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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 14:31

Audiolib (Fayard) - 16 h 58 - lu par Thibault de Montalembert

"Comme il vivait au Métropole depuis quatre ans, le comte se considérait comme un expert de l’hôtel. Il appelait les membres du personnel par leurs prénoms, savait quels services on pouvait y obtenir, connaissait par cœur les styles des différentes suites Mais une fois pris en main par Nina, il se rendit compte qu’il restait en réalité un novice".

L'histoire commence dans les années 20. Le conte Rostov vient d'être condamné, par un tribunal bolchevique, à vivre en résidence surveillée dans une petite chambre située dans les combles du Metropol, un grand hôtel de Moscou. Le conte a échappé de peu au goulag car il est accusé d'être l'auteur d'un poème subversif.

Aristocrate un jour, aristocrate toujours, le conte accepte la sentence avec philosophie et s’accommode de sa nouvelle vie. Nous l'accompagnons durant les 30 années qu'il passera au Métropol (ce qui représente près de 17 heures d'écoute).  Je ne vous dirai pas que je n'ai pas vu le temps passer car il y a quelques longueurs.

J'ai bien aimé la compagnie au conte Rostov, c'est un homme sympathique, bien élevé et ne manquant pas d'humour mais je dois avouer que je me suis un peu ennuyée à ses côtés car il ne se passe pas grand chose dans cet hôtel, un peu trop coupé de la grande histoire à mon goût (même si de temps en temps elle s'invite dans les lieux).  Le conte y fait quelques rencontres marquantes. L'une d'entre elles lui donnera d'ailleurs une bonne raison de vivre. Dans la deuxième partie, un événement inattendu donne un second souffle au roman et réveille le lecteur assoupi mais l'histoire ne décolle pas autant que je l'aurais voulu.  

Le lecteur, Thibault de Montalembert, incarne parfaitement bien le personnage. Ce n'est pas la première fois que je le croise à l'occasion d'une lecture audio et c'est une des voix que je préfère.

Une écoute agréable mais aussi pas enthousiasmante que je l'aurais imaginée.

LU DANS LE CADRE DU PRIX AUDIOLIB 2019
Challenge écoutons un livre

 

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 00:01

Sixtrid Editions - 9 h 55 - interprété par Guy Moign

Nous sommes dans le Sud des Etats Unis dans les années 2000, plus précisément en Alabama. Ben, médecin respectable de la petite ville de Choctaw, a passé les quarante dernières années de sa vie à ressasser le drame qui a touché Keli, la jeune fille dont il était amoureux dans sa jeunesse. Nous devinons qu'il a une part de responsabilité dans le drame.

Ben nous fait part des ses états d'âmes. Il nous dévoile peu à peu ce qu'il sait de l'histoire et qu'il a caché jusqu'ici. Si l'histoire est avant tout celle d'une passion amoureuse, elle ne se résume pas qu'à cela. En effet, le contexte historique joue un rôle dans l'affaire, qui remonte aux années 60.

Dans les années 60, la lutte pour les droits civiques de la population noire n'en est qu'à ses prémices dans la ville. Seule la jeune Kelli, qui vivait auparavant dans le Sud, s'intéresse au mouvement. Elle tente de sensibiliser ses camarades à l'injustice qui touche les noirs mais se heurte à un mur. Ben ne se mobilise pas plus que ses camarades, ce qui déçoit beaucoup kelli qui aurait aimé utiliser le journal du lycée, auquel ils contribuent tous deux, pour sensibiliser les lycéens. Je ne vous en dirai pas plus sur l'histoire, qui réserve une surprise à la toute fin. 

Je dois avouer que j'ai trouvé ce roman un peu trop lent. Cette lenteur est probablement plus perceptible dans la version l'audio car de façon générale il faut plus de temps pour lire un livre audio qu'un livre classique. Je tiens toutefois à souligner que le lecteur n'est pour rien car son interprétation est excellente. En dépit de ce bémol, j'ai apprécié ma lecture. La psychologie des personnages est finement étudiée et l'analyse du sentiment amoureux chez les adolescents est très intéressante.

En résumé, c'est un bon roman, avec un bémol pour le rythme. 

Une lecture commune avec Enna

 

Challenge écoutons un livre

 

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 00:41

Editions Le Lombard

scénario : Jean Van Hamme - dessins : Christophe Simon

"Kivu" est une BD qui mélange fiction et réalité. Mais il n'y a aucun risque de confusion entre les deux, car les premières pages nous expliquent le contexte de l'histoire, nous permettant  par la suite de faire la distinction entre le réel et le fictif.

l'histoire se passe au Congo, dans la région du Kivu, convoitée pour ses richesses et notamment le Coltan (qui sert à fabriquer les téléphones portables). Des multinationales occidentales manipulent des milices locales pour chasser les paysans de leurs terre. Ces derniers sont exploités dans les mines après que leurs femmes aient été violées et mutilées de façon abominable. Un médecin, le docteur Mukwedge répare ces femmes abîmées (notamment au niveau des organes génitaux). 

 

Un jeune homme, François, est envoyé dans cette région par son employeur qui n'est autre qu'une industrie occidentale. François a pour mission de trouver un directeur de production (autrement dit un chef de milice) pour remplacer celui en place, qui vient d'être tué "dans l'exercice de sa mission". On le voit se faire abattre par un jeune autochtone qui agit en légitime défense.

Dès le premier jour, François, par accident, renverse la sœur du jeune garçon qui a tué le chef de milice.  Il prend alors en charge cette dernière. Bien vite, le jeune homme comprend qu'il s'est fourré dans un sacré pétrin en acceptant la mission au Kivu (mais avait-il le choix ?).  Plutôt que de se rendre complice de la situation, il choisit le camp des autochtones ce qui  va, bien-entendu, lui créer beaucoup d'ennuis.

Certaines scènes sont très violentes mais sans doute bien en dessous de la réalité. En refermant l'ouvrage, on ne peut s'empêcher de ressentir de la colère contre le système mais aussi de la honte d'être complice, en tant qu'occidental, de cette violence que l'on cautionne, même si c'est de façon indirecte.

Je connaissais vaguement la situation du Congo après avoir vu des reportages au journal télévisé mais cette BD m'a sensibilisée bien plus n'importe quel reportage audiovisuel. Le mélange de fiction et de documentaire est particulièrement efficace. On pourrait reprocher à l'histoire de se terminer trop bien (le dénouement est-il réaliste ?) mais sincèrement, après tant de violence, un peu d'espoir est le bienvenu.

Merci à l'amie qui m'a prêté ce livre.

 

Pour connaitre les autres de titres de "la BD de la semaine", rendez-vous chez Stephie

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26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 17:16

Le castor Astral - Pamela L. Travers - 150 pages - traduit de l'anglais par Didier Beauchamp - illustré par Clara Lauga

Quand mon chemin a croisé ce livre, grâce au Castror Astral, j'ai eu une envie irrésistible de le découvrir. Je fais partie du fan-club de Mary Poppins. J'ai regardé le film de Walt Disney plusieurs dizaines de fois et toujours avec enchantement (et mes enfants de-même).

J'ai aussi beaucoup aimé l'excellent film "Dans l'ombre de Mary", qui relate l'histoire de l'adaptation du livre d'Helen Lyndon Goff par Walt Disney. La créatrice de Mary Poppins était une dure à cuire et Walt Disney a eu du fil à retordre avec la romancière, avant d'arriver à ses fins. 

En revanche, je n'ai pas encore vu "Le retour de Mary Poppins", sorti récemment. J'avoue avoir un peu peur d'être déçue. Mary Poppins est tellement associée, pour moi, à Julie Andrews !

Helen Lyndon Goff

 

Revenons au livre, qui contient les deux derniers épisodes de l'histoire de la célèbre gouvernante : "la maison d'à côté" et "l'allée des cerisiers". Ces épisodes n'avaient jamais été publiés en France jusqu'ici.  Il s'agit donc d'un petit événement. Je sais pas ce que la créatrice de Mary Poppins (Pamela L. Travers de son vrai nom Helen Lyndon Goff) aurait pensé des dessins et de la mise page, mais moi j'ai beaucoup aimé !

En voici en un aperçu :

Dans les deux textes, nous retrouvons le mélange de sérieux et de fantaisie qui caractérise Mary Poppins. La nurse sait inculquer aux enfants de solides valeurs, tout en les entraînant dans un monde parallèle merveilleusement magique. Nous retrouvons avec bonheur les deux enfants Banks, Jane et Michael (et des jumeaux, dans un landau, qui occupent une place insignifiante dans ces histoires). 

J'ai beaucoup aimé retrouver l'univers de Mary Poppins, ses citations qui font mouche, son monde parallèle, sa gentillesse et son dévouement. Dans la première histoire, Mary Poppins et les enfants Banks aident un jeune garçon a retrouver sa famille (un petit séjour dans les nuages est au programme). La deuxième histoire est difficile à résumer. Je vous dirai simplement qu'elle se passe dans le parc, la veille de la Saint-Jean, la nuit la plus magique de l'année...

Deux autres textes viennent enrichir l'ouvrage : une préface qui donne quelques clés pour aller plus loin dans la compréhension de l'oeuvre de la romancière ainsi qu'un texte écrit par cette dernière sur le thème des romans "pour la jeunesse" (elle n'aimait pas beaucoup cette appellation).

Si vous êtes fan de Mary Poppins, ce recueil est une bonne façon de revenir aux sources. Mais ne vous attendez pas à retrouver l'univers de Disney, vous risqueriez d'être déçus. Les histoires sont courtes et plus "dépouillées" que dans le film. Le dessin, très élégant est concentré sur trois couleurs : bleu, doré, blanc. On est loin de l'univers de Walt Disney, ce qui démontre qu'il peut y avoir bien d'autres façons de représenter la célèbre nurse.

Une bien jolie découverte et un régal pour les yeux.

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 18:53

Les frères Lehman - Stefano Massini - 839 pages - traduit de l'italien par Nathalie Bauer

Ce livre a attiré mon attention dans les sorties de la rentrée pour deux raisons. D'une part, parce que j'avais envie de découvrir un nouveau titre de l'éditeur après la très belle découverte de "l'écart". D'autre part, parce que le thème de roman, pour ce que j'avais pu en lire, avait tout pour me plaire. J'aime les romans qui évoquent l'histoire des Etats Unis et celui-ci recouvre plus de 150 ans de l'histoire économique des USA. 

Emmanuel et Mayer Lehman

L'histoire des Lehman en Amérique commence en 1844, quand le premier des frères quitte la Bavière, suivi de deux autres frères, pour ouvrir un magasin général dans un petit village d'Alabama. Les frères ont le sens des affaires et ne tarderont pas à s'intéresser au coton, grâce auquel ils se constitueront un début de fortune. L'un des frères quittera l'Alabama pour se rendre à New York, persuadé qu'il peut y gagner beaucoup d'argent. Il crée la banque Lehman brothers...

De l'argent ils en gagneront et beaucoup. Tout leur réussit. C'est ainsi qu'ils traversent sans trop dommage la crise de 29 et les deux guerres. Les fils succèdent aux pères. Malins, visionnaires Les Lehman ont toujours un coup d'avance. Ils prennent quelques coups de temps en temps mais rien de bien méchant jusqu'en 2008...

Que s'est-il donc passé pour qu'ils fassent faillite de façon aussi spectaculaire ? Au fond, c'est assez simple. Ils ont fait fi des règles de l'économie et spéculé sur du vent... entraînant dans leur chute de nombreuses familles américaines. 

Cette histoire m'a intéressée mais j'avoue avoir eu plusieurs passages à vide pendant ma lecture, surtout vers le milieu du roman. 839 pages, c'est beaucoup, même si le fait que le roman soit écrit en vers (libres) l'allège quelque peu.

Pour vous donner une idée du style, voici un extrait :

 Ce n'est sans doute pas pour rien
que les enfants jouent à faire semblant
d'être instituteurs, médecins ou peintres,
et qu'aucun
jamais
ne propose de "jouer à la banque" :
celui qui interprète le banquier
doit en effet rafler l'argent des autres
et les priver de goûter :
quel drôle de jeu est-ce là !

On s'habitue très vite aux vers libres, je n'ai donc pas été freinée par ce style particulier.

Si ce livre vous tente, je vous conseille d'avoir du temps devant vous. En effet, ce n'est pas un roman addictif, il demande de la concentration. J'ai mis trois semaines à en venir à bout et j'étais soulagée de passer à autre chose.

Un roman intéressant, mais loooong !

 

Challenge littéraire 2018 - chez Hérisson- 13 romans
50 ETATS - 50 ROMANS : Alabama

 

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 00:13

Editions Zinedi - 134 pages

Quand on a proposé de découvrir ce livre, je n'ai pas hésité longtemps car j'avais beaucoup aimé le roman précédent de l'auteure "L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson", un livre voyageur proposé par Moustafette, au temps préhistorique des blogs (2007).

J'ai mis un peu de temps à entrer dans "le sel des larmes est parfois doux" mais une fois immergée dans l'histoire j'ai apprécié ce voyage qui nous mène du Portugal, à l'archipel du Cap Vert. Les personnages centraux du roman sont le Padre Pinto, Ephraîm le simple d'esprit et la jeune métisse Artémisia.  Le destin de ces trois personnages va converger, au terme de différentes aventures et de leur cheminement intérieur.

Si ce livre nous offre un périple géographique assez atypique, il nous offre aussi un voyage dans l'histoire (avec un grand H). Nous sommes en 1896 et il est question des "Conversos", dont très honnêtement, je ne connaissais pas bien l'histoire. J'ai donc fait quelques recherches pour mieux appréhender l'évolution de ces juifs d'Espagne, qui ont dû se convertir au christianisme après les pogroms de la fin du XIVe siècle, tout en restant secrètement fidèles au judaïsme.

L'écriture de Joëlle Tiano est poétique et imagée. Comme dans son précédent ouvrage, elle met nos sens en éveil : "Maintenant, ici, il s'émerveillait de la vivacité et de la rondeur des jaunes, de la profusion et des vibrations des rouges orangés et des rouilles ; de la beauté parfaite des rouges clairs et des cramoisis, de l'éclat des vermillons, de l'épanouissement des rubis, de la sombre intensité des pourpres". 

Parmi les différents personnages, c'est Artémisia qui a ma préférence. J'ai admiré cette femme forte, libre et indépendante tout au long de sa vie mais aussi fidèle en amour : "Vaillante, ardente et fière, Artémésia l'avait toujours été. Au fil des années elle gagna la sagesse que le temps confère et fût, dans la seconde moitié de sa vie, comme la reine morale du village, sa figure tutélaire...". 

Un livre de cette rentrée qui n'a pas fait beaucoup de bruit mais mérite pourtant le détour.

Le billet de Moustafette

En toile de fond, un tableau de Gwenaëlle Peron, parfaitement assorti à la couverture du roman (une aquarelle d'Henrietta Mulder).

 

12 / 12 (j'ai donc lu 2 % des livres de la rentrée littéraire de septembre)

 

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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 20:22

Audiolib 2018 (JC Lattès) - 4 h 07

Lu par Marie Bouvier - Odile Cohen - Olivier Martinaud

Habituellement, je lis sans hésiter les ouvrages de Delphine De Vigan. J'aime beaucoup sa plume et jusqu'ici je n'ai jamais été déçue par l'un de ses ouvrages. Si j'ai laissé passer un peu de temps avant de découvrir celui-ci, c'est en raison de quelques avis mitigés qui ont refroidi mon élan (notamment celui des bibliomaniacs).  Quand on m'a proposé de me prêter l'ouvrage en version audio, je me suis toutefois décidée.

Hélène est professeur dans un collège. Elle croit repérer chez un élève des signes laissant penser qu'il pourrait être victime de maltraitance dans son foyer familial. Comme nous allons le constater, elle ne se trompe pas. Victime dans l'enfance d'un père tyrannique, Hélène a une sensibilité toute particulière quand il s'agit de détecter un enfant en souffrance.

Nous suivons parallèlement le quotidien de Théo, écartelé entre une mère aigrie et un père qui a décroché socialement. Théo n'est pas battu mais sa souffrance n'en est pas moindre. Pour oublier son chagrin, il boit en cachette avec son copain Mathis.

Nous suivons successivement les protagonistes de l'histoire et parvenons à composer un bien triste tableau. Hélène, qui ne parvient pas à recueillir des preuves, va trop loin dans ses investigations et "s'assoit" sur l'éthique de son métier. Parviendra t'elle à sauver Théo sans y laisser des plumes ?

Sans que ce soit un coup de cœur, j'ai bien aimé cette écoute. Différentes voix se succèdent, donnant du rythme à l'histoire. Le principal reproche qui a pu être fait à ce livre, est d'avoir créé des personnages quelque peu caricaturaux. Ce n'est pas totalement faux mais je n'ai pas trouvé qu'ils manquaient de crédibilité. Des familles meurtries et des enfants qui trinquent, cela existe dans la vraie vie malheureusement. On en trouve dans tous les milieux sociaux.

J'ai lu aussi qu'il paraissait impossible qu'une enseignante sorte à ce point de son cadre pour aider un enfant en détresse, notamment parce qu'elle risque gros pour sa carrière en agissant ainsi. Je ne suis pas de cet avis. Je pense que quand on travaille avec "l'humain", on peut être confronté à des cas de conscience qui peuvent inciter à sortir du cadre habituel.

"Les loyautés" est en deçà des deux livres précédents de l'auteure mais mon avis est toutefois positif, vous l'avez compris. 

Écoutons un livre... Récapitulatif sur mon blog tous les mois.

Merci à celle qui m'a prêté ce livre.

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 23:31

Le tripode - août 2018 - 288 pages

"Le sillon" n'est pas un livre facile à résumer. Se situant à mi-chemin entre le roman et l'essai, on peut le qualifier de "docufiction". L'auteure, ancienne journaliste à Charlie Hebdo, s'est inspirée d'une année passée à Istanbul pour se lancer dans l'écriture de cet ouvrage. Comme la narratrice du roman, la journaliste avait tout à découvrir de cette ville et ses habitants. Dès le début du roman, nous entrons en immersion dans la ville. Au fil des déambulations diurnes et nocturnes de la narratrice, nous découvrons la géographie d'Istambul, son histoire. Assez vite, nous sentons le climat de tension qui y règne et la violence perpétrée par l'état.

La narratrice s'intéresse au journaliste arménien Hrant Dink, qui a été assassiné en 2007 par un jeune adolescent turque, qui n'a sans doute pas agit seul. Le journaliste était menacé, son idéal de paix dérangeait l'état. Sans mener à proprement parler d'enquête, la jeune femme échange avec les turques, se rend sur la tombe du journaliste, lit ses textes. Elle s'intéresse à la cause des arméniens et à celle des opposants du régime en place.

J'ai lu "Le sillon" avec quelques difficultés, manquant de références géo-politiques pour tout comprendre. Je suis toutefois ressortie de ma lecture moins ignorante qu'en y entrant (c'est déjà cela). La narratrice exprime le regret que la France, trop nombriliste, ne s'intéresse pas beaucoup à la Turquie . En ce qui me concerne, il est certain que je serai désormais plus attentive à ce qui s'y passe. Je dois dire par ailleurs que Valérie Manteau m'a donné envie de visiter un jour cette ville, qui me paraît aussi belle qu'attachante.

Une lecture assez exigeante.

.

9/12

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 23:30

Audiolib 2017 - Lu parNastassja Girard - 5H 37

Madeline, dix-huit ans, est atteinte de la maladie dite de 'l'enfant-bulle". Elle se trouve confinée chez elle sans possibilité de sortir par crainte d'y laisser sa peau. Son système immunitaire est défaillant. La jeune fille, soutenue par sa mère et par une infirmière, compose avec sa maladie et se montre courageuse. Du moins jusqu'au jour ou un jeune homme s'installe avec sa famille dans la maison voisine. A partir de là, rien ne va plus. Madeline tombe amoureuse et se met en danger. 

J'ai choisi ce livre audio dans ma pile à écouter à l'occasion du mois américain. J'avais lu quelques critiques positives mais j'avais toutefois un peu peur de m'ennuyer avec cet ouvrage classé "jeunesse" Mes doutes se sont dissipés quand j'ai senti que quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire et que la chute ne serait peut-être si prévisible que cela. Je préfère ne pas vous en dire plus car il vaut mieux aborder ce livre sans trop en savoir sur l'histoire.

Sans être exceptionnel, "Everything everything est un roman jeunesse agréable à lire, y compris pour les adultes. C'est une écoute qui m'a accompagnée quelques jours et que j'avais plaisir à retrouver. La voix de la jeune fille et ses intonations correspondent bien à l'idée que je me fais du personnage.

Merci à l'amie qui me l'a prêté

Le mois américain, c'est chez Titine

 

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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 23:33

90uchet-Chastel 2018 - 213 pages 

"Joaquim ignorait que le temps emporte tout, et que très peu de fratries résistent au courant de devenir adulte. Passé un certain âge, la plupart des frères et soeurs ne partagent plus que des souvenirs qui coïncident rarement. Pourtant, à la mort de l'un, à la mort de l'une, fût-ce à des âges canoniques, ce n'est jamais que celui ou celle de la petite enfance qu'on enterre : cette cadette dont l'arrivée provoqua une perte jamais compensée, cet aîné dont on chercha sa vie entière à se faire aimer".

Joaquim sillonne le monde comme photographe reporter. Quand il reçoit un message lui annonçant le décès de son père, le passé refait surface. Dans le train qui le mène à Rouen pour régler la succession, il se remémore les faits qui l'ont mené à couper les ponts avec ce qui lui restait de famille. L'élément déclencheur de la désagrégation familiale a été le suicide de la soeur de Joaquim mais des failles existaient auparavant, nous les découvrons au fil du roman.

Joaquim revient également sur la période qui a marqué le début de sa fuite en avant. A vingt ans, pour fuir une ambiance familiale devenue insoutenable, il s'envolera pour Sarajevo. Nous sommes dans les années 90, les Balkans sont à feu et à sang. Joaquim est hébergé dans une famille qui le prend sous son aile et lui permet d'être au plus près du quotidien des habitants de la ville.

Je n'ai compris le titre du roman qu'à la toute fin de l'histoire. En faisant quelques recherches, j'ai découvert que "Miss Sarajevo" était le titre d'une chanson de U2, sortie en 1995.  Pavarotti, invité par le groupe, y chante un solo d'opéra. La chanson fait référence à un concours de beauté organisé dans un Sarajevo assiégé, acte de résistance très marquant. J'avoue que je ne connaissais ni cette chanson, ni son histoire (ou alors je les ai oubliées !).

C'est un roman bien écrit et intéressant qui mèle la petite et la grande histoire. Sans avoir été jusqu'au coup de coeur, comme Antigone, j'ai trouvé qu'il y avait de très beaux passages sur le deuil, la fratrie mais aussi sur la guerre. Ingrid Thobois a assurément une belle plume et beaucoup de finesse dans l'analyse des sujets traités.

Un bon roman de cette rentrée.

Je vous laisse avec le clip de "Miss Sarajevo" dont les images d'archive illustrent bien l'ambiance de la partie "Sarajevo" du roman .

 

7 / 12

 

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