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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

27 août 2025 3 27 /08 /août /2025 05:00

2024 - 240 pages

Joël Egloff est un auteur que j'ai découvert il y a dix ans avec « L'étourdissement », un roman dans lequel il racontait avec réalisme et humour l'histoire d'un homme travaillant dans un abattoir. Le livre avait obtenu le prix Inter en 2005. N'ayant pas eu l'occasion de relire Egloff par la suite, j'ai saisi l'occasion de renouer avec sa plume en entendant parler du thème de « Ces féroces soldats ».

L'auteur y explore une partie de son histoire familiale pendant la Seconde Guerre mondiale. Joël Egloff nous raconte l'enquête qu'il a menée pour reconstituer le vécu de sa famille durant cette période absolument épouvantable pour les habitants de la Moselle, qui s'étaient habitués à redevenir français depuis 1918 (après avoir été annexés à l'Allemagne de 1871 à la fin de la Première Guerre mondiale). Je savais que des hommes de Moselle avaient été enrôlés de force dans l'armée allemande, mais j'ignorais le surnom qu'on leur donnait : « les malgré-nous ». Le père de Joël Egloff était l'un d'entre eux. À dix-sept ans, il a dû, contre son gré, rejoindre l'armée du Führer.

Grâce aux archives familiales, à quelques témoignages, mais aussi aux notes rédigées par son père dans un carnet, l'auteur parvient à se faire une idée relativement claire de ce que sa famille a pu vivre à cette époque. Quand l'information lui manquait, il faisait appel à son imagination, tout en le précisant au lecteur, ce que j'ai apprécié.

Nous percevons la difficulté de ces habitants à affirmer leur identité, écartelés entre deux langues et deux cultures. Ils étaient clairement hostiles aux Allemands, mais ne pouvaient l'exprimer au risque de mettre leur famille en péril. Quant au père de l'auteur, enrôlé de force dans l'armée nazie, il ne pouvait que tenter de sauver sa peau. Il lui était impossible de s'enfuir, sous peine de représailles envers sa famille.

« Ces féroces soldats » est un roman intéressant, mais assez exigeant car l'aspect romanesque passe au second plan. L'auteur s'attache à retranscrire le plus justement possible les faits historiques. Il tente d'être au plus près de ce que son père a pu vivre, en émettant des hypothèses et en exprimant ses doutes. J'ai apprécié cette démarche d'une grande honnêteté, bien qu'elle rende la lecture moins fluide.

Un thème original et bien traité.

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24 août 2025 7 24 /08 /août /2025 07:00

Folio (Galimard 1996) - 109 pages

Sonia, surnommée Sonietchka, est une jeune femme qui, à 27 ans, vit toujours chez ses parents. Elle n'est pas très jolie et, à défaut de plaire aux hommes, se réfugie dans les livres. C'est dans la bibliothèque où elle travaille qu'elle rencontre Robert, qui la demande en mariage dès le lendemain. Elle accepte sans trop réfléchir et la voilà l'épouse d'un peintre, réfugié politique de 20 ans son aîné. Sonietchka se complaît dans un rôle de ménagère et doit s'adapter sans cesse à la vie instable que lui propose son mari.

J'ai sorti ce petit livre de poche de ma pile, où il dormait depuis une quinzaine d'années. Je l'avais acheté à la suite de critiques élogieuses sur les blogs à l'époque et, allez savoir pourquoi, d'autres livres sont passés avant. Je l'ai lu quasiment d'une traite à l'occasion d'un trajet en voiture. J'ai passé un bon moment, bien que déconcertée par le ton ironique de l'écrivaine, qui n'hésite pas à ridiculiser ses personnages, à commencer par Sonia, qui se laisse porter par la vie dans une sorte de fatalisme nonchalant.

J'avais imaginé que ce livre était une ode à la lecture, mais ce n'est pas le cas. L'écrivaine se moque même du rapport de Sonietchka à la lecture : "Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre." Elle fait de Sonia une lectrice qui s'adonne à un passe-temps pour oublier une vie sans intérêt. Dans son existence, Sonia ne lira que faute de mieux.

J'ai été surprise par le ton et le contenu du roman, mais être bousculée n'est pas pour me déplaire. J'ai par ailleurs apprécié cette immersion dans l'URSS du XXe siècle, qui nous donne des éléments sur la vie quotidienne de l'époque.

Un petit livre surprenant.

 

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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 07:30

Dalva - aout 2025 - 267 pages

Cela fait plusieurs jours que je repousse l'écriture de ce billet, intimidée par ce merveilleux premier roman. Ce livre est une véritable pépite et je suis sincèrement heureuse de l'avoir lu en avant-première, sans aucune idée préconçue sur son contenu.

Comme le titre le suggère, ce roman traite du thème des nourrices. On y suit plus particulièrement l'une d'entre elles, nommée Sylvaine. L'histoire se déroule vraisemblablement au XIXe siècle. Sylvaine est mariée à un bûcheron et, comme beaucoup de femmes de son village, elle a décidé de nourrir un enfant qui n'est pas le sien. C'est pour ce jeune couple l'occasion d'arrondir ses fins de mois.

La petite fille qu'elle accueille s'appelle Gladie. Sa mère, issue de la bourgeoisie, n'avait pas l'intention d'allaiter son bébé, car cela ne se faisait pas dans son milieu social. Sylvaine fait de son mieux, mais la petite n'est pas très robuste. Un soir de pleine lune, Sylvaine est mystérieusement attirée hors de la maison. Ses pas la mènent vers une clairière où elle découvre une petite fille abandonnée, avec un cahier posé à ses côtés. Poussée par son instinct maternel, Sylvaine recueille l'enfant, tout en sachant qu'elle ne pourra pas le garder. Le couple n'a en effet pas les moyens de nourrir un autre enfant. Quand la jeune femme découvre un matin que l'enfant de la ville est morte dans la nuit, elle la remplace par l'enfant de la lune…

Lorsque Babelio m'a proposé ce livre dans le cadre d'une opération spéciale, j'ai su immédiatement, en admirant la sublime couverture, que j'accepterais l'offre. Et j'ai eu raison, car j'ai passé de délicieuses heures à lire ce texte magnifique qui m'a enchantée. Je ne trouve à ce livre que des qualités. L'autrice s'empare de faits historiques peu connus (l'industrie des nourrices au XIXe siècle) et nous offre une histoire originale et captivante. Autour de Sylvaine gravitent des personnages que l'on prend plaisir à découvrir. La femme n'est pas réduite dans ce livre à son rôle de nourrice. L'écrivaine nous offre de merveilleuses pages sur la maternité mais également sur la place de la femme dans la société. Nous voyons les femmes du village s'émanciper peu à peu du joug masculin.

Les pages se tournent presque trop vite. J'ai même essayé de ralentir le rythme pour mieux savourer la jolie écriture ciselée de Séverine Cressan. Je dois aussi souligner qu'en plus de rendre hommage aux nourrices et, plus largement, aux femmes, Séverine Cressan nous offre de magnifiques descriptions de la nature, qui tient ici le rôle d'un personnage à part entière. 

Je pourrais continuer à couvrir ce livre d'éloges, mais vous l'aurez compris, c'est un coup de cœur et je vous le conseille plus que chaleureusement.

Le billet très complet  de Manou

Ce livre parait aujourd'hui (21 août) en librairie

Un roman d'une grande richesse et empreint de poésie.

Lu grâce à une opération "Masse critique" de Babelio

 

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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 16:13

Lu par Mathieu Buscatto - Audiolib - 8 h 45 mn

Pour écrire son roman, Camille de Peretti s'est inspirée de l'histoire rocambolesque d'un tableau de Gustav Klimt peint à Vienne en 1910. Le tableau, acheté par un collectionneur anonyme en 1916, a été retouché par Klimt en 1917. Volé en 1997, il a été retrouvé en 2019 dans le jardin d’un musée en Italie. C'est à peu près tout ce que l'on sait de cette œuvre. Pour le reste, l'écrivaine a laissé libre cours à son imagination pour nous offrir une histoire passionnante qui couvre une période de 110 ans et nous fait voyager sur deux continents.

Qui était la jeune femme du portrait ? Pour quelle raison ce tableau a-t-il été remanié, puis volé et restitué ? C'est ce que nous allons découvrir au fil du roman, que l'on peut qualifier de fresque familiale. L'histoire n'est pas racontée de façon linéaire, mais plutôt à la manière d'un puzzle dont il faut réunir les pièces pour reconstituer l'image. Des secrets de famille compliquent la reconstitution.

Plusieurs personnages nous sont présentés. Au centre, nous avons Martha, la jeune fille du portrait. Nous faisons sa connaissance en Autriche où elle tente de gagner péniblement sa vie pour élever seule un petit garçon qu'elle a eu avec un homme issu d'une "bonne famille". D'autres personnages, dont nous ignorons la filiation, nous sont présentés. Pour la plupart, ils vivent aux États-Unis. Quel est le lien entre eux et la jeune Autrichienne ? C'est toute une histoire, et Camille de Peretti sait ménager le suspense !

J'ai beaucoup aimé me plonger dans ce récit. Il est d'autant plus facile de faire la part des choses entre la fiction et la réalité que presque tout est inventé. J'ai particulièrement apprécié l'aspect historique du roman, qui met en scène des personnages issus de différentes classes sociales. Nous voyons que les passerelles de l'une à l'autre ne sont pas aisées, même si elles le sont davantage aux États-Unis au siècle dernier.

Je n'ai rien à redire sur la version audio. Le lecteur est tout à fait à la hauteur pour nous restituer le texte.

C'est un très joli roman, fort bien construit et servi par une écriture fluide.

 

 

Challenge "Ecoutons un livre"

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12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 14:53

2024 - Istya & Cie Editions - 251 pages

J'ai eu la chance de visiter, en 2023, une magnifique exposition consacrée à l'œuvre de Suzanne Valadon (1865-1938). J'ai été subjuguée par ses tableaux et très intéressée par les commentaires qui accompagnaient l'exposition. En découvrant que Jean-Paul Delfino avait écrit une biographie romancée de la peintre, je me suis dit que ce serait l'occasion rêvée d'en apprendre davantage sur l'artiste et la femme. Ayant déjà lu plusieurs de ses romans, j'abordais cette lecture avec un a priori positif.

Fille d'une lingère illettrée, Suzanne a exercé divers petits boulots alimentaires dans sa jeunesse. Plus étonnant, elle a été artiste de cirque avant de devenir modèle pour les peintres de Montmartre. Elle adorait dessiner, mais n'osait pas montrer ses croquis. C'est par hasard que Toulouse-Lautrec a découvert un de ses dessins. Persuadé que la jeune femme avait du talent, il l'a encouragée et lui a donné des conseils.

Malheureusement, à cette époque, il était très difficile pour une femme de faire reconnaître son talent. Suzanne Valadon a consacré sa vie à la peinture, mais n'a jamais eu le succès qu'elle aurait mérité. Éprise de liberté et refusant la facilité, elle a toujours refusé de peindre des sujets commerciaux pour gagner sa vie, contrairement à son fils, Maurice Utrillo, lui aussi peintre. Alcoolique et instable, Utrillo a donné du fil à retordre à sa mère. Malgré cette entrave, Valadon a enchaîné les conquêtes et a dépensé le peu d'argent qu'elle gagnait sans se soucier du lendemain. À la fin de sa vie, elle peinait à subvenir à ses besoins.

En s'appuyant sur des faits réels, l'écrivain cherche à faire revivre l'artiste en reconstituant le puzzle de son existence. J'ai lu que, pour écrire les dialogues, Delfino avait écouté des interviews de Suzanne Valadon afin de se rapprocher au mieux de sa "gouaille". Il nous offre un portrait très vivant de l'artiste, tout en nous donnant un bon aperçu du Montmartre d'avant-guerre, qui n'a bien entendu rien à voir avec celui d'aujourd'hui. Féministe avant l'heure et femme d'exception, Suzanne Valadon est une artiste à découvrir pour son traitement du nu féminin ou ses autoportraits. Ce livre est une excellente approche avant d'aller admirer ses œuvres si ce n'est déjà fait.

Une belle découverte !

Je ne résiste pas à vous donner une idée du talent de l'artiste...

La chambre bleue - Suzanne Valadon - 1923

 

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4 août 2025 1 04 /08 /août /2025 17:08

Folio (Gallimard) - 2022 - 240 pages

"Je suis une mère, je suis une menteuse, je suis une fugitive, et je suis libre."

Liv Maria doit quitter son île bretonne à l'âge de 17 ans pour la ville de Berlin. C'est un déracinement pour la jeune femme qui doit s'adapter à un mode de vie radicalement différent. Elle y tombe amoureuse de son professeur d'anglais et ce premier amour marquera le reste de sa vie. Nous la retrouvons plus tard en Amérique latine, puis en Irlande où elle fondra une famille. 

Liv Maria est hantée par un secret inavouable qui la rend à la fois fragile et éprise de liberté. Le parcours de cette femme questionne sur le sens d'une vie, la maternité, les racines... Sans avoir une vie aussi tumultueuse que Liv Maria, nous pouvons faire des liens entre ses questionnements, ses choix de vie... et les nôtres.

Voilà déjà plusieurs mois que j'ai lu ce roman. Il m'en reste le souvenir d'une lecture fluide et assez addictive. Tout en donnant matière à réfléchir, c'est un roman d'apprentissage assez distrayant qui fait parfois un petit pas de côté avec la réalité.

Un bon roman !

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30 juillet 2025 3 30 /07 /juillet /2025 15:42

Voici le récapitulatif des lectures audio du mois du mois de juillet : 

Enna : 

L'homme peuple de Frank Bouysse

Le café du temps retrouvé (T 2) : Toshikazu Kawaguchi

Les guerriers de l'hiver - Olivier Norek

Baignades : Andrée A. Michaud (lu par Eve Duranceau)

Géraldine :

Les guerriers de l'hiver - Olivier Norek

Sylire :

Nos cœurs déracinés : Marie Drucker

Tata -Valérie Perrin

Sibylline :

Sarek" - Ulf Kvensler
 

Si vous souhaitez participer, vous pouvez déposer les liens ici ou m'envoyer un mail à sylir@orange.fr

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29 juillet 2025 2 29 /07 /juillet /2025 13:26

Audiolib (Albin Michel pour la version papier) - 18h26 - Lu par Jeanne Cherhal/Anne Le Coutour/Patrick Mancini

Agnès, la narratrice, reçoit un appel de la police lui  annonçant que sa tante Colette vient de décéder. Le hic, c'est que la tante dont il est question est morte et enterrée depuis trois ans. Agnès décide de se rendre sur les lieux, qu'elle connait bien pour y avoir passé ses vacances quand elle était enfant. Elle y a encore des connaissances, qui vont l'aider à mener une enquête sur les traces de sa famille.

"Tata" est un roman qui n'est pas inintéressant. L'histoire de cette famille donne à l'écrivaine l'occasion d'explorer le thème de la maternité sous différentes formes.  Le portrait de la "tata" est réussi. C'est un personnage plus subtil qu'il n'y parait au premier abord et dont on a plaisir à découvrir l'histoire au fil du roman. 

Toutefois, je trouve de nombreux défauts à ce livre. L'intrigue, tirée par les cheveux, est peu crédible. Le roman comporte des longueurs en raison d'histoires parallèles qui alourdissent le récit. Trop de thèmes sont abordés : secrets de famille, maternité, maltraitance des femmes et des enfants, pédophilie, shoah... 

De la même écrivaine, j'ai largement préféré "Trois". 

Challenges :

"Les pavés de l'été" chez "La petite liste"

"Ecoutons un livre" chez moi

 

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20 juillet 2025 7 20 /07 /juillet /2025 10:43

Audiolib (version papier : Grasset) mai 2025 - 2 h 40 - lu par Marie Drucker et Fédéor Atkine

"On n'est ni croyant ni pratiquant, mais à la question : vous êtes juif ? On se doit de répondre " oui" sans conditions. Car, plus que toute autre, notre identité est aussi faite de nos morts."

Marie Drucker, journaliste pendant de nombreuses années à la télévision, se consacre aujourd'hui essentiellement à l'écriture de documentaires, de scénarios et de livres.  Après les attaques du 7 octobre 2023, elle a ressenti le besoin de consigner par écrit son rapport à la judéité et l'histoire de sa famille. 

Les grands-parents de Marie Drucker (en dehors de sa grand-mère maternelle, d'origine algérienne), sont nés en Europe de l'Est. Ils ont choisi de s'installer en France afin de fuir les persécutions et l'antisémitisme dont ils faisaient l'objet dans leurs pays d'origine. Tous mettent un point d'honneur à réussir leur intégration en France. Hélas, les persécutions reprennent durant la seconde guerre mondiale, anéantissant leurs efforts. Marie Drucker centre son récit sur histoire de sa famille durant cette période et notamment celle de son grand-père paternel, Abraham Drucker. 

Après avoir été arrêté en 1941, Abraham a été envoyé au camp de Compiègne puis à celui de Drancy où il a occupé la fonction de médecin-chef. Marie Drucker rend hommage à ce grand-père. Elle a recueilli témoignages, documents... afin de s'assurer du comportement irréprochable d'Abraham durant cette période.  En effet, sa position à la fois d'interné et de médecin était très particulière. 

Dans cet essai, court mais dense, Marie Drucker s'interroge sur son identité juive : "notre identité est, plus que tout, une façon d'exister qui, comme notre ADN, n'appartient qu'à nous.". Bien qu'elle ait du mal à définir sa judéité, elle la revendique : "Commencer à négocier sa judéité, c'est déjà la trahir, altérer le chemin de ceux qui nous ont précédés.".  Elle évoque les aspects culturels, historiques et religieux de l'identité juive. 

Marie Drucker, en publiant cet essai, veut laisser à ses descendants un témoignage de l'histoire de ses ancêtres. Elle apporte sa contribution aux témoignages sur la shoah, sa crainte étant l'oubli par les générations futures. La version audio est parfaitement réussie. Marie Drucker lit elle-même (et fort bien) une grande partie de son récit. La contribution de Fédéor Aktine, qui prend à son compte les parties concernant le grand-père, est une réelle plus-value.

Un essai intéressant et bien interprété.

Lu dans le cadre d'une opération "Masse critique", organisé par Babelio.

 

 

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17 juillet 2025 4 17 /07 /juillet /2025 15:35

Arléa - mars 2025 -  196 pages

J'ai lu ce livre il y près de quatre mois et je prends enfin le temps de le chroniquer. J'ai découvert la plume de Marie Sizun peu de temps après l'ouverture de mon blog et n'ai jamais cessé de la lire. Nous retrouvons dans ses romans des thèmes qui lui sont chers, notamment celui de l'enfance qu'elle a traité de nombreuses fois. Dans l'absent, l'écrivaine nous surprend en nous proposant un thème qu'elle n'avait pas abordé jusqu'ici.

La narratrice revient sur une période qui a marqué la deuxième partie de son existence. Elle évoque, avec une grande délicatesse, l'homme qu'elle a aimé et perdu depuis peu.  Désormais mort, Il est "l'absent" à double titre puisqu'ils n'ont jamais vécu ensemble à temps plein. La narratrice le partageait avec "l'autre femme", qu'il n'a jamais voulu quitter.  

En racontant cette histoire, la narratrice aborde différents thèmes et notamment celui du deuil de l'être aimé. Elle évoque la peine incommensurable qu'elle éprouve depuis son décès. La narratrice aimait profondément cet homme dont elle nous offre un très joli portrait. Physiquement, il avait un petit quelque chose de l'inspecteur Colombo de la série télévisée. 

Cet amour lui apportait beaucoup de bonheur mais lui occasionnait aussi beaucoup de frustration et de périodes de doutes. Avec beaucoup de pudeur, elle évoque la place inconfortable de l'amante illégitime reléguée à la seconde place. Sa plus grande peine est de ne pas avoir pu accompagner, dans ses derniers instants, celui qu'elle aimait de façon inconditionnelle.

C'est vraiment un très beau livre que nous offre Marie Sizun. Depuis que je l'ai lu, mon exemplaire est passé dans plusieurs mains et il a enchanté toutes les personnes qui l'ont lu. 

 

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