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Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 21:59

Sixtid - Lu par : Marc-Henri Boisse -  9 h et 32 mn

"Les bottes suédoises" est la suite  d'un précédent roman d'Henning Mankell intitulé "les chaussures italiennes". On y retrouve  Fredrik Welin dans la petite île de la Baltique sur laquelle il vit, dans une quasi-solitude.  Ancien chirurgien, il a dû quitter la profession après avoir commis une erreur médicale. A 70 ans, il a aborde sa dernière tranche de vie avec une certaine nostalgie. L'incendie de la maison qu'il a hérité de ses grands parents va venir chambouler sa petite vie tranquille et le déstabiliser quelque peu mais également lui ouvrir de nouvelles opportunités.

Après avoir lu plusieurs avis assez mitigés sur ce livre, j'ai failli renoncer à le lire. La perspective du mois nordique m'a toutefois incitée à lui donner sa chance (d'autant qu'il se trouvait dans ma pile à écouter depuis quelques temps). J'ai bien fait car j'ai vraiment bien apprécié cette lecture. Contrairement à Enna, je ne me suis pas ennuyée. J'adore l'atmosphère des îles et même si l'intrigue n'est qu'un prétexte pour tenir le lecteur en haleine, je ne me suis pas sentie dupée par l'auteur. J'ai aimé retrouver les personnages du roman précédent et les quelques petites surprises qui nous sont offertes donnent du piment à l'histoire.

J'ai lu que c'était le dernier roman sur lequel avait travaillé l'auteur, ce qui ne m'a pas surprise. Il y a beaucoup de références à la vieillesse comme cette phrase, que je trouve très juste ""Vieillir c'est s'aventurer sur une glace de moins en moins solide". 

Rien à dire de particulier sur la version audio. La voix du narrateur est en phase avec celle d'un homme de 70 ans.

A lire ! (mais après "les chaussures italiennes").

Les avis de Géraldine - Aifelle

Décembre nordique - chez Crissylda
Écoutons un livre - Récapitulatif le 23 du mois
Le challenge objectif PAL, c'est chez Antigone

 

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 00:13

Editions Zinedi - 134 pages

Quand on a proposé de découvrir ce livre, je n'ai pas hésité longtemps car j'avais beaucoup aimé le roman précédent de l'auteure "L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson", un livre voyageur proposé par Moustafette, au temps préhistorique des blogs (2007).

J'ai mis un peu de temps à entrer dans "le sel des larmes est parfois doux" mais une fois immergée dans l'histoire j'ai apprécié ce voyage qui nous mène du Portugal, à l'archipel du Cap Vert. Les personnages centraux du roman sont le Padre Pinto, Ephraîm le simple d'esprit et la jeune métisse Artémisia.  Le destin de ces trois personnages va converger, au terme de différentes aventures et de leur cheminement intérieur.

Si ce livre nous offre un périple géographique assez atypique, il nous offre aussi un voyage dans l'histoire (avec un grand H). Nous sommes en 1896 et il est question des "Conversos", dont très honnêtement, je ne connaissais pas bien l'histoire. J'ai donc fait quelques recherches pour mieux appréhender l'évolution de ces juifs d'Espagne, qui ont dû se convertir au christianisme après les pogroms de la fin du XIVe siècle, tout en restant secrètement fidèles au judaïsme.

L'écriture de Joëlle Tiano est poétique et imagée. Comme dans son précédent ouvrage, elle met nos sens en éveil : "Maintenant, ici, il s'émerveillait de la vivacité et de la rondeur des jaunes, de la profusion et des vibrations des rouges orangés et des rouilles ; de la beauté parfaite des rouges clairs et des cramoisis, de l'éclat des vermillons, de l'épanouissement des rubis, de la sombre intensité des pourpres". 

Parmi les différents personnages, c'est Artémisia qui a ma préférence. J'ai admiré cette femme forte, libre et indépendante tout au long de sa vie mais aussi fidèle en amour : "Vaillante, ardente et fière, Artémésia l'avait toujours été. Au fil des années elle gagna la sagesse que le temps confère et fût, dans la seconde moitié de sa vie, comme la reine morale du village, sa figure tutélaire...". 

Un livre de cette rentrée qui n'a pas fait beaucoup de bruit mais mérite pourtant le détour.

Le billet de Moustafette

En toile de fond, un tableau de Gwenaëlle Peron, parfaitement assorti à la couverture du roman (une aquarelle d'Henrietta Mulder).

 

12 / 12 (j'ai donc lu 2 % des livres de la rentrée littéraire de septembre)

 

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 00:25

My absolute darling (en version audio) m'a accompagnée durant une partie du mois, y compris en balade, des écouteurs sur les oreilles.

Une lecture incroyable... (mon billet ici)

balade aux "aiguilles" à la pointe du Diben

 

Voici la chanson qui m'a accompagnée tout le mois après d'avoir découvert l'artiste à Taratata, en duo avec Charlie Winston. 

LP (Laura Pergolizzi) a composé pour d'autres artistes avant de se lancer elle-même dans l'interprétation. Sa voix puissante m'a séduite immédiatement.

 

Et voici le lien vers le duo avec Charlie Winston (une reprise très réussie d'une chanson de Cyndi Lauper). 

 

J'ai fini le mois par une soirée au théâtre. J'ai vu "le médecin malgré lui, Los Angeles 1990"

La pièce de Molière est reprise et mise en scène "version 1990 à Los Angeles". Nous sommes dans les bas fonds de la ville. Un couple s'étripe et se balance à la figure des insanités. L'homme, après avoir battu sa femme, finit par quitter les lieux. C'est alors qu'arrivent deux individus (comme un cheveu sur la soupe). Ils cherchent un médecin (bizarre dans un tel lieu). La femme, rusée, va trouver un moyen de se venger de son mari. Malgré lui, ce dernier va devenir le médecin que l'on cherche pour guérir une jeune fille devenue subitement muette.

J'aurai du mal à vous dire que j'ai aimé. Certaines scènes m'ont fait sourire mais je n'ai pas éclaté de rire comme d'autres personnes dans la salle. Ce spectacle est trop loufoque à mon goût. Le texte est fidèle à la version originale mais j'ai trouvé l'adaptation trop décousue. Ce que j'ai préféré, ce sont les changements de décor, gérés de façon originale et en musique.

On ne s'ennuie pas une minute, je n'ai pas vu le temps passer (c'est un point positif) mais pour résumer je dirai que c'est un spectacle aussi décoiffant que déconcertant...

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 00:59

Audiolib (Gallmeister) 2018 - 12 h 52 - lu par Marie Bouvet
Traduit parLaura Derajinski

"Turtle, ton père est un immense, un titanesque, un colossal enfoiré, un des pires qui aient jamais vogué sur les mers verveine de citron, un enfoiré de première dont les profondeurs et l'ampleur de l'enfoiritude dépassent l'entendement et défient l'imagination".

Son prénom est Julia mais on la surnomme Turtle ou croquette. Elle vit avec son père dans une maison qui fut belle mais qui peu à peu se dégrade par manque d'entretien. Le père de Turtle, Martin, possède une personnalité trouble et toxique. Se montant tour à tour gentil et cruel envers sa fille, il la déstabilise constamment en soufflant le froid et le chaud.  La pauvre croquette voue pourtant à son père une admiration sans borne, du moins jusqu'à ce qu'elle sympathise avec un garçon qu'elle rencontre par hasard en forêt. Elle va tenter de s'émanciper mais il lui faudra au préalable parcourir un chemin incroyablement difficile.

"Va-t'en, Turtle. Eloigne-toi simplement de lui, et s'il te suit et s'il refuse de te laisser partir, tue-le. Il t'a tout donné et tu n'as qu'une chose à faire : partir."

Ce livre avait tout pour me déplaire et pourtant c'est un coup de coeur ! Voilà bien longtemps qu'un livre ne m'avait pas tenu en haleine jusque tard dans la nuit. Il comporte des scènes d'inceste et de violence à la fois psychologique et physique. Si je n'ai pas déclaré forfait (je suis une chochotte, je l'avoue) c'est parce qu'aucune violence n'est gratuite dans ce livre. 

L'auteur s'attache à démontrer les mécanismes de l'emprise d'un père sur sa fille et les ravages que peut produire un tel amour, absolu mais contre nature et destructeur. L'étude psychologique des personnages est remarquable. La jeune Turtle est aussi admirable que qu'attachante.  On reste à ses côtés pendant toute l'histoire, ébahis par la force qui se dégage de cette petite bonne femme. 

Je sais que plusieurs lecteurs ont été rebutés par le vocabulaire plutôt fleuri de Turtle mais je n'ai pas été gênée. Cela fait partie du personnage !

C'est une lecture incroyable que je vous conseille vivement (âmes très sensibles, s'abstenir)

 

La lectrice a été parfaitement bien choisie pour l'interprétation audio. La voix de Turtle est maintenant pour moi celle de la lectrice. Vous pouvez écouter un extrait (ici)

 

Gambadou n'a pas aimé - Kathel et Autist Reading, à l'inverse, sont très enthousiastes (et leurs chroniques approfondies)

Écoutons un livre

 

Le blogoclub propose de mettre à l'honneur, aujourd’hui, un livre que l'on a récemment aimé.  

 

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 00:01

Depuis le mois d'août, j'ai changé la formule de "Écoutons un livre". Je prends désormais tous les liens vers les billets audio publiés dans le mois. Vous pouvez me laisser vos liens au fil du mois (ici) ou le 28, en commentaire du billet récapitulatif du mois.

Mois de novembre :

Géraldine :

Les boites suédoises - Henning Mankell

La sonate à Kreutzer - Léon Tolstoï

Enna :

Le fleuve - Sylvie Drapeau

C'était au temps des mammouths laineux - Serge Bouchard

L'avaleur de sable - Stéphane Bourguignon

Sylvie :

Le dimanche - Gérard Bessette

 

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 11:31

Cheyne Editeur - 2017 - 44 pages

Je me suis donné comme objectif de sortir au moins un livre par mois de ma Pile à lire. Voyant le mois avancer à grand pas, j'ai choisi le livre le moins épais, je l'ai ouvert et je me suis dit que c'était effectivement le mois idéal pour le sortir de la pile. Voyez par vous-même : J'ai acheté ce livre (et reçu cette jolie dédicace) il y a un an jour pour jour.

Ces quelques mots donnent le ton. Il s'agit en effet d'une histoire sans verbe... 

Hadrien, tout chamboulé, a perdu ses verbes. Les retrouvera t'il ? Vous le découvrirez en faisant la connaissance de Delphine et d'Adèle. Deux femmes, deux histoires. L'une qui finit, l'autre qui commence. Les deux en même temps et un accident qui va brouiller les pistes.  Je ne vous en dirai pas plus sur l'histoire mais voici le tout début du livre :

Ce livre est une petite pépite de poésie et de sensualité. Si un jour vous l'avez entre les mains, je vous conseille de le lire à voix haute pour apprécier la musicalité du texte.

C'est en écoutant un poème de Ghérasim Lucca, mis en musique et interprété par Arthur H, que l'idée d'écrire "Je, d'un accident ou d'amour" est venue à l'auteur.

Je vous laisse avec Arthur H et ce texte très sensuel qui, il est vrai, a beaucoup de points communs avec celui de Loïc Demey, inspiration oblige. 

Le challenge objectif PAL, c'est chez Antigone

 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 00:36

La Martinière - octobre 2018 - 158 pages

Je devais mettre en ligne ce billet le 13 novembre dernier, jour du 3ème anniversaire de l'attentat du bataclan, mais je n'ai pas réussi à rédiger mon billet dans les délais. C'est donc aujourd'hui que je vous donne mon avis sur cette BD, écrite et dessinée par Catherine Bertrand, rescapée du terrible attentat de 2015.

Catherine Bertrand était au balcon quand les tirs ont commencé. Elle a pu sortir du théâtre miraculeusement et s'est cru indemne de toute blessure. Après la phase de déni des premiers jours et l'euphorie d'être vivante,  les symptômes du stress post-traumatique ont fait leur apparition dans sa vie et ne l'ont plus lâché d'une semelle. Elle symbolise cet état par un énorme boulet (par comparaison avec les petits boulets avec lesquels nous jonglons dans la vie quand tout va plutôt bien).

A compter du 13 novembre 2015, sa vie ressemble à cela :

La métaphore du boulet, très explicite, est le fil rouge de la BD.  Elle illustre bien la place que le traumatisme occupe  dans la vie d'un rescapé et l'impossibilité de s'en défaire.

La dessinatrice évoque, avec humour et une bonne dose d'autodérision :  les difficultés de communications, les tracasseries administratives, la difficulté de se concentrer au travail... 

Je recommande chaudement cette BD. Le sujet est bien traité, de façon originale. Ceux qui ont subi un traumatisme dans leur vie (même s'il n'est pas de cet ampleur) s'y retrouveront. Cette Bd peut également aider les proches, leur apportant des clés de compréhension de ce qu'est le stress post-traumatique.

Tirage au sort :

Comme je me retrouve en possession de deux exemplaires, j'offre avec plaisir l'un d'entre-eux. Pour participer, il suffit de me laisser un commentaire en me précisant que vous êtes intéressé par mon petit concours. Vous avez jusqu'au 28 novembre pour vous inscrire. Résultats le 29 novembre.

La gagnante est Kathel !

Kathel, j'attends tes coordonnées.

(j'avais mis l'information hier soir mais j'ai du oublier de cliquer sur "mettre à jour" ce qui explique que l'information n'apparaîsse que maintenant. Merci à Clara de m'avoir informée).

 

 

La BD de la semaine, c'est chez Stephie

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 00:37

1968 - Pierre Tisseyre - 2 h 38 lu par Renaud Paradis 

Hervé, au chômage et en recherche d'un emploi, avant tout alimentaire, accepte un travail de commis de librairie dans le petit village puritain de Saint-Joachim.  Hervé n'est pas un passionné de littérature. Il vend des livres comme il vendrait des poireaux, s'arrangeant pour y consacrer le moins de temps possible. Il prend toutefois garde à ce que le patron ne s'en aperçoive pas.  Durant ses loisirs, il boit plus que de raison au bar du village et entretient une relation (tout sauf passionnée) avec sa logeuse. Le dimanche, il écrit ses aventures de la semaine, sous forme de journal), histoire de s'occuper.

Au bout de quelques semaines, pensant pouvoir lui faire confiance,  son employeur lui révèle l'existence du "capharnaüm", un réduit contenant des livres censurés. La consigne est de ne vendre ces ouvrages qu'à un public trié sur le volet (autrement dit adulte et ouvert d'esprit).  Hervé n'écoute pas la recommandation et refourgue un de ces livres à un collégien. Mais voilà, monsieur le curé vient à l'apprendre... 

Hervé est un homme blasé et un brin cynique mais au final assez attachant. J'ai beaucoup aimé la façon assez jubilatoire dont il va se tirer du pétrin dans lequel il s'est fourré. J'ai souri (et même ri) plusieurs fois au court de ma lecture. J'ai choisi d'écouter cet ouvrage, paru en 1968, dans la cadre du mois québécois. C'est une lecture très accessible et distrayante qui offre une critique de la société de l'époque, sous influence du clergé. D'après ce que j'ai lu, "le libraire" est un classique souvent étudié à l'école.

A découvrir en version audio, de préférence, pour profiter de l'accent québécois.

Voilà un court roman avec lequel j'ai passé un très bon moment !

Vous pouvez télécharger ce livre audio gratuitement sur le site de radio canada (ici).

Lu dans le cadre de Québec en novembre, chez Karine et Yueyin
Écoutons un livre... Récapitulatif sur mon blog tous les mois (le 28)

 

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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 20:22

Audiolib 2018 (JC Lattès) - 4 h 07

Lu par Marie Bouvier - Odile Cohen - Olivier Martinaud

Habituellement, je lis sans hésiter les ouvrages de Delphine De Vigan. J'aime beaucoup sa plume et jusqu'ici je n'ai jamais été déçue par l'un de ses ouvrages. Si j'ai laissé passer un peu de temps avant de découvrir celui-ci, c'est en raison de quelques avis mitigés qui ont refroidi mon élan (notamment celui des bibliomaniacs).  Quand on m'a proposé de me prêter l'ouvrage en version audio, je me suis toutefois décidée.

Hélène est professeur dans un collège. Elle croit repérer chez un élève des signes laissant penser qu'il pourrait être victime de maltraitance dans son foyer familial. Comme nous allons le constater, elle ne se trompe pas. Victime dans l'enfance d'un père tyrannique, Hélène a une sensibilité toute particulière quand il s'agit de détecter un enfant en souffrance.

Nous suivons parallèlement le quotidien de Théo, écartelé entre une mère aigrie et un père qui a décroché socialement. Théo n'est pas battu mais sa souffrance n'en est pas moindre. Pour oublier son chagrin, il boit en cachette avec son copain Mathis.

Nous suivons successivement les protagonistes de l'histoire et parvenons à composer un bien triste tableau. Hélène, qui ne parvient pas à recueillir des preuves, va trop loin dans ses investigations et "s'assoit" sur l'éthique de son métier. Parviendra t'elle à sauver Théo sans y laisser des plumes ?

Sans que ce soit un coup de cœur, j'ai bien aimé cette écoute. Différentes voix se succèdent, donnant du rythme à l'histoire. Le principal reproche qui a pu être fait à ce livre, est d'avoir créé des personnages quelque peu caricaturaux. Ce n'est pas totalement faux mais je n'ai pas trouvé qu'ils manquaient de crédibilité. Des familles meurtries et des enfants qui trinquent, cela existe dans la vraie vie malheureusement. On en trouve dans tous les milieux sociaux.

J'ai lu aussi qu'il paraissait impossible qu'une enseignante sorte à ce point de son cadre pour aider un enfant en détresse, notamment parce qu'elle risque gros pour sa carrière en agissant ainsi. Je ne suis pas de cet avis. Je pense que quand on travaille avec "l'humain", on peut être confronté à des cas de conscience qui peuvent inciter à sortir du cadre habituel.

"Les loyautés" est en deçà des deux livres précédents de l'auteure mais mon avis est toutefois positif, vous l'avez compris. 

Écoutons un livre... Récapitulatif sur mon blog tous les mois.

Merci à celle qui m'a prêté ce livre.

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 00:16

Grasset - Aout 2018 - 398 pages

Shirin a neuf ans quand elle quitte Téhéran avec ses parents pour rejoindre à Paris le clan familial. Tous ont fui la révolution iranienne, laissant derrière eux une vie fastueuse pour se tasser dans de petits appartements situés dans le même immeuble. Nous ne tarderons pas à constater que les tantes de Shirin (les sœurs de sa mère) leur pourrissent pas mal la vie, notamment l’aînée d'entre elles. 

Entre un père effacé et une mère débrouillarde (mais sous l'emprise de ses sœurs), Shirin grandit et s'approprie la culture française. A l'adolescence, elle tombe amoureuse, prend ses distances avec sa famille, se teint en blonde patine et met en valeur son corps, qui ressemble si peu à celui de ses tantes.

"Les exilés meurent aussi d'amour" est un roman à la fois riche et déstabilisant. Nous découvrons une famille dysfonctionnelle composée (entre autres) d'une tante toxique, d'un grand-père incestueux et d'un petit frère aux talents surnaturels. Shirin tente de tirer son épingle du jeu, de prendre de la distance, de fuir la violence psychologique qui règne dans sa drôle de famille. La jeune iranienne tente de faire cohabiter les deux cultures qui l'entourent : « Et puis je n'avais pas la gueule de l'emploi : ni celle de ma famille, ni celle de la France. Trop occidentale pour l'Iran, pas assez typée pour la France. Et pourtant. Il y avait quelque chose de métèque en moi qui persistait et que je ne voulais pas effacer. Quelque chose me disait que la boue où j'avais grandi était la bonne matière à travailler pour trouver mon vrai visage. »

Il y a dans ce livre, très bien écrit, de beaux passages sur l'exil, sur l'apprentissage d'une nouvelle culture, d'une nouvelle langue. Entre le conte et le roman, cet ouvrage a une ambiance très orientale. Après un petit moment d'adaptation, je me suis laissé porter par l'écriture et j'ai beaucoup aimé suivre l'évolution de cette jeune exilée et de sa famille rocambolesque.

Je vous laisse avec ce très beau passage sur l'apprentissage de la langue :

"Comme tous les exilés, j'apprenais le français avec acharnement. Je cherchais les mots dans le dictionnaire, je fouillais les phrases à la recherche d'une familiarité et rien ne me faisait davantage plaisir que de reconnaître au moins un mot dans une obscure définition. C'est la raison pour laquelle la majorité des exilés parlent un français anachronique. Ils tentent si fort de comprendre ce qui se dit dans le nouveau pays, ils sont tellement à l'affût de précision et d'outils pour se faire entendre, qu'ils prennent les mots pour argent comptant, ils les accumulent, ceux qui servent et ceux que tout le monde a oubliés, les mots qui disent les métiers d'antan comme ceux qui décrivent un point de couture. Ils se rendent compte beaucoup plus tard que leur français impeccable, leurs mots justes, leur grammaire précise, ne sont qu'un signe supplémentaire de leur exil. Les exilés vivent à contretemps : la langue qu'ils parlent est une langue apprise, une langue domptée, une langue morte. Ils ne parlent pas le français d'aujourd'hui mais celui d'avant-hier."

Une belle découverte. Je conseille !

12/12

Les avis de Eimelle - Leiloona

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