Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chers visiteurs, bonjour !

Vous êtes sur le blog d'une lectrice passionnée qui aime partager ses lectures. N'hésitez pas à laisser un commentaire, que vous soyez vous-même blogueur ou pas. Vous pouvez aussi me contacter : sylir@orange.fr

 

Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 11:29

Sous titre : les carnets de May Dodd

Pocket - 502 pages - traduit de l'anglais (américain) par Jean-Luc Piningre

Plusieurs fois, j'ai entendu : "comment ? Tu n'as pas lu "Mille femmes blanches" ? Mais c'est un roman absolument incontournable ! ". J'avais donc ce titre dans ma liste d'ouvrages à lire prioritairement.  Il a un an, je l'ai trouvé dans une boite à livres mais il a attendu la perspective du mois américain pour que je me décide à l'ouvrir.

Jim Fergus nous plonge en 1874, à Washington. Un chef indien dénommé Little Worf propose au président des Etats Unis de lui fournir mille femmes blanches contre des chevaux et des bisons. Le président, aussi hallucinante que paraisse la proposition, accepte ! Un appel à candidatures est lancé auprès de femmes qui peuvent avoir un intérêt à accepter la proposition (femmes incarcérées ou enfermées dans des asiles, prostituées...). L'objectif annoncé de la mission est de favoriser les relations entre Blancs et Indiens.

Attention (petit) spoiler :  

A partir de ce fait historique, Jim Fergus imagine les carnets d'une de ces femmes, May Dodd. On ne sait pas, en débutant ce roman que les carnets sont imaginaires mais à l'heure d'internet, quand on lit un roman qui se base sur les faits historiques, on est amené rapidement à vérifier ce qui relève de la fiction et ce qui relève de la réalité, ce que je me suis empressée de faire.

May Dodd est l'une des jeunes femmes qui a fait le choix de rejoindre les indiens. May voit dans ce projet, l'opportunité de quitter l'hôpital psychiatrique dans lequel ses parents l'ont placée de force pour "déviance sexuelle". En réalité, la jeune femme est tombée amoureuse d'un employé de son père et s'est installée avec lui contre l'avis de sa famille. Le couple a eu deux enfants, qu'on lui a retirés.

May Dodd est une femme de caractère, aventurière et particulièrement jolie. Il n'est donc pas étonnant qu'elle ait "tapé à l'oeil" du chef "Little Worf" dont elle va devenir l'épouse. May s'adapte plutôt bien à la vie avec les cheyennes, acceptant de laisser derrière elle le confort matériel et d'adopter les us et coutumes de cette population. Pour autant, elle ne veut pas "perdre son âme". Elle parvient donc à négocier avec son époux, ouvert et tolérant, quelques entorses aux pratiques de la communauté.

L'existence de ces femmes blanches parmi les cheyennes n'est pas idyllique. Tous les maris ne sont pas aussi parfaits que celui de May et toutes les femmes n'ont pas la capacité d'adaptation de cette dernière. La vie est rude pour (même pour May) et toutes sont confrontées à des actes de barbarie, à l'alcoolisme et à l'insécurité provenant des rivalités entre tribus. Elles vont prendre conscience de l'injustice que vivent ces peuples, arrachés de leur terre par des hommes blancs, cupides et condescendants.

C'est un roman original, intéressant d'un point de vue historique et ethnologique. Jim Fergus a fait des recherches pour retranscrire au plus près la vie de la population cheyenne. Cela dit, il n'est pas facile de distinguer le réel et la fiction (les recherches sur le net ne m'ont pas satisfaites complètement). Ce sera mon petit bémol.

Une belle et intéressante lecture.

Comment cela, vous ne l'avez pas encore lu ?

Lu dans le cadre du mois américain - Chez Titine
Un livre de moins dans ma PAL (challenge organisé par Antigone).

 

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 05:15

Editions Stéphane Marsan - 214 pages - traduit du russe par Raphaëlle Pache

J'ai découvert les Editions Stéphane Marsan l'an passé avec L'oiseau captif", un très beau roman qui n'a pas fait beaucoup de bruit mais a enchanté ceux qui l'ont lu. Quand l'occasion s'est présentée de lire un autre roman de cette maison d'édition, je n'ai pas hésité et je m'en félicite (bien que, cette fois, je ne sois pas allée jusqu'au coup de cœur).  

Avec "F20", nous sommes plongés dans la vie quotidienne d'une famille moscovite. La narratrice a été reconnue schizophrène par le corps médical après que sa sœur aînée ait reçu le même diagnostic quelques temps auparavant. Rapidement, nous constatons que cette famille est atypique et dysfonctionnelle. La mère de famille est immature et névrosée. Le père, aux abonnés absents, à laissé la place à un beau-père marginal et alcoolique. Les deux sœurs schizophrènes ne bénéficient pas d'un contexte idéal pour la prise en charge de leur maladie. Elles multiplient les expériences scabreuses, s'auto-médicamentent et tentent de grandir dans un univers alcoolisé et malsain.

La lecture aurait pu être pesante, vu le contexte, mais il n'en est rien.  F 20 se lit aisément et le ton est assez léger. Youlia, la narratrice, est une jeune fille intelligente et lucide (sauf durant les crises délirantes). C'est la seule personne vraiment censée de la famille. En dépit de sa maladie, elle a les pieds sur terre. Attachante et drôle, elle pratique à merveille l'autodérision. Elle parvient à dédramatiser sa maladie bien que ce soit une vraie galère d'être diagnostiqué "F20" en Russie.

« Je n’ai pas d’avenir. Tout ce que la schizophrénie a à me proposer, je le connais déjà.
Je ne rencontrerai jamais d’homme, je n’aimerai personne, je n’aurai pas d’enfants.
Dans le meilleur des cas, j’adopterai un doberman. Puis mon doberman crèvera.
Voilà ce qui m’attend.
»

Un roman intéressant, qui permet d'aller à la rencontre de la littérature russe contemporaine et de porter un regard différent sur la maladie mentale.

A noter que ce roman a obtenu le National Bestseller Prize 2017 en Russie.

4/6

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 23:47

 

Lizzie (Editions R-Jeune adultes) - 2018 - 4 heures - Lu par Alice de Lencquesaing - 4 h

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu Olivier Adam et, cet été, j'ai eu envie de découvrir, en version audio, ce roman publié à l'origine dans une collection pour "jeunes adultes". 

Comme souvent chez Olivier Adam, nous entrons dans l'intimité d'un foyer. Celui-ci vit un cauchemar depuis la disparition de Léa, qui s'est volatilisée alors qu'elle assistait à un festival. Nous remontons le temps et revivons l'arrivée en Bretagne d'une famille parisienne qui a tout plaqué pour s'installer dans une maison de type "vacances". Les parents, lassés d'une vie citadine éreintante, ont entraîné leurs enfants adolescents dans ce changement de vie auquel ils n'adhérent pas. La famille, déjà fragilisée, éclate quand Léa disparaît.

C'est par les yeux du frère de Léa, Antoine, que nous découvrons cette histoire. Olivier Adam parvient à restituer l'état d'esprit de l'adolescent, confronté à un véritable cauchemar. Quand Léa refait surface, miraculeusement, le soulagement est immense mais les difficultés ne sont pas terminées, bien loin de là. Il faut faire face aux médias, qui se montrent irrespectueux envers la famille. Il faut aussi aider Léa à retrouver sa place dans la famille après une longue absence et une expérience traumatisante dont elle ne veut pas parler. 

L'analyse psychologique des personnages, notamment des adolescents, est intéressante. L'histoire est prenante et bien menée mais je mettrai un gros bémol sur la fin, peu crédible Du roman psychologique, nous basculons vers le roman noir et c'est vraiment "too much". J'aurais préféré une fin plus sobre, plus en adéquation avec le reste de l'histoire.

Une lecture agréable avec un bémol pour la fin.

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre audio. 

Lu dans le cadre du challenge mensuel "Écoutons un livre"

 

 

Partager cet article
Repost0
15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 14:56

Les escales - 425 pages - avril 2019

L'histoire se passe dans un petit village de Tasmanie où tout le monde se connait et se méfie de l'étranger. Le dernier arrivé s'appelle Léon et c'est lui qui va faire changer la donne, apportant un vent de fraîcheur et d'humanité. Léon va tout faire pour s'intégrer à la communauté mais il n'est pas le bienvenu en raison de son métier de garde-forestier. De nombreux hommes gagnent leur vie en abattant des arbres, sans se soucier des dégâts écologiques. Ils voient donc d'un œil méfiant cet homme venu d'ailleurs et payé pour protéger les arbres et la forêt. 

L'autre personnage central du roman, c'est Miki, une jeune orpheline de 17 ans (bientôt 18), tenue de bien trop près par son frère Kurt. Ce dernier l'empêche de sortir du restaurant qu'ils tiennent à deux. Le garde-forestier et Miki vont toutefois réussir à se lier d'amitié. Ils ont une passion commune, la nature. Miki s'intéresse notamment aux diables de Tasmanie, une espèce en voie d'extinction (j'avoue que je ne connaissais pas cette espèce animale avant d'ouvrir le livre).

le diable de Tasmanie

Miki parvient à s'échapper de plus en plus régulièrement de chez elle, où son frère l'abandonne régulièrement. Elle sympathise avec plusieurs habitants du village parmi lesquels Géraldine, une dame qui lui prête des livres, qu'elle choisit minutieusement pour sa jeune amie. Mais un jour, Kurt découvre les escapades de sa sœur et tout bascule. L'histoire prend alors des allures de thriller...

Cet ouvrage est le premier de mes vacances 2019 et je n'en ai fait qu'une bouchée. C'est une histoire dépaysante et prenante, avec des personnages attachants. Les livres sont mis en avant pour leur pouvoir d'évasion et d'ouverture d'esprit. Nous ne sommes pas vraiment dans le registre du "feel-good" sauf peut-être quand arrive le dénouement, qui nous réserve une "happy-end". 

J'aime qu'un peu de difficulté pimente ma lecture mais je n'ai rien, de temps à autre,contre un ouvrage qui se lit tout seul, surtout en vacances. Ce roman a donc parfaitement rempli son contrat !

 

Partager cet article
Repost0
19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 23:06

Belfond avril 2019 - 278 pages

"Il faut s'occuper des Tutsi avant qu'ils ne s'occupent de nous"

De retour au printemps 1994, nous suivons parallèlement Rose, une jeune femme Tutsi, et Sacha, une jeune journaliste qui débarque au Rwanda au début du génocide. Le récit de Rose nous est restitué grâce à un carnet dans lequel la jeune femme s'adresse à Daniel, son mari médecin. Daniel, très inquiet pour son épouse restée seule à la maison, va croiser la route de Sacha, la journaliste. Tous vont vivre quelques jours de folie sanglante au terme desquels ils resteront liés à jamais.

L'idée d'écrire ce roman est venu à Yoan Smadja après qu'un enfant de neuf ans lui ait demandé s'il y avait eu "d’autres Shoah que la Shoah" . Yoan Smadja a pensé immédiatement au Rwanda et s'est rendu sur place afin de mieux comprendre le génocide et de recueillir des témoignages de rwandais. 

Voici le troisième ouvrage que je lis sur le thème du génocide rwandais et chaque fois je suis horrifiée par ce qui s'est passé dans ce pays. Comment peut-on en arriver à massacrer son voisin sans état d'âme et avec un sentiment de totale impunité ? C'est difficile à comprendre et pourtant c'est arrivé de nombreuses fois dans l'histoire et nous ne sommes hélas pas à l'abri que cela recommence.

Sans avoir été totalement conquise par la façon de traiter le sujet (j'aurais peut-être préféré une histoire un peu moins romancée), je ne regrette pas d'avoir lu cet ouvrage bien documenté sur le déroulement des faits, afin de me remémorer ce génocide que l'on on ne doit jamais oublier.

Un ouvrage intéressant et essentiel pour le devoir de mémoire.

 

 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 23:30

Audiolib 2015 (Zulma) - lu par Thierry Jansen - 14 h 41

L'histoire se passe à Cambridge, de nos jours. Oscar, un jeune aide-soignant, est étrangement attiré par la musique baroque qui s'échappe d'une chapelle. Il entre dans l'édifice religieux, écoute la musique et repère une jeune personne pleine de charme. En sortant de l'office, il échange quelques mots avec la fille. Il apprend qu'elle se nomme Iris Bellwether et qu'elle n'est autre que la sœur du musicien de la chapelle. Il sympathise avec Iris et se met fréquenter son groupe d'ami. Il ne tardera pas à se rendre compte que le frère d'Iris, d'Eden Bellwether, est un personnage pour le moins étrange. Il entretient  par ailleurs avec sa soeur une relation assez dérangeante. Mais qui est vraiment Eden Bellwether et à quoi joue t'il ?

Je suis pas entrée facilement dans ce livre et j'ai dû fermer les yeux sur quelques invraisemblances pour adhérer à l'histoire. C'est grâce au personnage d'Oscar, très attachant, que j'ai trouvé un intérêt progressif à cette étrange histoire qui mène aux confins du surnaturel et de la folie. Eden Bellwether est un personnage pour le moins inquiétant et nous découvrons au fur et à mesure de l'avancement du roman, à quel point il est perturbé. Oscar, amoureux d'Iris, va tout faire pour sortir cette dernière des griffes de son frère, allant jusqu'à faire appel (grâce une connaissance de la maison de retraite dans laquelle il travaille) à un célèbre professeur, spécialisé dans les troubles de la personnalité.

La version audio est tout à fait réussie. 

Voilà une lecture assez étrange, qui ne m'a pas laissée indifférente.

Lu dans le cadre du mois anglais

Le mois anglais, c'est chez   Lou et Titine

 

Partager cet article
Repost0
15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 23:01

Audiolib 2018 - Traduit parNathalie Castagné -  lu par Valérie Muzzi - 23 h 10

"L'art de la joie" est un pavé de 850 pages qui dort dans ma Pile à Lire depuis longtemps et dont je repoussais la lecture par manque de temps (ou de courage ?) Au final, c'est grâce à la sélection du Prix Audiolib que j'ai enfin découvert ce classique italien.

"L'art de la joie" (j'aime beaucoup le titre) raconte l'histoire de Modesta, une femme que nous suivons tout au long de sa vie bien remplie.  Née dans une famille pauvre, elle est souvent livrée à elle-même dans l'enfance, sa mère étant accaparée par un frère trisomique. Modesta finit par être confiée à des sœurs et vit dans un couvent jusqu'à l'adolescence. Puis, pour une raison qu'il est difficile de raconter en quelques mots, elle intègre la famille d'une des sœurs du couvent et trace son chemin avec une détermination et un sens de la liberté inouïs pour l'époque. Modesta mène sa vie en suivant ses envies, ses croyances et ses valeurs, se moquant de ce que l'on peut penser d'elle. 

L'ouvrage aborde de multiples thèmes : l'amour, la vie de couple, l'éducation des enfants, la politique...

L'amour physique occupe une place importante dans la vie de Modesta. Sans tabou, elle alterne les expériences avec des hommes et des femmes, au fil de ses rencontres.  Pourtant, sa vie de femme a bien mal commencé. Avant d'entrer au couvent, elle a subi une expérience traumatisante avec un homme, expérience qu'elle est parvenue à dépasser.

Sa vision du couple et de l'évolution des relations amoureuses est peu conventionnelle, surtout pour l'époque :

"il me semble qu’on tombe amoureux parce qu’avec le temps on se lasse de soi-même et on veut entrer en un autre. Mais pas pour cette idée magnifique, mais trop fatale de la pomme de Platon, tu sais, non ?
— Oui, oui.
— On veut entrer en un « autre » inconnu pour le connaître, le faire sien, comme un livre, un paysage. Et puis, quand on l’a absorbé, qu’on s’est nourri de lui jusqu’à ce qu’il soit devenu une part de nous-mêmes, on recommence à s’ennuyer. Tu lirais toujours le même livre, toi ?"

Nous découvrons une femme à différents stades de sa vie, qui sait profiter du moment présent, bien que lucide sur le temps qui passe.

"Quiconque a connu l'aventure de doubler le cap des trente ans, sait combien il a été fatiguant, âpre et excitant d'escalader la montagne qui des pentes de l'enfance monte jusqu'à la cime de la jeunesse, et combien a été rapide, comme une chute d'eau, un vol géométrique d'ailes dans la lumière, quelques instants et... hier j'avais les joues fraiches des vingt ans, aujourd'hui - en une nuit? - les trois doigts du temps m'ont effleurée, préavis du petit espace qui reste et de la perspective finale qui attend inexorablement... Première, mensongère terreur des trente ans".

J'ai beaucoup aimé les relations de Modesta avec ses enfants (les siens et ceux qu'elle a recueillis). Sa façon d'éduquer, basée sur la confiance et l'ouverture d'esprit est avant-gardiste. Je mettrai toutefois un bémol sur certains de ses "secrets". Elle ne dévoile pas aux enfants, par exemple, l'identité de leur père, quand les naissances sont "hors cadre".

Si j'ai passé de beaux moments avec ce roman, je me dois d'être honnête en avouant que j'ai baillé plusieurs fois également. Certains dialogues, très longs, cassent selon moi la dynamique du récit. Je me demande par ailleurs si l'auteure n'aurait pas dû concevoir cette oeuvre en plusieurs tomes (comme Elena Ferrante dans "l'amie prodigieuse"). Cela aurait permis au lecteur de respirer un peu et aurait peut-être donné plus de rythme aux 850 pages.

Peut-être la version audio n'est-elle pas la plus adaptée pour ce type de roman ? Vingt-trois heures d'écoute, c'est un peu long, surtout quand la lecture n'est pas addictive. J'avoue par ailleurs avoir été un peu dérangée par l'interprétation des personnages masculins par la lectrice. C'est un exercice périlleux et je trouve pas que le résultat soit très heureux.

Il n'en reste pas moins que c'est un texte intéressant, écrit par une féministe avant l'heure. Goliarda Sapienza n'a pas réussi à faire publier "l'art de la joie" de son vivant. C'est injuste et bien triste pour elle.

LU DANS LE CADRE DU PRIX AUDIOLIB 2019

Cette lecture me permet de participer au mois italien organisé par Martine 

 

Partager cet article
Repost0
11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 10:40

Audiolib 2019 (seuil 2018) - 3 h 40 - lu par Babacar M'baye Fall

Sous la forme d'un "psycho-récit", l'auteur nous plonge dans les pensées d'un tirailleur sénégalais, en pleine guerre 14-18. Le jeune Alfa a quitté l'Afrique avec son "presque frère", Mademba Diop, pour rejoindre la France et les tranchées. Malheureusement, les deux amis sont rapidement séparés.  Alfa, fou de chagrin et rempli de haine pour l’ennemi, sombre dans une forme de folie. 

"Par la vérité de Dieu, très souvent j'ai été inhumain. Je n'ai pas écouté mon ami, j'ai écouté mon ennemi".

David Diop parvient à retranscrire l'horreur absolue des tranchées mais aussi l'hypocrisie des hommes qui dirigent les opérations. 

"Des fous de rage, des fous de douleur, des fous furieux mais temporaires. 
Pas de fous en continu 
dès que l'attaque est finie, on doit ranger sa rage sa douleur et sa furie".

Il est également question du déracinement ressenti par Alfa, si loin de sa terre d'Afrique et de sa culture d'origine. Les retours en pensée dans son village natal sont des bouffées d'oxygène. Le lecteur que nous sommes est soulagé de quitter pour un temps la barbarie de la guerre. Nous constatons qu'Alfa n'est pas uniquement le fou des tranchées. Il serait probablement resté quelqu'un de bien si la guerre ne l'avait pas entraîné à dévoiler la part d'inhumanité qu'il ne savait pas détenir.

"Tant que l'homme n'est pas mort, il n'a pas fini d'être créé".

Ce roman a obtenu le Prix Goncourt des lycéens et je suis pas surprise de ce choix. Comme moi, les lycéens ont été happés par ce texte très fort et particulièrement bien écrit.

La version audio est à la hauteur du texte grâce au choix du lecteur. Son accent africain donne au récit une authenticité et un supplément d'âme. Babacar M'baye a su parfaitement retranscrire le ton incantatoire du récit, sa gravité mais aussi toute sa magie.

Il est difficile (et paradoxal) de dire d'un texte qu'il est poétique quand il décrit l'horreur mais c'est pourtant le cas ici.

A découvrir !

Les avis de Sandrine - Claire

 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2019

Et dans le cadre de "Écoutons un livre"

Partager cet article
Repost0
22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 23:07

Audiolib 2019  (les Editions de Minuit 2018) - Lu par Clara Brajtman

"Çà raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d'oiseau rare, ses yeux d'une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d'allant, conquérante. Victorieuse"

"Çà raconte çà, le silence tonitruant et les jours cotonneux dans lesquels on flotte, quand on offre la vérité".

La narratrice (dont on ignore le nom) est professeure et mère célibataire. Jusqu'à sa rencontre avec Sarah, une jeune violoniste, elle n'avait jamais été attirée par une femme. L'attraction est réciproque, immédiate et fulgurante. 

La première partie, celle que j'ai préférée, est centrée sur Sarah. La jeune violoniste doit voyager pour se produire sur scène et les kilomètres qui séparent les deux femmes sont un supplice pour l'une comme pour l'autre. Elles souffrent terriblement du manque lié l'absence et pourtant, quand elles sont réunies, ne parviennent pas à vivre sereinement leur amour. Sarah n'a pas un caractère facile, elle est entière et capable du meilleur comme du pire.

Nous savons dès le départ que leur avenir en commun est compromis. Dans la deuxième partie, le focus est mis sur la narratrice, désormais seule et ravagée. Nous la suivons dans une descente aux enfers vertigineuse et implacable. Nous ne sommes plus à Paris mais à Trieste. Un beau décor mais qui ne parvient pas à détourner la narratrice de sa peine.

Dans la première partie, les deux mots " çà" et "raconte", reviennent comme une ritournelle. Les phrases sont courtes, très rythmées. La deuxième partie est écrite de façon plus classique. La musicalité du texte ressort bien dans la version audio. Le timbre de voix de la lectrice est en parfait accord avec le texte, que je suis ravie d'avoir écouté plutôt que lu en version papier.

"Çà raconte Sarah" évoque la face la plus sombre de la passion amoureuse, celle qui fait perdre la maîtrise de soi. C'est un premier roman a fait parler de lui à la rentrée littéraire. Il a obtenu plusieurs prix. Sans être un coup de cœur, c'est une lecture que j'ai appréciée pour l'originalité de l'écriture.

LU DANS LE CADRE DU PRIX AUDIOLIB 2019
challenge "Écoutons un livre"

 

Partager cet article
Repost0
2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 23:14

Dargaud 2018 - 59 pages

J'ai lu le premier tome de cette série en 2007.  Dans mon billet de l'époque, je me promettais de lire les opus suivants mais il m'aura fallu douze ans et quelques rides pour renouer avec ce chat un peu particulier puisqu'il est doté de la parole. J'ai retrouvé avec plaisir la langue bien pendue du félin et son impertinence bien ciblée quand il s'agit de se moquer les humains. La religion (juive) est le domaine dans lequel il déploie le mieux son art. L'histoire n'est au fond qu'un prétexte pour pointer du doigt l'absurdité des relations entre l'homme et la religion, quelle qu'elle soit.

La fille du rabbin a pour mission d'éduquer une jeune catholique qui doit se marier avec un juif. La fiancée met du cœur à l'ouvrage pour s'approprier les rites de son futur mari mais mais elle n'est pas soutenue par grand monde (pas même par son fiancé).  Le chat va mettre les pieds dans le plat et dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Le félin va également semer la zizanie en s'arrangeant pour que l'intérêt que porte le fiancé à une autre jeune femme soit connu de tous (notamment de la fiancée).

Le dessin est plus efficace qu'esthétique. Il ne s'agit pas de faire joli mais de croquer au mieux les personnages en mettant en évidence leurs traits de de caractère. Les dialogues sont assez drôles et l'ouvrage se parcourt avec plaisir, même si l'écriture demande un petit effort de déchiffrage. 

Je conseille de lire au moins un opus car ce chat philosophe et moqueur est un personnage qu'il serait dommage de ne pas connaitre. Pour autant, je ne me précipiterai pas sur un autre tome immédiatement car il me semble que tous les opus se ressemblent plus ou moins.

Une série à connaître (même si on se limite à un ou deux tomes).

La BD de la semaine - chez Noukette

Lu grâce une opération organisée par Rakuten "La BD fait son festival"

 

Partager cet article
Repost0