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Ecoutons un livre

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Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 15:59

10-18 (Belfond 2020) - 402 pages - traduit de l'anglais (Irlande) par Sarah Tardy

Une note historique, en début de livre, nous donne quelques indications précieuses sur le contexte historique du roman : "Dans les années 1580, un couple qui habitait Henley Street, dans la ville de Statford, eut trois enfants : Suzanna puis Hamnet et Judith, des jumeaux. Le garçon Hamnet, mourut en 1596 à l'âge de onze ans. Quatre ans plus tard, son père écrivit une pièce de théâtre intitulée "Hamlet". 

En partant de faits réels, Maggie O'Farell nous propose un merveilleux roman dans lequel elle tente d'imaginer ce qu'a pu être la vie de cette famille frappée par un deuil cruel. Shakespeare n'est jamais nommé explicitement. Il est appelé "le père" ou "le mari". Souvent absent de son domicile, le dramaturge n'est pas au centre du roman, laissant la place à sa femme, Agnès, une femme tout aussi attachante qu'atypique. Les relations entre les enfants, notamment entre les jumeaux, constituent des moments forts du roman. 

Grâce aux allers et retours entre les différentes périodes de la vie d'Agnès nous réunissons peu à peu les pièces du puzzle de son existence : une enfance à la campagne, une rencontre improbable avec Shakespeare et une vie maritale peu conventionnelle. Le portrait d'Agnès est magnifiquement bien incarné. Cette femme illettrée est très utile à son village grâce à sa connaissance des vertus médicinales des plantes. Bien que maternelle et attachée à son foyer, elle tient à garder son activité de soignante auprès de la population, coûte que coûte. 

Maggie O'Farell nous offre un roman sensuel et d'une grande richesse. Elle n'hésite pas à flirter avec le surnaturel. Certains passages sont poignants mais l'écrivaine de tombe jamais dans le pathos. Le contexte historique est intéressant. Nous pouvons imaginer les conditions de vie de l'époque. Nous traversons notamment une terrible épidémie de peste.

Un gros coup de cœur et assurément une de mes plus belles lectures de ces dernières années.

 J'ai lu ce livre fin 2024 sans faire de billet. Le mois anglais me donne l'occasion d'en parler sur ce blog. 

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Lou et Titine

 

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15 février 2025 6 15 /02 /février /2025 11:40

Philippe Rey - 2025 - 327 pages

Kerry Hudson est née en Ecosse en 1980. Elle a été élevée par une mère vulnérable dans une extrême précarité. Très marquée par son enfance, l'écrivaine ne se voyait pas fonder une famille mais le désir d'enfant l'a rattrapée à l'âge de 40 ans, alors qu'elle parcourait le monde avec son mari Peter. "Nouvelle naissance" est inspiré de cette épisode de sa vie.

Je n'ai pas lu la quatrième de couverture avant de commencer l'ouvrage et bien m'en a pris car il est préférable de se laisser surprendre par la tournure que prennent les évènements.  Nous sommes aux côtés de cette femme à l'étranger, en pleine épidémie de covid, avec un mari qui accepte l'idée d'avoir un enfant mais sans véritable enthousiasme. La vie étant par nature imprévisible, d'autres difficultés vont survenir et compliquer la vie de ce couple. 

L' écriture assez orale de Kerry Hudson m'a un peu déstabilisée au départ mais mais je me suis rapidement habituée à son style. Dès que j'avais un petit moment devant moi, je me plongeais dans son récit. Je n'ai ni le même âge ni les mêmes préoccupations que l'écrivaine et pourtant son récit m'a passionnée. Je me suis remémoré mes sensations de future maman puis de jeune maman. J'ai aimé découvrir le Prague décrit dans ce roman, loin des touristes et des clichés de carte postale. J'ai véritablement l'impression d'avoir partagé cette tranche de vie avec l'écrivaine.

J'ai découvert Kerry Hudson il y a dix ans avec "la couleur de l'eau " qui m'avait beaucoup plu. Je n'ai pas eu l'occasion de la relire par la suite mais quand j'ai repéré son nom dans le dernier "Masse critique" de Babelio, je n'ai pas hésité à sélectionner le titre et j'ai bien fait car c'est  un coup de coeur.

 

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5 février 2025 3 05 /02 /février /2025 21:34

2024 - 272 pages

Lu en 2024

Ce huis-clos met en scène trois personnages : Blaise, gueule cassée de la guerre 14-18,  Alexandrine, son épouse et "la petite bonne" (comme on disait à l'époque). Nous sommes juste après la première guerre mondiale. En France, les rentiers peuvent se permettre d'embaucher, à des salaires dérisoires, du personnel de maison. La petite bonne dont il est question travaille pour plusieurs patrons, commençant ses journées à l'aube. 

Blaise est lourdement handicapé et aigri par son état physique. Il ne peut plus exercer sa passion pour la musique et se replie sur lui-même. Son épouse l'accompagne par devoir, elle n'est pas heureuse. Un jour des amis lui proposent de venir passer le week-end avec eux à la campagne. Alexandrine accepte et fait taire momentanément sa culpabilité. Blaise reste seul avec la petite bonne qui tente de le distraire, sans toutefois se montrer complaisante. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que Blaise a un plan derrière la tête...

J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman original, tant sur la forme que sur le fond. Les trois personnages prennent tour à tour la parole. Une quatrième voix se fait entendre, dans une autre temporalité. Certains passages sont en prose, d'autres en vers libres. C'est un roman tout en délicatesse qui m'a fait penser au livre d'Angélique Villeneuve "les fleurs d'hiver", sur le thème des gueules cassées. La fin du roman est bouleversante, inattendue, superbe.

Un très beau roman !

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2 octobre 2024 3 02 /10 /octobre /2024 17:29

Ecoutez lire (Galimard) - lu par Pierre-François Garel -  7 h et 33 min

Voilà un bon moment que j'ai lu ce livre mais impossible de le passer sous silence tant il m'a marquée. Je l'ai lu en version audio mais fort heureusement, j'avais à disposition la version papier. Je ne crois pas que j'aurais pu m'en passer pour deux raisons : la multitude de personnages portant des noms russes et les nombreuses digressions qui ont leur importance mais qui peuvent perdre l'audiolecteur.

Sans rentrer dans les détails, l'auteur nous propose d'approcher Poutine par l'intermédiaire de celui qu'on a appelé "le mage du Kremlin", à savoir son plus proche conseiller. Dans le roman, l'homme s'appelle Vadim Baranov, dans la réalité il s'agit de Vladislav Sourkov. Sa vie est un véritable roman. L'auteur parvient à retranscrire les liens de  Poutine avec Baranov/Sourkov. Il donne au lecteur un aperçu de la façon dont le chef russe traite ses collaborateurs.

Le roman a été écrit avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ce qui est bluffant, c'est qu'il nous éclaire sur les motifs de la guerre et sur la façon dont elle est menée côté russe. Nous comprenons également comment s'exerce le pouvoir totalitaire de Poutine et comment il parvient à rester en place. 

Je vous conseille vraiment cette lecture !

Challenge "Ecoutons un livre"

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12 mai 2024 7 12 /05 /mai /2024 22:06

Arléa 2024 - 234 pages

Dans ce roman autobiographique aux accents nostalgiques, Marie Sizun nous propose de visiter, à ses côtés, l'appartement de son enfance. Dans ce petit logement situé dans le 20ème arrondissement de la région parisienne, Marie vit une relation fusionnelle avec sa mère, avant que son père ne revienne de la guerre. Ce père qu'elle ne connait pas voudra, à son retour, reprendre les choses en mains et imposer une discipline à laquelle Marie n'est pas habituée. Quand l'homme choisira, au bout de quelques années, de les quitter pour une autre femme, ce sera un soulagement pour la petite fille. 

L'appartement est extraordinaire aux yeux de Marie. Ce n'est que quelques années plus tard, quand elle se rendra chez des camarades de classe, que Marie mesurera la vétusté et l'étroitesse de son propre logement. Quand elle devra quitter son cocon pour l'école, des difficultés se présenteront à elle. Marie n'a pas les codes, souffre du regard des autres sur ses vêtements démodés et pas toujours très propres. Fort heureusement, un changement d'établissement scolaire lui donnera une seconde chance qu'elle saura saisir. Pour autant, son enfance et adolescence, marquées par la pauvreté et par la santé mentale parfois défaillante de sa mère, ne seront pas un long fleuve tranquille.

Ce n'est pas la première fois que Marie Sizun évoque son passé mais elle le fait cette fois en choisissant clairement le récit autobiographique. C'est avec beaucoup de sincérité, de sensibilité et de grâce que l'écrivaine nous raconte son enfance, faisant de ce petit appartement le personnage central de son récit. On perçoit tout l'amour de Marie pour sa mère, un amour inconditionnel que la maladie et les difficultés financières n'ont pas abimé. Décrivant avec minutie la vie d'une enfant des classes populaires de l'après-guerre à Paris, Marie Sizun donne à son récit une portée sociologique. 

Un très beau récit, vraiment.

 

Un extrait du début du roman :

"Ma vie commence au petit appartement. C’est mon écorce, ma coquille, mon nid. Je ne sais rien de lui, mais sa lumière, ses couleurs, son odeur sont à moi autant que la présence de ma mère.
J’ai trois ans, cinq, sept, dix ans, douze, quinze, seize, et je suis encore dans l’appartement. Mes connaissances se sont un peu enrichies, mais de l’appartement, je ne me dissocie pas encore. C’est un être vivant, fraternel, jumeau. Il est moi comme je suis lui, comme on peut s’aimer ou se haïr sans jamais cesser d’être soi.
Je le quitterai. Je vivrai ailleurs. Loin. Mais il sera toujours là. Au fond de moi.
Il est mon enfance et quelque chose de plus, comme un secret. Une empreinte génétique. Une deuxième peau, inaliénable."

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29 avril 2024 1 29 /04 /avril /2024 10:01

Audiolib 2023 (globe 2022) - lu par Loic Corbery - 4 h 35

Nous sommes dans les années 80, marquées par le sida, qui fait des ravages au sein de certaines populations.  L'oncle de l'auteur se met à consommer de la drogue, un peu par hasard. Il s'ennuie dans sa vie de jeune adulte dans un village de l'arrière pays niçois. Sa vie bascule quand il contracte le sida. C'est à l'époque une maladie honteuse dont on ne guérit pas.

L'originalité de ce roman est d'alterner l'histoire de ce jeune homme (et plus tard celle de sa fille) avec les avancées de la science en matière médicale, ralenties par des conflits d'égo. C'est révoltant quand on sait que des vies auraient pu être sauvées si l'intérêt des malades avait été la priorité.

Ce roman fait revivre une époque à la lumière de ce que l'on sait aujourd'hui de la maladie et de la recherche médicale sur le sida. J'ai beaucoup aimé la façon qu'a l'auteur de raconter une histoire intime en la replaçant dans l'histoire collective. 

C'est une histoire bien triste mais racontée de façon originale et intéressante. La version audio est irréprochable. Je recommande !

Challenge Ecoutons un livre

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1 octobre 2023 7 01 /10 /octobre /2023 20:25

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Florence Lévy-Paoloni -

Lizzie - lu par Anny Romand -  15 h 41 minutes

Nous suivons Eleanor, de vingt ans à l'âge de la maturité. Elle n'a pas eu une enfance très heureuse et rêve de fonder sa propre famille. Autrice à succès de livres pour enfants, elle a accumulé un pécule lui permettant d'acheter une vieille ferme à la campagne. Après plusieurs mois de vie solitaire, elle fait la connaissance d'un homme, Cam, qui se montre gentil et prévenant. Il s'installe à la ferme et ils décident d'avoir un enfant. Deux autres suivront, assez rapidement. Cam aime sa femme et ses enfants mais il n'a pas vraiment le sens des responsabilités. Tout repose sur Eleanor, y compris de subvenir financièrement aux besoins de la famille. La jeune femme s'en accommode mais ressent une certaine frustration, qu'elle peine parfois à cacher.

La famille aurait pu continuer à fonctionner ainsi si un évènement accidentel n'avait pas fait voler le couple en éclat. Après la séparation, Eleanor doit composer avec son ex-mari et ses enfants, s'oubliant parfois au profit des autres. Le beau rôle revient à Cam, ce qui est assez révoltant. J'ai éprouvé une grand empathie à l'égard d'Eleanor que je trouve admirable même si, parfois, ses choix sont difficiles à comprendre. J'ai aimé l'accompagner dans son parcours d'épouse et de mère. J'ai souvent fait le parallèle entre son existence et la mienne, bien que nos vies soient différentes. Je crois que toutes les mères peuvent se retrouver dans ce roman. Il faut parfois oublier ses idéaux et prendre la vie comme elle vient. La famille parfaite n'existe pas.

Joyce Maynard est une autrice américaine que j'apprécie particulièrement. Elle m'a comblée avec ce livre que j'ai eu peine à lâcher. J'ai appris qu'elle finalisait la suite de cette histoire. Je m'en réjouis car j'étais vraiment triste d'abandonner Eleanor sans savoir comment elle allait assumer le choix qu'elle fait à la fin du roman.

Quelques mots sur la version audio :

J'ai eu un peu de mal, au départ, à adhérer au timbre de voix de la lectrice, qui m'a semblé être celui d'une femme assez âgée alors que nous suivons une femme plutôt jeune durant une grande partie du roman. Cela n'a pas gâché ma lecture car je me suis accoutumée rapidement à la lectrice, emportée par le texte.

Un gros coup de cœur.

Challenge Ecoutons un livre

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21 septembre 2023 4 21 /09 /septembre /2023 21:25

Audiolib (Stock) - 4 h 13 - lu par Françoise Gillard

"À enfant hors norme, savoir hors norme, pensait l’aîné. Cet être n’apprendrait jamais rien et, de fait, c’est lui qui apprenait aux autres."

Ce livre revêt une place particulière dans l'œuvre de l'autrice puisqu'il comporte un socle autobiographique. Comme dans la famille dont il est question dans ce livre, Clara Dupont-Monot a eu un frère "inadapté". Le choix de ce mot m'a semblé surprenant voire suranné (c'est celui qu'on utilisait quand j'étais enfant pour parler des enfants handicapés mentaux). Il est question d'adaptation et d'inadaptation tout au long du livre. L'adaptation de la famille à cet enfant et l'inadaptation de la société à la situation de ce foyer. Alors, au final, qui est inadapté : l'enfant ou la société ?

L'enfant est lourdement handicapé. Il ressemble à une poupée de chiffon mais bénéficie de l'ouïe et du toucher. Ces deux sens permettent une forme de communication avec lui. Parmi les membres de la fratrie, l'ainé est particulièrement doué pour interagir avec ce frère peu ordinaire quand la cadette le rejette, incapable de voir son frère comme une personne à part entière. Chacun fait comme il peut.

Clara Dupont-Monot a choisi de confier la narration aux pierres d'un muret qui se trouve dans la propriété de la famille, dans les Cévennes. Observatrices neutres, les pierres décrivent le comportement des différents enfants vis-à-vis de ce petit frère encombrant mais qui apporte tant aux uns et aux autres. S'ils ne s'en rendent pas compte sur le moment, cette expérience forte de leur enfance leur permettra de développer tout un tas de qualités comme l'empathie, la patience, la tolérance, la solidarité...

Je n'avais pas lu la quatrième de couverture et j'ai été cueillie par la dernière partie du roman, qui fait intervenir un membre de la famille qui vit l'histoire en décalé par rapport aux autres. Je n'ai pas envie d'en dire plus car j'ai aimé ne pas tout savoir à l'avance de cette famille. Je trouve que la quatrième de couverture (que ne n'ai lue qu'à posteriori) en dit de trop.

Il y aurait beaucoup à dire, encore, sur ce roman sensible à l'écriture si poétique. Tous nos sens sont sollicités durant la lecture et une palette d'émotions nous traverse. La place de la nature est prépondérante. C'est vraiment un très beau roman. Le Goncourt des lycéens est une valeur sûre, j'en ai eu la preuve cette fois encore.

Je ne regrette pas d'avoir lu ce court texte en version audio. Les personnages m'ont accompagnée durant une journée, sans que j'aie à les abandonner pour vaquer à mes occupations (du moins celles compatibles avec la lecture audio).

A lire absolument si ce n'est déjà fait.

Challenge "Ecoutons un livre"

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23 août 2023 3 23 /08 /août /2023 23:04

Le passage - 210 pages - août 2023

Après une longue pause estivale, je suis de retour sur ce blog pour vous présenter un premier coup de cœur pour un roman de cette rentrée littéraire (j'espère que d'autres suivront !). J'en profite pour souhaiter bon courage à ceux et celles qui reprennent le travail.

Dans son précédent roman, "La belle lumière", Angélique Villeneuve nous entrainait en Alabama, sur les traces d'une petite fille hors norme, Hélène Keller. Cette fois nous sommes en Europe de l'Est, au début du 20ème siècle, dans la peau d'une petite inconnue de huit ans. Henni vit avec sa famille dans la zone de résidence des juifs. Elle a pour modèle sa grande sœur, qui doit suppléer aux carences d'une mère apathique mais aimante comme nous le verrons plus tard.

Au quotidien, les grandes doivent s'occuper des petits. c'est beaucoup de travail et Henni a désormais en charge un bébé, pour sa plus grande fierté. La famille, bien que peu conventionnelle, vit paisiblement jusqu'à ce jour où tout bascule. Des hommes pénètrent dans la maison pour piller et tuer. Après une scène terrifiante et différentes péripéties, Henni se retrouve livrée à elle-même.

Nous suivons la fillette pendant vingt-quatre heures, à hauteur d'enfant. Bien que seule, elle se sent portée par l'amour des siens. Quelques flashbacks nous permettent de comprendre la psychologie de l'enfant et la vie qui était la sienne avant le drame. Nous découvrons son petit monde intérieur et les histoires qu'elle se raconte pour survivre. Elle vit intensément cette aventure en occultant parfois, pour se protéger, la réalité des faits. Elle sera toutefois suffisamment lucide pour trouver les bons gestes, le moment venu, afin de venir en aide à plus vulnérable qu'elle. C'est le cœur serré que nous quittons la douce Henni au tournant d'un chemin qu'elle emprunte pleine d'espoir, avec la candeur de ses huit ans.

Angélique Villeneuve façonne, mot après mot, un univers poétique et enfantin qui contraste avec la violence humaine en toile de fond. Comme souvent, dans les romans de l'autrice, les gestes du quotidien apportent une forme de consolation aux êtres qui souffrent. Il ne faut pas baisser les bras et continuer son chemin pour ne pas sombrer. Je remercie chaleureusement Angélique de m'avoir permis de découvrir en avant-première ce beau roman qui m'a beaucoup touchée. J'ai retrouvé avec enchantement la plume si singulière et merveilleuse qui est la sienne.

Un extrait :

"Elle entre dans l'armoire, s'y assied, et avec précaution en referme la porte. Elle roule en boule sous la dernière étagère et tous les doigts de la famille sont au coeur de cette boule dans le noir odorant. Elle n'est pas seule. Il suffit de dire le nom de chacun dans sa tête."

Allons voir l'avis d'Antigone avec qui je partage une lecture commune, ce 24 août, jour de sortie de l'ouvrage.

Le billet d'Aifelle

"les ciels furieux" est en lice pour le Prix Littéraire Le monde 2023. 

Partenariat non rémunéré avec les Editions "Le Passage" 

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28 juin 2023 3 28 /06 /juin /2023 20:52

 

Belfond - traduit du japonais par Hélène Morita

Disposant de temps devant moi, j'ai entrepris de découvrir la trilogie de Murakami qui m'attendait depuis un bon moment. J'ai choisi de panacher les modes de lecture, papier et audio. 

Un éditeur reçoit par la poste, pour un concours de jeunes auteurs, un manuscrit écrit par une jeune fille. Il a un coup de cœur pour l'histoire mais le texte comporte des imperfections et ne peut être édité en l'état. Il a l'idée de confier sa réécriture à Tengo, un des jeunes auteurs de son "écurie" qui a du potentiel mais n'a pas encore percé. Tengo, bien qu'ayant des scrupules, accepte de relever le challenge, après avoir rencontré la jeune fille.

Parallèlement, nous suivons Anomamé, une jeune femme assez solitaire, animatrice sportive dans une association et coach pour des particuliers. Nous découvrons qu'elle a une activité très spéciale en parallèle puisqu'elle est chargée d'éliminer des hommes qui se sont montrés violents avec des femmes.

Comme vous pouvez vous en douter, les deux histoires finissent par se rejoindre...

Comme à son habitude, Murakami flirte avec le fantastique de façon subtile et dosée. Nous côtoyons deux mondes : celui de l'année 1984 et celui de l'année 1Q84, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Tout du moins au premier abord car en1Q84 on peut voir deux lunes dans le ciel et les humains doivent composer avec les "Little People". Cela peut sembler farfelu de prime abord mais tout se tient et on y croit !

Je me suis passionnée pour cette histoire qui mélange les genres : histoire d'amour, thriller, conte fantastique et poétique... J'ai beaucoup aimé suivre les deux personnages, aussi attachants l'un que l'autre et j'ai eu beaucoup de mal à les quitter. J'aurais vraiment aimé qu'il y ait un quatrième tome. 

J'ai autant aimé la version papier que la version audio. Pour une trilogie (ou un pavé), c'est très plaisant d'alterner les modes de lecture. Cela permet d'avancer plus vite dans l'histoire. En effet, je lis audio en voiture, en me baladant ou en m'occupant des tâches ménagères, ce qui augmente de façon conséquente les plages de lecture dans la journée. 

Une belle aventure littéraire !

 

Challenge Ecoutons un livre

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