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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

6 septembre 2023 3 06 /09 /septembre /2023 17:14

Je vous présente quelques ouvrages lus avant l'été et pour lesquels je n'ai pas pris le temps d'écrire un billet. Les deux derniers ouvrages auraient mérités un article à part entière.

Ultramarins - Mariette Navarro - Quidam Editeurs - 145 pages

Nous sommes dans un cargo de marchandises, quelque part au milieu de l'océan. La commandante autorise l'équipage à se baigner. C'est incongru, inhabituel et cela constitue, sans nul doute, une faute professionnelle. La jeune femme se retrouve en effet seule à bord. A partir de cet épisode, l'étrangeté s'installe dans le bateau. 

Beaucoup de questions se posent au lecteur durant cette traversée mais il ne faut pas qu'il s'attende à des réponses. Ultramarins est un roman étrange, à l'ambiance très particulière. Une sorte d'ovni Littéraire et maritime que j'ai moins apprécié que d'autres lecteurs si je me réfère aux avis sur babelio.

Ce titre se trouve dans la sélection du Prix Cézam 2023

 

Les derniers jours des fauves - Jérôme Leroy - La manufacture des livres - 440  pages

En raison de la pandémie et de la crise des gilets jaunes qui l'ont affaiblie, la présidente de la république, Nathalie Séchard, décide de ne pas briguer un second mandat. La course à la succession est ouverte et tous les coups sont permis. Nous comprenons que Jérôme Leroy s'est inspiré de faits réels tout en laissant son imagination revisiter la réalité.

Dans le cadre du Prix Cézam 2023, l'auteur était l'invité d'une médiathèque à laquelle je suis abonnée. Je lis peu de romans noirs et je n'aurais sans doute pas lu celui-ci si je n'avais pas eu la perspective de rencontrer l'auteur. J'ai été effarée par la description du monde politique que nous offre Jérôme Leroy. Je sais que certains sont prêts à tout pour parvenir au sommet  mais j'ose espérer que Jérôme Leroy noircit le tableau.

Au final, j'ai plutôt apprécié ce roman, qui m'a sortie de ma zone de confort.

 

Anna thalberg - Eduardo Sangarcia - Editions La peuplade - 159 pages - traduit de l'espagnol (Mexique) par Marianne Millon.

Nous sommes en Allemagne entre les XVIe et XVIIe siècles. Nous faisons la connaissance d'Anna Thalberg, une jeune femme accusée de sorcellerie. Anna est innocente mais à l'époque des procès pour sorcellerie, il était quasiment impossible d'arrêter la machine judico-religieuse, une fois lancée.

La jeune Anna est si attachante, si digne, qu'elle nous insuffle le courage de l'accompagner dans son cachot. Nous la découvrons aux mains de fanatiques cruels et sadiques et suivons son "procès".  Une mise en page originale vient en appui au texte. On y trouve, par exemple, des dialogues présentés "face à face".

Ce n'est pas une lecture de tout repos comme vous l'imaginez. Si ce livre ne m'avait pas été conseillé, je n'aurais sans doute pas osé m'y plonger, le thème m'aurait fait trop peur. Je serais passée à côté d'un très beau premier roman qui a obtenu le prestigieux prix Mauricio-Achar. 

Pour en savoir plus sur ce titre

 

Mes désirs futiles - Bernardo Zannoni Editions Table Ronde - 224 pages - traduit de l'italien par Romane Lafore)

Archy est né dans une tanière, au milieu de la forêt. Son père a été tué par un homme et sa mère se démène tant bien que mal pour nourrir ses petits. Chacun doit apporter sa contribution mais Archy se blesse et son handicap l'empêche d'être efficace en matière de chasse et de pêche. Il est vendu par sa mère à un vieux renard très instruit mais sans scrupules. Au départ, la jeune fouine fait office d'esclave mais peu à peu la relation évolue.

Voilà de nouveau un livre vers lequel je ne serais pas allée s'il ne m'avait pas été conseillé.  J'ai pourtant passé un excellent moment avec cet ouvrage qui réunit plusieurs genres : roman d'aventure et d'initiation, fable philosophique... C'est ce mélange des genres qui m'a plu. L'auteur parvient à nous distraire tout en nous amenant à nous questionner sur ce qui fait la différence entre l'homme et l'animal. J'ai quitté à regret l'attachant Archy mais heureuse de l'avoir suivi dans son parcours de vie.

Un coup de cœur inattendu.

 

Avez-vous lu certains de ces titres ?

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21 mai 2023 7 21 /05 /mai /2023 20:19

Quelque chose à te dire - Carole Fives

 

Une jeune autrice, Elsa Feuillet, est fascinée par la plume et la prestance d'une romancière un peu plus âgée qu'elle, Béatrice Blandy. Cette dernière meurt suite à une maladie et Elsa Feuillet se rapproche du veuf de Béatrice. Ils se plaisent mutuellement et entament une relation. Voilà Elsa chez Béatrice Blandy, dormant dans son lit et enfilant ses pantoufles (ou presque). Elsa est troublée par la situation tout en jubilant intérieurement. Elle prend de plus en plus ses aises dans l'appartement et va jusqu'à fouiller dans le bureau de l'ex-maitresse de maison alors qu'elle n'en a pas l'autorisation... 

"Quelque chose à te dire" est un roman distrayant, qui ne fera pas partie de mes incontournables mais que je conseille si l'on est à la recherche d'une lecture détente, sans être mièvre. Quelques surprises attendent le lecteur au tournant. Je n'en dirai pas plus pour ménager le suspens. Il vaut mieux en savoir le moins possible.

Je ne connaissais pas la plume de Carole Fives avant de lire cet ouvrage. Je croisais ses ouvrages sur les blogs régulièrement et j'avais envie de découvrir un de ses titres. Voilà qui est fait mais je n'ai pas l'impression que ce roman soit vraiment représentatif de son univers. Il me semble plutôt qu'il s'agisse d'une parenthèse.

Berezina - Sylvain Tesson

"De quel droit se plaindre ? A-t-on l'autorisation de geindre sur une route où des hommes se mangèrent entre eux, où des chevaux tombèrent par milliers et furent dépecés vivants par des fantômes lassés de ronger le cuir de leurs bottes ?"

Dans Berezina, Sylvain Tesson nous propose un périple en side-car de Moscou aux invalides, sur les traces de Napoléon. Pour l'accompagner, point d'armée mais quelques amis (parmi lesquels deux russes), tentés par le périple. L'aventure ne sera pas de tout repos. Quatre mille kilomètres sous tous les temps, sur des routes enneigées interminables, voilà ce qui attend les quatre lurons. Mais ce n'est rien, bien entendu, en comparaison du calvaire des hommes de Napoléon deux cent ans plus tôt. 

J'ai apprécié de me remettre en mémoire la retraite de Russie dont il ne me restait en mémoire que les grandes lignes. J'ai bien aimé également le récit du voyage, non dénué d'humour. Sylvain Tesson est très agréable à lire.

Vivre Vite - Brigitte Giraud (et à present)

Brigitte Giraud fait partie des autrices dont j'ai lu la majorité des titres. Je ne pouvais donc en aucun cas passer à côté du Goncourt 2022. 

Dans "Vivre vite", l'écrivaine revient sur l'épisode sans doute le plus marquant de sa vie, la mort accidentelle de Claude, son mari, en 1999. A l'époque, elle avait écrit, à chaud, le roman "A présent" pour raconter le moment de "bascule" et les jours qui avaient suivi.  Vingt ans plus tard, elle décide de reprendre la plume pour traiter du même sujet mais sous un autre angle.  Elle prend le parti de nous raconter les évènements à la manière d'un compte à rebours.  Chaque titre de chapitre commence par "Et si...". Le narrateur assiste à l'enchainement d'un certains nombre de faits liés au hasard, qui conduisent à l'accident. 

Bien que l'on connaisse l'issue de l'histoire, le livre se lit comme un page-turner. C'est tout l'intérêt de l'ouvrage et sans doute la raison pour laquelle il s'est vu attribuer le Goncourt, outre le fait qu'il soit très bien écrit. J'ai beaucoup aimé ce procédé du compte à rebours mais également la façon dont Brigitte Giraud restitue les faits avec précision, tant de temps après. En filigrane de dessine le portrait de Claude, le grand amour de Brigitte Giraud.

A la ligne - Joseph Ponthus

Avec un style d'une grande originalité, l'auteur nous raconte ses diverses expériences comme intérimaire dans des usines agro-alimentaires. Joseph Ponthus n'a pas le profil habituel des ouvriers de ce secteur. Il a accepté ces jobs alimentaires par défaut et nous offre un regard nouveau sur ce monde de l'usine. Nous sommes à ses côtés sur la chaîne de production, partageant le quotidien des ouvriers. Un quotidien très pénible mais qu'il ne réduit pas à l'aspect physique. C'est tout un univers qu'il décrit, dans lequel les relations humaines sont rudes mais authentiques.

Un extrait pour vous donner un aperçu :

"L'autre jour à la pause j'entends une ouvrière dire à un de ses collègues
Tu te rends compte aujourd'hui c'est tellement speed que j'ai même pas le temps de chanter » Je crois que c'est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière
Ces moments où c'est tellement indicible que l'on n'a même pas le temps de chanter
Juste voir la chaîne qui avance sans fin l'angoisse qui monte l'inéluctable de la machine et devoir continuer coûte que coûte la production alors que
Même pas le temps de chanter"

Ce livre aurait mérité un billet spécifique mais ma lecture est un peu trop lointaine. Je ne pouvais toutefois pas passer sous silence ce premier roman absolument incontournable

Si ce n'est déjà fait, lisez "A la ligne" ! (c'est presque un ordre que je vous donne).

Et si l'occasion se présente, je vous conseille vivement de voir l'adaptation théâtrale mise en scène et jouée par Mathieu Létuvé, de la compagnie Caliband Théâtre. J'en suis sortie littéralement bouleversée.

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3 mai 2023 3 03 /05 /mai /2023 20:17

Je continue à vous présenter des lectures un peu anciennes. Je rattrape peu à peu mon retard de publication.

La nuit des pères - Gaelle Josse

Isabelle revient dans la maison familiale où son père, ancien guide de haute-montagne, vit seul. Cela fait des années qu'elle ne le voit plus. Olivier, son frère, lui a demandé de faire le déplacement, lui indiquant que la santé de leur père décline. Le retour dans la maison familiale suppose de faire face au passé, de se remémorer la violence du père, qu'elle a fui.

Gaelle Josse fait partie des écrivaines dont j'apprécie particulièrement la plume. Je me réjouissais de lire son dernier opus mais je dois avouer qu'il ne m'a pas transportée autant que je l'imaginais. La plume est irréprochable, comme d'habitude, mais j'ai trouvé l'histoire assez banale, me donnant une impression de déjà lu. 

 

 

Sa préférée - Sarah Jollien-Fardel

Il existe de nombreux points communs entre "la nuit des pères" et "sa préférée". Dans le présent roman, la narratrice évoque également un père dont elle a fui la violence. Dans les deux cas, le cadre est celui d'une région montagneuse. Je les ai lus l'un après l'autre et j'avoue qu'au fil du temps, j'ai mélangé un peu les deux histoires. Je précise toutefois que le roman de Sarah Jollien-Fardel emporte de loin ma préférence.

La narratrice communique fort justement ses émotions qui vont de la révolte à la dépression, selon les périodes de sa vie. Elle ne parvient pas à tourner la page de son enfance, tant celle-ci a été traumatisante. C'est un première roman remarquable mais très noir. Je suis sortie de cette lecture sonnée. 

 

On était des loups - Sandrine Collette

Je me rends compte, au moment de résumer ce roman, qu'il est question de nouveau de la relation entre un père et son enfant et que l'histoire se passe également dans une région montagneuse.  La comparaison s'arrête là car les histoires ne peuvent pas se confondre. Nous suivons un jeune garçon et la relation qui le lie à son père est d'une autre nature.

Le père, prénommé Liam, a l'habitude de partir chasser en forêt, laissant seuls sa femme Ava et leur enfant. Tous trois vivent dans un lieu très isolé, sans voisins. Un jour, en rentrant de la chasse, Liam découvre sa femme morte. Elle a été attaquée par un loup. L'enfant, traumatisé, est sain et sauf. Fou de chagrin, Liam prend la route avec son fils. Il a l'idée de le confier à un parent.  Il n'a pas désiré son fils et n'a pas développé sa fibre paternelle. Ce voyage va être plus compliqué que prévu, le père et l'enfant vont se découvrir.

Voilà un très beau roman sur les relations père-fils avec, en bonus, un aspect "nature-writing" qui m'a bien plu. J'ai eu quelques frayeurs (ceux qui ont lu le livre me comprendront) mais j'ai beaucoup aimé les moments passés en compagnie de ce père et de son enfant.

Vous avez lu un (ou plusieurs) de ces titres ?

 

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27 avril 2023 4 27 /04 /avril /2023 13:21

Trois - Valérie Perrin - lu par Françoise Cadol - 18 h 21 (audiolib)

Ce roman raconte l'histoire de trois amis inséparables dans l'enfance qui, devenus adultes, prennent leur distance pour des raisons que l'on ne comprend que plus tard.  L'autrice prend le temps de nous décrire l'enfance des personnages. Elle s'attarde sur la psychologie de chacun. La narratrice n'est pas nommée et l'on se demande, tout au long roman, quel lien l'unit aux trois amis. Ce mystère fait partie d'un ensemble d'énigmes qui sont dévoilées peu à peu.

J'ai beaucoup aimé la construction du roman et la façon dont l'autrice s'attarde sur la psychologie des personnages. C'est un très bon roman, je conseille !

Quelques mots sur la version audio : C'est un roman qui peut paraitre un peu long en version audio, il faut avoir du temps devant soi.

Blizzard - Marie Vingtras - Lu par Stéphane Boucher - Alice de Lencquesaing -
Patrick Mille - Sébastien Pouderoux - 3 h 28  (Audiolib) 

Blizzard est un roman polyphonique qui nous transporte en Alaska aux côtés de personnages énigmatiques. Tous ont une bonne raison d'être dans ce lieu et peu à peu nous découvrons lesquelles.

Tout commence par la disparition, dans le blizzard, d'un enfant dont une jeune femme avait la garde. La jeune femme préfère tenter de le retrouver plutôt que d'appeler les secours. Au bout de quelques heures, plusieurs personnes se mettent à leur recherche...

"Blizzard" est avant tout un roman d'ambiance. Nous sommes en Alaska, aux côtés de personnages qui doivent faire face aux éléments. Mais le mauvais temps n'est pas la seule menace, comme nous le découvrons peu à peu. Le mystère, profond au départ, s'éclaircit peu à peu. Nous faisons la connaissance des protagonistes, qui ne sont pas tous recommandables.

J'ai beaucoup aimé ce premier roman, original et très prenant.

Quelques mots sur la version audio : les romans polyphoniques sont particulièrement adaptés à la forme audio. Celui-ci n'échappe pas à la règle. C'est par ailleurs un roman assez court et donc accessible aux personnes qui n'ont pas l'habitude de lire audio.

 

Enfant 44 - Tom Rob Smith - Lu par Frédéric Meaux (Audiolib) - 12 h 20

Traduction : France Camus-Pichon

Enfant 44 n'est pas un roman qui ne m'attirait particulièrement de prime abord mais comme je n'avais plus grand chose à "audiolire" à cette période, je me suis lancée et j'ai bien fait car j'ai passé un bon moment en écoutant cette histoire qui se passe en Russie dans les années 50. Le contexte historique a une grande importance. Le régime socialiste veille à ce que les citoyens lui vouent une obéissance aveugle. La dictature est impitoyable et la fin justifie toujours les moyens. Etre suspect suffit à être condamné et personne ne moufte par crainte de représailles. 

Nous suivons Léo, un agent du KGB qui croit agir pour le bien de son pays mais qui va de désillusion en désillusion. Tout commence par la découverte d'un cadavre d'enfant sur une voie ferrée. Les parents sont persuadés qu'il ne s'agit pas d'un accident mais Léo suit la ligne du parti : pas de vague donc on classe l'affaire sans enquête. Bien plus tard, cette affaire ressurgira. Mais cette fois Léo ne fermera pas les yeux car, entre temps, il aura été lui-même victime du système qu'il cautionnait.

La dernière partie est un peu trop romanesque à mon goût mais j'ai tout de même beaucoup aimé ce roman qui tient en haleine du début à la fin.

Dans des genres différents, voilà trois bonnes pioches !

 

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12 avril 2023 3 12 /04 /avril /2023 21:08

Je continue à vous présenter des ouvrages que j'ai lus ces dernières mois...

l'anomalie - Hervé Le Tellier

 

C'est un livre très difficile à résumer en peu de mots mais je me lance...

En raison d'un phénomène météorologique, le même avion (avec les mêmes passagers) atterrit au même endroit à une centaine de jours d'écart. Nous faisons la connaissance de plusieurs passagers que nous suivons tout au long de cette improbable aventure, qui est un véritable casse-tête pour le gouvernement. Comment gérer une telle situation ?

Mes impressions sur ce livre ont varié tout au long de ma lecture. Par moment, je trouvais ce roman jubilatoire, à d'autres moments je trouvais l'histoire vraiment trop loufoque. Par ailleurs, je trouve que l'on suit trop de personnages. Je finissais les confondre les uns avec les autres. Mon avis est donc partagé. 

Le jeune homme - Annie Ernaux

Annie Ernaux est une autrice dont j'apprécie beaucoup la démarche littéraire. Elle a consacré de nombreux livres à l'exploration de sa vie. Ses écrits ont une portée sociologique et sont le reflet d'une époque. Dans "Le jeune homme" elle raconte la passion qu'elle a vécue durant quelques années avec un homme de trente ans de moins qu'elle. 

Ils se retrouvent à Rouen, ville qui lui rappelle ses années d'études. Des souvenirs lui reviennent en mémoire, qu'elle décrypte. Tous deux n'ont pas grand chose en commun sinon leur désir de l'un pour l'autre. Annie Ernaux est confrontée au temps qui passe. Elle sait qu'avec cet homme, seul le présent compte. Il faut aussi composer avec le regard des autres, qu'elle brave pour se donner une contenance. C'est un ouvrage d'une trentaine de pages qu'il vaut mieux emprunter en bibliothèque plutôt que de l'acheter car il se lit très très vite ! 

Retour à Yvetot - Annie Ernaux

Il s'agit de la transcription d'une conférence que l'autrice a donné en 2012 dans la petite ville de son enfance, Yvetot, en Normandie. Ce texte est accompagné de différents documents : photos, extraits de journal intime, correspondances... Ces éléments viennent en appui des propos de l'écrivaine, qui évoque les moments passés à Yvetot, dans le contexte familial, à l'école ou avec ses amies. C'est également un voyage dans le temps. Nous remontons aux années 40 puis traversons les différentes époques de la vie d'Annie Ernaux, qui a aujourd'hui plus de 80 ans. Il s'agit essentiellement de son cheminement vers l'écriture, du matériau qu'elle utilise pour écrire à savoir ses souvenirs et son expérience de vie. Elle explique comment elle est devenue une "transfuge de classe".

Connaissant déjà la vie d'Annie Ernaux dans les grandes lignes, j'ai surtout apprécié de prendre connaissance des documents qu'elle nous offre et de regarder les photos, qui nous plongent dans une période révolue. 

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2 avril 2023 7 02 /04 /avril /2023 19:58

Voici quelques livres lus il y a plusieurs mois et pour lesquels je n'avais pas écrit de billet. Je vous livre les impressions qu'il m'en reste. Je les ai tous bien appréciés sans que ce soit des coups de cœur.

Rien ne t'appartient - Natacha Appanah

Une femme est anéantie par la mort de son mari, au point qu'elle ne nettoie plus son appartement et se laisse complètement aller. Son beau-fils s'inquiète de la voir ainsi mais se sent totalement démuni. Nous remontons le temps et faisons la connaissance d'une petite fille élevée dans un pays qui n'est pas nommé mais que l'on situe au sud de l'Asie. D'abord gâtée par la vie, la fillette se trouve brutalement seule après une scène traumatisante. Ce n'est que plusieurs années plus tard, après une véritable descente aux enfers, que Sara voit de nouveau la chance lui sourire grâce à sa rencontre avec Emmanuel, un médecin humanitaire qu'elle va épouser. Elle finira hélas pas être rattrapée par son passé...

J'ai eu un peu de mal à me plonger dans l'histoire de cette femme, que Natacha Appanah ne nous dévoile que par fragments, nous laissant le soin de reconstituer ce qui est suggéré. J'ai abordé la seconde partie plus aisément, cernant un peu mieux le personnage de Sara. C'est le cœur serré que j'ai lu ce parcours de vie.

Un court roman émouvant et percutant.

Les gratitudes - Delphine de Vigan

Dans ce court roman, Delphine de Vigan explore, comme le titre l'indique, le thème de la gratitude. Nous suivons trois personnages qui ont une bonne raison de manifester leur gratitude envers quelqu'un. Il s'agit d'une jeune femme enceinte, d'une dame âgée qui perd la mémoire et d'un orthophoniste qui intervient dans une maison de retraite. Le lien qui les unit va les aider à avancer dans cette tranche de vie, chacun apprenant de l'autre.

Ce n'est pas mon roman préféré de Delphine de Vigan, le thème m'a sans doute moins parlé que d'autres mais j'ai aimé retrouver la plume de cette autrice que je suis avec beaucoup intérêt. Elle sait se renouveler, chaque roman traitant d'un thème différent. Beaucoup d'humanité se dégage de ses écrits. Celui-ci n'échappe pas à la règle.

Une autrice à découvrir si ce n'est déjà fait.

 

La définition du bonheur - Catherine Cusset

Comme Delphine de Vigan, Catherine Cusset est une autrice que j'aime bien suivre (bien que je n'aie pas lu tous ses romans). Elle explore souvent le thème de la famille et des relations entre ses membres. Celui-ci ne fait pas exception, bien qu'il soit plutôt centré sur le couple. Nous suivons le parcours de deux femmes, de la fin de l'adolescence à l'âge adulte. L'une vit en France, l'autre aux Etats-Unis. Un lien les unit, que nous découvrirons à la fin. Entre temps, nous passons d'une vie à l'autre en parcourant quatre décennies constituées pour chacune de hauts et de bas.

Ayant à peu près le même âge que les deux femmes, j'ai pu me glisser aisément dans la peau de l'une et de l'autre et j'ai bien aimé vivre l'espace de quelques heures d'autres vies que la mienne. Ai-je découvert la recette du bonheur ? Pas vraiment mais j'ai passé un bon moment, c'est déjà cela.

J'essaye peu à peu de récapituler les lectures de ces derniers mois pour en garder une trace. D'autres billets récapitulatifs arriveront courant avril, avant de reprendre, je l'espère, un rythme régulier de publication.

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13 mars 2023 1 13 /03 /mars /2023 22:07

Voici trois livres audios, lus ces derniers mois, qui m'ont beaucoup plu. Les trois ont pour point commun de raconter des histoires de femmes et d'être écrits par des femmes.

La commode aux tiroirs de couleur - Olivia Ruiz (audiolib) - lu par l'autrice - 4 h 10

Olivia Ruiz, qui ne connait pas grand chose de son histoire familiale, a tenté de la reconstituer à partir du peu d'éléments en sa possession. L'imagination a fait le reste. Nous voyageons entre l'Espagne franquiste et la France, aux côtés de quatre générations de femmes liées par une histoire familiale qui, bien que tue, pèse sur les générations qui suivent. 

Si ce livre ne m'avait pas été conseillé, je serais passée à côté, imaginant (vu le titre) qu'il s'agissait une histoire gentillette écrite par une chanteuse de variété. Je me serais privée de l'écoute d'une histoire truculente, bien écrite et aucunement mièvre. Olivia Ruiz assure elle-même l'interprétation de son texte et nous fait découvrir ses talents de conteuse.

La carte postale - Anne Berest - Lu par Ariane Brousse - 14 h 04

Comme Olivia Ruiz, la famille est au cœur de ce roman qui aurait mérité que je lui consacre un billet complet tant il est riche.

Anne Berest a mené une véritable enquête familiale en partant d'une carte postale anonyme reçue par ses parents plusieurs années auparavant. Cette carte est le fil conducteur du roman, nous ne découvrons son auteur qu'à la fin. Entre temps, nous remontons le temps et découvrons l'histoire des destinataires de la carte, dont la romancière ne connaissait pas l'existence. Anne Berest savait qu'elle était juive du côté de sa mère mais aucune autre information ne lui avait été transmise.

La romancière nous tient en haleine tout au long de ce roman passionnant et bouleversant. Je ne suis pas surprise qu'il ait obtenu le grand prix des lectrices de Elle. 

Apaiser nos tempêtes - Jean Hegland  - 12 h 55 - traduit par Nathalie Bru - Lu par Maia Baran

Deux jeunes filles de milieux sociaux très différents sont confrontées à une grossesse non désirée. L'une va garder l'enfant, l'autre non. Nous les suivons dans leur quotidien, chacune assumant au mieux sa décision. Dans les deux cas, c'est un choix par défaut, qui pèsera lourd dans la vie de ces femmes.

Après avoir eu un gros coup de cœur pour "Dans la forêt" je ne pouvais pas faire l'impasse sur "Apaiser nos tempêtes" tant j'avais envie de retrouver la plume de la romancière américaine, qui n'a publié en tout et pour tout que deux romans. 

J'ai vraiment passé un très bon moment à l'écoute d'Apaiser nos tempêtes". Les deux femmes sont très attachantes et la réflexion sur la maternité intéressante. J'émettrai juste un bémol pour la crédibilité du personnage de Cerise, que j'ai trouvé un peu caricatural (le sort s'acharne vraiment beaucoup sur elle tout au long de sa vie). Il n'en reste pas moins que je conseille ce livre que j'ai dévoré.

 

Challenge "Ecoutons un livre"

 

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6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 15:07

Je manque d'assiduité depuis de nombreux mois. Pour autant, je ne veux pas lâcher ce blog qui m'a apporté beaucoup de bonheur et tant de belles rencontres. En attendant de retrouver plus de temps et d'énergie pour écrire régulièrement, je vais continuer à regrouper certaines lectures. Aujourd'hui, je vous parle de trois ouvrages de cette rentrée littéraire, très différents les uns des autres. J'ai aimé les trois, avec une préférence pour le dernier.

La petite menteuse - Pascale Robert-Diard - L'iconoclaste (217 pages)

Lisa demande à Alice, avocate, de la défendre dans un procès en appel pour une affaire de viol, dans lequel elle a eu gain de cause en premier instance. La jeune femme tient cette fois à être défendue par une femme. Alice accepte, ne se doutant pas de ce qui l'attend.

"La petite menteuse" est une histoire subtile, qui donne à réfléchir sur le recueil de la parole des enfants et adolescents et sur la justice de façon générale. Une place très minime est accordée à l'accusé, ce que l'on peut comprendre vu la tournure que prend le procès, mais j'avoue que cela m'a un peu dérangée. En dehors de ce bémol, j'ai aimé cette lecture et je vous la recommande.

 

V13 - Emmanuelle Carrère - P.O.L (363 pages)

Je lis systématiquement les ouvrages d'Emmanuel Carrère à leur sortie. Je suis fascinée par son écriture, la diversité des sujets qu'il traite et sa capacité à m'embarquer à chaque fois.  Je dirai que V13 est un peu différent de ce que l'écrivain nous offre habituellement puisqu'il s'agit d'un recueil de chroniques judiciaires autour du procès des attentats du 13 novembre 2015.

Ce n'est pas une lecture dans laquelle je me suis plongée sans appréhension mais je ne regrette nullement d'avoir dépassé mes craintes. J'ai aimé la façon dont l'écrivain nous raconte les longs mois pendant lesquels, chaque jour où presque, il s'est assis sur un banc pour écouter les protagonistes de ce procès hors norme. Pris séparément, les récits des victimes deviennent des drames individuels, plus touchants les uns que les autres. J'ai trouvé intéressant de lire le portrait des avocats et magistrats qui sont intervenus à l'audience. La lecture de ces chroniques m'a donné l'impression d'avoir assisté, par procuration, à ce procès historique. C'est une lecture dont on ne sort pas indemne, vous vous en doutez.

Que reviennent ceux qui sont loin - Pierre Adrian - Gallimard (181 pages)

Nous sommes dans le Finistère, dans un village de bord de mer qui pourrait être le mien . Un jeune homme d'une trentaine d'années revient, pour les vacances d'été, dans la maison familiale où se retrouve chaque année la famille élargie. Une nouvelle génération est arrivée. Il est maintenant le jeune oncle sans enfant. Le jeune adulte retrouve les sensations oubliées : les retours de plage, les repas en famille, les soirées au bar. Il est heureux de passer du temps avec les siens, notamment avec sa grand-mère désormais très âgée, tout en ayant l'impression de vivre la fin d'une époque. Nous verrons qu'il ne se trompe pas.

J'ai eu envie de découvrir ce roman après qu'il m'ait été recommandé par des amies. Je ne m'attendais pas à être aussi touchée par cette histoire et par la profonde nostalgie qui s'en dégage. J'ai parcouru les dernières pages le cœur serré, bouleversée par la fin de ce roman si triste mais si beau ! Pierre Adrian a une très belle plume et m'a embarquée bien plus loin que je ne l'imaginais au départ.

Avez-vous lu certains de ces romans, vous ai-je donné envie de les découvrir ?

 

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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 21:56

Voici (enfin) quelques impressions sur mes lectures audios de juillet et août.

Ce que nous confions au vent - Laura Imai Messina

Cette histoire a été inspirée à l'autrice par "la cabine du vent" une cabine téléphonique installée au milieu d'un jardin, dans un coin du Japon. Ceux qui le souhaitent décrochent le téléphone et parlent à leur(s) mort(s). Cette démarche, qui peut paraitre étrange, aide "ceux qui restent" à surmonter leur peine. Nous suivons principalement deux endeuillés qui ont pris l'habitude de fréquenter la cabine téléphonique : un homme et une femme...

L'idée de départ est intéressante et la lectrice est agréable à écouter mais j'ai trouvé ce roman assez prévisible dans son dénouement et un peu trop "feel good" à mon goût. Je n'en garderai pas un souvenir impérissable.

Revenir à toi - Léonor de Ricondo

Magdalena est appelée par les services sociaux pour se rendre au domicile de sa mère qui n'est plus capable de vivre seule. Sans enthousiasme, Magdalena retrouve Apollonia, qui l'a abandonnée enfant et dont elle ne sait pas grand chose. Apollonia ne parle pas et n'exprime aucune émotion. Magdalena va toutefois s'accrocher pour tenter de comprendre qui sa mère et quel est son passé. 

J'étais ravie de renouer avec la plume de cette autrice que j'aime beaucoup. Hélas, je suis restée à distance des personnages, sans éprouver grande émotion à l'écoute de leur histoire. La lectrice, Clotilde Courau, bien que très bonne lectrice, n'a pas sauvé mon écoute. Je suis sortie déçue de cette histoire que j'ai trouvée assez convenue.

les enfants sont des rois - Delphine de Vigan

Nous suivons deux femmes que tout oppose. Mélanie, influenceuse, met en scène ses enfants sur les réseaux sociaux. Clara, sans enfants, exerce le métier de "procédurier" dans la police. Elle traque les indices, fait des recherches. Une enquête la conduit à compulser les contenus produits par Mélanie. 

Après deux déceptions, j'étais en attente d'une écoute qui m'emporte. Cela a été le cas avec ce texte que j'ai beaucoup aimé. Delphine de Vigan, qui s'empare souvent de sujets de société, a choisi cette fois de construire un roman autour du thème des réseaux sociaux et de leur impact sur les enfants. Elle nous offre un roman efficace et percutant. Je dois dire que je suis sortie de cette lecture abasourdie.

 

Challenge "Ecoutons un livre"

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 14:12

 Dérive des âmes et des continents - Shubhangi Swarup 

Editions Métaillé- mars 2020 - 362 pages - Traduit de l'anglais (Inde) par Céline Schwaller

J'avais recueilli des avis très positifs sur Goodreads (voir ici) avant de sélectionner cet ouvrage dans la liste  proposée par Babelio lors de sa dernière opération "Masse critique". Que s'est-il passé pour que je jette l'éponge à la 99ème page alors que j'aime découvrir des univers variés et que j'abandonne rarement un livre, trouvant toujours un intérêt à continuer ma lecture ? 

Il faut reconnaître que l'univers de cet auteur est assez éloigné de mes lectures habituelles. Nous suivons deux jeunes mariés qui viennent de s'installer sur les îles Adaman. Girija est un scientifique qui étudie les phénomènes naturels de l'archipel. Sa femme, Chanda, parle aux arbres et aux fantômes. Elle est fortement impactée par ces conversations pour le moins surprenantes.

Une grande partie du roman est consacrée à la découverte de l'île : son histoire, sa flore et sa faune. J'ai bien aimé me faire une idée des lieux mais ce côté très descriptif du roman m'a éloignée de l'histoire. Je n'ai pas compris où nous conduisait l'auteur et ne suis pas parvenue à me mettre dans la peau des personnages. Lassée de bailler à chaque page, je suis passée à autre chose.  

Je crois que c'est la première fois que j'abandonne un livre choisi dans une opération Masse Critique de Babelio. Je suis vraiment déçue de ne pas être parvenue à m'intéresser à ce roman indien pourtant prometteur.

 

Une semaine et un jour - Marijosé Alie

Editions HC Chopin - 1er trim 2020 - 345 pages 

Autre abandon :

Nous suivons parallèlement deux jeunes femmes tout juste "débarquées" à Paris : l'une en 1788 et l'autre à notre époque. Nous savons qu'un lien de parenté unit ces deux personnes et que toutes deux ont quitté les Antilles.

Je dois avouer qu'aucune des deux femmes ne m'a donné l'envie de dépasser les cent premières pages. Je les ai donc abandonnées à leur destin, l'une dans un quartier mal famé d'un Paris pré-révolutionnaire et l'autre dans une errance physique et psychologique inquiétante.

Voilà un autre roman pour lequel je ne saurai jamais si j'ai eu raison ou pas de déclarer forfait. Le risque, quand on cumule les abandons, c'est qu'une "panne de lecture" s'installe. Fort heureusement, j'avais au même moment une lecture-audio prenante qui compensait mes déboires "papier".

On peut trouver sur Babelio des avis plus enthousiastes que le mien (voir ici)

Ces deux romans auront, je l'espère, plus de chance dans une deuxième vie. Je les ai déposés dans une boite à livres. 

 

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