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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 10:45

La mer noire

Sabine wespieser - 2010 - 214 pages

 

Ce soir, Tamouna va fêter ses 90 ans en compagnie de sa famille, dans l’appartement que sa santé ne lui permet plus de quitter. Un invité un peu particulier doit se joindre à eux, du moins Tamoura l’espère. Il s’agit de Tamaz, qu’elle a connu en Géorgie dans sa jeunesse et qu’elle a revu plusieurs fois au cours de sa vie. Entre Tamaz et elle, c’est une suite de rendez-vous manqués et un amour qui ne s’est jamais éteint.

Tamoura est une vieille géorgienne qui vit à Paris depuis l’âge de 15 ans.  Sa famille a quitté la Géorgie en 1921 au moment de l’arrivée des Bolcheviques. Son père était un opposant. Il voulait continuer le combat tout en mettant sa famille à l’abri. Les chapitres alternent le passé et le présent et progressivement nous reconstituons la vie de Tamoura enfant, puis dans cette communauté d'exilés géorgiens. L’histoire est racontée par fragments, au fil des souvenirs de la vieille femme.

C’est un très beau livre, d’une grande sensibilité, qui rend hommage à une communauté, celle dans laquelle a vécu Kethévane Davrichewy. La romancière nous raconte le déchirement de l’exil, puis l’intégration dans un pays, quand il faut repartir à zéro dans le dénuement et la pauvreté.  Elle nous offre le portrait d’une femme qui, à  la fin de sa vie, a atteint une forme de sérénité, malgré les épreuves et les renoncements. C'est aussi une belle histoire d'amour. Dans la seconde partie du livre, on est suspendu au souffle de Tamoura, ne pouvant quitter son récit.

nullUne très jolie lecture.

 

Des tas d'avis chez Calepin

 

Affiche_2011.jpgIl est en lice pour le Prix Cézam 2011

 Ce livre a obtenu « Le Prix Landerneau 2010 ».

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 23:47

  

Rouergue 2009 (La Brune) -219 pages

Il s’appelle Pierre. On le découvre à la campagne, dans une maison qu’il a achetée une bouchée de pain car personne n’en voulait : le long d’une route, entre la Flèche et le Mans. Dès les premières pages, le lecteur se glisse dans les bottes de Pierre et s’y sent bien. Dans la maison, règne un bric-à-brac chaleureux. Pierre est brocanteur et fait quelques extras, dans une crêperie. Pour meubler sa vie, il recueille des animaux, rend visite à sa voisine Paulette et entreprend une biographie de Rosa Bonheur, une femme peintre du 19ème, qu’il admire pour ses choix de vie, très libres pour l’époque. De temps en temps, il reçoit les visites d’un homme qui fait battre son coeur, un certain R. Peu à peu, Pierre nous dévoile sa vie d’avant, quand il était mannequin pour gagner sa vie, et étudiant pour s’occuper l’esprit. Un jour, il a tout plaqué.

 

Ce livre m’a totalement séduite. Je m’y suis sentie merveilleusement bien. Et quelle plume… Chaque phrase est un délice. Je ne me lasse pas d’en relire des passages.  Pierre est un être attachant. Comme chacun d’entre-nous, il a des faiblesses, qu’il livre avec sincérité et une pointe d’ironie, tournée vers lui-même. Il évoque aussi les blessures qui sont à l’origine de son mal-être. Ce livre est l’histoire de de son cheminement vers la sérénité. Je peux vous dire, sans trop dévoiler l’histoire, qu'on y trouve une belle histoire d’amour entre deux hommes. Cette histoire est abordée avec pudeur et sensualité, prouvant que les deux ne sont pas incompatibles (j’ai lu tout de suite après « Apocalypse bébé » de Virginie Despentes, quel contraste !).  Je pourrais aussi vous parler des nombreuses références musicales ou culturelles du roman mais je ne veux pas trop en dire...

 nullLisez « Bonheur fantôme », c’est un petit bijou d’intelligence et de délicatesse.

 

Juste quelques phrases :  

"Je vis en bordure du néant, en rat des champs. Comme dit ma mère, « marginal, mais pas méchant" .  

« Je voudrais bien, comme Paulette, me caler sur mon siège et attendre le grand déraillement final. Mais par les vitres de mon train, on aperçoit toujours la gare de départ. Je ne suis pas encore assez loin ».  

« On ne me saoule jamais, même pas d’histoires. Je tiens l’ennui comme d’autres tiennent l’alcool. Je ne contredis pas, je ne polémique pas, j’écoute ».  

Ils sont également très enthousiastes : Papillon ; Anne ; Incoldblog (avec en prime des questions posées à l'auteur); Aifelle ; Cathulu et sans doutes d'autres...

 

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 22:13

  Le serpent à plumes - collection motifs - sept 2002

 

Trois cent quarante pages pour raconter une nuit, celle du départ d’un pays que le narrateur chérit depuis l’enfance. Vieux Os (c’est son curieux surnom) est un jeune homme de vingt-trois ans. Son meilleur ami, journaliste comme lui, vient de se faire assassiner à Port-Au-Prince parce qu’il avait des convictions opposées à celles du pouvoir dictatorial en place, celui de Baby Doc (Duvalier fils). Vieux Os se sait en danger et accepte, sous les supplications de sa mère, de quitter le pays. Sa dernière nuit, il la veut forte en émotions, il veut s’en souvenir toute sa vie. Derrière lui, il laisse sa mère, bien-sûr, mais aussi des amis qui lui sont chers ainsi que de jolies filles qui l’attirent physiquement et occupent ses pensées. Il quitte aussi Lisa, si différentes des autres filles. Il n'a jamais osé lui avouer son amour. Le fera t'il cette nuit ?

 

J’ai beaucoup aimé ce roman autobiographique qui nous plonge dans la nuit de Port-Au-Prince en compagnie d’un jeune homme qui parle de son pays avec beaucoup d’émotion et d’amour. Le jeune homme n’est autre que Dany Laferrière. Comme son père au même âge, il va devoir s’exiler loin de son pays natal.  En dépit de la dictature qui opprime la population, de la grande pauvreté qui y règne (les deux étant liés), il aime son pays et se trouve déchiré de devoir le quitter. De la dictature qui règne dans son pays, il parle ici longuement. Je dois dire que j’ai mieux compris, en lisant ces lignes, toute la complexité que recouvre ce mal qui ronge beaucoup de pays pauvres.

 

J’ai bien envie maintenant de découvrir ce qui s’est passé après cette nuit qui marque un tournant dans la vie de Dany Lafferière. Je souhaite aussi en savoir plus sur son enfance, évoquée plusieurs fois dans le récit. Il est question notamment de l’époque où il vivait avec sa grand-mère à Petit-Goâve, une période retracée dans « le charme des après-midi sans fin », qui était à l’honneur du blogoclub le 1er juillet dernier.    

 

nullUne plume sensuelle et colorée pour peindre un pays tout en contrastes et attachant.

      

blogoclub

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 18:00

Gallimard 2010 - 112 pages

« J’ai appris la nouvelle ce matin, en écoutant le répondeur. Isa disait : Papa est décédé. Je me suis fait couler un café et je l’ai rappelée, puis j’ai composé le numéro d’Air France. Thierry est entré en bâillant, m’a regardée et a dit : Qu’est-ce qui se passe ? J’ai répondu : Papa est mort. Isa dit : décédé. Moi je dis : mort. Je ne vois pas pourquoi je prendrais des gants. Depuis le temps que l’idée de la mort m’accompagne, je ne dirais pas qu’elle m’est devenue familière, non, mais j’ai quand même le droit de l’appeler par son nom.

Tu es mort, enfin »

J’ai eu irrésistiblement envie de découvrir ce livre après en avoir lu un extrait chez Mango. Il s’agissait de la très belle description d'une plage sur laquelle je vais très marcher souvent, la plage de Cléder, dans le Finistère Nord. C’est dans ce coin de Bretagne appelé "le Léon" que se déroulent les cinq jours jours dont il est question ici.  

Une poignée de jours pour dire adieu à un père tyrannique, colérique et méprisant vis-à-vis de son entourage. Avant les obsèques, la famille s’occupe des préparatifs. En Bretagne, dans ce domaine, on fait encore les choses dans les règles de l'art. Il faut faire du « rangement » dans le caveau pour y accueillir le nouvel arrivant (tâche qui se révèle ici assez folklorique), préparer l’hommage rendu par le curé à l’église (pas simple quand la personne n’a pas grand-chose de positif à son actif)….  Nelly Alard se moque gentiment de ces usages un peu dépassés, mais toujours en vigueur chez nous, en Bretagne.

Durant les quelques jours qui précédent les obsèques, la narratrice fait le point sur la relation qu’elle entretenait avec son père et se remémore son enfance. Des extraits de « La légende de la mort chez les Bretons armoricains » d’Anatole Le Braz s’intercalent dans le texte, lui donnant une dimension supplémentaire. De façon très adroite, la fin du roman fait le lien entre le texte d’Anatole de Braz et le récit de la narratrice.

Il est question entre autres de résilience et de pardon. Pas de haine mais pas de concession non plus à l'égard de ce père.  Combien d’années faut-il pour se libérer d’une enfance, qui au lieu de construire fragilise ? De l’eau a coulé sous les ponts, l’enfance est loin maintenant. Les funérailles seront peut-être l’occasion de tourner la page ?

null

Un premier roman servi par une très belle plume, vive et sensible.

 

Les avis enthousiastes de Clara - Mango

Nelly Alard sera demain (23 juin) à Brest

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 13:48

 

  

Naive 2010 - 45 pages (Collection Livre d'heures)

« la collection Livre d’heures dirigée par Jean Rouaud se propose de réunir des textes illustrés ne relevant d’aucun genre particulier » (présentation de d'éditeur)

 

Fatou Diome évoque avec émotion son grand-père, qu’elle accompagnait à la pêche quand elle était enfant, au Sénégal. C’était un homme courageux et d’une grande sagesse, des qualités qui ne se révèleront à la petite fille que plus tard, à la lecture du roman «Le vieil homme et la mer». De cette expérience inoubliable naîtra une passion pour la lecture.

 

"C’est Hémingway qui m’a tout appris du courage, de la volonté, de l’abnégation, de la dignité de mon grand-père, pêcheur niodiorois ».

  le-livre-d-heure-002.jpg

« Petit à petit, la lecture avait pris tout le temps que jadis je passais dans la barque de mon grand-père. Le monde s’ouvrait maintenant à moi comme les pages d’un livre».  

 

nullJ’ai savouré chacun des mots de ce très beau texte qui évoque merveilleusement bien une passion qui est aussi la mienne, celle de la lecture. Les illustrations de Titouan Lamazou, dans une dominante de violine, sont magnifiques et s’intègrent parfaitement au texte. C’est un petit livre à lire, à relire et à offrir à tous ceux qui ont grandi avec les livres et ne les ont jamais quittés. 

  "Lire, c'est oser le vertige"

 

La page facebook de Naïve 

Le très beau billet de Laurence, aussi enthousiaste que le mien.  

Dans la même collection, j’ai lu également « A l’abandon ».

 

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:27

Editions de l'Olivier - 457 pages - aout 2009

Le narrateur, Pierre Rotko, est un grand reporter qui parcourt le monde pour couvrir, entre autres,  les guerres contemporaines. Autre sujet qui le fascine depuis toujours : les catastrophes naturelles. Quadragénaire et célibataire, il réside à Paris. Entre deux missions, il rend parfois visite à son père, un ancien avocat qui vit reclus dans son appartement parisien depuis la mort de sa femme. Du passé de son père, Pierre ne sait pas grand-chose sinon qu’il est d’origine russe et qu’il est arrivé en France dans les années 50, à l’age de 20 ans. Le jour où ce dernier manifeste le désir de lui parler enfin de son histoire, la vie de Pierre bascule. Bouleversé par le récit, par le destin de ses grands-parents paternels dont il apprend la triste vérité, il se met en quête de l’histoire familiale. Il réunit la documentation susceptible de l’aider mais comprend vite que cela ne suffit pas, qu’il doit se confronter au réel. Il part alors en Tchétchénie à la recherche de « l’origine du mal »… 

 

Voilà une fresque familiale et historique époustouflante. L’histoire de la famille Rotko nous entraîne dans l’histoire de la Russie, tout en nous plongeant dans plusieurs épisodes marquants de l’histoire mondiale du XXe siècle et du début du XXIème. On y évoque, entre autres, les purges staliniennes, le massacre de Babi Yar, la mort de Staline, les attentats du 11 septembre… J’aime particulièrement Les romans qui mêlent la petite et la grande histoire et Thierry Hesse, professeur de philosophie, réussit l’exercice avec brio. C’est un livre foisonnant, dans lequel on ne se perd jamais car sa construction est parfaitement maîtrisée. Les digressions sont nombreuses mais le fil conducteur du récit se retrouve aisément. L’histoire des grands-parents de Pierre, Franz et Helena, constitue ce fil conducteur. Juifs, ils ont subi le sort tragique que l’on peut imaginer. Quand Pierre part en Tchétchénie, c’est avec l’idée de tenter de comprendre ce qu’a pu vivre sa famille en tant que minorité opprimée. Selon lui : « les tchétchènes sont les Juifs d'aujourd'hui car on les abandonne ».  

 

nullBien que le roman soit très ambitieux, il est abordable. La lecture des faits historiques n’est jamais laborieuse, bien au contraire, car la «petite histoire» apporte la touche d’humanité qui manque souvent aux faits bruts. En dehors de l’aspect purement historique, j’ai été impressionnée par  la réflexion philosophique de l’auteur sur le sens et l’origine de la violence humaine, violence qui se perpétue de siècle en siècle. Cette réflexion m’a fait penser à celle de Fabrice Humbert dans  « l’origine de la violence ». Démon est un roman que je ne peux que conseiller vivement à ceux sont en quête de comprendre un peu mieux l’histoire contemporaine. 

Les avis également très positifs de Lapinousinette et Ys   

Challenge du 1% littéraire 2009Challenge 2 % rentrée littéraire 2009 : 11 / 14

 

 

  Lu dans le cadre du Prix des lecteurs du télégramme

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 23:27

RuillierSarbacane 2009

nullJ’ai craqué pour cette BD aux dessins minimalises, mais qui en disent tant…

Un papa raconte l’arrivée d’une petite fille trisomique dans le couple qu’il forme avec sa femme. Il lui faudra six jours pour accepter la nouvelle… six jours qu’il raconte avec sincérité et émotion dans ce très bel album que je vous conseille chaudement, même si la BD ne fait pas vraiment partie de votre univers.


 



Stéphanie en parle ici

 

Merci Brigitte !

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:50

Le livre de poche (grasset 2008) - 534 pages

Un homme, Pietro Palladini, sauve une femme de la noyade alors que sa propre femme meurt brutalement sous les yeux de leur fille … De retour de vacances, Pietro se retrouve seul avec l’enfant, attendant de s’effondrer. Mais il est comme anesthésié. Le jour de la rentrée des classes, il décide de rester jusqu’au soir en face de l’école de la petite, se sentant incapable de reprendre le cours normal de sa vie. Les jours suivants, il fait de même. La société dans laquelle il travaille est en pleine fusion financière. Compte tenu de sa situation personnelle, sa hiérarchie accepte cette lubie. Pietro gère toutefois les affaires courantes, recevant dans sa voiture les appels téléphoniques et visites de ses collègues.

 

Au fur et à mesure de cette expérience insolite, Pietro découvre sous un autre angle les gens qu’il fréquentait auparavant (collègues, connaissances, membres de sa famille…). Ses visiteurs s’autorisent même à lui faire des confidences. Après ce qu’il a vécu, il peut sans doute tout comprendre ? Pietro écoute et analyse. Son empathie pousse les gens à revenir. Mais le temps passant, l’entourage s’inquiète de son inertie, l'imaginant muré dans la douleur. Que se passe-t’il réellement dans la tête de Pietro et comment il se sortira-t’il de là ? Les dernières pages, très émouvantes, nous apportent la réponse.

 

J’ai adoré ce livre que l’on pourrait imaginer triste mais qui ne l’est pas vraiment. Plusieurs scènes tragi-comiques sont même particulièrement savoureuses (Pour ceux qui ont lu le livre,  je pense au sauvetage de la femme ou à la scène dans le jardin…). Le contexte d’une fusion entre sociétés me parle, vivant actuellement dans ma propre entreprise une mutation similaire. Pietro est un homme vrai et attachant, très humain. Nous vivons avec lui le « chaos calme » qu’il traverse, tentant de comprendre pourquoi la douleur attendue ne se manifeste pas. En second plan, il y a cette petite fille, qui fait face à la perte de sa maman. Est-ce par mimétisme ou pour protéger son papa ?

 

nullUn vrai coup de cœur pour un roman à la fois drôle, émouvant et profondément humain (oui, tout cela en même temps !)  

Les avis de : Florinette , Anne, CunéAntigone, Kathel, BelleSahi

Prix Strega en 2006
Prix Femina du roman étranger en 2008.

Adapté à l'écran (avec Nanni Moretti), le film a fait scandale en Italie - voir ici. Certes, une des scènes est "osée" mais l'humour prend le dessus à mon sens (dans le livre du moins, je n'ai pas vu le film).

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 00:59
Sukkwan island

 

                 Editions Gallmeister - traduit de l'américain - 192 pages

Un fils et son père débarquent sur une île sauvage du Sud de L’Alaska pour y passer une année à jouer les Robinson.  Une telle expédition demande une solide préparation et un mental d’acier. Roy, le jeune adolescent, se rend vite compte que son père ne tient pas la route pour une telle aventure et qu’il va devoir être fort pour deux…

"Personne à des kilomètres à la ronde, dit son père. D’après ce que je sais, nos voisins les plus proches sont à trente kilomètres d’ici, un petit lot de trois cabanes dans une baie
comme celle-ci. Mais ils sont sur une autre île, j’ai oublié laquelle.
Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. Il ne savait pas comment les choses tourneraient."

Je savais que ce livre était très fort et risquait de me secouer, je n’imaginais pas à quel point. Jusqu’à la page 113, un peu plus de la moitié du roman, j’étais inquiète pour cet adolescent en construction, trop de problèmes s'accumulaient dans ce séjour. Mais j’ai eu, comme tous les lecteurs je crois, un réel choc quand tout à basculé soudainement. Il m’a fallu refermer le livre quelques minutes pour calmer les battements de mon cœur et reprendre la lecture. Je ne m’attendais pas à cela.  La deuxième partie est bouleversante et plusieurs sentiments m’ont assaillie successivement : tristesse, colère, pitié, dégoût...

 

Que penser de ce père, incapable de se gérer lui-même et qui embarque son fils dans une telle aventure ? Qu’il manque à tous ces devoirs et qu’il est d’une inconscience impardonnable, c’est évident, mais comment juger un homme à ce point dépressif ? Je suis sortie de cette lecture chamboulée et incapable de dire si j’avais aimé ou pas. J’ai classé ce livre dans mes coups de cœur car plusieurs jours après avoir refermé le livre, je suis toujours aussi bouleversée. Il fait partie de ces livres qui explorent l’âme humaine de façon exceptionnelle et se lisent d'une traite car on ne peut lâcher les personnages.  C’est un premier roman qui laisse présager une belle carrière pour son jeune auteur.

 

nullUn thriller psychologique absolument formidable mais à déconseiller aux âmes sensibles.

 

A ne pas manquer (mais plutôt après la lecture) le compte-rendu très complet d’ Incoldblog sur sa rencontre avec David Vann. On y apprend notamment que ce livre est inspiré d'un épisode de la vie de l’auteur, ce qui rend la lecture encore plus troublante. 

Je ne mets pas les liens vers  les autres blogs qui ont présenté ce titre, ils sont trop nombreux !
Mais vous pouvez aller faire une recherche :
ici

Livre reçu le cadre de l'opération "Masse critique" de Afficher l'image en taille réelle:
 
 

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 09:16

l
Si c'est un homme

       Pocket (juliard 1987-traduit de l'italien) - 315 pages - permière parution en 1947

« Alors, pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte : la démolition d'un homme. En un instant, dans une intuition quasi prophétique, la réalité nous apparaît : nous avons touché le fond. Il est impossible d'aller plus bas : il n'existe pas, il n'est pas possible de concevoir condition humaine plus misérable que la notre. Plus rien ne nous appartient : ils nous ont pris nos vêtement, nos chaussures, et même nos cheveux ; si nous parlons, ils ne nous écouteront pas, et même s'ils nous écoutaient, ils ne nous comprendraient pas. Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste ». 

Primo Levi est né en 1919 en Italie, dans une famille bourgeoise d’origine juive. En 1943, il vient tout juste d’adhérer à un mouvement de résistance, quand il est arrêté et déporté à Auschwitz. Il en ressortira miraculeusement en janvier 1945 après avoir connu l’enfer, qu’il raconte et analyse dans « si c’était un homme ». 

Primo Levi nous explique comment, conçu pour broyer l’individu, le camp de concentration fabrique des sous-hommes dont la seule préoccupation est de tenter de survivre. Devenu esclave, affamé et luttant contre les maladies, le détenu doit faire face à une organisation complexe qu’il doit intégrer au plus vite pour avoir une petite chance de rester vivant. S’ajoute à cela une lutte perpétuelle entre les détenus eux-mêmes. Chacun doit faire preuve de ruse pour ne pas mourir de froid ou d’épuisement, quitte à pénaliser les autres. Ce qui impressionne, dans l’expérience personnelle de Primo Levi c’est sa lucidité de tous les instants face à ce qu’il vit, et sa capacité à rester un homme quoi qu’il arrive, réussissant même à nouer des relations d’amitié. De constitution plutôt faible, c’est son mental qui l’a sauvé (et la chance, bien-entendu). 

Voilà un livre qui me faisait peur et dont je remettais toujours la lecture à plus tard. Le choix du blogoclub m’a forcé la main, c'est une bonne chose. Je voudrais encourager ceux qui, comme moi, hésitent à se lancer. Le sujet est difficile, il faut prendre sur soi, mais j'ai trouvé la lecture moins insoutenable que je l'imaginais. Sans doute parce que Primo Levi s’exprime calmement, sans haine ni passion, avec une grande humanité. Grâce à la réflexion philosophique qu'il retire de sa terrible expérience, il nous apporte des clés pour une meilleure compréhension de l'être humain.

nullUn témoignage impressionnant à côté duquel il ne faut pas passer.
 

blogoclubdefi_classique.jpg

  Les avis de
  Thais - Mango - Lisa - Cathe - Papillon - Soie - katell - Manu - Cagire - Martine - MarieKarine - OriDenis - Jumy - Arlette - DelLoumina - Diddy - MidolaNina - NolTaylor Thalia - BooklineGrominou - MirontaineCocolas - Amy - Catherine - Karine -
 

  Autres oeuvres de Primo Levi :
  La trève : Keisha - Nanne -
  Lilith : Praline 
 
  Autres billets sur le thème de la littérature iltalienne :
  Soie - Alessandro Baricco : Stephie
  A l'insu de la nuit - Rossetta Loy : Yvon
  Malavita encore - Tonino Benequista : Gio
 


Prochaine lecture : le 1er mars. Au choix : Maudit Karma de David Safier et Saga de Tonino Benacquista

Si je vous ai oublié, n'hésitez pas à vous signaler.

 

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