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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 00:43
Rebecca (Albin Michel) 2015 - 15 h 54 - lu par Virginie Mery
Rebecca (Albin Michel) 2015 - 15 h 54 - lu par Virginie Mery

"Rebecca" n'est pas ma première lecture de Daphné Du Maurier. J'avais une petite quinzaine d'années quand j'ai dévoré "L'auberge de la Jamaïque". Dans ces deux romans, l’héroïne est une jeune orpheline qui doit subir une sorte de parcours initiatique avant de pouvoir s'épanouir en tant d'adulte. J'ai retrouvé l'ambiance mystérieuse voire gothique dont je me souvenais de cette très ancienne lecture.

Dans "Rebecca", la jeune narratrice, dont le nom n'est jamais prononcé, succombe au charme de Maxime De Winter, un homme d'une trentaine d'année, veuf depuis un an environ. Bien qu'ils se connaissent depuis peu, l'homme la demande en mariage, ce qu'elle accepte sans se donner le temps de la réflexion. La jeune fille quitte donc précipitamment son emploi de dame de compagnie pour partir vivre à Manderley, la majestueuse demeure de Max De Winter.

Bien vite, la jeune femme se rend compte que la précédente Madame De Winter ou plutôt son fantôme, occupe encore les lieux. Dès lors, Rebecca devient, presque jusqu'à la fin, l'héroïne du roman. Nous découvrons ses goûts, ses habitudes, son physique, son caractère. Nous nous demandons comment une jeune fille aussi gauche et insignifiante que la narratrice va bien pourvoir remplacer cette flamboyante Rebecca. L'ex-gouvernante de Rebecca lui rend la vie impossible et Maxime se montre de plus en plus perturbé. De toute évidence quelque chose ne tourne pas rond mais il nous faudra attendre la fin du roman comprendre le fin mot de l'histoire.

J'ai vraiment adoré cette écoute. Dès que je le pouvais, je me jetais sur mon lecteur MP3 pour retrouver Rebecca. J'étais totalement hypnotisée par cette histoire qui tient en haleine à la manière d'un thriller. La description minutieuse de la psychologie des personnages tout comme celle des lieux m'a évoqué les romans des sœurs Brontë. Je ne sais pas ce que valait la précédente traduction de Rebecca mais celle-ci sonne parfaitement juste.

Je ne vais pas tarder à me plonger dans "Ma cousine Rachel" pour le blogoclub du 1er décembre (je m'en réjouis !), puis je lirai l’autobiographie de Daphné du Maurier parue récemment aux Editions Albin Michel "Retour à Manderley", de Tatiana De Rosnay. J'ai bien l'intention également de m’autoriser un petit retour nostalgique à "L'auberge de la Jamaïque" pour renouer avec le coup de cœur littéraire de mes quinze ans.

Rebecca - Daphné Du Maurier (audio)

A lire, ou plutôt à dévorer !

Challenge Ecoutons un livre
Challenge Ecoutons un livre

Une lecture commune avecEnna

Les avis de Sous les Galets - Brize

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Audiolib.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 23:32
Rentrée 2015 Scénariste : Didier QUELLA-GUYOT Dessinateur : Sébastien MORICE
Rentrée 2015 Scénariste : Didier QUELLA-GUYOT Dessinateur : Sébastien MORICE

Nous sommes sur une île bretonne au début de la guerre 14-18. Tous les hommes en âge d’être mobilisés doivent rejoindre le front sauf le jeune Maël, en raison de son pied bot.

Seul homme vaillant au village, le voilà réquisitionné pour faire le facteur. Ce qui n'était pas vraiment prévu au programme, c'est qu'il se mettre à conter fleurette aux îliennes et qu'il rencontre autant de succès. Pour une fois qu'elles s'intéressent à lui, le jeune homme ne se fait pas prier et fait croire à chacune d'elle qu'elle est l'unique. La fin de la guerre approchant, un événement inattendu va remettre les choses à leur place.

Les vingt dernières pages, qui constituent un long épilogue, permettent de revisiter l'histoire sous un angle différent (et fort surprenant). J'espère vous avoir suffisamment intrigués pour que vous ayez envie d'en savoir plus.

Facteur pour femmes (BD)

J'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir cette BD. Les couleurs utilisées (bleu, oranger, ocre) sont magnifiques. les amoureux de la Bretagne vont se régaler. Quelques scènes un peu coquines pimentent le récit mais sans aucune vulgarité. C'est tendre, drôle et cruel. "A la guerre, comme à la guerre" est l'expression que j'aurais envie d'utiliser pour résumer l'histoire en quelques mots.

Facteur pour femmes (BD)

Une très belle découverte (Merci à Patricia pour le conseil !)

L'avis (enthousiaste également) du petit carré jaune

Facteur pour femmes (BD)

La BD de la semaine, aujourd'hui, c'est chez Noukette

5/6 challenge rentrée 2015
5/6 challenge rentrée 2015

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 23:32
Lu par l'auteur - livraphone 2015 (Actes Sud) - 1 h 30
Lu par l'auteur - livraphone 2015 (Actes Sud) - 1 h 30

Ce petit livre est publié chez Actes Sud dans la collection « Essences » qui regroupe diverses productions littéraires sur le thème des odeurs. C’est sous l’angle autobiographique que Valentine Goby apporte sa contribution.

L'enfance de la romancière a été fortement imprégnée de souvenirs olfactifs et pour cause : fille d’industriel du parfum, Valentine Goby a été élevée dans la capitale du parfum, Grasse. Un de ses premiers souvenirs est lié à son père, qui rapportait du travail «l’odeur de l’usine », un mélange d’essences diverses servant à fabriquer des parfums. La petite fille n'appréciait guère les moments où son père rentrait de l'usine et imposait le mélange de parfums dont il était imprégné. Valentine préférait le joyeux désordre qui régnait dans la maison en son absence ainsi que l'odeur rassurante et légère de sa mère. Entre le père et la fille, c'était mal parti et cela ne s'arrangera pas vraiment à l'adolescence.

Baumes - Valentine Goby (audio)

A l’heure des choix, Valentine décidera de ne pas rejoindre l’affaire familiale pour se tourner vers la littérature (elle a bien fait !) mais avant cela, elle fera un petit stage dans une firme américaine qui commercialise des parfums. Voilà une autre expérience intéressante qu'elle raconte à merveille, tout comme sa rencontre avec le roman de Patrick Süskind "Le parfum".

Valentine Goby a un réel talent de conteuse et un très joli timbre de voix. Je me suis régalée avec ce petit récit poétique. Je l’ai écouté plusieurs fois, savourant le choix des mots et des métaphores.

Baumes - Valentine Goby (audio)

Un très joli voyage au pays du parfum et une façon de connaître un peu mieux Valentine Goby

L'avis de Saxaoul

Lu dans le cadre du Prix "Lire dans le noir" et c'est mon chouchou...

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 23:13
lu par Olivier Cuvellier - 2008 (Liana Levi) - 5 h 20
lu par Olivier Cuvellier - 2008 (Liana Levi) - 5 h 20

"Pour la plupart des gens, être considéré comme le tueur à gages idéal pourrait ne pas apparaître comme un compliment, mais pour un homme au chômage depuis neuf mois, c'est un honneur d'être respecté par quelqu'un, peu importe pour quoi. C'est ça qui manque quand on n'a pas de travail. L'argent, bien sûr, mais aussi l'idée qu'on vaut quelque chose aux yeux de quelqu'un".

Dans une petite ville du Wisconsin, la vie a changé du tout au tout quand l'usine qui faisait travailler la population a été délocalisée au Mexique. Comme tous ses camarades, Jack a perdu son travail. Il désespère d'en trouver un autre car la région est sinistrée. Quand une de ses connaissances lui propose un boulot de tueur à gages, il n'hésite pas une minute. Totalement désabusé, au bord de la dépression, la notion de bien ou de mal ne veut plus dire grand-chose pour lui.

Nous suivons Jake dans l'apprentissage de son nouveau métier. En dépit de quelques expériences un peu foireuses, il ne s'en sort pas si mal. En maniant l'humour noir de façon assez bluffante, l'auteur nous fait entrer dans le jeu du tueur et nous devenons le complice de ses meurtres, tremblant pour qu'il ne se fasse pas prendre. Si l'humour est omniprésent, l'auteur glisse dans son récit des petites phrases acerbes voire assassines sur l'Amérique à deux vitesses qui peut conduire un homme comme Jack à accepter n'importe quel boulot pour se sentir un peu valorisé.

L'interprétation y est pour beaucoup dans la réussite de ce livre audio, que je n'aurais peut-être pas apprécié à ce point en version papier. Le ton faussement détaché du lecteur et la petite musique façon "western" qui sépare les chapitres apportent un plus, indéniablement.

Un petit boulot - Iain Levison (audio)

Un texte efficace et une écoute jubilatoire.

Une lecture commune avecEnna

Un petit boulot - Iain Levison (audio)

Lu dans le cadre de "Ecoutons un livre.

Un petit boulot - Iain Levison (audio)

Avec ce roman, je participe au "Mois américain" et je continue à alimenter mon défi "50 romans, 50 états" en cochant la case "Wisconsin".

Un petit boulot - Iain Levison (audio)

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 08:12
Philippe Rey 08-15 349 pages
Philippe Rey 08-15 349 pages

Kerry Hudson est l'auteure d'un titre qui n'est pas passé inaperçu lors de sa sortie, l'an passé, chez Philippe Rey : "Tony Hogan m'a payé un ice-cream avant de me piquer maman". Un titre pareil, on le retient, même quand on a pas lu l'ouvrage (ce qui est mon cas mais je vais y remédier).

La couleur de l'eau commence par la rencontre de Dave, vigile dans un grand magasin londonien, avec Aléna, qu'il surprend à voler une paire de chaussures et dont il tombe sous le charme. Quand le hasard le met de nouveau sur la route de la jeune fille, il ne laisse pas passer sa chance de faire plus ample connaissance. Nous assistons à la découverte mutuelle de deux jeunes gens qui ont pour point commun un passé trouble et douloureux. Aléna ne se livre que très peu et David doit accepter de vivre avec quelqu'un dont il ne sait rien. En tant que lecteur, nous avons un coup d'avance et découvrons, avant David, ce qui s'est passé quand la jeune fille, pleine d'enthousiasme et d'espoir, a quitté la Russie pour Londres, persuadée qu'on l'attendait à bras ouverts.

Nous sommes observateurs de leur relation déséquilibrée et des difficultés, pour Aléna, de cacher à David qu'elle n'est si libre qu'elle le paraît. D'une certaine façon, David n'est pas libre non plus, entravé par la relation fusionnelle qu'il a entretenu avec sa mère et dont il garde les séquelles. Ces deux êtres, fort attachants, ont chacun du chemin à parcourir pour vivre pleinement leur vie de jeunes adultes. Leur route va nous mener de Londres en Sibérie mais je ne vous dirai pas comment car le livre contient une part de suspens que je ne voudrais pas vous gâcher.

J'ai lu ce roman un peu comme un thriller, grâce à sa construction qui tient en haleine. Je ne me suis pas ennuyée une minute auprès de ces deux êtres qui mettent leur misère en commun pour construire, non sans difficultés, une belle histoire d'amour. Étonnamment, bien que la plupart des lieux fréquentés soient tristes et glauques, c'est un livre que je qualifierai de lumineux.

La couleur de l'eau - Kerry Hudson

Ma première lecture de cette rentrée littéraire a été largement à la hauteur de mes attentes.

Les avis de Gwenaëlle et Antigone (aussi enthousiastes que moi)

Celui de Keisha (plus réservée)

1/6 - challenge rentrée automne 2015
1/6 - challenge rentrée automne 2015

Je remercie l'agence Anne et Arnaud à qui je dois cette lecture.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 06:15
Albin Michel 2015 - 624  pages - traduit de l'anglais (américain) par Valérie Malfoy
Albin Michel 2015 - 624 pages - traduit de l'anglais (américain) par Valérie Malfoy

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C'est dans la ville fortifiée de Saint-Malo, entre 1940 et 1944, que se déroule la majeure partie du roman. Les deux héros, Marie-Laure et Verner, ont sensiblement le même âge. La jeune fille, qui a la particularité d'être aveugle, est française. Avant d'arriver à Saint Malo chez son oncle, elle vivait à Paris avec son père, qui s'efforçait de la rendre le plus autonome possible. Le garçon, surdoué en transmissions électromagnétiques, est orphelin. Avant d'arriver en France pour une mission militaire, il vivait en Allemagne dans un pensionnat qui formait, à la dure, de jeunes élites hitlériennes. Comme vous vous en doutez, le destin les fera se rencontrer. Mais avant cela, chacun sera confronté à des difficultés inhérentes au contexte historique de l'époque. Un troisième personnage, en lien avec un diamant miraculeux (ou censé l'être) vient donner un peu de piment à l'histoire.

Les premiers avis que j'ai lus sur "Toute la lumière que nous ne pouvons voir" n'étaient pas exceptionnels, contrairement à ce que laissait espérer la quatrième de couverture. L'ouvrage ayant obtenu le prestigieux Prix Pulitzer aux Etats Unis, les lecteurs français avaient sans doute mis la barre trop haut. Peut-être ont été déçus par le manque d'originalité de l'histoire. En France l'occupation allemande et la libération sont des sujets largement évoqués par la littérature, sans doute moins aux Etats-Unis. Par ailleurs, d'un prix Pulitzer, on est en droit d'attendre une profondeur d'analyse. Ici, l'histoire prédomine sur la réflexion.

Refroidie par les avis un peu tièdes, j'ai abordé l'ouvrage sans trop d'attentes et j'ai bien fait car au final, j'ai passé un bon moment. Les personnages sont sympathiques et attachants. J'avais plaisir à les retrouver chaque soir, à les voir évoluer chacun de leur côté, en tentant d'imaginer comment leurs routes se croiseraient et ce qu'il adviendrait d'eux après la guerre s'ils en sortaient vivants...

Je dirai en conclusion, que sans être exceptionnel, ce pavé mérite le détour pour l'histoire, assez captivante.

Les avis de Clara - Jérôme -Gambadou

Toute la lumière que nous ne pouvons voir - Anthony Doerr

Voici donc mon premier pavé de l'été. Rendez-vous chez Brize où vous trouverez le récapitulatif des lectures pour ce challenge qui vise à lire au moins un pavé pendant l'été..

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Albin Michel, que je remercie.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 07:40
Magellan - Stefan Zweig (audio)

De ce personnage, pourtant célèbre, je ne connaissais pas grand-chose sinon qu’il avait découvert le détroit qui porte son nom. Je n'étais pas certaine que le sujet me passionnerait suffisamment pour retenir mon attention huit heures durant mais j'étais assez confiante tout de même car je n'ai jamais été déçue par Stefan Zweig.

Le début du livre relate l’histoire des découvertes maritimes avant Magellan puis nous entrons dans le vif du sujet : le périple en lui-même. L'expédition avait pour objectif de rejoindre, par l'ouest, en partant de l'Espagne, les îles des Épices. Zweig nous raconte, à la manière d'un récit d'aventures, cet incroyable voyage. Il s'attache à analyser la personnalité de Magellan, un homme tout à fait exceptionnel, comme on peut l'imaginer.

La route de Magellan
La route de Magellan

Il faut s'accrocher un peu dans la première partie mais cela en vaut la peine car la suite est vraiment passionnante. Aux côtés de Magellan, nous vivons au rythme de l'équipage, partageant ses espoirs et ses déconvenues. Le fameux passage recherché par Magellan, le long des côtes sud-américaines, sera trouvé in-extremis alors que Magellan commençait à envisager un retour de ses flottes en Espagne. La traversée du Pacifique sera un véritable cauchemar. C'est bien affaibli que l'équipage (ou du moins ce qu'il en reste) atteindra l'archipel des Philippines, découvrant avec émerveillement qu'il a fait le tour du monde. C'est donc grâce à Magellan que l'on a découvert que la terre était ronde...

Pour écrire cette biographie, Zweig a réalisé de nombreuses recherches et s'est inspiré du journal du chroniqueur et marin Pigafetta. Cet homme, fidèle à Magellan jusqu'au bout, est l'un des rescapés de l'expédition. Il occupe une place importante dans le récit de Stephan Zweig.

Une biographie tout à fait passionnante.

Magellan - Stefan Zweig (audio)

Lu dans le cadre de ma participation au comité de lecture du Prix de "Lire dans le noir", dont je vous dirai quelques mots très bientôt.

Challenge "Ecoutons un livre" sur le thème d'un livre qui fait voyager
Challenge "Ecoutons un livre" sur le thème d'un livre qui fait voyager

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 23:46
Le voyant - Jérôme Garcin

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Un extrait :

"Il fait une découverte stupéfiante. Au lieu de tourner ses yeux morts vers l'extérieur, il les oriente vers l'intérieur, en lui-même, où il peut vivre, courir, dessiner, où tout est plus stable et plus amical qu'au-dehors, où rien ne distingue le jour de la nuit, où les ombres n'ont plus leur place, où il peut déplacer à sa guise l'horizon, où il a le sentiment d'aborder un continent neuf et vierge".

 

"Le voyant", de Jérôme Garcin, est un récit biographique qui rend honneur à un homme injustement oublié des Français : Jacques Lusseyran. J'avoue qu'avant d'entreprendre la lecture de ce livre, je ne connaissais pas Jacques Lusseyran. Cet homme d'exception, au destin incroyable, a laissé peu de traces dans la mémoire de notre pays. En s'attelant à faire le récit de sa vie, Jérôme Garcin lui rend un hommage plus que mérité. 

 

Devenu aveugle à l'âge de huit ans, Jacques Lusseyran a non seulement réussi à ne pas s’apitoyer sur son sort mais il est parvenu à faire de son handicap un atout dans la vie. Elève particulièrement brillant, il possédait l'art de convaincre et de rassembler autour de lui. Durant la guerre 39-45, la grande histoire lui a permis de mettre à profit ses qualités humaines. A 17 ans, Il est devenu le chef d'un mouvement de résistance Lycéen. Arrêté en 1943 suite à une dénonciation, il a été emprisonné quelques mois à Fresnes, avant d'être déporté à Buchenwald, dont il a réussi à sortir vivant en 1945 grâce à sa force intérieure.  

 

Je ne connaissais pas la plume de Jérôme Garcin. Son nom était associé, dans mon esprit au Masque et la Plume, émission littéraire que je suis depuis longtemps. J'ai découvert un écrivain talentueux et sensible qui s'est fort bien approprié son sujet, parvenant à imaginer et à retranscrire ce que pouvait voir un aveugle "de l'intérieur". Les passages sur l'enfance du petit garçon sont vraiment magnifiques. Nous découvrons un enfant curieux de tout qui croque la vie à pleine dents comme tous les petits garçons de son âge mais avec un "plus" que Garcin parvient à nous faire ressentir. Les périodes consacrées à l'enfance sont celles que je préfère mais l'ensemble du récit est très réussi. Jérôme Garcin n'occulte pas la face moins glorieuse du personnage, son côté "Dom Juan" et son manque de présence au quotidien auprès de ses enfants. Je n'ai pas envie de vous en dire plus sur "l'aveugle résistant",  je préfère vous inciter à découvrir par vous-même ce très beau portrait.

Le voyant - Jérôme Garcin

Une biographie très réussie !

lu dans le cadre du Prix Relay
lu dans le cadre du Prix Relay

Merci à Babelio

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 22:25

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"Je vous écris dans le noir" commence par un avant-propos dans lequel Jean-Luc Seigle nous présente une femme, Pauline Dubuisson, condamnée à la perpétuité en 1953 pour le meurtre de son ex-fiancé (le ministère public avait requis la peine de mort). En se basant sur les faits connus et en comblant les silences, Jean-Luc Seigle offre à la jeune criminelle une réhabilitation littéraire. Je ne connaissais pas Pauline Dubuisson jusqu'ici, pas plus que le film de Couzot inspiré par son histoire :  "La vérité" (avec Brigitte Bardot dans le rôle de Pauline). J'ai donc entrepris cette lecture sans aucun à priori. 

 

Jean-Luc Seigle imagine une lettre laquelle la jeune femme se confie. Nous sommes en 1962. Pauline est sortie de prison. Elle est allée voir le film de Clouzot qui l'a bouleversée. Pour tenter de tourner la page, elle a préféré quitter la France pour le Maroc. Là-bas, elle est tombée amoureuse d'un homme qui l'a demandée en mariage. Par honnêté, elle a décidé de lui raconter son histoire. C'est ce récit imaginaire que nous offre l'auteur. Un récit bouleversant dans lequel on découvre une femme intelligente et en avance (trop) pour son époque.

 

Nous la découvrons à l'adolescence, pendant l'occupation. Ses deux frères sont morts à la guerre, sa mère est sous le choc et Pauline, un peu livrée à elle-même, flirte avec les soldats. Chassée de l'école pour mauvaise conduite, elle est prise en charge scolairement par son père. En 1944, Pauline est embauchée comme infirmière dans un hôpital. Son père l'incite à faire du charme à un beau médecin allemand pour obtenir de la nourriture, elle ne se fait pas prier. A la fin de la guerre, une épreuve terrible l'attend : la tonte publique suivie d'un viol collectif. Jean-Luc Seigle est persuadé que ce traumatisme, vécu par la jeune fille alors qu'elle n'avait que 16 ans, explique en partie le meurtre du fiancé quelques années plus tard. Lors du procès, en 1953, le fait d'avoir été tondue à la libération a au contraire joué en sa défaveur, renforçant son image de femme sans moralité.

 

La lettre de Pauline, imaginée par Jean-Luc Seigle, est bouleversante. C'est un très beau portrait de femme, très bien construit et d'une grande finesse. Je l'ai lu en apnée, littéralement happée par cette histoire tragique. Je ne sais pas si Jean-Luc Seigle s'approche au plus près de la vérité (Pauline Dubuisson se s'est jamais vraiment dévoilée) mais sa version est tout à fait crédible. Pour tenter d'approcher la psychologie de cette femme, l'écrivain s'est mis dans sa peau, en immersion totale et le résultat est remarquable. Ce qui m'a beaucoup plu également, c'est l'étude du contexte politique et sociologique de l'époque, qui doit être pris en compte pour appréhender, des années plus tard, une affaire judiciaire de ce type.

Un coup de coeur.

Le billet de Clara (aussi enthousiaste que moi)

Je vous écris dans le noir - Jean-Luc Seigle

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 00:24

 

 

Aout 2014 - 224 pages - Gallimard

"Pendant des années, j'ai pris des notes.
J'ai parcouru son œuvre sans cesse.
J'ai cité ou évoqué Charlotte dans plusieurs de mes romans.
J'ai tenté d'écrire ce livre tant de fois.
Mais, comment?
Devais-je être présent?
Devais-je romancer son histoire?
Quelle forme mon obsession devait-elle prendre?
Je commençais, j'essayais, puis j'abandonnais.
Je n'arrivais pas à écrire deux phrases de suite.
Je me sentais à l'arrêt à chaque point.
Impossible d'avancer.
C'était une sensation physique, une oppression.
J'éprouvais la nécessité d'aller à la ligne pour respirer.

Alors, j'ai compris qu'il fallait l'écrire ainsi." 

Au premier abord, j'ai été un peu déstabilisée par la forme de ce roman : un long poème narratif, aux vers libres. Mais une fois familiarisée avec cette particularité, j'ai été happée par l'histoire tragique de cette jeune fille juive qui a eu la malchance de naître à la mauvaise époque. Je ne connaissais pas Charlotte Salomon avant de la découvrir sous la plume de David Foenkinos. 

Née dans un foyer juif intellectuel et plutôt aisé de Berlin, Charlotte a été frappée très jeune par le malheur. Sa mère s'est suicidée alors qu'elle n'avait que neuf ans. Cette mort violente n'a été ni la première ni la dernière de sa lignée. Mais contrairement à sa mère et à sa tante, Charlotte ne choisira pas sa mort. Elle sera arrachée à la vie à l'âge de vingt-six ans, ainsi que le bébé qu'elle portait. Réfugiée à Nice, où elle se sentait pourtant en sécurité, elle sera dénoncée, ainsi que son mari. Elle mourra à Auschwitz en octobre 1943, laissant derrière elle une oeuvre d'une étonnante beauté.

En marchant, elle pense aux images de son passé. 
Pour survivre, elle doit peindre son histoire.
C'est la seule issue.
Elle le répète encore et encore.
Elle doit faire revivre les morts.
Sur cette phrase, elle s'arrête.
Faire revivre les morts.
Je dois aller encore plus profondément dans la solitude
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De son vivant, Charlotte n'a pas eu la reconnaissance qu'elle aurait dû avoir. A l'école des beaux-arts, où s'était inscrite à Berlin, elle a subi une injuste discrimination du fait de ses origines juive. Poussée par sa passion du dessin, Charlotte ne s'est pas découragée, peignant dans l'urgence. Elle pressentait que le temps lui était compté. Elle ne se trompait hélas pas. Son oeuvre, autobiographique, a servi de matériau à Foenkinos. L'écrivain partage avec nous sa fascination, sa tendresse et son admiration pour la jeune artiste. En refermant l'ouvrage, très émue, je n'ai eu qu'une envie, découvrir sa peinture. 

Un roman original tant par la forme que par le fond.

 

Les avis de : Noukette - L'irrégulière - Laure (Micmélo) - Gambadou - Zazy

 

Ce livre a obtenu le prix Goncourt des lycéens.

 

Charlotte :

Charlotte - David Foenkinos

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Un aperçu de son oeuvre :

 

Charlotte - David Foenkinos

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Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir.

Pour en savoir plus sur Charlotte Salomon

Une lecture qui rentre dans le challenge 1 % 2014 (15)

Charlotte - David Foenkinos

cou.

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