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Le livre de poche - 128 pages
Le narrateur, psychologue dans un hôpital, a pour mission de préparer les familles qui viennent de perdre un proche à accepter un don d'organes.
« Nous sommes des hyènes. C'est le surnom que l'on nous a donné dans le petit cercle où nous exerçons. Je déteste ce nom. Il me fait mal jour et nuit. Notre tâche consiste à préparer les familles dont un des membres vient de décéder à accepter une demande particulière. Nous leur apprenons sa mort et, dans le même temps ou presque, nous tentons d'obtenir l'autorisation de prélever sur son corps de multiples organes. »
Fragilisé par la mort de sa femme, situation qui le laisse seul avec un jeune enfant, l'homme ne supporte plus ce travail auquel il peine à trouver un sens. Il travaille en duo avec un collègue qui a pris tellement de recul par rapport à ce métier qu'il enchaîne les blagues vaseuses dès lors qu'ils sont seuls. Au bord du suicide, l'homme tente de garder la tête hors de l'eau pour ne pas abandonner sa petite fille, mais il est au bord du burn-out professionnel et nous sentons que tout est possible...
Philippe Claudel a pour habitude d'écrire des histoires sombres, mais je dois dire qu'avec ce roman, il « met le paquet ». Le métier du narrateur m'a fait penser à "Réparer les vivants" de Maylis de Kerangal, qui avait pour sujet le don d'organes. La comparaison s'arrête là car, autant l'ouvrage de Maylis est plein d'espoir, autant celui de Claudel est plombant. La fin de "J'abandonne" est un peu plus optimiste que le reste du roman, mais n'a pas réussi à me réconforter. Malgré la noirceur du roman, je dois reconnaître qu'il se lit aisément grâce à la plume impeccable de Claudel.
Un avis mitigé.
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