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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 21:54


Rouergue 2009 - 109 pages

Dans ce récit, le narrateur évoque son père, Abd El Kader, né en Algérie en 1917 et aujourd’hui disparu. Avec émotion, le narrateur raconte ce père illettré qui travaillait dur pour nourrir sa famille. « Par le fruit de tes mains nous avons mangé, cheminé vers l’instruction. ». Il raconte avec pudeur la relation qu’il entretenait avec lui, une relation qui se passait de mots. Ce père, privé très jeune de ses parents, ne témoignait son affection que de façon maladroite. Le narrateur aurait aimé dialoguer avec lui, partager sa passion de la lecture, mais un fossé les séparait.

 « Tu regardais les rares livres qui traînaient chez nous, en évitant de les toucher, sans savoir ce qu’ils contenaient, ce qu’ils pouvaient contenir d’émotions et de troubles.

C’est triste une main d’homme qui n’a jamais tenu un livre entre les mains. »

Ce récit ne se résume pas à un très beau portrait de père. Il retrace avec intelligence et de façon captivante l’histoire coloniale et postcoloniale de l’Algérie, du point de vue d’un algérien qui vivait en France avant les « évènements », après avoir combattu sous le drapeau français durant la seconde guerre mondiale. Comme nombreux de ses compatriotes, le père d’Ahmed a collaboré à la reconstruction d’après-guerre, apportant ses mains et sa jeunesse à une France ravie de cette main-d’œuvre peu exigeante et bon marché. Mais dans les années soixante, retournement de situation,  les algériens sont mal vus, soupçonnés d’être des terroristes. Plus tard, c’est la crise économique qu’ils prennent de plein fouet. Confinée dans la cité d’une grande ville après avoir vécu à la campagne, la famille d’Ahmed doit également subir la montée en puissance du fanatisme religieux.

« Avec la religion brandie comme unique étendard, ces pasteurs anachroniques envahissent les cités essayant de rassembler derrière leurs formules simplistes de plus en plus de fidèles... Quand insouciants, sur les pelouses de la cité nous dansions sur le son des guitares électriques, personne n'imaginait qu'un jour nous en arriverions là. A coups de sentences, ces prédicateurs balayent nos certitudes, piétinent nos acquis. Pour eux nulle liberté de penser, nous n'avons pas lu le même livre. »

Les derniers chapitres sont consacrés à la mort du père et à son dernier voyage au pays, où il a voulu sa dernière demeure, loin des siens. S’ouvre pour son fils le temps des souvenirs et des regrets. C’est très fort…

 

nullUn récit sensible et intelligent servi par une très belle plume.

 


nullJ  Yv a beaucoup aimé aussi.

'J'ai lu ce livre dans le cadre du
Prix Inter-Ce. Cela commence fort...


 

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 16:10

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                                         Arléa - 2009 - 89 pages

"Ma vie doit changer, c'est en entendant la voix du neurologue que j'ai compris que cela ne pouvait plus durer, ma fuite est un début de changement. La première étape a été de prendre la décision. Prendre une décision, ça n'a l'air de rien, les pensées se déplacent, se décalent jusqu'au bord de soi, et surgissent dans un ordre inattendu. La décision est là, debout, dans tout son déploiement et sa force. Un sauvetage. Une fois que j'avais accepté la décision, je devais la rendre possible, lui ouvrir l'espace dont elle avait besoin."

Une femme quitte mari et enfants après avoir appris après qu’elle était atteinte d’une grave maladie. Elle ne prend que le chien et encore, elle finit par l'abandonner, lui-aussi. Quelles sont les raisons de cette fuite brutale ? Nous l’apprenons dans la seconde partie du roman par le biais d’une lettre accusatrice dans laquelle elle fait voler sa vie en éclats… Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, mieux vaut aborder ce livre en en sachant le moins possible.

Des lectrices ont été dérangées par la construction du roman, notamment par cette lettre qui intervient au milieu du récit. Pas moi. J’étais accrochée au récit, admirative de la justesse des mots qui décrivent le vide intérieur de cette femme avant l’électrochoc que constitue l’annonce de la maladie. Je dois dire que j’ai été surprise par la révélation qui sort de sa plume, je ne m’attendais pas à cela. J’ai lu la dernière partie en osant à peine reprendre mon souffle. Je n'avais pas imaginé cette fin-là.

nullQuatre-vingt neuf pages qui m'ont scotchée...
 

 Anne RévahMerci à Anne Revah de m'avoir proposé de découvrir son premier roman. Je n'ai pas pas hésité un instant à accepter son offre, je fais toujours de belles découvertes dans cette collection "1er mille" de chez Arléa.

D'autres avis :
Antigone - Laure - Leiloona
Un coup de coeur de Jérome Garcin

 
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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 18:29

Phébus 2009 - traduit de l'afrikaans - 272 pages

Nous sommes en Afrique du Sud au début du XIXème siècle, dans la société Boer (pionniers blancs d’origine néerlandaise). Une femme attend la mort dans la ferme où est née, au fin fond du veld, dans le Karoo.

Roggeveld - Karoo par bart coessens 

Sa vie défile dans sa mémoire…

Qui était-elle ? Une enfant un peu sauvage, qui a grandi en marge d’une famille dirigée par une mère autoritaire et peu aimante. Son père tenait le second rôle, brave homme honnête et travailleur, sous la coupe d’une femme illettrée et complexée par des origines nomades. La ferme a prospéré sous l’impulsion de la maîtresse de maison mais le destin de ses enfants a échappé à la mère abusive…

 

Nous découvrons au fil des lignes, la vie de paysans blancs qui s’enrichissent au détriment des populations locales, dans une nature merveilleusement décrite par l’écrivain. La vieille femme analyse les comportements des uns et des autres avec un œil critique mais bienveillant. Les secrets de famille n’ont pas été levés du vivant de ceux qui les détenaient, elle doit mourir avec des suppositions et des quasi-certitudes. Son existence a été celle d’une vieille fille qui a vécu dans l’ombre des autres, par procuration. Au soir de sa vie, aucune aigreur ne vient altérer ses souvenirs. Sa vie contemplative l’a nourrie et enrichie.

"Pays pauvre, pays rude, pays chéri. Comment ai-je pu vivre ici toute ma vie sans jamais te regarder, ou si peu, me contentant de temps à autre de coups d’œil furtifs qui m’ont laissée inassouvie… Pays pauvre, terre aride, pays rude peuplé d’arbustes rabougris, de pierres, de cours asséchés et de sources stagnantes… Pays ou le pardon n’existe pas…"

 "J'ai trop de souvenirs, dit-elle. Toute ma vie, j'ai eu trop d'occasions de regarder, d'écouter, de voir, d'entendre et de me souvenir. Je n'ai pas fait exprès d'emmagasiner toutes ces connaissances et je n'ai pas demandé à les retenir mais aujourd'hui que me voici arrivée au soir de ma vie, je considère toute cette sagesse et je me rends soudain compte qu'elle est loin d'être vaine"    
   nullC'est un livre dépaysant d'où se dégage une grande sérénité.
 
Un très beau moment de lecture en compagnie d'une femme dont l'auteur nous offre un portrait particulièrement réussi.

Karel Schoeman a obtenu pour ce livre le plus grand prix littéraire d’Afrique du Sud : le Prix Herzog
 

 Un coup de coeur aussi pour Colette (Landibiblog)

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 23:11

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Robert Laffont - 2007 - 380 pages
 

Nous sommes sur la côte Bretonne, du côté de Dinard. Les quatre enfants des Guéridel, des garçons nommés Benoît, Lunaire, Guinoux et Simon, sont en proie chaque nuit à de violents cauchemars. Enogat, leur maman leur interdit de s’approcher de la mer, étrange… Lunaire, le plus audacieux, décide de percer le mystère de son rêve qui le mène, chaque nuit, sur le pont d’un bateau où il se passe des choses épouvantables. Il décide de noter au réveil les détails de son cauchemar, d’une précision étonnante (le nom de membres de l’équipage, par exemple).  Avec ces éléments, il se lance dans une véritable enquête et rencontre des personnes qui lui permettent, peu à peu, de dénouer les fils de son propre rêve, mais aussi ceux de ses frères. Je n’en dirai pas plus…

 

Voilà un roman original et captivant ! Roman d’initiation et d’aventure, avec une touche de fantastique, l’ancre des rêves comporte aussi une dimension historique : l’enquête de Lunaire nous mène dans l’univers des marins pécheurs de Terre-neuve à la fin du XIXème. Par l’immersion dans le rêve de Guinoux, nous vivons également un épisode terrible de la grande guerre. On ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman foisonnant aux multiples personnages. Attention toutefois de ne pas s’égarer ! J’ai presque regretté de ne pas avoir noté au fur et à mesure le nom des personnages et leur filiation car il m’a fallu revenir plusieurs fois en arrière pendant ma lecture. C’est un roman qui aborde principalement la problématique du secret de famille qui se transmet de génération en génération et par des moyens détournés si on tente de le dissimuler.

 

J’ai ce roman dans ma bibliothèque depuis deux ans environ. Je l’avais acheté suite à de nombreux billets élogieux sur les blogs. Gaëlle Nohant tenait à l’époque un blog « le café littéraire de Gaëlle ». Le blog n’est plus alimenté depuis fin 2007. Je ne sais pas si quelqu’un a de ses nouvelles ? C’est grâce à Bladelire que ce très bon premier roman est sorti de ma PAL. Mais pourquoi y était-il resté si longtemps ?

 

Lecture commune avec Kali et Bladelor

    objectif_pal







1/34 (je démarre enfin...)

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 16:58
















Phébus - 288 pages - Aout 2009


"J'étais la fille du Menuisier, je le savais. Jeanne, malgré sa folie, était plus normale que moi, côté filiation. Elle le nommait. Pas moi. Nous n'avions pas de mots l'un pour l'autre. Notre lien était un long fil continu que personne ne pouvait voir. Aucun mot ne s'y accrochait comme le font les notes sur une portée. Nous-mêmes en étions ignorants, seulement soupçonneux de sa présence tenace."

  

La narratrice est née sur le tard dans une famille où elle n’était pas la bienvenue. Nous sommes en Bretagne dans les années 50. Entourée d’une sœur souffrant d’un handicap mental, d’une mère triste et d’un père peu causant (surtout avec elle), son enfance est d’une monotonie à mourir. La seule personne un peu gaie qu’elle côtoie est sa grand-mère Mélie. Pour s’occuper, Marie s’évade par les livres, regarde inlassablement une photo accrochée au mur : celle d’un jeune enfant, le frère de sa mère, mort alors qu’il était enfant. La mort l’obsède, notamment celle des enfants. L’hiver elle vit à Brest, son père travaille à l’arsenal. L’été, elle le passe dans un « penn-ti »(petite maison), non loin de la mer. Un endroit qu’elle aime, mais que ses parents sont contraints de vendre alors qu’elle a neuf ans. Elle travaille bien à l’école, son père est fier d’elle, bien que le manifestant peu.

 

Ce livre relate les souvenirs d’enfance de la narratrice. J’y ai retrouvé bon nombre de souvenirs similaires aux miens. Plus jeune qu'elle d’une petite décennie, j’ai grandi également dans le Finistère. Pas une fois je n’ai eu à regarder la traduction des mots bretons qui se glissent dans le texte. Bien que ne parlant pas le breton, je les connais, je les ai entendu dans mon enfance. Mais il serait bien réducteur de limiter ce livre à un recueil de souvenirs car c’est bien plus que cela. Marie relate avec pudeur et douleur la longue enquête familiale qui l’a conduite à la découverte des lourds secrets du « Menuisier » (elle ne le nomme qu’ainsi). Cette quête fut difficile mais elle était vitale. Marie sentait inconsciemment qu’elle portait en elle le poids d’un passé qui, malgré elle, influençait ses choix de vie. Il lui fallait connaître l'histoire de sa famille.

 

Les regrets, exprimés ou sous-entendus, rendent le récit profondément émouvant. Marie s’en veut de n'avoir rien tenté pour aller vers son père, refusant même de répondre aux tentatives de rapprochement qu’il manifestait vers la fin de sa vie. Il n’a peut-être pas su qu’elle l’aimait, ça la rend inconsolable. C’est une lecture prenante et très éprouvante. L’écriture est d’une grande finesse, les mots d’une justesse incroyable. C’est un très beau livre dans lequel bon nombre d’entre nous se retrouveront. Ne sommes-nous pas tous plus ou moins marqués par notre passé familial ?

null     Un récit bouleversant.

  Ils ont été bouleversés,  eux-aussi : BellesahiYvon - Cuné - Cathulu - Aifelle
  Esmeraldae à un ressenti différent. 
  
 Merci à Cathulu.

Challenge du 1% littéraire 2009

3/7

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 16:43

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Gallimard 2009 - 247 pages


Avant de vous dire à quel point j’ai aimé ce livre, quelques mots d’Anne Wiasemsky et de sa famille. Anne est la petite fille de l'écrivain François Mauriac. Sa mère, Claire Mauriac (la fille de François) s’est mariée en 1946 avec le prince Yvan Wiasemsky dont la famille avait fui la Russie à la révolution. De cette union sont nés Anne et son frère Pierre. C’est l’histoire de la rencontre de ses parents qu’Anne nous raconte dans « mon enfant de Berlin », offrant à ses parents défunts un merveilleux cadeau.

 

Nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale, période durant laquelle la jeune Claire a occupé avec beaucoup de courage la fonction d’ambulancière de la croix rouge. Elle pourrait maintenant se marier et mener la vie conventionnelle qui s’offre à elle. Mais comment reprendre le cours normal d’une vie après une période aussi difficile qu’exaltante ? Quand la Croix-rouge lui propose une mission à Berlin,  elle n’hésite pas une seconde et rejoint un Berlin dévasté. Une nouvelle fois elle fait preuve de beaucoup de détermination et d’humanité. De solides liens d’amitié se nouent avec ses camarades de la Croix-rouge. C’est aussi à Berlin qu’elle rencontre l’amour.

 

J’ai vraiment adoré ce roman ; J’y ai retrouvé des personnages entrevus précédemment dans « Hymne à l’amour », « Jeune fille » et « Une poignée de gens ». Au fil de ces lectures, j’ai pu reconstituer en partie le puzzle familial absolument passionnant de la romancière (il n’est sans doute pas complet, j’espère que d’autres livres suivront !).  Des lettres de Claire à ses parents et des extraits de son journal intime s’intercalent habilement dans le récit.  On s’attache immédiatement à la jeune femme affectueuse mais indépendante, qui se surpasse constamment en dépit de terribles migraines. Elle déploie de gros efforts pour « vendre » à ses parents un mariage qu’ils ne peuvent que désapprouver. Les parents du jeune homme sont issus d’une famille noble certes, mais étrangère et fauchée ! On entrevoit les difficultés qui seront les siennes plus tard en épousant un homme aussi différent à tous points de vue, y compris dans les goûts (Anne Wiasemsky aborde cette relation dans « hymne à l’amour »).  La description de ce que fut Berlin après la guerre m’a beaucoup intéressée. Où, plus qu’à Berlin se sont manifestées les terribles séquelles de la guerre ?
nullJe commence donc ma découverte de cette rentrée littéraire par un coup de cœur !


Pour voir la photo des parents d' Anne le jour de leur mariage, rendez-vous sur le site de Bibliobs

Un gros coup de coeur pour  Malice et Clarabel

 Lilly n'a pas du tout aimé
Challenge du 1% littéraire 2009 

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 21:18
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Le serpent à plumes - 318 pages - traduit du Suédois

Un jour, lors d’une promenade avec ses deux enfants sur la plage de son enfance, Ulrika fait une découverte macabre : une tête de squelette. La jeune femme se remémore les étés d’autrefois et notamment la camarade de jeu qu’elle retrouvait chaque été. Belle et intelligente, du moins aux yeux d’Ulrika, Anne-Marie possédait une famille fascinante. Un été (le dernier qu’elle passera en leur compagnie), la famille tant admirée explosera suite à la disparition mystérieuse de leur petite  fille adoptive…

 

Kristina est une jeune femme "sauvage" qui ne supporte pas la présence des humains. Elle ne trouvera une certaine sérénité que lorsqu’elle vivra seule, dans une cabane de bord de mer, occupant ses journées à se promener en Kayak le long des plages, s’arrêtant dans des criques isolées pour y chercher des trésors marins (galets, plumes…).

 

Alternativement, les histoires d’Ulrika et de Kristina nous sont contées. Peu à peu nous entrevoyons le lien qui peut unir les deux personnages, sans comprendre jusqu’à la fin, toutefois, ce qui a pu se passer réellement. 
Une ambiance de bord de mer, du suspense, des souvenirs d’enfance qui refont surface, ce livre avait tout pour me plaire et je l’ai dévoré. Le personnage de Kristina m’a émue, son univers envoûtée. J’ai retrouvé chez Ulrika des souvenirs d'adolescence similaires aux miens. Je me suis fondue avec délice dans l’ambiance à la fois vivifiante et feutrée de l’histoire (étrange, d’ailleurs, comme mélange…). C’est ma lecture de vacances préférée cette année.

 les avis enthousiastes de :Cathulu ; Karine ; Cuné ; Anne ;

 Du serpent à plumes j'ai lu et beaucoup aimé également, en début d'année, Finningan et moi.

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 07:15

 Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates
Traduit de l'anglais - Nil Editions 2009 - 390 pages

Le personnage principal de ce roman épistolaire est une jeune femme écrivain. Vive, spontanée et pleine de vie en dépit d’un passé douloureux, Juliet nous entraîne dans de passionnantes aventures, au travers de lettres pleines de charme que l’on parcourt avec délice. Avec qui correspond cette charmante personne ? Avec son éditeur, des amis, un admirateur mais surtout avec les membres du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Guernesey. Nous sommes en 1946. La guerre vient de se terminer, les gens sont traumatisés par ce qu’ils ont vécus. Ils ont besoin de parler …

 

Ce cercle littéraire est bien plus qu’un club de lecture. Entre ses membres s’est formé une solidarité, une amitié sans faille que la période douloureuse de la guerre, vécue ensemble, aura renforcée. Juliet apprend à les connaître au travers des lettres échangées. Le désir de se voir « pour de vrai » se manifeste bien vite… Juliet fait sa valise et se rend sur l’île, où les habitants l’accueillent à bras ouverts et lui donnent matière à écrire un nouveau livre. La deuxième partie du roman est centrée sur l’histoire des habitants et plus précisément sur le rôle joué par une jeune femme, Elisabeth, pendant cette douloureuse période de l’occupation. Par son courage, elle a marqué les membres du cercle littéraire. Grâce à elle, Juliet fera prendre à sa vie un nouveau tournant… 

Il est question de littérature, de l’amour des livres et de la découverte d’une tranche de l’histoire, évoquée de façon originale et captivante. On meurt d'envie en refermant le livre, d’aller faire un petit tour du côté de Guernesey. Comme d'autres, j'ai pensé pendant ma lecture à "84, Charing cross road", autre roman épistolaire absolument délicieux.

Une très chouette lecture, qui fait (presque) l'unanimité dans la blogosphère :

Lilly, Lily ClarabelTamara, Michel, Karine, Anne, Papillon, Joelle et bien d'autres...



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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 23:01

Nous étions les Mulvaney






Stock 1999 - Traduit de l'anglais (Etats-unis)

Le thème de blogoclub pour cette édition : La famille








« Mais ce document n’est pas une confession. Absolument pas. J’y verrais plutôt un album de famille. Comme maman n’en a jamais tenu, totalement véridique. Comme la mère de personne n’en tient. Mais, si vous avez été enfant dans une famille, quelle qu’elle soit, vous en tenez un, fait de souvenirs, de conjectures, de nostalgie, et c’est l’œuvre d’une vie, peut-être la grande et la seule œuvre de votre vie. » 

 

Nous sommes dans les années 60, à Mont Éphraim, une petite ville de l’état de New-York. Les Mulvaney forment une famille unie et respectée. Michael, grâce à son dur labeur, fait prospérer son entreprise de bâtiment pendant que Corinne, son épouse, s’occupe de leurs quatre enfants,  dans une jolie ferme en pleine nature. Le couple s’entend à merveille en dépit de quelques différents concernant le rapport aux autres. Michael a un grand besoin de reconnaissance, il aime les mondanités et recherche la fréquentation des notables de la ville. Corinne, un peu excentrique, préfère la compagnie des animaux et de ses chères antiquités. Sa famille lui suffit (avec dieu, qui occupe une grande place dans sa vie). Les enfants, trois garçons et une fille, vivent une enfance dorée et reçoivent une éducation qui force l’admiration. Une famille parfaite ? Certes non… Un évènement dramatique vécu par l’un des enfants dévoilera les failles des uns et des autres.

 

Voilà une belle fresque familiale, racontée par le plus jeune des enfants, qui m’a fait passer de très bons moments. Dans les années fastes de la famille, j’ai adoré l’ambiance de cette demeure familiale qui respire la joie de vivre. Le personnage de Corinne m’a beaucoup plu, j’ai aimé l’imaginer en salopette et en bottes en plastique nourrissant les animaux ou bricolant les antiquités dans la grange. Son époux m’a nettement moins emballé, et ceci dès le départ. La suite des évènements me confortera dans mon ressenti premier. Quand le « quant dira t’on » se déchaînera en ville,  sa vraie nature se révèlera au grand jour. Même si son propre passé familial explique en partie son comportement, il est impardonnable.  Quant à Corinne, elle aussi me décevra, par la lâcheté dont elle fera preuve, l’amour pour son mari ne justifiant pas tout…

 

Quant aux enfants, ils sont les grandes victimes de la déchéance familiale, notamment Marianne, qui paie très lourdement la lâcheté de ses parents. Sans doute aurait-t-elle pu réagir autrement, ruer dans les brancards plutôt que de subir les évènements.  Mais pour comprendre la réaction des uns et des autres, il faut replacer l’histoire dans son contexte de l’époque : une Amérique puritaine qui exacerbe la culpabilité des uns et l’hypocrisie des autres. nullCet aspect historique du roman est passionnant. 

J’ai dévoré les sept cent pages sans m’ennuyer un instant, admirant l’analyse psychologique très fine des personnages. Pas de doute, Joyce Carol Oates, que je découvrais avec ce roman, est un très grand auteur américain que je relirai avec plaisir.

Les avis de : Cléanthe ; Françoise ; Ori ; Keisha ; Manu ; Denis ; Lisa ; Thais ; Papillon ; Gambadou ; Martine ; Marie Jumy ; Soie ; Thracinee ; Grominou ; Taylor ; Chimère ; Armande ; Nina ; Catherine (biblioblog) ; Kali ; Lapinoursinette ; George ; Delphine ; Katell ; Karine
Autres lectures (Du même auteur)
Délicieuses pourritures :
Kathel ; Praline ; Ankya
Viol : Stephie ;
Nulle et grande gueule :
Alice ; Annie
Je vous emmène : Annie

d'un autre auteur - sur le thème de la famille
Lou : La troisième Miss Symons de Flora M. Mayor
Nanne : Malavita de Tonino Benaquista
Karine : secrets de famille - Louisa May Alcott
Flo : Sexy

Prochaine lecture commune : la tournée d'automne de Jacques Poulin (pour le 1er septembre)
Autre date à retenir, le 1er novembre : une lecture libre autour de Boris Vian

N'hésitez pas à vous manifester si je vous ai oublié !
  

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 23:14


Editions Le passage - 2009 - 316 pages

Un professeur de français, visitant le camp de concentration de Buchenwald avec ses élèves, se trouve face à la photo d’un homme qui ressemble étrangement à son propre père. Le besoin de savoir QUI est cet homme s’impose à lui. Au terme d’une enquête approfondie qui le passionne tout autant qu’elle le bouleverse, il comprend enfin d’où provient la violence qu’il contient avec peine depuis sa plus tendre enfance.

 

Des romans évoquant la shoah, j’en ai lu beaucoup. J'ai pourtant de plus en plus de mal à faire face à l'horreur absolue. Le passage évoquant le camp de concentration de Buchenwald est extrêmement fort. Sa lecture m’a coûté, je dois l’admettre. J’ai toutefois classé le livre dans mes coups de cœur car il forme un tout passionnant. C’est un roman qui mêle la petite et la grande histoire, permettant de rendre moins abstraite cette terrible page de l’histoire. L’enquête familiale, habilement menée, humanise le récit. Il m’aurait été encore plus pénible, sans cela, de lire le passage racontant la descente aux enfers de l’homme de la photo. Passionnante aussi, l’enquête sur les nazis et le parallèle entre violence individuelle et collective.
 

Récemment j’ai eu un autre coup de cœur pour un livre évoquant la shoah : "le remplaçant" d’Agnès Desarthe. J’ai relevé quelques points communs entre les deux livres. Tous deux sont écrits par des membres de la troisième génération, subissant les séquelles de l’histoire familiale de façon insidieuse. Leur comportement, leur caractère, leur façon d’aborder la vie sont conditionnés par un lourd héritage. La page n’est pas tournée, ils ont besoin de trouver des réponses aux questions qu’ils se posent. Dans "L'origine de la violence", un membre de sa famille conseille au narrateur de ne pas remuer le passé pour ne pas s'y perdre, mais on comprend vite que pour lui, la démarche est vitale. 
 

Un roman intelligent et percutant sur le sujet hélas inépuisable de la violence humaine.


   Clarabel ; Papillon et Lily ont beaucoup aimé
   Anne et Yv beaucoup moins.
Lu pour le 

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