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Chers visiteurs, bonjour !

Vous êtes sur le blog d'une lectrice passionnée qui aime partager ses lectures. N'hésitez pas à laisser un commentaire, que vous soyez vous-même blogueur ou pas. Vous pouvez aussi me contacter : sylir@orange.fr  ou aller faire un tour sur ma page Facebook : ici

 

Ecoutons un livre

Dépôt des liens : Ici

Tous les 28 du mois, je publie un billet récapitulatif des lectures audio des participants. Il n'est pas nécessaire de participer à chaque fois.

 

 

 

14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 11:57


Allez y faire un tour (si ce n'est déjà fait... )
Insatiable lectrice

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 19:53

 

Couv Hartnett[1].JPG                       Le serpent à plumes - traduit de l'anglais (Australie) - 198 pages

L’histoire commence par la disparition de trois jeunes enfants, partis acheter une glace et jamais revenus.  Très vite, nous laissons de côté l’histoire des petits disparus pour faire connaissance avec Adrien, qui habite la même ville. Adrien est un jeune garçon de neuf ans très attachant. Ses parents ne semblent pas en mesure de d’en occuper, il a donc été confié à sa grand-mère, qui a accepté la charge plus ou moins à contre cœur. Le jeune garçon fait de son mieux pour se faire accepter de tous mais se sent continuellement diminué par sa situation familiale et manque cruellement de confiance en lui. Au fil des pages, nous suivons la vie du petit bonhomme dans sa famille et dans son quartier, mais aussi à l’école où il peine à se faire des amis.

 

Dans le village la population est traumatisée par la disparition des trois enfants. Le lecteur perçoit cette angoisse et se demande ce qui va se produire. Quelques personnages nous paraissent un peu inquiétants. Auraient-ils un rapport avec les disparitions ? Ce n’est qu’aux trois quarts du livre que l’histoire se décante. Impossible alors de lâcher le livre, le suspense est bien trop important.

 

J’ai retrouvé avec bonheur la plume de Sonya Haartnett, que j’avais découverte l’an passé avec « Finnigan et moi », roman très troublant aux frontières du fantastique. Je m’attendais retrouver cette atmosphère un peu surnaturelle mais elle est beaucoup moins prononcée dans « une année australienne ». Les deux romans évoquent avec beaucoup de sensibilité et de psychologie la difficulté de vivre d’un enfant confronté à de douloureux problèmes familiaux. Une romancière à découvrir ! 

Un beau et douloureux portrait d’enfant. 

Celsmoon et Papillon ont beaucoup aimé également.

"une année australienne" sort ce 11 février en librairie ...
 Finnigan et moi

Et "Finnigan et moi" en format poche
(j'ai lu)

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 00:59
Sukkwan island

 

                 Editions Gallmeister - traduit de l'américain - 192 pages

Un fils et son père débarquent sur une île sauvage du Sud de L’Alaska pour y passer une année à jouer les Robinson.  Une telle expédition demande une solide préparation et un mental d’acier. Roy, le jeune adolescent, se rend vite compte que son père ne tient pas la route pour une telle aventure et qu’il va devoir être fort pour deux…

"Personne à des kilomètres à la ronde, dit son père. D’après ce que je sais, nos voisins les plus proches sont à trente kilomètres d’ici, un petit lot de trois cabanes dans une baie
comme celle-ci. Mais ils sont sur une autre île, j’ai oublié laquelle.
Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. Il ne savait pas comment les choses tourneraient."

Je savais que ce livre était très fort et risquait de me secouer, je n’imaginais pas à quel point. Jusqu’à la page 113, un peu plus de la moitié du roman, j’étais inquiète pour cet adolescent en construction, trop de problèmes s'accumulaient dans ce séjour. Mais j’ai eu, comme tous les lecteurs je crois, un réel choc quand tout à basculé soudainement. Il m’a fallu refermer le livre quelques minutes pour calmer les battements de mon cœur et reprendre la lecture. Je ne m’attendais pas à cela.  La deuxième partie est bouleversante et plusieurs sentiments m’ont assaillie successivement : tristesse, colère, pitié, dégoût...

 

Que penser de ce père, incapable de se gérer lui-même et qui embarque son fils dans une telle aventure ? Qu’il manque à tous ces devoirs et qu’il est d’une inconscience impardonnable, c’est évident, mais comment juger un homme à ce point dépressif ? Je suis sortie de cette lecture chamboulée et incapable de dire si j’avais aimé ou pas. J’ai classé ce livre dans mes coups de cœur car plusieurs jours après avoir refermé le livre, je suis toujours aussi bouleversée. Il fait partie de ces livres qui explorent l’âme humaine de façon exceptionnelle et se lisent d'une traite car on ne peut lâcher les personnages.  C’est un premier roman qui laisse présager une belle carrière pour son jeune auteur.

 

nullUn thriller psychologique absolument formidable mais à déconseiller aux âmes sensibles.

 

A ne pas manquer (mais plutôt après la lecture) le compte-rendu très complet d’ Incoldblog sur sa rencontre avec David Vann. On y apprend notamment que ce livre est inspiré d'un épisode de la vie de l’auteur, ce qui rend la lecture encore plus troublante. 

Je ne mets pas les liens vers  les autres blogs qui ont présenté ce titre, ils sont trop nombreux !
Mais vous pouvez aller faire une recherche :
ici

Livre reçu le cadre de l'opération "Masse critique" de Afficher l'image en taille réelle:
 
 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 18:10


C’est avec plaisir que je relaye une information qui, je l’espère, intéressera le maximum de lecteurs de ce blog :

Le Serpent à plumes publie le 18 février 2010, une revue dont les bénéfices iront à l'Hôpital de la Communauté Haïtienne. Elle sera vendue en librairie, 15 euros pour 176 pages.

 

Voici un extrait de la lettre de l’éditrice qui figure en préface de la revue :

 

Pourquoi publier un numéro hors-série du Serpent à Plumes ? Depuis sa création, Le Serpent à Plumes a su construire un superbe catalogue d’auteurs francophones. Il s’est étoffé au fil des ans d’auteurs étrangers et de tous bords, mais la littérature haïtienne y occupe une place à part. Dany Laferrière, Yanick Lahens, Émile Ollivier, Louis-Philippe Dalembert, tous ont publié dans cette maison d’édition. Une phrase de Dany Laferrière dans Le Monde, quelques jours à peine après le terrible séisme qui a ravagé Haïti, résonne encore à nos oreilles :
« Quand tout tombe, il reste la culture. Et la culture, c’est la seule chose qu’Haïti a produite. Ça va rester. Ce n’est pas une catastrophe qui va empêcher Haïti d’avancer sur le chemin de la culture. Et ce qui sauve cette ville, c’est le peuple. C’est lui qui fait la vie dans la rue,  qui crée cette vie. Il ne faut pas se laisser submerger par l’événement. » 


La table des matières :


Dany Laferrière :Le Cri des oiseaux fous, extrait de roman

David Damoison : Nuits noires et nuits blanches, photographies

Louis-Philippe Dalembert : Les dieux voyagent la nuit, extrait de roman ; Liens de sang, nouvelle

Yanick Lahens : Dans la maison du père, extrait de roman

Gary Victor : Banal Oubli, extrait de roman

Frankétienne :D’un pur silence inextinguible, extrait de roman

Fred Koenig : photographies

René Depestre : Frantz Leconte,

Depestre par lui-même : entretien

Thomas C. Spear : Lettre à Sergine

James Noël : Quelques mots lâchés en catastrophe, témoignage

Rodney Saint-Éloi : La tendresse et l’élégance nous sauveront du séisme

Hervé Télémaque : Voyage d’Hector Hyppolite en Afrique n°1, tableau

Évelyne Trouillot : L’Héritière et la mère, extrait de roman

Syto Cavé : Fatras-Bâton, nouvelle

Émile Ollivier : Mère-Solitude, extrait de roman ; Des nouvelles de son excellence, nouvelle ; La TripleMort de Salomon Lacroix, nouvelle


J’ai reçu la revue sous format PDF  et je peux vous assurer qu’elle est de grande qualité...
 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 00:56

                                       Liana Levi - 200 pages - traduit de l'italien


Nous sommes dans un campement tzigane où vivent, dans une grande précarité, des gens d’origines diverses. Un homme vient de mourir, tué à l’arme blanche. Dans une sorte de flottement précédent son départ vers d’autres cieux,  il se remémore son arrivée au campement, un soir, avec son camion et dix cartons auxquels il tient particulièrement. Il n’a pas été accueilli les bras ouverts. On l’a regardé avec méfiance, surtout quand il a dévoilé le contenu de ses cartons : ce qu’il reste d’un cirque… Bien vite il a sympathisé avec les enfants du camp, s’est mis à leur raconter l’histoire de sa famille, indissociable de celle des précieux cartons.

 

On ne peut pas parler de ce livre sans évoquer son écriture, très particulière puisque s’insèrent dans le texte des phrases et des mots d’autres langues (hongroises, roumaines, albanaises). Des mots que nous ne connaissons pas mais qui ne gênent en rien la compréhension du texte et lui donnent une musicalité particulière.

 

Comme les enfants, le lecteur est suspendu aux lèvres du conteur qui relate peu à peu la l’histoire de la famille, déportée dans un camp de concentration durant la seconde guerre mondiale. Il y a beaucoup d’allers et retours entre le passé et le présent et ce n’est que peu à peu que nous reconstituons l’histoire de Branko et ce qui l’a amené à fuir son pays d’origine. Entre temps, nous découvrons la vie du camp, ou plutôt la survie car la misère et la pauvreté sont criantes. C’est une histoire triste mais pas désespérée. Branko n'a pas trahi les siens, il a fait ce qu'il considérait de son devoir et quitte ce monde apaisé. La fin nous montre que le cirque n'est pas mort avec lui... 

 

Un beau conte des temps modernes sur la mémoire et la transmission.

null

Fait partie de la sélection du Prix inter-ce 2010
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 00:30

 

                                   Folio (Gallimard 1993) - 203 pages

Nous sommes sur une route de Finlande, de nuit. Deux hommes rentrent de mission, l’un est journaliste l’autre photographe. Aucun des deux n’est emballé par la vie routinière qui l’attend, l’ambiance est donc assez morne quand tout à coup, la voiture heurte un lapin. Le journaliste, Vatanen, sort de la voiture pour porter secours à l’animal mais tarde à rejoindre le véhicule. Excédé, le photographe démarre en trombe et laisse son camarade derrière lui… Vatanen pense dans un premier temps faire du stop pour rejoindre son domicile mais frappé d’une sorte d’électrochoc il prend la poudre d’escampette avec le lièvre blessé et décide de mettre un terme à sa vie d’avant… Après quelques difficultés à se débarrasser de son entourage, il décide de ne plus se donner de contraintes, de travailler quand bon lui semblera, et d’utiliser ses bras plutôt que sa tête.  Nous le suivons dans sa nouvelle vie, riche de péripéties extravagantes et plutôt cocasses.

 

Un extrait :

"Quand Kurko voulu prouver son adresse de flotteur de bois et courut sur la chaîne de rondins de la rive, il tomba dans le fleuve et manqua de se noyer, car il ne savait pas nager. Vatanen tira le vieillard ivre du fleuve glacé et le porta dans la tente. Au matin, l'homme rudement éprouvé s'éveilla le crâne emperlé de douleur, ouvrit la bouche pour laisser échapper une plainte. On constata alors que son dentier était tombé le soir précédent dans le fleuve. La vie est parfois bien déprimante."

 

Quel plaisir de sillonner la Finlande avec Vatanen et son nouvel ami le lièvre ! Très vite j’ai fait le rapprochement avec les racontars de Jorn Riel. Les deux auteurs ont la même verve humoristique et sont amoureux des grands espaces blancs. Une carte de la Finlande nous permet de suivre le périple extraordinaire des deux compères. Bravant le froid, se débarrassant au passage d’un ours un peu collant ou d’un corbeau affreusement voleur, Vatanen et son lapin avancent tranquillement vers le cercle polaire en faisant des haltes de plusieurs mois dans des forets, où Vatanen où  loue ses bras. Il rencontre toutes sortes de personnages savoureux et profite de la nature de façon la plus simple du monde. Le lièvre suit le mouvement, compagnon agréable et peu encombrant.

 

« Le lièvre de Vatanen » est devenu un livre culte dans les pays nordique et s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires en France. C’est un roman très facile d’accès, avec une philosophie de vie peut-être un peu simpliste mais qui met de si bonne humeur qu’on sort de la lecture requinqué. Génial, non ?


 Une lecture commune avec Bladelor

  objectif_pal




 4/34 (pal ce jour : 48)
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:02


Actes Sud 1998 - 65 pages

 

Quelques mots sur un petit recueil composé de deux nouvelles d’une trentaine de pages chacune.  L’auteur est une grande dame de la littérature hollandaise contemporaine. Je n’avais jamais eu l’occasion de la lire jusqu’ici.

 

Les personnages de chacune des nouvelles sont des femmes qui ne sont pas tout à fait épanouies dans leur intimité (pour des raisons différentes) et qui vont trouver,  grâce à la magie d’un lieu, une sorte de délivrance à leur mal-être. J’ai une petite préférence pour la première nouvelle, très originale. Une femme entre deux âges arrive pour la première fois dans sa nouvelle maison de vacances, construite près d' une forêt. Il manque à cette femme l’ épanouissement sexuel qu’elle n’a jamais pu trouver avec son mari, bien qu'il y ait beaucoup d’amour entre eux. Un déclic va se produire à la fin de l’été (mais pas tel qu’on l’imagine), après des recherches sur une étrange présence qu’elle ressent chaque fois qu’elle se promène dans la forêt avoisinante… Une histoire assez étrange et envoûtante, écrite dans une langue fluide que j’ai savourée (après l’argent, l’urgence j’avais besoin d’une écriture reposante).

Les premières lignes de la nouvelle :

« Lorsqu’ils achetèrent le terrain, elle n’était pas très sûre que l’endroit lui plût. Quelque chose dans l’air la troublait. Bien que charmée, elle avait l’impression de transgresser un interdit. Sacer est le terme qui lui vint inconsciemment à l’esprit : sacré et maudit à la fois. »

 

Une très belle découverte, que je dois à katell (qui m’a offert ce recueil ainsi qu’un autre ouvrage de S Hella. Hasse « la source cachée » que je me fais un plaisir d’avoir dans ma PAL*) 

* pile à lire

objectif_pal 

 3/34 (sachant qu'aujourd'hui ma PAL contient 48 livres)
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 18:35
 
   Pol 2006 - 170 pages

 

 Un extrait :
"Un immeuble de verre et de métal avec un nom de fleur (court). Deux vigiles (noirs). Des tourniquets (électroniques). Où est votre badge ? Comment ça vous n’avez pas de badge ? Qui c’est celle-là ? Présentez-vous à l’accueil ! Vous vous présentez. Plantée près d’un bouquet une jeune femme blonde vérifie votre identité. Vous interroge sévère. Vous fait répéter. Hésite. Insiste. Persévère (ça promet). Comme si vous aviez l’air de quelqu’une qui pourrait venir dans un tel endroit sans y être forcée (l’argent, l’urgence, la raison, etc.). Vexant. Et (préparez-vous) ça va être pareil tous les jours. Tant que vous n’aurez pas de badge. Même suspicion. Mêmes gestes. Même regard. Même blondeur près de nouvelles fleurs. Tous les jours. Ouvrables. Pendant des mois (bon courage). Qui c’est celle-là ? Comment ça pas de badge. Tout le monde a un badge. (Voyons !) Tout le monde veut un badge. (Voyons !) Qui c’est celle-là qui n’en veut pas ?"

J’ai souhaité lire ce roman suite aux billets élogieux de blogueuses dont je partage souvent les coups de cœur. Mais je n’ai pas pu aller au bout tant le style m’a déplu.
Sur quelques lignes, je fais un effort, je me concentre. Au bout d’une dizaine de pages je n’en peux plus, j’ai besoin de respirer et voilà... je décroche. Je crois que je suis définitivement hermétique à ce style haché qui use et abuse (selon moi) de la ponctuation. 
 

Je ne voudrais pas vous dissuader de tenter cette lecture. Voici quelques phrases extraites des billets de mes camarades blogueuses qui montent à quel point les avis sur ce livre sont contrastés :

Anne : "L'écriture de Louise Desbrusses est extraordinaire, et cet adjectif n'est même pas assez fort. Elle ne ressemble à aucune autre : phrases non construites qui deviennent nos propres pensées, entrecoupées de parenthèses qui sont comme la petite voix raisonnant en nous, quand on se ment."
Aifelle : Quel livre coup de poing ! J'ai été subjuguée par l'écriture qui rend à la perfection l'état dans lequel se retrouve la narratrice
Cathulu : Un récit hypnotique et salvateur simultanément.  Une écriture à découvrir de toute urgence
Antigone : Il entre de plein pied dans la catégorie des livres "qui font avancer", "réfléchir" et "se poser les bonnes questions".

Laure, en revanche (ouf je me sens moins seule) a abandonné à la page 45, pour les mêmes raisons que moi.
 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 22:21


Pour ceux qui souhaitent lire ou relire Camus, Hambre propose un « Challenge Camus »

 

J’avais dit plus de challenge… mais bon, j’arriverai bien à lire au moins un titre sur 2010 (et ferai d’une pierre deux coups en le faisant coïncider avec le challenge « j’aime les classiques » )

 

Avis aux amateurs…


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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 22:34


                        
Le livre de poche 1966 (Gallimard 1957)


On a beaucoup parlé de Camus à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de sa mort. De l’auteur étudié à l’école, j’avais presque tout oublié. Les films et reportages proposés par les médias pour l'occasion m’ont passionnée. Son histoire avec l’Algérie, sa passion pour le journalisme et bien d’autres aspects de sa vie m’ont donné envie de redécouvrir son oeuvre. J’ai choisi de replonger dans « l’étranger », roman dans lequel il fait passer ses idées sur la justice, la religion et l’absurdité de l’existence humaine.

 

L’histoire se passe à Alger, la ville natale de l’auteur. Le roman commence par ces phrases :  Aujourd'hui, maman est morte. Où peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. Nous comprenons vite que le narrateur, Meursault,  n’est pas très affecté par la mort de sa mère, il ne s’en cache guère. Ce n’est son genre de jouer la comédie. Après avoir enterré sa mère, Meursault reprend le cours de son existence de jeune célibataire et profite tranquillement de la vie. Mais un jour, parce qu’il fait trop chaud et qu’il y a trop de lumière (mobiles étonnants) il tue un homme.  S’en suivent une arrestation et un procès. Mais peut-on appeler cela un procès ?

 

Meursault est un homme qui ne ment pas, ni à lui-même, ni aux autres. En cela, il est très attachant. Mais c’est un personnage que l’on ne peut aimer à cent pour cent. On peut notamment lui reprocher son indifférence vis-à-vis d’autrui, d’où probablement le titre du roman « l’étranger ». Par ailleurs, on voudrait le voir plus combatif, moins fataliste. Mais l’homme reste fidèle à sa ligne de conduite, y compris dans un procès où il joue sa peau. Je dois dire qu’il m’a mise mal à l’aise par sa distance avec les évènements, ce qui ne m’a pas empêchée d’être de tout cœur avec lui durant le procès. Comment ne pas être révolté par le comportement d’un tribunal qui juge un homme avec si peu d’éthique ?


Pour finir, quelques mots de Camus évoquant son livre, plusieurs années après l'avoir écrit. Qui, mieux que lui peut nous éclairer sur le personnage de Meursault ? :


« J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur,si l'on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. »
(...)
 

 

Si l’on entre aisément dans ce livre, on en sort moins facilement…

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