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Chers visiteurs, bonjour !

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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 22:34

 

  Pol - 1995 - 165 pages / existe aussi en poche (Folio)

Au salon du livre ce Carhaix, sur le stand de la petite maison d'édition Diabase, j'ai acheté un peu par hasard, un livre d'entretiens réalisés avec Charles Juliet (par la co-éditrice). Une participante de mon comité de lecture et admiratrice de l'auteur, après avoir lu mon compte-rendu du salon, m'a prêté le récit autobiographique "Lambeaux". Parmi le groupe de lecture que nous sommes, elle était la seule à avoir lu cet auteur pourtant talentueux et que l'on étudie maintenant au lycée.

 

 On peut mettre une vie entière à tenter de guérir des blessures de l'enfance. C'est le cas de Charles Juliet. Séparé de sa mère à l'âge de 3 mois, il a découvert son existence le jour où elle quittait ce monde. Il avait huit ans. Sa famille d'accueil, pourtant très aimante, ne pourra éviter la culpabilité de Charles vis à vis de sa mère biologique dont le destin a basculé en tragédie, un peu par sa faute à lui. Elle n'a pas supporté psychologiquement la naissance de ce quatrième enfant non désiré.

 

Dans une première partie, il dresse le portrait de cette mère qui rêvait d'un destin différent de celui des paysans laborieux de l'époque. Elle a fini ses jours dans un hôpital psychiatrique, dans des conditions effroyables. La seconde partie est consacrée à la propre histoire de l'auteur. Il nous raconte son enfance auprès la mère adoptive qu'il a aimé plus que tout. Il évoque aussi son adolescence perturbée et sa difficulté à se construire.

 

C'est un récit épuré qui raconte la souffrance de deux êtres qui se cherchent. Les mots sont soigneusement choisis, l'écriture est belle et classique. A noter, l'utilisation du "tu" qui surprend toujours un peu, mais que personnellement j'aime beaucoup. Ce "tu" interpelle le lecteur, ce qui va être dit sera très fort. C'est une lecture qui donne envie d'en savoir plus sur un homme qui a réalisé, pendant des années, un long travail d'introspection avant d'atteindre la sérénité à laquelle il aspirait.

 

Deux extraits pour la beauté de l'écriture et la profondeur des propos :

 

"Un jour, il te vient le désir d'entreprendre un récit où tu parlerais de tes deux mères

l'esseulée et la vaillante
l'étouffée et la valeureuse
la jetée-dans-la-fosse et la toute-donnée.

Leurs destins ne se sont jamais croisés, mais l'une par le vide créé, l'autre par son inlassable présence, elles n'ont cessé de t'entourer, te protéger, te tenir dans l'orbe de leur douce lumière.
Dire ce que tu leur dois. Entretenir leur mémoire. Leur exprimer ton amour. Montrer tout ce qui d'elles est passé en toi."

 

"Depuis cette seconde naissance, tout ce à quoi tu aspirais mais qui te semblait à jamais interdit, s'est emparé de tes terres: la paix, la clarté. la confiance, la plénitude, une douleur humble et aimante. Parvenu désormais à proximité de la source, tu es apte à faire bon accueil au quotidien, à savourer l'instant, t'offrir à la rencontre. Et tu sais qu'en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu'elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie" 

 

Je n'ai pas encore attaqué le livre d'entretiens mais je  me réjouis à l'avance de ma lecture.

 

Merci à Marie-Cécile.

 

L'avis de Florinette

 

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 00:00

Actes sud 2004 -374 pages 

L'histoire est celle d'une rencontre entre deux êtres : un enfant psychotique nommé Orion et sa psychothérapeute, Véronique. Au fil des pages, nous découvrons deux êtres d'une richesse hors du commun. Véronique a subi plusieurs drames dans sa vie. Après une grave dépression elle s'est reconstruite. Orion est torturé par des crises d'angoisse qui le "chambardifient", selon son expression.  Son monde intérieur est extraordinaire et ses talents artistiques exceptionnels. Véronique l'aide à valoriser ses compétences tout en soignant son anxiété grâce aux "dictées d'angoisse" qui s'imposent quand "le démon de Paris et ses chevaux blancs" s'emparent de lui.  Nous suivons l'évolution d'Orion sur les dix années que lui consacre Véronique. Nous écoutons les doutes de cette dernière, nous la suivons dans sa vie personnelle où Orion prend peu à peu une place importante.

 

L'histoire s'intensifie au fil des pages, il faut donc être un peu patient durant les premiers chapitres, le temps que la relation s'installe entre le malade et sa "psy". Je n'ai pas de fibre artistique particulière mais les œuvres réalisées par Orion m'ont énormément touchée. La description qui en est faite les rendent si vivantes que l"imaginaire les visualise. Je me suis laisser emporter dans l'univers d'Orion, où folie et création se rejoignent pour le meilleur et pour le pire. J'en suis revenue bouleversée.

 

A ceux qui ont lu "le boulevard périphérique", je dirai que l'écriture est aussi belle et l'histoire encore plus prenante. A ceux qui n'ont jamais lu Henry Bauchau, je ne saurai trop leur conseiller de le faire ! C'est l'une des plus belles plumes que j'aie lue ces dernières années (avec celle de Philippe Claudel). Je trouve d'ailleurs injuste qu'Henry Bauchau soit si peu connu, et reconnu. Vu son grand âge (93 ans), il serait temps...
 




Une plume magistrale… Un gros coup de coeur !




Pour en savoir plus sur l'auteur

Elles ont beaucoup aimé ce livre : Camille Béatrix Chimère

Merci à Cathe (qui m'avait donné envie de le lire) et à Magali, qui m'en a offert la possibilité.
 

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 01:02


Actes Sud 2004 238 pages
Dès les premières lignes, j'ai ressenti une forte proximité avec le narrateur, comme si j'étais assise près de lui et qu'il me contait son histoire. Les digressions sont nombreuses, tout comme dans une conversation, mais grâce à l'habilité d'Auster on ne perd pas le fil. Mieux vaut tout de même être un minimum concentré car plusieurs histoires d'emboîtent les unes dans les autres (ce que l'on appelle savamment une mise en abyme). Je vais tenter de vous résumer le livre en essayant de ne pas vous perdre en cours de route (Je n'ai pas le talent de Paul Auster, moi !)

 

Le narrateur, lors d'une de ses promenades journalières, découvre une toute nouvelle papeterie dans laquelle il achète un carnet qui l'attire irrésistiblement. En rentrant chez lui, ce carnet tout neuf lui donne l'envie immédiate de se lancer dans l'écriture d'une fiction. Nous suivons parallèlement l'histoire du narrateur et celle du personnage de son roman, qui lui-même est plongé dans la lecture d'un roman qui s'appelle "la nuit de l'oracle. Trois romans dans un, donc ! Ce qui bien vite trouble notre narrateur, c'est que les idées lui viennent à l'esprit sans qu'il ait à réfléchir vraiment, comme si l'histoire s'imposait à lui, comme tout comme s'est imposé l'achat du carnet… S'en suit une série de coïncidences entre sa propre vie et l'histoire qu'il écrit...

 

Ce livre permet une réflexion sur création littéraire. Où l'écrivain puise t'il ses idées ? Quel est la part de l'inconscient dans la création littéraire ? C'est un roman intelligent, mais non moins distrayant. En tant que lecteur, nous sommes partie prenante. Nous entrons dans l'histoire, presque hypnotisés, troublés par les coïncidences qui se présentent à nous. J'ai beaucoup aimé la fin, qui donne un éclairage nouveau au couple formé par Sydney et son épouse.
 

Du grand art…

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 23:16

Actes Sud - 2008 260 pages

Le narrateur est un homme d'une bonne soixantaine d'années qui emprunte chaque jour le boulevard périphérique afin de se rendre au chevet sa belle fille malade, pour laquelle il éprouve une grande affection. Paule est atteinte d'un cancer et ses chances de s'en sortir sont quasi-inexistantes. La famille a choisi de laisser croire à la jeune femme qu'elle est sur la voie de la guérison. Durant cette même période, le narrateur repense à Stéphane, son grand ami de jeunesse, mort en 1944 dans des circonstances assez troubles. Un troisième personnage occupe ses pensées. Il s'agit du responsable de la mort de son ami, un officier nazi au chevet duquel il a été appelé alors que ce dernier était mourant. Lui aussi était fasciné par Stéphane… 


Je me suis demandée au départ s'il y avait un point commun entre les deux histoires. Je n'en vois pas vraiment, si ce n'est qu'elles évoquent toutes deux la mort cruelle d'un être jeune. Les deux parcours sont très tristes, mais superbement racontés par un homme qui éprouve le besoin de revisiter son passé à une période douloureuse de sa vie. L'histoire de Stéphane n'est pas simple à saisir, il m'a fallut attendre la fin du livre pour la comprendre vraiment. Les passages évoquant l'amitié des deux hommes sont très belles. Stéphane avait initié le narrateur à l'alpinisme et au dépassement de soi. 

J'ai aimé ces deux histoires entremêlées mais tout autant les réflexions que nous livre le narrateur alors qu'il fait le bilan d'une existence et évalue ce qui lui reste à vivre. Il est question d'amour et d'amitié, de jeunesse et de vieillesse mais aussi de la difficulté que peuvent avoir un père et fils à communiquer. C'est un livre où il est question de la vie mais aussi de la mort, celle qui frappe en pleine force de l'âge ou que l'on voit arriver parce que l'heure approche. Ce n'est pas une lecture facile car très foisonnante. On suit les pensées du narrateur qui parfois s'échappent et divaguent. On peut imaginer (surtout après avoir lu sa biographie) que les pensées sont celles de l'auteur autant que celles du narrateur.

Certains
passages sont de petites merveilles. Je vous en livre un, mais comme j'ai eu du mal à choisir, d'autres suivront.


Extrait :

"Je
suis sans doute à ses yeux un père qui écrit des livres qui n'ont trouvé que peu de lecteurs et il doit se demander pourquoi j'y consacre tant d'effort et de temps. Je suis le père sans argent. Pourquoi pas ? Mais dans sa structure intime le père est celui qui peut aider. Qui peut aider avec de l'argent. A ce moment de désolation, je sens une main qui cherche la mienne, une main qui me semble glacée et qui veut se réchauffer dans les miennes. Je prends la main de Paule dans mes mains, il n'y a pas de paroles."


A noter aussi :

- le livre est très agréable à lire par son format (Actes sud), la texture et la couleur du papier (écru) la police et la taille de l'écriture (juste comme j'aime).
- L'illustration de couverture est un pastel de l'auteur.
- Henry Bauchau n'est pas un débutant. Il a 95 ans et a écrit de nombreux ouvrages. Il me semble pourtant qu'il est assez peu connu.
- Ce livre a obtenu le Prix-Inter 2008

L'avis de Sentinelle et de Bellesahi


Une approche biographique très intéressante d'Henry Bauchau. 
 

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 05:27

     Editeur : L’Olivier -  2008 -  Traduit de l'américain - 256 pages


La première phrase :

Quand il se réveillait dans les bois dans l'obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l'enfant qui dormait à son côté.   

 

Dans un paysage post-apocalyptique, un père et son fils cheminent vers le sud, poussant devant eux un caddie. Comptant parmi les survivants d'une catastrophe (mais on ne sait laquelle), ils luttent chaque jour vivre jusqu'au lendemain. Ils traversent des paysages de désolation, couverts de cendre, où plus rien ne pousse. Trouver de la nourriture relève de l'exploit et ils doivent prendre garde de ne pas croiser les méchants… 
 

L'homme ne baisse pas les bras, mettant un point d'honneur à transmettre au petit les valeurs qui sont les siennes. L'enfant au fil des épreuves acquiert une maturité hors du commun sans perdre pour autant sa fraîcheur et sa pureté d'enfant. Les échanges entre eux sont brefs mais très intenses. Un grand amour les unit et leur complicité grandit au fil des jours.  L'avenir est inimaginable. Ou plutôt si, il ne l'est que trop, mais le père se résout pas à l'admettre. Alors ils avancent vers la mer avec un espoir insensé. Il a promis au petit qu'ils resteraient toujours ensemble, mais saura t'il prendre les dispositions qui s'imposent le moment venu ?   

 

La construction et le style sont d'une grande sobriété. Pas de superflu. Les chapitres sont inexistants, les phrases sont courtes, les dialogues se passent de tirets et de guillemets. Ce qui importe c'est l'amour qui unit le père et son fils. J'ai été fascinée par ce livre au point de le lire deux fois, une fois ne me suffisait pas pour accompagner comme il se doit ces deux êtres qui luttent et se débattent afin de rester des hommes dignes de ce nom. La fin est à l'image du récit, d'une grande humanité.

  

   Un récit dépouillé, superbe. 

 

      Une adaptation de ce film existe (photo ci-dessous). 
      En savoir plus :  
ICI


    Merci à Cathe de m'avoir donné envie de lire ce livre

   
Ils ont également beaucoup aimé : 
  
 
Essel Laurent Pascal Amanda Philippe Bellesahi
    DASOLA a une autre vision du livre.
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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 23:49



Robert Laffont 2007 - 133 pages


L'histoire débute par une lettre, adressée à Mattéo et dont voici les premières lignes : "Venez, écrit-il. Sabine, Léa et toi. Venez ensemble ou alors viens seul. Flora va mourir d'un cancer…"
 
Après la lecture de cette lettre, Matteo se plonge dans ses souvenirs. Jeune émigré italien, son père le rejetait. Sa mère laissait faire, sans doute  par lâcheté. Là-bas en Italie, vivait la tante Flora. Elle lui écrivait  souvent et attendait impatiemment ses rares visites. Mais cet amour, trop éloigné par la distance, ne suffisait pas à adoucir son enfance. 
-

Adulte, il tente d'oublier cette époque douloureuse de sa vie, mais une agression, subie dans le cadre de son métier de chauffeur de bus, l'affaiblit physiquement et moralement, faisant resurgir le passé. Il se met à boire et à délaisser sa femme et sa petite fille. Quand il reçoit la lettre, un sursaut d'énergie le pousse à filer en Italie retrouver Flora… 

-
C'est un petit livre tout simple en apparence, qui évoque au travers de personnages "écorchés de la vie",  des existences gâchées par les non-dits. Je suis sortie de ma lecture sonnée par un dénouement que je n'ai pas vu venir et qui m'a émue au point qu'il m'a fallu deux heures pour trouver le sommeil.
 Je ne veux pas en dire davantage pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui seraient tentés par cette histoire poignante.
-
A lire d'une traite pour ne pas perdre en émotion…

   L'avis de Cuné et de Biblioblog
  L'interview de l'auteur par Biblioblog
   '

 

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 00:50

Intervista, coll. Les mues, 2007
Nous sommes à Batenda, ancienne colonie européenne. Irina a 101 ans, déjà. Au terme d'une vie remplie de drames, de frustrations et de bonheur mêlés,  elle a atteint une forme de sérénité. Auprès d'elle, sa petite fille Susan  n'est  pas là  par hasard...
 

C'est un petit livre tout en douceur, un brin nostalgique et délicieusement féminin, à l'image de ce gâteau café-café dont la recette nous est dévoilée peu à peu, tout comme l'histoire d'Irina, racontée tantôt par la vieille femme, tantôt par sa petite fille. Illustrissime, ce premier roman ? A l'échelle de la blogosphère, sans aucun doute et le succès de ce gâteau enchanteur est bien mérité. 
 

Pour un gâteau de huit convives, compter trois paquets de thé brun, 125 g de beurre fin, de Normandie de préférence, sept cuillères à bouche de sucre en poudre …

live-voyageur.gifJ'offre à Moustafette, qui m'a envoyé ce roman alors qu'il avait fini sa carrière de livre-voyageur, une belle part de gâteau café-café

gateau-au-caf-.jpg

La photo est de Mamie Caillou :
http://mariecaillou.cuisineblog.fr/3604/Gateau-The-Brun/
un texte de recette illustré de cette même photo :
http://5h12.wordpress.com/2007/12/07/la-recette-du-bonheur/
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 00:04

Ce qui est passionnant dans ce livre, c'est qu'il mêle la petite et la grande histoire. Je ne peux pas résumer en quelques lignes cette formidable épopée familiale, je me contenterai donc de quelques faits principaux.

 Amos Oz est né en 1939 de parents qui ont fuit l'Europe avant sa naissance pour cause d'antisémitisme. Leur vie d'avant nous est contée, ainsi que celle de leurs ancêtres qui vivaient en Russie et en Pologne. Les deux parents d'Amos, issus de milieux bourgeois, étaient très cultivés,  parlaient plusieurs langues couramment…

Quand la famille d'Amos Oz arrive à Jérusalem, "vomie par l'Europe", (j'ai lu cette expression quelque part), il lui faut d'abord accepter le décalage entre le paradis tant espéré et la réalité d'une ville sale et pauvre. La littérature, qui occupe une grande place dans la famille, lui permet de tenir le coup.

Dans ce cocon protecteur (trop ?), Amos Oz vit une petite enfance plutôt heureuse. Enfant unique, il est porteur de toutes les espérances. Mais peu à peu, une fêlure se produit. Cette fêlure, c'est l'état dépressif de la maman d'Amos. Le lecteur assiste à la dégradation du moral de cette femme et accompagne Amos dans le questionnement qui suit son suicide, terrible choc pour lui. A l'adolescence, il choisit de tourner le dos au modèle familial pour aller vivre en communauté au Kibboutz, contre l'avis de son père, intellectuel de droite.

  

Ma lecture de ce livre s'est faite en quinze jours. Le soir je me plongeais dans le récit de cet homme, j'y pensais au cours de la journée et j'avais hâte de m'y remettre le soir. Il faut toutefois que je vous avoue que la lecture des cent premières pages a été laborieuse. Mais peu à peu, la lecture m'a été plus aisée. Il y a beaucoup d'anecdotes familiales, la narration n'est pas chronologique et quand on connaît mal la littérature juive, dont il est beaucoup question, il faut être attentif pour ne pas perdre le fil. Mais au final quel beau récit ! J'ai désormais une meilleure connaissance de la création de l'état d'Israël et j'ai trouvé passionnante l'histoire de cette famille.

J'ai très envie d'en savoir plus sur Amos Oz. Le récit n'englobe pas toute sa vie mais se concentre sur son enfance et son adolescence. Je sais, pour l'avoir lu dans des articles de presse, qu'il œuvre pour la paix en Israël en préconisant le compromis comme issue au conflit. Espérons qu'il soit écouté…

 

Si un pavé de 540 pages "écrit petit" ne vous effraie pas, que vous aimez les autobiographies et que l'histoire d'Israël vous intéresse, ce livre ne peut que vous passionner.

 

Bonne nouvelle, il existe en poche (peut-être plus pratique, car lire un pavé, au lit, ce n'est pas confortable)

  C'est l'enthousiasme de Cathe pour ce livre qui m'a donné envie de le lire.

  Voir aussi, aujourd'hui-même, l'avis d' Alice très positif également.

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 18:32
  • Editeur : Actes Sud (Collection : Babel)

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Dans cet ouvrage à forte résonance autobiographique, une femme écrivain nous fait vivre les quatre années qu'elle passe à combattre l'autisme de son enfant. Elle consacre ses journées à tenter de le sortir de son enfermement, à apaiser ses souffrances. Pour cela, elle n'hésite pas à entrer dans son monde étrange et effrayant. Refusant l'avis des spécialistes, elle se fie à ses intuitions, alternant les moments d'exaltation quand de petits progrès se font sentir et les moments d'abattement quand l'enfant régresse et que tout s'écroule.
 
Il y a une seconde histoire dans ce livre (une sorte de roman dans le roman) car cette maman, quand elle peut se libérer, essaye d'écrire. Le personnage principal de cette deuxième histoire s'appelle Blanche et sa vie est une tragédie. J'ai eu un peu de mal avec l'intrusion de Blanche dans "Le petit prince Cannibale", sans toutefois que cela gâche ma lecture.
 
Vous l'aurez deviné, j'ai beaucoup aimé ce livre qui parle si bien de l'amour maternel. Etre mère apporte beaucoup de bonheur mais c'est aussi une source de frustrations quand on doit s'oublier pour le bien de son enfant. C'est le choix douloureux de la narratrice quand elle met sa vie d'écrivain entre parenthèses pour se donner corps et âme à un petit prince qui souffre. 

"Il faut, Sylvestre, que j'accepte d'être moins exaspérée par tes crises de violence, ces ornières où tu tombes si souvent. Il faut que j'accepte de ne plus écrire, de remettre mon livre sans cesse à demain avec tout le malaise que cela fait naître en moi. Il faut que j'accepte enfin que tu me prennes tout et que tu ne me donnes presque rien."
 
Il convient de préciser que ce livre n'est pas uniquement un témoignage sur la difficulté d'élever un enfant autiste, c'est aussi une œuvre littéraire à part entière, d'une grande sensibilité.
 
Un livre qu'on ne peut quitter une fois commencé…
 
Merci à Florinette et Anne de m'avoir donné envie de découvrir Françoise Lefèvre Je ne vais pas m'arrêter là avec cet auteur, cela va de soit ! 

Ce livre a obtenu le Goncourt des Lycéens en 1990

 

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:14
éd. Leméac/Actes Sud, collection Babel
L'histoire :
Le personnage principal du roman, c'est "Le chauffeur", c'est ainsi qu'on le surnomme. Il est bibliothécaire ambulant et sillonne la Côte Nord du Québec au rythme de trois tournées par an.
C'est avec tristesse et nostalgie qu'il s'apprête à entreprendre sa dernière tournée. Juste avant le départ, il fait la connaissance de Marie, une femme de son âge. Elle fait partie d'une fanfare. Très intéressée par la tournée du Chauffeur, la fanfare décide de suivre le bibliobus dans sa tournée d'été. L'occasion est donnée au chauffeur de faire plus ample connaissance avec Marie, et de lui faire partager son univers...
 
Mon avis : 
J'ai adoré l'ambiance intimiste et tranquille de cette tournée d'été. Quel joli voyage à travers les petits villages perdus et les paysages somptueux de cette Côte Nord du Québec, que je me suis empressée d'aller découvrir en photos, via le net !
 
 
L'écriture est simple, à l'image de ce chauffeur qui partage avec passion mais simplicité son amour des livres et de son métier. Plusieurs auteurs sont cités. J'ai noté ceux que je ne connaissais pas et retrouvé avec plaisir ceux que j'aime, comme Gabrielle Roy.
 
Un petit détail sympathique pour les amoureux des chats, ils sont très présents car le bibliobus est un ancien camion de laitier !
"Avant de se mettre au volant, il se pencha pour vérifier si quelque chat ne n'était pas blotti sous le camion. Il n'y en avait pas, mais il n'oubliait jamais de vérifier, car le bibliobus semblait avoir gardé de ses origines une petite odeur de lait que les chats étaient les seuls à détecter"
 
Il est question également de la vieillesse et du temps qui passe. Le livre est nostalgique mais plein d'espoir. On découvre à la fin du livre que l'automne d'une vie peut réserver de bien jolis moments.
 
Une très agréable lecture !
 
Un grand merci à Alice et Allie pour m'avoir donné envie de découvrir ce livre. Merci aussi à Lilly de me l'avoir prêté (ce n'était pas si simple pour elle !).
 
 
De très jolis billets sont consacrés aux livres de Jacques POULIN : Chez Alice (dans sa rubrique littérature québécoise, on trouve tous les livres de l'auteur ou presque) et Allie bien-entendu, mais aussi chez Cathe, Anne,  Florinette...
On trouve aussi la Tournée d'automne chez Joelle, Laure et Lilly mais leur enthousiasme est moindre.
 
 
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