
Belfond - août - 203 pages
"Emmène-moi loin papa dans le temps à l'envers, une peau retournée même pas écorchée ; quand ils étaient heureux Alexandre et Rosalie Sauvage. Quand j'étais leur jeunesse".
Clémence, huit ans, entame le récit de sa vie puis s'éclipse pour laisser à son père le soin de continuer la narration. Clémence et son père ne font plus qu'un pour nous conter une enfance heureuse et proche de la nature. Dans la maison, il y une multitude de livres et de disques. Clémence a une maman fantasque, amoureuse d'un papa instituteur qui chaque jour l'accompagne à l'école. Chaque soir, il la raccompagne à la maison après lui avoir appris des mots qui nourrissent son imagination et celle de ses camarades.
Il faut attendre la page 81 pour connaitre la nature du drame que l'on pressent mais les circonstances resteront floues, elles sont de multiples possibles. Plus rien ne sera plus comme avant mais les souvenirs subsistent grâce au papa de Clémence qui refuse de lâcher prise. Clémence à deux mois, deux ans, huit ans et même parfois vingt ans. "Tout ce qui m'a traversée s'est installé en lui, et tout ce qui le traverse me saisit". Dans cet univers parallèle, tout est possible mais éphémère. La réalité reprend ses droits quand la pensée redescend sur terre. Un jour, il faudra bien s’accommoder de la réalité. C'est alors la vie qui gagnera la partie et c'est tant mieux. "Je suis assez grande, non, pour quitter la maison ?".
Vous l'avez deviné, l'histoire n'est pas gaie. Isabelle Desesquelles parvient toutefois à ne tomber dans le pathos et à sublimer le récit, grâce à la force de sa plume.
Un roman triste et beau comme un poème d'Aragon.
je suis tombée par hasard sur cette vidéo qui, je trouve, illustre bien l'ambiance du roman.

1/6
Ce livre est ma première participation au challenge de "Délivrer des livres" qui consiste à lire au moins 1 % des livres sortis à la rentrée littéraire de la rentrée d'août 2018 soit 6 livres (avant fin janvier 2019). J'en lirai certainement au moins 2 %