
Editions Cà et là - novembre 2016 - 236 pages
Traduit de l'anglais par Philippe Touboul
Tout porte à croire que nous allons lire histoire gaie avec des personnages amusants. Le titre, le dessin et même les premières pages entretiennent cette impression. La famille Fun est une famille d'apparence heureuse et sans histoire. Pourtant des fêlules existent et nous n'allons pas tarder à les découvrir quand la grand-mère vient à mourir. Le père de famille, accablé de chagrin, s'écroule littéralement. La mère des enfants, vite lassée du laisser-aller de son mari, se rend chez un psy à la mode, un charlatan qui lui donne de mauvais conseils. La spirale négative s'enclenche et aucun membre de la famille n'en sortira indemne

"La famille Fun" est un roman graphique assez perturbant. Le climat qui règne dans ce foyer est malsain. Les parents n'assument pas leurs responsabilité, les enfants partent en vrille (du moins les plus grands) et les psychologues sont des gourous. Nous nous demandons comment tout cela va se terminer, s'inquiétant pour les enfants tout en admirant leur créativité. L'humour est grinçant. Le plus souvent, on ne sait pas si l'on doit rire ou pleurer.
Le dessin n'est pas spécialement esthétique mais il est efficace. La gaieté des couleurs et la rondeur des personnages contrastent avec la déchéance de la famille, ce qui renforce le sentiment de malaise.
J'ai lu que l'auteur cherchait à dénoncer le modèle familial de la middle-class américaine. C'est assez effrayant, comme modèle.
.Ai-je aimé ? D'une certaine façon oui, bien que la lecture soit déstabilisante. Je l'ai dévoré d'une traite.

Cette semaine, c'est chez MO

Lu dans le cadre de l'opération "Masse critique" de Babelio