle vit. Née par "accident", elle n'a pas connu son père et ne voit sa mère qu'épisodiquement. Un jour, un écrivain s’installe dans une maison mise en location par sa grand-mère. L’homme, cultivé et bien plus âgé qu’elle, lui fait découvrir la littérature et l’incite à écrire. Laure tombe amoureuse...

 

Lou, la seconde héroïne du roman, est plus âgée que Laure et mène une vie peu rangée. Les deux jeunes femmes ne se croiseront jamais mais le destin de l’une conditionnera celui de l’autre. La première partie est consacrée à la toute jeune Laure et sa relation avec l'écrivain. Vers le milieu du livre, l’histoire prend brutalement une tournure inattendue. C’est alors que Lou apparaît. Il est préférable de ne rien dévoiler de cette seconde partie, surprenante et tout aussi passionnante. 

  

J’ai littéralement dévoré ce livre. Dès les premières lignes, j’ai été séduite par l’écriture élégante et ciselée qui décrit à merveille les paysages et les lieux. Les portraits bouleversants de ces deux femmes sont esquissés avec beaucoup de pudeur et de sensibilité.  C’est après avoir lu les billets élogieux de blogueuses qui avaient découvert ce livre dans le cadre d’un partenariat, que j’en ai fait la demande lors de l’opération « masse critique » de Babelio. Je ne l’aurais sans doute jamais lu sans cela. Le roman est sorti en 2009 dans une petite maison d’édition, sans faire de bruit, après avoir été refusé par des tas d’éditeurs.  

 

Lu d’une traite…

 

D'autres avis : Belledenuit ; Ellcrys 

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 23:58

 

Gallimard 2011 - 162 pages

 

"Ma fille est partie dans une autre ville, vivre sa vie. Dix-huit ans avec ma fille, dans cet appartement au milieu des tuiles, des cheminées et des oiseaux. Maintenant je vis avec le silence."

 

Dans "La fiancée des corbeaux", sorte de journal intime couvrant huit mois de son existence, René Fregni nous parle de sa vie d’aujourd’hui, en se remémorant celle d’hier. Sa fille Marilou est partie, il vit seul à Manosque désormais. Il rend souvent visite à une amie, Isabelle, dont le papa a perdu la boule. Il consacre du temps au vieil homme pour soulager son amie. De très belles pages sont consacrées aux journées en tête à tête avec le vieux monsieur. Entre les lignes, on devine que l'écrivain est un peu amoureux de la douce Isabelle. Le reste du temps, il observe la nature, rencontre des amis, regarde ses jeunes voisins par la fenêtre de son appartement et bien-sûr il écrit. Au fil des pages et des saisons, l’écrivain évoque les rencontres marquantes de sa vie et les épisodes douloureux qui l’ont jalonnée. La quatrième de couverture ne ment pas. Ce livre est un prolongement de " Elle danse dans le noir" et je l’ai lu avec la même émotion.

 

La Provence est magnifique sous la plume de René Fregni. Je venais tout juste de la quitter après y avoir séjourné une semaine, quand j’ai commencé le roman. Durant mes vacances là-bas, j'ai visité Manosque en pensant à l'écrivain. J’avais lu quelque part qu’il aimait prendre son café sur une place de la ville, j’aurais pu le croiser…  Si vous n’avez jamais lu René Fregni, vous pouvez commencer par "la fiancée des corbeaux" sans aucun problème.  Si vous connaissez déjà l’auteur et appréciez son univers, vous serez comblé. C'est assurément un de ses plus beaux livres.

 

 La dernière phrase du livre est sublime, elle résume à elle seule la leçon de vie qui se dégage du livre : "Nos mères ne nous abandonnent pas, elles nous confient à un monde de douceur, un petit coin qui ressemble à l'enfance, à un jardin, aux jours d'été, à lumière"

  

J’ai adoré…

 

 

   Je vous mets en lien le billet que j'ai consacré il y a un petit moment déjà à René Fregni : http://sylire.over-blog.com/article-6575251.html

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 23:00

 

La fortune de Sila

Editions Le passage - 2010 - 320 pages

 

 

La scène de début, qui constitue le fil rouge du roman, met en scène les différents protagonistes de cette passionnante fresque contemporaine. Nous sommes en 1995. Sila, un jeune serveur noir, se fait brutalement frappé par le père d’un enfant turbulent, tout simplement  parce qu’il a pris l’initiative de ramener l’enfant à sa table. Le père de famille est un riche spéculateur immobilier américain. Cette scène choquante et révoltante va marquer le début de la dégringolade de six personnes qui ont assisté à l’agression : deux jeunes traders français, le spéculateur immobilier et son épouse,  ainsi qu’un couple de russes dont l’homme est un puissant oligarque. Aucune d’entre elles n’a pris la défense du serveur, par lâcheté ou indifférence. Certaines en garderont un traumatisme, d’autres oublieront aussitôt ce qu’ils considèrent comme un simple incident.

 

Voilà un livre absolument passionnant qui nous plonge dans l’histoire contemporaine récente. Les évènements historiques évoqués ici commencent en 1989 avec la chute du mur de Berlin et s’étendent jusqu’à la crise financière de 2008. En suivant les parcours croisés de personnes de nationalités différentes, nous revivons des évènements vécus il n’y a pas si longtemps, mais qu’il est possible désormais d’analyser avec un peu de recul. Après l’origine de la violence, Fabrice Humbert se penche de nouveau sur les grands maux de l’humanité en s’emparant cette fois du thème de l’argent. « La fortune de Sila » est un livre aussi puissant que le précédent, sa construction tout aussi originale et parfaitement maîtrisée.

 

Un grand roman…

 

Les avis de Papillon - Aifelle - Helène - Cathe - Stephie 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 00:36

Actes Sud - 180 pages

 

Extrait : « Le monde que je vis aujourd'hui n'est pas le monde. Le vrai monde, c'est celui que je pressentais quand j'étais petit et il était immense. C'est le monde que j'ai dans les mains quand je roule à moto, quand je caressais le corps de Karima, quand je touche les livres rares, quand mes mains au fond de mes poches rêvent et que j'ai les yeux levés vers le ciel ou vers une fenêtre éclairée. Il est là, le monde. Je le sais. Je l'ai toujours su. Et tout le reste, c'est pour faire comme les autres. Pour pas avoir l'air trop fou. Pour faire l'homme qui gagne sa croûte et qui n'emmerde personne. Du vent, oui. Du vent. Du mauvais vent. Celui qui te retient au port toute ta putain de vie et qui se lève le jour où t'es trop vieux pour monter la voile. Merde. »

 

Le narrateur est un ouvrier qui, à l’aube de la quarantaine, s’interroge sur sa vie. Le bac en poche, il aurait pu choisir un autre destin que celui de son père mais par un manque de motivation, voire une sorte de fatalisme, il s’est retrouvé à l’usine, lui aussi. Quand commence le roman, sa compagne vient de le quitter, son usine menace d’être délocalisée, bref, tout va mal. Après un court séjour dans la maison de ses parents, il part seul en bord de mer pour faire le point. Avant de partir, il fait la connaissance de Marcel, un bouquiniste plein de sagesse, qui va lui faire parvenir un livre lui donnera l’irrésistible envie de se rendre au Brésil, dans la ville où son usine doit être délocalisée.  Il quitte donc la France pour le Brésil, accompagné de son nouvel ami le bouquiniste…

 

Voilà un roman passionnant qui se penche sur la place de l’individu dans le processus de la mondialisation. Contrairement à l’époque du père du narrateur, aucune stabilité n’est aujourd’hui garantie au travailleur. La logique économique lui échappe et il subit sa carrière professionnelle plus qu’il ne la mène, et plus encore s’il se trouve en bas de l’échelle. Avons-nous pour autant perdu la maîtrise de nos vies ? Pas si sûr, pour peu que l’on sache cultiver son jardin intérieur. Par le biais de ce personnage qui repend sa vie en main, Jeanne Benameur nous amène à réfléchir sur nos propres choix. Le titre, assez énigmatique, s’éclaire à la lecture de ce beau texte, lucide mais optimiste. Nos vies nous appartiennent et il faut lutter pour en garder la maîtrise…

 

Réflexion politique, roman initiatique, belle histoire d’amitié mais aussi d’amour, ce roman est riche et foisonnant.

 

Les avis enthousiastes de : Géraldine - Landibiblog - Bellesahi

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 17:07

 

Editions Héloïse d'Ormesson - 2011 - 254 pages (traduit de l'espagnol)

 

 

Quand j’ai choisi ce livre dans la liste des ouvrages proposés par Babelio, le nom de Robert Capa ne m’était pas totalement inconnu. En revanche, je n’avais jamais entendu parler de Gerta Taro, sa jeune compagne. « En attendant Robert Capa » raconte leur rencontre et les courtes années qu’ils passent côte à côte, vivant à cent pour cent leur passion commune pour la photo. Le roman est centré sur la jeune Gerta, volontaire, courageuse et farouchement indépendante.

Quand ils se rencontrent à Paris, en 1935, ce sont deux jeunes réfugiés juifsGerda Taro et Robert Capa_Fred Stein épris de justice et de liberté. Rien de bien étonnant à ce qu’ils cherchent à apporter leur pierre à l’édifice de la lutte contre le fascisme. C’est la photographie de guerre qui va leur donner cette occasion. Robert va initier Gerta à l’art qui commence tout juste à le faire vivre. De son côté la jeune femme s’occupe de la carrière de son compagnon, trouvant notamment une astuce pour le faire connaître : un changement de patronyme, pour faire « américain ». Après avoir filmé, entre autres, le Front populaire, les deux jeunes gens partent pour l’Espagne, couvrir la guerre civile aux côtés des troupes républicaines. Ils s’engagent pour la cause anti-fasciste et n’hésitent pas à mettre leur vie en péril pour obtenir des clichés au plus près de l’action. Certaines photographies feront d’ailleurs l’objet de controverses, comme celle de "la mort soldat républicain" (voir photo ci-dessous).

Ce livre m’a  passionnée, c’est une très belle réussite. Partant d’une histoire vraie, Susana Fortes met à profit son talent de romancière pour imaginer l’intimité des deux photographes et la passion charnelle qui les liait. Les passages imaginant leurs ébats amoureux sont particulièrement beaux.  Pour le reste, la romancière s’est beaucoup documentée, elle nous explique sa démarche dans une courte postface. J’ai adoré vivre aux côtés de ces jeunes aventuriers passionnés, l’espace de quelques heures. C’est toute la force d’un bon roman que de vous emporter là où vous n’irez jamais.

J’enchaîne les coups de cœur ces temps-ci

   Un grand merci à Babelio et son opération "Masse Critique" ico_critique.jpg

Après avoir refermé le livre, j’ai passé plusieurs heures à lire tout ce que je pouvais trouver sur les deux photographes et à découvrir leurs clichés. Si comme moi vous voulez en savoir plus, je vous conseille deux sites :

Sur Robert Capa : http://photogriffon.com/photographes-du-monde/4-robert-capa/robert-capa.html 

Sur Greta Taro : http://www.egodesign.ca/fr/article.php?article_id=171

 

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 00:44

La fosse aux ours - 2010 - 142 pages

 

Il s’appelle Sébastien et nous écoutons sa confession, dans un commissariat…

 

Parce qu’il était différent de ses petits camarades de classe et que ses parents n’avaient pas de temps "à perdre" avec un enfant un peu spécial, Sébastien a été placé dans une institution pour enfants déficients mentaux. Mais Sébastien est loin d’être un idiot et possède même de grandes qualités humaines. Le seul être qui lui accorde un peu d’attention est son grand-père, un brave homme chez qui il se rend le week-end. Un jour, ce grand-père, handicapé physique, lui propose de l’accompagner à Paris où il doit se rendre à une rencontre « d’anciens d’Algérie ». Mais la rencontre ne se passe pas comme le grand-père l’avait rêvé…

 

Avec peu de mots, des courtes phrases et des silences, Jean-Pierre Spilmont nous offre un magnifique portrait d’enfant. Un enfant au grand cœur, confronté à la complexité de l’être humain, capable du meilleur comme du pire. Je ne sais comment vous dire à quel point ce livre m’a touchée, le dernier chapitre m’a littéralement chavirée. Je n’ai pas envie de vous en dire plus. Il faut prendre le temps d’écouter Sébastien, sans brûler les étapes.  

     A lire absolument !

 

D'autres que moi ont eu un coup de coeur pour ce livre : Babayaga - Midola Colette (Landibiblioblog)  -  

Affiche_2011.jpgLecture dans le cadre du Prix Cézam 2011

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 00:54

JBZ et Compagnie - Janvier 2011 - 286 pages   

Voilà un roman que j’ai eu un mal fou à ne pas lire d’une traite. Il ne s’agit pourtant pas d’un thriller, mais d’une histoire familiale presque banale. Suzanne, soixante dix ans, vient de mourir. Ses dernières heures sont racontées par l’une de ses filles, Gabrielle. Puis, nous remontons le temps pour faire la connaissance de la défunte. Avant qu’elle ne devienne une épouse puis très vite une mère, Suzanne a vécu une enfance tourmentée. Enfant non désirée d’une « fille-mère », elle a été recueillie par sa grand-mère et sa tante, auprès desquelles elle a vécu une petite enfance dorée. Mais hélas, cela n’a duré qu’un temps, elle a dû partir vivre chez sa mère. Les années qui ont suivi ont été pour Suzanne et son petit frère, né lui aussi « par erreur », un véritable cauchemar.

 

J’ai beaucoup de tendresse et de compassion pour Suzanne, malheureuse dans son couple et pourtant incapable de quitter un mari volage, tyrannique et égoïste. Elle était si fière d’avoir fondé une famille, contrairement à sa mère qui cumulait les amants et délaissait ses enfants, qu’elle ne peut mettre une croix sur cet idéal et partir vers l’inconnu avec ses deux filles. Le manque de confiance en elle, entretenu par son mari, la tétanise. Alors elle courbe le dos et vit par procuration, s’accrochant à ses filles en tentant de leur apporter toute la tendresse et la stabilité qu’elle n’a pas eues. Je dois aussi évoquer l’amour des filles pour leur mère, leur tristesse face à son sort peu enviable. On sent dans le récit de Gabrielle toute la tendresse qu'elle ressent pour sa mère et la tristesse face à sa disparition. A noter l'utilisation de la deuxième personne du singulier, qui donne au texte une intensité supplémentaire.



« … Courber l’échine. Supporter l’insupportable. Tu ne voulais pas briser ce fragile équilibre. Renoncer à ta cellule familiale. Mettre tes filles en péril. Et tu n’as jamais eu assez confiance en toi pour imaginer que tu serais capable de voler de tes propres ailes. Tu aurais dû t’enfuir, tu aurais dû… »

  

Fabienne Bertaud fait ici une analyse très fine de ces femmes qui ne quittent pas le foyer, en dépit de souffrances endurées pendant de longues années. C'est une histoire qui m'a remuée et particulièrement touchée. Suzanne est un personnage que je n'oublierai pas de sîtot.

   Les avis très enthousiastes de : Pimprenelle - Clara - Jostein

bz.jpgUn grand merci à  BOB et aux Editions JBZ et Compagnie

 

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