Très belle photo d'Olivier Roller, que j'ai empruntée à "Libération Livres". (en cliquant sur la photo, vous accederez à l'article).
Au programme de ce blogoclub du premier mars, une lecture libre autour de Patrick Modiano, qui a obtenu le Prix Nobel de littérature 2014 pour : "L'art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l'occupation".
J'ai proposé aux blogueurs qui le souhaitaient, de s'associer au blogoclub pour cette lecture. Il y aura donc peut-être un peu plus de participants que d'habitude.
J'ai acheté ce roman il y a quelques années à une foire aux livres organisée par ma bibliothèque, me disant qu'un jour ou l'autre, j'aurais peut-être envie de relire Modiano. Les romans de cet auteur ne m'avaient pas complètement transportée à l'époque où je les avais lus. J'étais curieuse de savoir si, avec deux (si ce n'est trois) décennies de plus, mon ressenti serait différent.
Le roman s'ouvre sur un anniversaire, celui d'Odile, 35 ans, mariée avec Louis. Puis, nous remontons le temps, Odile et son mari ont dix-neuf ans. Ils sont aussi paumés l'un que l'autre et ne pouvaient que s'entendre. Un peu naïfs, ils se laissent porter par la vie avec une sorte de nonchalance qui les rend attachants. Tous deux prennent des risques en fréquentant des gens assez louches mais ne semblent pas spécialement inquiets de ce qui pourrait leur arriver. Par chance pour eux (mais peut-être pas pour le lecteur), ils traversent leur jeunesse sans encombre.
J'ai oublié de préciser un détail qui a son importance quand on lit Modiano, nous sommes à Paris. Aucune date n'est donnée mais j'ai imaginé un Paris des années 50 ou 60. Un Paris en noir et blanc, un peu désuet, où le temps s'écoule lentement.
Il ne se passe pas grand-chose dans ce livre, c'est un roman d'atmosphère. En repensant à ma lecture, une quinzaine de jours après l'avoir finie, c'est l'ambiance qui me revient, plus que l'histoire. Il est question du temps d'avant, celui de la jeunesse, qui passe très vite. Ce qui fait dire à Odile, qui fête ses trente-cinq ans, qu'elle a presque l'âge d'être grand-mère.
Les dernières phrases du livre m'ont interpellée. Je les ai lues plusieurs fois car elles semblent résumer le message que veut faire passer Modiano avec cette histoire (le couple a quitté Paris et les embrouilles pour le Sud de la France) :
"Un matin qu'ils suivaient la Corniche, entre Nice et Villefranche, Louis éprouva une curieuse sensation de légereté et d'hébétude, et il aurait voulu savoir si Odile la partageait.
Quelque chose, dont il se demanda plus tard si ce n'était pas tout simplement sa jeunesse, quelque chose qui lui avait pesé jusque-là se détachait de lui, comme un morceau de rocher tombe lentement vers la mer et disparaît dans une gerbe d'écume".
Ce roman m'avait plutôt semblé nostalgique de ce que l'on appelle "la jeunesse", cette période de la vie où l'insouciance et la légereté permettent de vivre au jour le jour, sans trop se poser de questions. Dans l'extrait que je viens de citer, à l'inverse, la jeunesse serait un poids dont il serait bon de se libérer pour être heureux. Ne serait-ce pas un peu des deux ? C'est peut-être ce qu'a voulu dire Modiano et cela me semble assez juste.
Alors, ai-je aimé ces retrouvailles avec Modiano ?
J'ai passé un bon moment, un peu hors du temps, mais je garde tout de même une préférence pour les romans aux histoires plus consistantes.
Je dédie ce billet à Galéa, grande admiratrice de Modiano.
Les avis des autres participants :
Rue des boutiques obscures : Enna - Valérie - Philisine - Nathalie
L'herbe des nuits : Titine - Claudialucia - Juliette
Dora Bruner - Gambadou - Mimi Pinson - Itzama
Dans le café de la jeunesse perdue : Lisa - Florence
Accident nocture : Denis
Dimanches d'août : Hélène - Praline
Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier : Claire-Jeanne
Le 1er juin, le thème choisi est "un auteur de langue allemande". Chacun suggère un titre et nous procédons au vote du titre qui sera retenu. Si vous souhaitez participer au blogoclub, merci d'envoyer un mail à lecturecommune@yahoo.fr